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	<title>Samia Chabani, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Samia Chabani, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Clair obscur méditatif</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 07:40:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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		<category><![CDATA[Adrien Vescovi]]></category>
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		<category><![CDATA[Dormir comme le soleil]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’installation d’Adrien Vescosi va hisser des voiles monumentales dans la Chapelle et les coursives de Pierre Puget, transformant le monument en un poumon méditerranéen où le tissu respire la lumière. Né en 1981 à Marseille, Adrien Vescovi, peintre et teinturier, puise dans le sol phocéen pour alchimiser ses toiles. Formé aux Beaux-Arts, il a rapidement [&#8230;]</p>
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<p>L’installation d’Adrien Vescosi va hisser des voiles monumentales dans la Chapelle et les coursives de Pierre Puget, transformant le monument en un poumon méditerranéen où le tissu respire la lumière.</p>



<p><br>Né en 1981 à Marseille, Adrien Vescovi, peintre et teinturier, puise dans le sol phocéen pour alchimiser ses toiles. Formé aux Beaux-Arts, il a rapidement abandonné l’académisme pour des teintures naturelles : herbes sauvages du Garlaban, écorces d’oliviers centenaires, épices des marchés d’Aix. Ses œuvres, exposées au vent salé ou au soleil zénithal, capturent l’éphémère et offrent un paysage qui mute, un temps qui se voile. Installations immersives, sculptures de lin patiné : Vescovi déconstruit le cadre pour libérer la couleur en migration poétique.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le voile, seuil méditerranéen</strong></mark></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><br></mark>Imaginez les voiles aux fenêtres des maisons du Panier, de Naples ou d’Alger : des linges tendus comme des paupières mi-closes, filtrant la réverbération du sirocco sur la mer cobalt. Ainsi, Vescovi investit la Vieille Charité de toiles cousues main, draps modestes gonflés d’histoires et teintes au chaudron dans son atelier de la Belle de Mai. Ces tissus, nés d’ateliers ancestraux où les femmes phrygiennes tissaient la trame du quotidien, protègent l’intime tout en livrant des bribes de monde. Fragiles comme un souvenir d’exil, robustes comme les mains calleuses des pêcheurs, ils incarnent la Méditerranée : seuil poreux entre dedans et dehors, ombre et éclat, silence et murmure des vagues.<br><br>Dans la chapelle aux voûtes baroques, ces voiles pendus oscillent, entre clair-obscur. Ils évoquent les chaux des façades marseillaises, les rideaux des riads tunisiens, les étendoirs de la Casbah d’Alger, qui dansent au gré du Mistral. Ils deviennent la peau du lieu : un épiderme tendu sur les os de pierre, marqué par le soleil, les embruns, les passages humains. Le visiteur, glissant entre ces parois souples, devient l’ombre projetée, le souffle qui les anime, une danse où le corps rencontre l’invisible.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’inflexion solaire, alchimie chromatique</mark></strong></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><br></mark></strong>Soleil de Marseille, lame d’or qui incise l’azur : voilà le cœur battant de l’installation. Les pigments végétaux de Vescovi, safran ardent, garance sanguine, indigo des genêts, sont exposés dans des pots et réagissent à la lumière impitoyable. Chaque pli module les tons : du jaune zénithal au fauve du crépuscule, de l’ocre fané à l’indigo profond de la nuit tombée. La couleur vit, se patine sous l’œil du jour ; elle est mémoire gravée dans la fibre, écho des soleils qui ont teinté les toiles des caravelles.</p>



<p><br>La déambulation suit cette symphonie chromatique : les pas du visiteur font frémir les voiles, révélant des éclats cachés, aux détours des coursives. Ici, la lumière n’éclaire pas ; elle chante, elle infuse, elle transmue.</p>



<p>Laëtitia Olivier, responsable des expositions aux Musées de Marseille, orchestre cette invitation d’artiste avec une sensibilité rare, liant héritage et contemporanéité. Son regard curatorial fait de la Vieille Charité un vaisseau vivant, reliant l’histoire du lieu, ancien hospice, prison, agora culturelle, à la pulsation méditerranéenne de Vescovi.</p>



<pre class="wp-block-verse">SAMIA CHABANI, Diasporik<br><br>Dormir comme le soleil<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 15 mai au 10 janvier<br></mark><br><a href="https://musees.marseille.fr/centre-de-la-vieille-charite-cvc" type="link" id="https://musees.marseille.fr/centre-de-la-vieille-charite-cvc">La Vielle Charité</a>, Marseille</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/"><em>Arts visuels </em>ici</a></p>
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		<title>Le Ramadan, un phénomène social total</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 08:59:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Akram Belkaïd]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques du Ramadan]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Akram Belkaïd présentait son nouveau livre le 6 mars à la librairie marseillaise L’Île aux mots, autour d’un apéro iftar, au coucher du soleil. A Marseille, habituellement, on ne fait pas de ramdam autour du ramadan, dont le début était concomitant cette année avec le carême chrétien. À Noailles, il donne à voir ses étals [&#8230;]</p>
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<p>Akram Belkaïd présentait son nouveau livre le 6 mars à la librairie marseillaise L’Île aux mots, autour d’un apéro iftar, au coucher du soleil. A Marseille, habituellement, on ne fait pas de ramdam autour du ramadan, dont le début était concomitant cette année avec le carême chrétien. À Noailles, il donne à voir ses étals sucrés et révèle les odeurs de menthe et de coriandre dans les rues.&nbsp;À l’heure de l’iftar, les rues se vident progressivement ,pour se réanimer quelques temps après…</p>



<p>Journaliste à l’<em>Orient XXI</em> et rédacteur en chef du <em>Monde diplomatiqu</em>e, Akram Belkaïd est l’un des observateurs les plus fins du monde arabe et de ses diasporas : ces<em> Chroniques du ramadan</em> rassemblent des textes courts écrits au fil des années, fragments de mémoire, réflexions sociales, récits d’iftar et scènes du quotidien. Et leur lecture prenait une saveur particulière à cette heure, en ce lieu, en ce mois….</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Au carrefour des vécus</mark></strong></p>



<p>Pour l’auteur, le ramadan est un phénomène social total,&nbsp;qui mobilise simultanément tous les aspects d’une société, sans qu’on puisse les disséquer isolément. Un moment où se croisent foi, consommation, solidarités et paradoxes.&nbsp;</p>



<p>Car derrière l’apparente uniformité du rite, il y a la diversité des vécus, ceux du chibani isolé, de la mère en surcharge mentale, du cadre pressé ou de l’étudiant précaire….</p>



<p>On jeûne à Alger comme à Paris, à Casablanca comme à Marseille, sous des lumières différentes mais dans une même quête spirituelle. Évidemment, de l’extérieur, on voit surtout les tables bien garnies et&nbsp;pantagruéliques, et les restrictions diurnes. Mais la réalité culturelle, partagée est bien plus complexe, et se révèle dans les récits.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La meilleure Zlabia, celle de Boufarik !</mark></strong></p>



<p>Ainsi, Akram Belkaïd décrit avec tendresse les récits ordinaires  d’une cocotte-minute récalcitrante, des débats autour de la meilleure zlabia, non la tunisienne mais celle de Boufarik, à côté d’Alger, sa ville natale. Il raconte aussi, avec humour et précision, la préparation de l’iftar ou des prières surérogatoires, recommandées mais non obligatoires, du Tarawih (prières du soir après le Salat, prière rituelle).</p>



<p>Ses chroniques tissent une géographie du ramadan contemporain, faite d’ajustements nécessaires, de solidarité ancestrale et de pratiques culturelles contemporaines. L’auteur ne se contente pas d’observer : il interroge le sens d’un mois à la fois spirituel et profondément social, questionnant les usages jusqu’à ceux des dé-jeûneurs dans une société cosmopolite où la liberté de conscience est fondamentale.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un ramadan embourgeoisé</mark></strong></p>



<p>Plus concrètement, à ceux qui prédisaient un affaiblissement des rites et de la pratique religieuse, Akram Belkaïd apporte un démenti documenté.&nbsp;«&nbsp;<em>Il gagne du terrain,</em> affirme-t-il, <em>en même temps qu’il évolue, qu’il change, qu’il s’adapte</em>». On pourrait dire qu&rsquo;il « s&#8217;embourgeoise », écrivaient, en 2000, l&rsquo;historien François Georgeon, ou Fariba Adelkhah dans R<em>amadan et Politique</em>.</p>



<p>Un paradoxe qui n’est qu’apparent « <em>on jeûne pour ressentir la faim, partager l’épreuve…Mais chaque soir, l’abondance guette, au risque de déjouer&nbsp;tous les messages de prévention des médecins comme des appels à modération des théologien</em>s. »&nbsp;</p>



<p>Car derrière la convivialité des tables se cache aussi la logique d’un capitalisme mondialisé qui a su transformer l’épreuve spirituelle en marketing. Guirlandes rococo, rayons débordants de sirop de glucose et autres sodas, folklore illustré par les chameaux et palmiers…. le ramadan s’est mondialisé jusque dans nos supermarchés et nos assiettes.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Irrationalité et gravité</mark></strong></p>



<p>Autre paradoxe, les <em>Chroniques du Ramadan </em>interrogent le lien entre spiritualité et rationalité.&nbsp;Ainsi, la fluctuation du calendrier religieux génère un espace de débat : pourquoi persister à guetter la lune à l’œil nu à l’heure des calculs astronomiques ? Pour Belkaïd, cette persistance de la tradition dans la modernité reste une part essentielle de la poésie du rite.&nbsp;</p>



<p>À travers sa plume, le ramadan devient ainsi le miroir des mutations d’un islam diasporique, qui reflète les tensions sociales et des élans de générosité qui se réinventent chaque soir au moment de rompre le jeûne.&nbsp;</p>



<p>Mais les anecdotes sur l’origine d’une recette, les débats sur les dates ou le choix d’une série n’effacent pas la gravité de la situation internationale. En préambule de son essai, Belkaïd revient sur les peuples qui meurent de faim, et rappelle que le ramadan à&nbsp;Gaza était dans tous les esprits cette année.Une réalité qui a bouleversé la dimension spirituelle de l’épreuve.&nbsp;</p>



<p>De fait, entre pratique individuelle et consumérisme collectif, les communautés diasporiques peinent à faire entendre leurs voix, à constituer un contrepoids politique face au risque omniprésent d’alimenter l’islamophobie rampante.&nbsp;</p>



<p>L’écriture d’Akram Belkaïd, à la fois pudique et incisive, redonne à ce mois de jeune une profondeur politique : celle d’un temps suspendu où la solidarité devient acte de résistance.&nbsp;Un livre tout en nuances, à l’image de son auteur : discret, érudit et profondément humain.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">SAMIA CHABANI<br><br>Chroniques du Ramadan<br><br>Voyage intimiste au coeur du jeûne<br><br>Akram Belkaïd<br><br>éditions Tallandier, 2026</pre>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="254" height="350" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/chroniques-du-ramadan.jpeg?resize=254%2C350&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-136152" style="width:527px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/chroniques-du-ramadan.jpeg?w=254&amp;ssl=1 254w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/chroniques-du-ramadan.jpeg?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/04/chroniques-du-ramadan.jpeg?resize=150%2C207&amp;ssl=1 150w" sizes="(max-width: 254px) 100vw, 254px" /></figure>
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		<title>Algérie coloniale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 08:28:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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		<category><![CDATA[Sylvie Thénault]]></category>
		<category><![CDATA[Violence ordinaire dans l'Algérie coloniale. Camps Internements assignations à résidence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’association Coudes à Coudes, animée par Michel Poutoudis, propose un cycle de conférences sur la colonisation en partenariat avec la BMVR de l’Alcazar (Marseille). Samedi 21 mars, l’historienne Sylvie Thénault, spécialiste du droit colonial, offrait un décryptage passionnant de l’ordre juridique mis en place en Algérie pendant plus d’un siècle. L’histoire explique à qui la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’association Coudes à Coudes, animée par Michel Poutoudis, propose un cycle de conférences sur la colonisation en partenariat avec la BMVR de l’Alcazar (Marseille). Samedi 21 mars, l’historienne Sylvie Thénault, spécialiste du droit colonial, offrait un décryptage passionnant de l’ordre juridique mis en place en Algérie pendant plus d’un siècle.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’histoire explique à qui la faute… </mark></p>



<p>Il ne s’agit pas de trouver des coupables parmi les groupes sociaux en présence mais de comprendre l’institutionnalisation d’un droit inégalitaire inscrit dans les politiques françaises. L’exposé s’appuie sur les analyses du sociologue Georges Balandier, pour qui la colonie est une « situation totale »&nbsp;: domination politique, hiérarchie raciale, dépendance économique. Dans ce contexte, le droit n’est pas un simple outil administratif, mais un instrument de pouvoir et de distinction qui ne se démentent pas jusqu’à l’indépendance.&nbsp;<br>Le paradoxe colonial s’installe</p>



<p>En 1865, les « indigènes musulmans » sont déclarés français, mais restent soumis à la loi islamique. Pour devenir citoyens, ils doivent renoncer à leur statut personnel et adopter le droit civil français. Autrement dit, l’égalité passe par l’assimilation qui oblige à renoncer au statut personnel. Ce texte, présenté par Sylvie Thénault comme la clé de voûte de l’ordre colonial, fonde un système où l’appartenance nationale ne garantit pas la citoyenneté.<br><br>Cinq ans plus tard, le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux indigènes israélites d’Algérie.&nbsp;Une avancée pour certains, mais une fracture pour d’autres&nbsp;: les Juifs deviennent Français à part entière, tandis que les musulmans restent exclus.&nbsp;Sous le régime de Vichy, les Juifs seront déchus de leur nationalité comme en métropole,&nbsp;rétablie à la Libération.&nbsp;</p>



<p>Thénault y voit la preuve d’une citoyenneté à géométrie variable, dépendante des équilibres politiques notamment de l’obsession démographique de la minorité coloniale qui combat jusqu’au bout le double collège électoral plus que des principes universels. 1954 marque l’aboutissement de ces contradictions&nbsp;: 984 000 colons européens pour 8,5 millions de « Français musulmans », inégaux en droits.&nbsp;Malgré l’abrogation du code de l’indigénat en 1944, les deux collèges électoraux subsistent, consacrant la primauté politique de la minorité européenne. Le droit, rappelle Thénault, a servi à légitimer cette différence, à rendre durable ce déséquilibre.</p>



<p><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un lien avec le présent…</mark></strong></p>



<p>Sur cette tension centrale, &nbsp;l’Algérie a été administrée comme un territoire français mais gouvernée comme une colonie.&nbsp;La colonisation française en Algérie, crée une société « <em>où les dominés sont majoritaires mais minoritaires dans les faits</em> ».&nbsp;Ainsi, c’est le droit lui-même qui a rendu cette contradiction possible, en hiérarchisant les appartenances et en inventant un « <em>citoyen colonial</em> ».<br><br>Les échanges avec le public ont prolongé la réflexion sur notre rapport à la mémoire et à l&rsquo;exigence de connaissances historiques.&nbsp;Car il ne s’agit pas seulement du passé : revisiter ces textes, c’est comprendre comment l’injustice peut se construire par le droit, et comment la parole historique peut, aujourd’hui encore, redonner sens à la justice et à l’égalité.</p>



<pre class="wp-block-verse">SAMIA CHABANI<br><br>Lire Sylvie Thénault :<br><br>Les Ratonnades d’Alger, 1956. Une histoire de racisme colonial (Seuil, 2022)<br>Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale. Camps, internements, assignations à résidence (Odile Jacob, 2012)</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/" type="link" id="https://journalzebuline.fr/category/societe/">Société</a> ici</p>
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		<title>Inclusion et accessibilité dans le spectacle vivant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:13:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nés valides, nous sommes tous susceptibles de perdre un sens ou une fonction : un rappel que le handicap nous concerne largement, même sans diagnostic posé.&#160;La loi de 2005 sur l’accessibilité et les normes PMR demeure imparfaite et partiellement appliquée. Les réalités de terrain illustrent encore un manque d’accessibilité.&#160;Comment accompagner l’application effective de ces normes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Nés valides, nous sommes tous susceptibles de perdre un sens ou une fonction : un rappel que le handicap nous concerne largement, même sans diagnostic posé.&nbsp;La loi de 2005 sur l’accessibilité et les normes PMR demeure imparfaite et partiellement appliquée. Les réalités de terrain illustrent encore un manque d’accessibilité.&nbsp;Comment accompagner l’application effective de ces normes sur les plans économique, culturel et organisationnel et&nbsp;penser l’accueil comme une démarche transversale et sectorielle à part entière ?</p>



<p>Le festival <em>Avec le temps</em>, à l’initiative de la coopérative Grand Bonheur, a proposé des rencontres professionnelles pour croiser les regards autour des grandes questions qui traversent les métiers, les filières et les pratiques culturelles du spectacle vivant : inclusion et accessibilité, transmission, ancrage territorial au programme.</p>



<p><strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mieux prendre en compte le handicap</mark></strong></p>



<p>Animée par&nbsp;<strong>Coline Le Page</strong>, directrice développement pour Héphaïstos et responsable RSO pour la Friche Belle de Mai, la table ronde sur l’inclusion&nbsp;réunit un panel de directeurs artistiques et de référents inclusion ou handicap issus de divers acteurs culturels. <strong>Lise Couzinier</strong>,chargé de communication et des affaires culturelles au centre hospitalier Valvert&nbsp;;&nbsp;<strong>Santiago Aldunate</strong>, artiste du projet de médiation « Ce soir on joue à Metz »&nbsp;;&nbsp;<strong>Salomé Trifard-Jamet</strong>, administratrice de la Cie Nine Spirit,&nbsp;<strong>Amandine Habib,&nbsp;</strong>Directrice artistique de cette même compagnie et pianiste&nbsp;; et&nbsp;<strong>Nathalie Solia</strong>,Directrice de la Fiesta des Suds.&nbsp;</p>



<p><br>Le partage d’expériences concrètes menées en interne vise à interroger l’accueil des publics et artistes, sans discrimination. La Compagnie Nine Spirit partage autour du dispositif Atypik Lab, temps d’échange initié, au sein du festival <em>Piano en fleurs</em>, intégrant des professionnels de différents champs, soignants, culturels et autres dans le but de publier un guide de bonnes pratiques diffusable. Au-delà de la question du fauteuil, la réflexion sur les outils permettant une meilleure prise en compte de l’ensemble des handicaps.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Optimiser l’accueil<br></mark></strong><br>Un temps de travail collectif invite à interroger concrètement nos manières d’accueillir et de produire : accessibilité des lieux, formats adaptés, représentations diversifiées, formation des équipes, modèles économiques compatibles avec ces engagements. L’ambition : faire progresser durablement les pratiques pour tendre vers une scène réellement partagée.<br><br>Pour les chargé·es de production, garantir l’accessibilité demeure complexe, même si les grands festivals ont déjà intégré des commissions d’accessibilité (rampes, sanitaires PMR…).<br>Nathalie Solia, directrice de la Fiesta des Suds et codirectrice du Babel XP, souligne que l’accueil de publics variés suppose des aménagements concrets : places de stationnement proches, accompagnement vers les espaces de repos… En outre, la création d’une boîte mail dédiée a permis d’anticiper les besoins spécifiques et d’optimiser l’accueil sur les plateformes pour les personnes en situation de handicap et leurs accompagnants.<br><br>La responsabilité est collective. De nombreux leviers relèvent autant de l’économie que de l’accompagnement en compétences. Le recours à des architectes ou des ergothérapeutes contribue à anticiper les contraintes sur site et à concevoir des solutions adaptées.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Inverser la charge de l’accueil<br></mark></strong><br>Les usagers sont encore souvent contraints de s’adapter, au prix d’efforts personnels, parfois accompagnés d’un sentiment d’illégitimité à demander des aménagements. Comme pour d’autres critères discriminatoires, inclure les premiers concernés, souvent regroupés en associations et adapter la communication à leurs besoins facilite considérablement l’accueil.<br>Cela suppose de généraliser le recours à des professionnels qualifiés en accessibilité et inclusion, afin d’inscrire ces démarches dans la durée.<br><br>Au centre hospitalier Valvert, la commission des usagers participe aux échanges avec les professionnels et s’intègre pleinement à la gouvernance du lieu. Avec une salle de 300 places, acteurs et patients partagent la scène. <br><br>L’inclusion a un coût, mais elle constitue une valeur ajoutée globale et sociétale pour nos événements. C’est plus aisé pour un festival en plein air que pour une salle construite dans les années 1980, qui exige souvent d’importants travaux. Aussi, le coût de l’inclusion ne doit pas être perçu comme un obstacle, mais comme un choix collectif de société. L’accessibilité n’est pas une simple ligne budgétaire supplémentaire,  c’est une véritable éthique de la relation.</p>



<p><a></a> SAMIA CHABANI</p>
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		<title>Babel Music XP : Le monde de la musique se réunit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 09:31:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Diasporik. L’édition 2026 alterne concerts, rencontres professionnelles et speed meeting, quel est le contexte des acteurs de l’industrie musicale ? Olivier Rey. La filière musicale, notamment du spectacle vivant, vit une situation complexe par la réduction des aides publiques, la concentration de multinationales privées, l&#8217;inflation des coûts généralisés et toute une série de facteurs qui [&#8230;]</p>
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<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Diasporik. L’édition 2026 alterne concerts, rencontres professionnelles et speed meeting, quel est le contexte des acteurs de l’industrie musicale ?</mark></strong></p>



<p><strong>Olivier Rey.</strong> La filière musicale, notamment du spectacle vivant, vit une situation complexe par la réduction des aides publiques, la concentration de multinationales privées, l&rsquo;inflation des coûts généralisés et toute une série de facteurs qui font qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui c’est une filière en pleine mutation. Face à la marchandisation de ce secteur, il y a un véritable enjeu sociétal, politique et économique à promouvoir la diversité musicale pour une meilleure représentation des cultures, pour éviter l’uniformisation portée par les cultures dominantes et favoriser l’émergence de talents émergents. <em>Babel Music XP</em> se positionne comme une manifestation d’intérêt général, ce lieu de rassemblement et d’échanges indispensable pour l’écosystème musical, cette plateforme nationale et internationale unique qui répond aux besoins des actrices et acteurs du secteur. C’est pour cela que 2000 professionnels de 72 pays viennent spécialement à Marseille pour participer à Babel Music XP du 19 au 21 mars.</p>



<p><strong>Quelles sont les attentes en matière de professionnalisation ? Comment y répondez-vous ?</strong></p>



<p><em>Babel Music XP</em> repose sur 3 piliers qui sont un salon international, un programme de rencontres professionnelles et un festival planétaire ouvert grand public. Sur le salon et les rencontres, nous abordons plusieurs sujets sur la formation, la transmission, la professionnalisation et les compétences des métiers liés au secteur culturel et à son économie. Nous avons des pavillons, des débats et des conférences dédiés à l’ensemble de ces sujets.</p>



<p><strong>Quels sont les talents émergents que vous mettez à l’honneur ?</strong></p>



<p>Dans le cadre du festival, <em>Babel Music XP</em> propose 31 concerts d’artistes en provenance de 27 pays. Cette sélection officielle a été réalisée par un jury international indépendant parmi 2781 candidatures originaires de 117 pays. Ce chiffre vertigineux témoigne de l’intérêt majeur de l’événement et surtout le fait que Babel Music XP est devenu un accélérateur de carrière et un exceptionnel levier de développement de projets artistiques. Nous accueillerons donc de la pop tropicale de Colombie, de l’afro-punk de Kinshasa, de la musique classique avant-gardiste de Corée du Sud, de l’électro-orientale de Palestine, des mythiques chants diphoniques de Mongolie, du maloya fièvreux de la Réunion etc. Bref, un tour du monde de la création musicale mondiale.</p>



<p><strong>Comment prenez-vous en compte le besoin de structuration des acteurs du Sud global (artistes, producteurs, éditeurs…) ?</strong></p>



<p><em>Babel Music XP</em> se définit comme un hub méditerranéen des musiques mondiales, ce qui convoque clairement la position géostratégique de Marseille comme ville à la croisée de plusieurs continents. Nous développons depuis 4 ans de nombreuses actions et partenariats avec des structures du Sud global, du compagnonnage avec nos camarades du Kongo Music Expo à Kinshasa, du mentorat auprès de la filière du Levant en Jordanie et au Liban, des projets de réseau méditerranéen de la musique entre les deux rives ou encore nous proposons, comme depuis 4 ans des tables rondes sur la structuration de la filière en Afrique subsaharienne avec notamment cette année, un réseau inédit de festivals des Grands Lacs, le directeur du Dakar Music Expo ou un dispositif de formation aux métiers de la musique en Centrafrique. Il faut se plonger dans le programme des rencontres professionnelles pour voir la densité de nos échanges internationaux. L’idée étant de positionner <em>Babel Music XP</em> comme cet espace de référence pour la filière internationale et un lieu de rencontre professionnelle sans équivalent entre le Nord et le Sud. Avec une vision durable des échanges et une dimension éthique au service des structures du secteur.</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SAMIA CHABANI</p>



<pre class="wp-block-verse">Sur scène<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 mars<br></mark>Inner Spaces + Tengerton – <a href="https://www.citemusique-marseille.com/" type="link" id="https://www.citemusique-marseille.com/">Cité de la Musique</a><br>La Litanie des cimes &amp; Mah Damba + Meryem Koufi &amp; Mehdi Haddad - Alcazar<br><br>Broua + Celia Wa + Etenesh Wassié – Espace Julien<br><br>Ahmed Eif &amp; Ilyf + Ducasse – Makeda<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 mars<br></mark><br>Groov&amp; – GMEM (<a href="https://www.lafriche.org/" type="link" id="https://www.lafriche.org/">Friche la Belle de Mai)</a><br>Rebecca Roger Cruz + L’Antidote + Grand ensemble Filos + Djazia Satour + Lavinia Mancuzi + Re#encouter + Sper Parquet + Lindigo + Isam Elisa + Sskyron &amp; DJ Dan – La Plateforme<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">21 mars<br></mark><br>Jawhar + Ondéla – Grand plateau <a href="https://www.lafriche.org/" type="link" id="https://www.lafriche.org/">Friche la Belle de Mai</a><br><br> Gregory Dargent + Miksi + By the Sket Quintet + Cocahna + Bandua + Sonoras Mil + Article15 + Etyen &amp; Salwa Jaradat + Vitu Valera – La Plateforme</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici</a></p>
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		<title>Lætitia Bianchi, une autrice au MAAOA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 10:05:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Franco-mexicaine, écrivaine, éditrice et traductrice, Lætitia Bianchi tisse depuis plusieurs années un dialogue fécond entre littérature, arts populaires et mémoire visuelle. Son œuvre, nourrie par un séjour prolongé au Mexique entre 2013 et 2017, explore avec sensibilité les zones d’interpénétration entre imaginaire collectif, croyances populaires et héritages coloniaux. À l’occasion de cette rencontre, l’autrice proposera [&#8230;]</p>
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<p>Franco-mexicaine, écrivaine, éditrice et traductrice, <strong>Lætitia Bianchi</strong> tisse depuis plusieurs années un dialogue fécond entre littérature, arts populaires et mémoire visuelle. Son œuvre, nourrie par un séjour prolongé au Mexique entre 2013 et 2017, explore avec sensibilité les zones d’interpénétration entre imaginaire collectif, croyances populaires et héritages coloniaux.</p>



<p>À l’occasion de cette rencontre, l’autrice proposera une conversation entre son écriture et la collection d’arts populaires mexicains du musée, un ensemble rare de sculptures, ex-voto, masques et objets votifs qui témoignent de la vitalité des traditions populaires et des continuités entre art et rituel.</p>



<p>Son dernier roman, <em>Bonampak</em> (Verticales, 2025), revisite la découverte d’un site maya en donnant voix aux explorateurs mais aussi aux paysages et aux silences des peuples oubliés. Par une écriture à la fois documentée et poétique, elle interroge les naïvetés néocoloniales de l’archéologie et les imaginaires hérités des explorations scientifiques.</p>



<p><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mémoires des collections</mark></em></strong></p>



<p>Fondatrice des éditions Mexico (2022), Lætitia Bianchi s’attache à redonner visibilité à l’imagerie populaire, du graveur mexicain José Guadalupe Posada aux <em>louboks</em> russes, tout en traduisant des textes fondateurs, comme <em>Les Oiseaux</em> d’Aristophane (Arléa, 2024).</p>



<p>Cette rencontre s’articule avec le processus de refondation du projet scientifique et culturel du MAAOA, mené par son directeur <strong>Benoît Martin</strong> et les équipes de conservation, de recherche et de médiation. Elle participe à une réflexion sur la manière dont les musées racontent aujourd’hui les objets hérités des collections coloniales notamment les artefacts amérindiens : parures de plumes, crânes rituels ou objets cérémoniels issus de dons historiques (Heckenroth, Gastaut). Plus que des curiosités, ces œuvres incarnent des usages spirituels et des liens vitaux avec les cultures d’origine, auxquels la littérature peut offrir une voie sensible de résonance.</p>



<p>Entre écriture et ethnographie, fiction et mémoire, Lætitia Bianchi invite ici à repenser la relation entre récit, regard et restitution, un cheminement poétique au cœur des débats actuels sur la représentation des mondes autochtones et les communautés sources dans les musées.</p>



<pre class="wp-block-verse">SAMIA CHABANI<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 février,</mark><br>Centre de la Vieille Charité, Marseille</pre>
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		<title>Amine Boudchart : atout chœur  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 10:31:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ils sont venus de toute la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et de Corse : plus de 2 000 personnes ont assisté au spectacle Boudchart, savamment orchestré par Amine Boudchart, samedi 31 janvier au Silo, à Marseille – après être déjà passé par Montréal, Carthage ou Montpellier.&#160; En quelques années, le compositeur s’est imposé comme l’une des [&#8230;]</p>
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<p>Ils sont venus de toute la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et de Corse : plus de 2 000 personnes ont assisté au spectacle <em>Boudchart</em>, savamment orchestré par <strong>Amine Boudchart</strong>, samedi 31 janvier au Silo, à Marseille – après être déjà passé par Montréal, Carthage ou Montpellier.&nbsp;</p>



<p>En quelques années, le compositeur s’est imposé comme l’une des figures les plus singulières de la scène musicale marocaine, portée désormais par un succès international. Ce triomphe répond aux attentes des diasporas en quête de transmission patrimoniale à travers le monde. À rebours du modèle de la star intouchable, il fait du public le véritable cœur battant de ses concerts, transformant chaque salle en chorale géante. Communiqué en amont, le livret des paroles permet à chacune et chacun de se préparer et de maîtriser les textes, afin d’entrer pleinement dans l’interprétation collective.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un parcours atypique  </mark></strong></p>



<p>Né à Mohammédia en 1989, ce compositeur franco‑marocain incarne une génération pour qui frontières et cultures sont devenues poreuses. Au‑delà des classiques, ses compositions donnent à entendre la condition cosmopolite des Marocains du monde. Avec des œuvres comme <em>Mosaïca, Bartiya Groove ou Jalsa,</em> il tisse un paysage sonore où se répondent influences amazighes, andalouses, arabes et africaines.&nbsp;</p>



<p>Sur scène, le cœur du phénomène Boudchart tient dans un geste simple : inviter le public à devenir chorale. Le concert se mue alors en véritable « expérience collective » où les spectateurs chantent à l’unisson des titres issus d’un patrimoine musical largement partagé. De l’emblématique Hajja El Hamdaoui à Ragheb Alama, en passant par Warda, Dahmane El Harrachi ou le groupe Babylone, c’est une ronde de célébrités qui est convoquée sur scène et portée par des milliers de voix. Sans compter l’aide des invités de la soirée, tels que <strong>Miry</strong>, <strong>Oualid Nadi</strong> et le groupe <strong>Issawa El Asri</strong>, qui ont pleinement participé à l’ambiance générale<em>.</em></p>



<p>Dans un contexte de consommation culturelle fragmentée, ce chœur éphémère redonne corps à l’idée de communauté tout en réinventant les codes du spectacle live. Figure de la créolisation des mondes arabes, amazighes et africains, Amine Boudchart se pose en passeur de mémoires, ancré dans plusieurs traditions musicales tout en innovant dans les formes. En réorchestrant des classiques arabes pour un format choral massif, il opère un double mouvement : actualiser un répertoire associé à des héritages communs et retisser des liens dans une région fragmentée par les rivalités diplomatiques et économiques. Cet héritage musical, largement revisité par les artistes contemporains, trouve ainsi un nouvel écho auprès de publics jeunes et connectés.&nbsp;</p>



<p>SAMIA CHABANI</p>



<pre class="wp-block-verse">Concert donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 janvier</mark> au Cepac-Silo, Marseille</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Nos articles <em>Diasporik</em>, conçus en collaboration avec <a href="https://ancrages.org">l’association Ancrages</a> sont également disponible en intégralité sur leur site</p>
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		<title>Entre cultures autochtones et rythmes syncrétiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 09:09:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Animé par Yassine Laroussi, le groupe Zawia Fama s’est formé autour de musiciens venus de divers horizons, leur point commun est la ville de Marseille comme port d’attache. Empruntant son nom aux zawias, confréries ancestrales qui rassemblent des disciples autour de pratiques mystiques et de rituels collectifs, le groupe conjugue fraternité et diversité. L’autre partie [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Animé par Yassine Laroussi, le groupe Zawia Fama s’est formé autour de musiciens venus de divers horizons, leur point commun est la ville de Marseille comme port d’attache. Empruntant son nom aux zawias, confréries ancestrales qui rassemblent des disciples autour de pratiques mystiques et de rituels collectifs, le groupe conjugue fraternité et diversité.</p>



<p>L’autre partie du nom, Fama, est un prénom donné principalement en Afrique de l’Ouest, lié aux langues et culture mandingues comme le bambara, où il signifie « reine » ou « celle qui est honorée ».&nbsp;Fama est aussi un hommage à la grand-mère de Yassine auprès de laquelle il apprend les valeurs d’hospitalité et de dignité.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Musique gnawa et soin des âmes</mark></strong></p>



<p>Le répertoire gnawi, ou musique gnaoua, puise ses racines dans le lien historique et culturel entre l&rsquo;Afrique du Nord et l&rsquo;Afrique subsaharienne. Introduite au Maroc et en Algérie dès le XV<sup>e</sup> siècle par des esclaves originaires du Ghana, de la Guinée et du Mali, cette tradition musicale reflète un syncrétisme entre les rythmes hypnotiques et polyrythmiques subsahariens, les pratiques animistes et les influences soufies maghrébines arabes et amazighes.</p>



<p><a></a> Les Gnaouas, musiciens nomades, ont développé ce répertoire d’une zaouïa à l’autre, parcourant les confréries mystiques, mêlant invocations aux djinns et saints aux rythmes des percussions et chants d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Le guembri (luth à trois cordes), les qaraqeb (crotales métalliques) et le tbel (tambour) incarnent cette hybridité, où les polyrythmies ternaires et binaires du golfe de Guinée se superposent à des structures nord-africaines.</p>



<p>Pour Yassine Laroussi, animateur du groupe «&nbsp;<em>chacun est porteur de sa culture et de ses influences musicales. Zawia Fama est comme un mausolée imaginaire qui permet d’abriter cette diversité et permet son harmonisation et son alchimie. Au croisement d’emprunts musicaux circulants, il en sort un cocktail au groove percutant et une invitation dans l’univers de la transe.</em>&nbsp;»</p>



<p>Une identité musicale hybride qui se construit au fil du parcours entre le Maroc et Marseille comme un carnet de voyage. Par essence, les musiciens de Zawia Fama sont un peu troubadours, porteurs et transmetteurs de culture, la musique gnawie est leur point central. Cette musique de liberté se nourrit des rythmiques africaines se sublime par des expressions de transes corporelles et d’un imaginaire très coloré.</p>



<p>Avec des titres emblématiques comme<em> Yemma</em> ou <em>Amazighia</em>, le voyage est assuré jusqu’à Tiznit (Maroc), haut lieu de la culture amazighe. À l’occasion de Yennayer, Nouvel An amazigh 2976, cette chanson célèbre la fierté d’une identité amazighe affranchie d’un monde mortifère cerné par les frontières, celles dressées par les États-nations comme celles, plus bruyante que jamais, des velléités de guerre.</p>



<p>La scène marseillaise occupe une place particulière pour le groupe qui s’y produit régulièrement, la prochaine date du 23 janvier à la brasserie Zoumaï, sera de nouveau l’occasion de retrouver un public fidèle et de partager la nouvelle année, sous le signe de la paix et de la tolérance.</p>



<pre class="wp-block-verse">SAMIA CHABANI<br><br>Zawia Fama<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 janvier</mark><br><a href="https://www.brasseriezoumai.fr/" type="link" id="https://www.brasseriezoumai.fr/">Brasserie Zoumaï</a>, Marseille</pre>



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		<title>CAN 2025 : Les binationaux et la géopolitique du ballon rond </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jan 2026 16:29:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une compétition qui fait vibrer tout un continent et Marseille avec elle, tout en relançant le débat sur la nationalité sportive. Parmi les 24 équipes engagées, 21 comptent des binationaux. Ces profils, souvent formés en Europe, renforcent considérablement des sélections comme le Maroc  où brillent Achraf Hakimi et Brahim Diaz (nés en Espagne) ou [&#8230;]</p>
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<p>C’est une compétition qui fait vibrer tout un continent et Marseille avec elle, tout en relançant le débat sur la nationalité sportive. Parmi les 24 équipes engagées, 21 comptent des binationaux. Ces profils, souvent formés en Europe, renforcent considérablement des sélections comme le Maroc  où brillent Achraf Hakimi et Brahim Diaz (nés en Espagne) ou Noussair Mazraoui (nés aux Pays-Bas) ; l’Algérie avec Ryad Mahrez, Ismael Bennacer et Luca Zidane, ou encore le Sénégal avec Pape Gueye. </p>



<p>Ces sélections africaines, revitalisées par leurs diasporas, suscitent autant d’enthousiasme que de débats autour de la nationalité sportive. Nationalité civile ou sportive ? Il convient de rappeler que la nationalité civile, acquise par filiation ou naissance est inaliénable : nul besoin d’en faire la demande si elle découle du droit du sang. Le droit international privé admet d’ailleurs le cumul de plusieurs nationalités, parfois jusqu’à trois selon les États. En revanche, la nationalité sportive obéit à des règles précises édictées par la FIFA. Un joueur déjà sélectionné par un pays peut en changer, à condition d’avoir eu moins de 21 ans lors de sa dernière apparition, de ne pas avoir disputé plus de trois matchs officiels (hors phases finales) et d’observer un délai de trois ans avant de représenter une nouvelle nation.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Footballeurs du monde</mark></strong></p>



<p>Ces assouplissements récents permettent une plus grande mobilité aux jeunes binationaux, non sans tensions. La figure de Luca Zidane, né à Marseille, formé en Espagne, éligible avec l&rsquo;Algérie via ses grands-parents paternels, et titulaire des Fennecs à la CAN 2025, est à ce titre emblématique. Il fait le choix de jouer sous les couleurs de l’Algérie. Pour ces footballeurs, choisir une sélection nationale tient autant à l’origine familiale qu’aux opportunités professionnelles. Leur trajectoire traduit la fluidité d’un marché du travail globalisé, où le sentiment d’appartenance devient une variable stratégique plutôt qu’exclusive.&nbsp;</p>



<p>Achraf Hakimi (Maroc, né en Espagne), Pape Gueye (Sénégal, formé au Havre) ou Eduardo Camavinga (France, né en Angola, origines RD Congo) symbolisent cette mobilité assumée. Dans son essai <em>The Road to Somewhere</em> (2017), le journaliste britannique David Goodhart oppose les «&nbsp;<em>somewheres</em>&nbsp;», attachés à un ancrage territorial et identitaire, aux «&nbsp;<em>anywheres</em>&nbsp;», citoyens du monde, mobiles, cosmopolites et adaptables.&nbsp;</p>



<p>Ces «&nbsp;<em>anywheres</em>&nbsp;» du football incarnent une génération fluide, naviguant entre plusieurs appartenances, à la croisée des racines et des ambitions transnationales. Ils disposent de supporters à leur image, aussi présents en Afrique qu&rsquo;à travers les diasporas mondialisées. Cette nouvelle donne autour de la notabilité des <em>anywheres</em> suscite le plus grand intérêt des marques comme des politiques, comme l’illustre la récente création du Haut Commissariat aux diasporas par Emmanuel Macron. Espérons que cette dimension participe de l&rsquo;esprit compétitif propre au sport et que le meilleur gagne !</p>



<p>SAMIA CHABANI</p>



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		<title>Le caftan marocain, patrimoine vivant reconnu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 08:28:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au-delà du vêtement, le caftan marocain incarne un ensemble de pratiques et de rituels qui constituent véritablement un patrimoine culturel vivant. Son élaboration mobilise un savoir-faire complexe, transmis de génération en génération au sein des corporations artisanales et des kissariates, espaces traditionnels des médinas où s’exercent encore les métiers du textile, de la broderie et [&#8230;]</p>
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<p>Au-delà du vêtement, le caftan marocain incarne un ensemble de pratiques et de rituels qui constituent véritablement un patrimoine culturel vivant. Son élaboration mobilise un savoir-faire complexe, transmis de génération en génération au sein des corporations artisanales et des <em>kissariates</em>, espaces traditionnels des médinas où s’exercent encore les métiers du textile, de la broderie et du tissage. Le brocart de Fès, les gaz textiles de Salé, ou les sfifas de soie et de fil d’or tissées à la main constituent autant de témoins matériels d’une esthétique plurielle, combinant influences amazighes, arabo-andalouses, et ottomanes.</p>



<p>Malgré cette continuité, les <em>maâlams</em>, maîtres artisans, peinent aujourd’hui à transmettre leurs compétences dans un contexte de forte concurrence industrielle. La reproduction de motifs traditionnels par des ateliers désormais mondialisés, entraîne une perte de valeur symbolique et sociale du geste artisanal, pourtant au cœur de la notion de «&nbsp;patrimoine immatériel&nbsp;».</p>



<p><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le caftan dans l’imaginaire</mark></em></strong></p>



<p>La profondeur esthétique du caftan marocain a nourri l’imaginaire d’artistes et de voyageurs européens depuis le XIXᵉ siècle. Eugène Delacroix, lors de son voyage au Maroc en 1832, en fit l’un des symboles picturaux de la féminité nord-africaine et du raffinement vestimentaire, comme en témoigne sa toile <em>Noce juive au Maroc</em>, où le jeu des étoffes et des couleurs évoquent déjà la théâtralité du vêtement. De même, les photographies d’époque coloniale, notamment celles de George Washington Wilson ou d’Antonio Cavilla à Tanger, fixent dans l’imagerie exotique du «&nbsp;féminin marocain&nbsp;» un assemblage de bijoux, de coiffures et de textiles précieux qui constituaient autant de signes d’appartenance sociale.</p>



<p>Dans ce sens, la description que donne Edith Wharton, lors de son séjour au Maroc en 1917 s’inscrit dans la continuité de ce regard occidental sur l’apparat féminin. À travers son évocation de la superposition des brocards, des voiles de mousseline et des coiffures complexes, Wharton révèle non seulement une fascination esthétique mais aussi la «&nbsp;tension coloniale&nbsp;» entre l’authenticité locale et la modernité importée.</p>



<p><strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Identité en mouvement</mark></em></strong></p>



<p>Le caftan, au-delà de son esthétique, assume une fonction rituelle et symbolique. Dans la tradition matrimoniale, il marque le passage de la jeune fille à l’épouse, matérialisé par la ceinture, <em>hzam</em>, lors de la cérémonie. Comme le kimono japonais ou le sari indien, il incarne un rite de passage codifié, conférant statut et respectabilité à celle qui le porte. La fabrication de chaque pièce, souvent longue de plusieurs mois, mobilise un réseau d’artisans, de brodeurs, de negafates, maîtresses de cérémonie des mariages marocains, dont le savoir-faire coordonné participe à la « mise en scène du féminin » dans les célébrations.</p>



<p>Aujourd’hui encore, les negafates assurent la transmission du sens et des usages associés aux différentes tenues portées par la mariée. Chaque caftan, qu’il soit fassi, rbati ou chaâbi, exprime un fragment d’identité régionale et familiale. L’inscription du caftan marocain au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco représente ainsi une reconnaissance internationale d’un art total : alliant conceptions esthétiques, valeurs sociales et continuité mémorielle.</p>



<p>Au-delà de la sauvegarde symbolique, ce classement pose aussi la question concrète de la pérennisation des savoir-faire, appelant à des politiques publiques de valorisation, de formation et d’accompagnement des artisans, sans quoi ce patrimoine, riche d’influences et de significations, risque de se figer dans une image muséale, déconnectée de sa fonction vivante.</p>



<p>SAMIA CHABANI</p>



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