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	<title>Suzanne Canessa, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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	<title>Suzanne Canessa, auteur/autrice sur Journal Zebuline</title>
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		<title>Au festival En Ribambelle !, « Liteul Pipol » captive les tout-petits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:36:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La lune se dédouble. Derrière le blanc immaculé, le bleu se révèle. Des marionnettes minuscules apparaissent, se dérobent, reviennent, de part et d’autre d’un plateau opulent. Tuyaux, portes et cachettes secrètes composent un petit monde dont on guette chaque ouverture. Le dispositif construit par Jean-Luc Tourné organise aussi bien le plaisir de la surprise que [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La lune se dédouble. Derrière le blanc immaculé, le bleu se révèle. Des marionnettes minuscules apparaissent, se dérobent, reviennent, de part et d’autre d’un plateau opulent. Tuyaux, portes et cachettes secrètes composent un petit monde dont on guette chaque ouverture. Le dispositif construit par <strong>Jean-Luc Tourné</strong> organise aussi bien le plaisir de la surprise que celui des retrouvailles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’origine de ces apparitions, un roman pour adultes : <em>1Q84,</em> de Haruki Murakami. <strong>Sandrine Maunier</strong>, qui conçoit et met en scène le spectacle, en retient les « <em>Little People</em> », les deux lunes et la chrysalide de fils blancs. Ces motifs deviennent une matière visuelle et chorégraphique, accessible avant même la maîtrise du langage. L’étrangeté conserve toute sa place dans cet univers doux, jamais réellement inquiétant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Plus petits que soi</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces êtres de bois, les enfants deviennent des géants. Leurs tentatives pour se mouvoir et se redresser leur renvoient des expériences encore toutes proches. La danse, chorégraphiée et interprétée par <strong>Angélique Naccache</strong>, prolonge cette exploration du mouvement : trouver un appui, un équilibre, une façon d’habiter l’espace et d’entrer en contact.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La musique de <strong>Florent Gauthier</strong>, avec ses motifs cycliques, participe pleinement à la fascination. Pendant cette demi-heure de spectacle, personne ne bouge. Les regards suivent les apparitions et attendent la suite, suspendus aux mouvements de ce petit peuple. Quand l’interprète engage un corps-à-corps avec un corps à taille humaine, un suspens s’installe. Le passage peut dérouter les plus jeunes ; la tendresse de ce duo touche bien au-delà de l’âge annoncé. Quelques gestes suffisent pour nous attacher à cette matière devenue partenaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le spectacle a été joué <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">les 25 et 26 octobre 2026</mark> au <strong>Mucem</strong>, Marseille<br><strong>À venir</strong><br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">29 au 31 octobre</mark> au <strong>Théâtre Massalia – Friche la Belle de Mai</strong>, Marseille<br>Le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 janvier 2027</mark> à <strong>La Stella</strong>, La Trinité<br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 au 20 mars 2027</mark> au <strong>Théâtre de Fos</strong>, Fos-sur-Mer<br><strong>Version nomade <em>Fofil</em> </strong><br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 au 24 mars 2027</mark> avec <strong>Scène55</strong>, Mougins <br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 au 7 avril 2027</mark> au <strong>Théâtre de la Licorne</strong>, Cannesa</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Apprendre à regarder</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 13:52:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile de se souvenir d’un film français qui ait si bien regardé la jeunesse, sans y projeter les désirs, la condescendance ou les craintes des adultes. La Gradiva aurait pu épouser le point de vue de sa professeure de latin, accompagnant ses terminales de banlieue parisienne à Naples et Pompéi. Antonia Buresi la rend admirablement [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Difficile de se souvenir d’un film français qui ait si bien regardé la jeunesse, sans y projeter les désirs, la condescendance ou les craintes des adultes. <em>La Gradiva</em> aurait pu épouser le point de vue de sa professeure de latin, accompagnant ses terminales de banlieue parisienne à Naples et Pompéi. <strong>Antonia Buresi</strong> la rend admirablement humaine : passionnée, touchante, agaçante aussi. Sa neutralité de principe s’accommode de préférences et de points aveugles : la beauté androgyne de James la trouble, la désinvolture affichée de Toni l’exaspère, le malaise de Suzanne, bonne élève, la gêne. S’y reconnaît-elle ? Le film prend heureusement le temps de s’attarder sur ceux qu’elle ne comprend pas. Sur leurs conversations, nourries par un long travail de recherche et d’écriture concertée avec des classes de lycéens. Sur leurs interrogations, leurs attentes, leurs désaccords, et aussi leur capacité d’écoute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rarement l’enseignement aura, lui aussi, été si bien filmé. Le plein air, la marche et la contemplation bouleversent la grammaire habituelle du champ-contrechamp et la répartition du pouvoir entre sachants et apprenants. On pense notamment à Laurent Cantet, à son attention unique aux tensions du groupe. L’écriture de Marine Atlan et <strong>Anne Brouillet</strong> fait tenir ensemble la liberté des échanges et la progression tragique. Les interprètes en révèlent chaque nuance : chez <strong>Colas Quignard</strong>, la bravade protège mal la détresse ; <strong>Suzanne Gerin</strong> la parole certes articulée peine à rencontrer celle des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Promesses trahies</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La promesse d’émancipation de ce lycée se heurte à la brutalité du tri de Parcoursup. Les dominations traversent aussi le groupe. James délaisse Angela – radieuse <strong>Hadya Fofana</strong> –, arguant qu’ils n’ont «&nbsp;<em>pas grand-chose à se dire&nbsp;</em>»&nbsp;: la rencontre, banale pour lui, était rare pour elle. <strong>Mitia Capellier-Audat</strong> rend glaçante la facilité avec laquelle James se dérobe. Et la distance entre le milieu d’origine du jeune garçon – aisé – et celui de la jeune fille – nettement moins – d’autant plus perceptible.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Naples et Pompéi, où la pulsion vie côtoie sans cesse le spectre de la mort, l’histoire collective rencontre les récits familiaux. Parti retrouver d’illustres ancêtres napolitains, Toni se heurte à la violence de non-dits qui ont façonné son mal-être. L’immigration se raconte dans cet écart entre les origines rêvées et ce qui n’a pu se transmettre. La conclusion bouleverse : quelque chose n’a pas été vu à temps. Quelque chose de cette jeunesse semble la vouer à un sacrifice certain. Reste pourtant l’espoir d’une écoute, d’un regard… et d’un cinéma capable de les prolonger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Gradiva</em>, de <strong>Marine Atlan</strong><br>En salles depuis <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 21 octobre</mark></pre>
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		<title>Biennale des imaginaires numériques : ça gronde à la Vieille Charité </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 13:19:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« L’art contemporain a toute sa place ici », assure Gwenaël Richerolle, adjoint au maire de Marseille chargé du patrimoine municipal culturel et des équipements culturels. Ravi de ce partenariat inédit avec la Biennale des imaginaires numériques, l’élu salue un lieu où «&#160;se croisent histoire, recherche et art.». Proposée en accès libre, au même titre [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>L’art contemporain a toute sa place ici</em> », assure Gwenaël Richerolle, adjoint au maire de Marseille chargé du patrimoine municipal culturel et des équipements culturels. Ravi de ce partenariat inédit avec la <strong><em>Biennale des imaginaires numériques</em></strong>, l’élu salue un lieu où «&nbsp;<em>se croisent histoire, recherche et art</em>.». Proposée en accès libre, au même titre que les collections permanentes l’exposition poursuit cette volonté de «&nbsp;<em>faire revenir les Marseillais au musée&nbsp;</em>». Et de les inciter, le temps d’une visite, à méditer le regard que posent nos imaginaires numériques sur la thématique de cette édition&nbsp;: la résistance sous toutes ses formes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Serpentine Night</em> commence par un geste aussi drôle que littéral : un micro tendu à une pierre. <strong>Stéphanie Roland</strong> entend lui donner la parole, mais aussi lui prêter un regard. Des failles californiennes aux images de laboratoire, son installation disposée à même le sol multiplie les perspectives minérales, jusqu’à imaginer le dispositif d’un selfie de pierre. Les filtres minéraux à travers lesquels elle filme métamorphosent les rivages ; le surgissement d’un cheval dans une bibliothèque prend des allures d’apparition, tout droit surgie d’un conte de fée. À ces visions d’une beauté étrange répond le grondement de la Terre, enregistré dans les Pyrénées, qui résonne toutes les minutes par-delà les cloisons des coursives. Le paysage devient à son tour observateur. Cette fantaisie, nourrie de recherches scientifiques, nous entraîne dans une expérience organique où l’écoute engage tout le corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ondes de choc</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Impermanence</em>, <strong>Étienne Rey</strong> revient sur un événement spectaculaire : l’effondrement d’un pan de montagne dans un fjord du Groenland, en 2023, sous l’effet du réchauffement climatique. La vague provoquée par la chute fait alors vibrer la Terre pendant neuf jours. Sur un mécanisme de huit mètres de long, cinq supports accueillent une eau qui oscille, se soulève et se recompose au gré des vibrations. La magnifique création musicale de <strong>Max Bruckert</strong> prolonge ces mouvements et participe à l’envoûtement. On resterait longtemps devant ces sculptures liquides, à suivre leurs équilibres instables. Mais la catastrophe dont elles procèdent trouble la contemplation. D’une salle à l’autre, les deux artistes donnent une présence physique à des phénomènes qui échappent ordinairement à nos sens. L’inventivité des dispositifs tient à cette alliance de la rigueur scientifique et d’une liberté joueuse. Le plaisir de regarder ne dissipe ainsi jamais tout à fait l’inquiétude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Souffles terrestres </em></strong><br>Jusqu’au 13 décembre<br>Centre de la Vieille Charité, Marseille</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/biennale-des-imaginaires-numeriques-ca-gronde-a-la-vieille-charite/">Biennale des imaginaires numériques : ça gronde à la Vieille Charité </a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>« De l’autre côté du lac » de Sylvain Prudhomme : entre paradis blanc et vertiges de la disparition</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 08:15:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur un héliport de montagne, un homme rencontre Paola, photographe fascinée par une réserve interdite aux humains. Un amour semble possible. Mais quelques mois plus tard, elle disparaît. Les photographies de Paola, les récits de son ancien compagnon, de ses proches et des scientifiques qu’elle accompagnait sont autant de traces insondables que parcourt l’amoureux de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Sur un héliport de montagne, un homme rencontre Paola, photographe fascinée par une réserve interdite aux humains. Un amour semble possible. Mais quelques mois plus tard, elle disparaît. Les photographies de Paola, les récits de son ancien compagnon, de ses proches et des scientifiques qu’elle accompagnait sont autant de traces insondables que parcourt l’amoureux de cette étrange présence. Là-haut, le corps d’un randonneur a été retrouvé. Des silhouettes, des fumées suggèrent d’autres présences. Qui était Paola ? Qui la suivait ? Et qui habite ce lieu voué au «&nbsp;<em>réensauvagement</em>&nbsp;» auquel elle semblait rêver ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le suspense persistant se nourrit de ces possibles, sans rétention d’information et sans manipulation : le narrateur distingue ce qu’il sait, ce qu’il ignore et ce qu’il imagine. L’écriture avance à tâtons, laisse les hypothèses proliférer. Se plonge sans ambivalence dans l’ivresse d’une femme partie poursuivre dans les hauteurs son insatiable quête d’absolu&nbsp;: elle qui «&nbsp;<em>pense aux milliers d’êtres invisibles qui dans l’obscurité l’observent, l’écoutent. […] Elle trouve fou d’être là, seule à deux mille mètres d’altitude, accroupie dans la nuit, à demi nue.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Un vide. À moins que ce soit un trop-plein »</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="957" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/livre_galerie_9782707358233.jpeg?resize=696%2C957&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138716" style="aspect-ratio:0.7275659114730307;width:220px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/livre_galerie_9782707358233.jpeg?resize=745%2C1024&amp;ssl=1 745w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/livre_galerie_9782707358233.jpeg?resize=218%2C300&amp;ssl=1 218w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/livre_galerie_9782707358233.jpeg?resize=768%2C1055&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/livre_galerie_9782707358233.jpeg?w=1392&amp;ssl=1 1392w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/livre_galerie_9782707358233.jpeg?w=2088&amp;ssl=1 2088w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">« De l&rsquo;autre côté du lac » de Sylvain Prudhomme aux Éditions de minuits </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Évoquant leur séparation qu’il estimait inévitable, son ancien compagnon décrit « <em>des êtres qui ont en eux une intranquillité. Un vide. À moins que ce soit un trop-plein, je ne sais pas. Qui auront toujours besoin d’aller se mettre à l’épreuve, se frotter aux limites.</em>» Les âmes chères à Sylvain Prudhomme semblent toujours habitées par cet étrange élan double&nbsp;: l’appel des routes, des montagnes, du large est tout ensemble une décision de vie et un désir de mort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se «&nbsp;réensauvager&nbsp;» signifie ainsi pour Paola à la fois retrouver cette appartenance au vivant et accepter qu’un lieu existe hors de son emprise. Mais comment le photographier et le pénétrer sans prétendre le posséder ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le « <em>troisième genre de connaissance</em> » évoqué dans le roman invite à percevoir les choses « <em>dans leurs relations, leur développement, leur unité</em> ». Ce désir de communion est aussi celui de l’écrivain, inspiré par un sanctuaire des Écrins. Sa langue imagée et sonore accueille les voix, les bruissements, la douceur luminescente d’un paysage où rôdent le danger et la mort. Les photographies disséminées dans le texte prolongent le trouble du visible. Dans ce paradis blanc, chaque présence porte la possibilité de son effacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>De l’autre côté du lac,</em> de <strong>Sylvain Prudhomme</strong><br>Éditions de Minuit - 22 €</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature">Littératures</a> ici !</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/de-lautre-cote-du-lac-de-sylvain-prudhomme-entre-paradis-blanc-et-vertiges-de-la-disparition/">« De l’autre côté du lac » de Sylvain Prudhomme : entre paradis blanc et vertiges de la disparition</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>Saison Méditerranée à Montpellier, Bashar Murkus au 13 Vents, Mohamed Lekleti au FRAC</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 09:30:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vents d’hospitalité Aux 13 vents, les artistes accueillent le public avant même que le spectacle commence. Cette hospitalité prend un sens particulier dans la Saison Méditerranée à Montpellier. Le théâtre réunit des équipes palestinienne et libanaises qui ne peuvent se rencontrer dans leurs pays respectifs. Leurs œuvres circulent, leurs récits trouvent d’autres oreilles. Celui que [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Vents d’hospitalité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aux 13 vents, les artistes accueillent le public avant même que le spectacle commence. Cette hospitalité prend un sens particulier dans la <a href="https://saisonmediterranee2026.culture.gouv.fr">Saison Méditerranée</a> à Montpellier. Le théâtre réunit des équipes palestinienne et libanaises qui ne peuvent se rencontrer dans leurs pays respectifs. Leurs œuvres circulent, leurs récits trouvent d’autres oreilles. Celui que portent <strong>Bashar Murkus</strong> et <strong>Khulood Basel</strong> nous entraîne pour trois heures dans les aventures d’Abū Zayd.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Al-Sirah Al-Hilaliyyah</em>, les deux artistes, à la tête du Khashabi Theatre de Haïfa, s’emparent de l’épopée des Banu Hilal, transmise oralement depuis le XIV<sup>e</sup> siècle. Guerres, migrations, amours, alliances et trahisons peuplent cette fresque qui conduit une tribu de la péninsule arabique à l’Afrique du Nord. La découverte de ce répertoire constitue déjà un événement. La façon dont les sept interprètes le font vivre lui donne toute sa saveur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Territoires de l’épopée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe joue, raconte, chante, danse, interpelle la salle. Les artistes passent d’un personnage à l’autre avec une aisance réjouissante, soutenant l’ampleur du récit autant que des échappées bienvenues. Les jeux avec le public ménagent un écart proche de la distanciation brechtienne : on suit les aventures des héros tout en savourant la liberté avec laquelle les acteurs, parfois, les commentent et s’en amusent. Le conte, la musique et même les jeux d’ombre et de bricolage empruntant à l’art de la marionnette retrouvent ainsi toute leur puissance d’invention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La musique prend pleinement part à la narration. Les chants de <strong>Rana Baransi</strong> et d’<strong>Abed Zoabi</strong>, les percussions de <strong>Rami Nakhleh</strong> donnent au récit son souffle et ses pulsations. Le dabké chorégraphié par <strong>Samaa Wakim</strong> prolonge cette énergie collective. La scénographie de <strong>Majdala Khoury</strong> fait défiler les paysages ; les ombres agrandissent les corps, les malles livrent leurs créatures. Les interprètes conservent, du théâtre d’ombres aux tableaux chorégraphiés, jusque dans les scènes les plus spectaculaires, quelque chose du jeu d’enfant. La traduction française de <strong>Chakib Ararou</strong> restitue avec bonheur la poésie comme l’humour du texte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous cette profusion, les questions que soulève le metteur en scène palestinien apparaissent avec netteté. L’enfant noir que son père rejette, la mère qu’il accuse d’infidélité et chasse avec lui, les populations que les conquêtes déplacent : tout résonne. Les guerres de territoire de l’épopée rendent singulièrement proche la Palestine d’aujourd’hui. Le héros lui-même, d’abord victime de l’exclusion, devient conquérant : le récit invite à regarder ce que les humiliations et le pouvoir font aux êtres. Il ménage aussi des réparations. Khadra, la mère d’Abū Zayd, retrouve sa place parmi les siens. Au milieu des violences, cette issue heureuse prend un relief particulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Al-Sirah Al-Hilaliyyah</em> a été créé les<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 8 et 9 octobre </mark><br>au <a href="https://www.13vents.fr">Théâtre des 13 vents,</a> Centre dramatique national  de Montpellier</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur le fil</h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="465" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=696%2C465&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138670" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=1024%2C684&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=1536%2C1025&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=696%2C465&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=1068%2C713&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=1920%2C1282&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?resize=629%2C420&amp;ssl=1 629w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/2026-Mohamed-Lekleti-Frac-Occitanie-Montpellier-PH-Christian-Perez-et-Adagp-3.jpeg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Mohamed Lekleti, En Déséquilibres, Vue de l’exposition au Frac Occitanie-Montpellier © Christian Perez et Adagp Paris 2026</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Au Frac, <em>En déséquilibre</em> offre une autre découverte, celle d’un artiste marocain installé à Montpellier auquel l’institution consacre sa première exposition monographique de cette ampleur en France. <strong>Mohamed Lekleti</strong> déploie une fresque à même les murs, y associe des dessins sur papier et des objets, relie l’ensemble par des fils réels ou dessinés. L’appropriation du lieu impressionne : chaque œuvre garde sa densité propre, tout en participant à une composition qui entraîne le regard d’un bout à l’autre de la galerie. On circule dans une pensée autant que dans un espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La finesse du trait retient d’abord, puis les motifs se précisent, reviennent, se contaminent. L’enfance sacrifiée du Maroc, où a l’artiste grandi, côtoie les instruments de la guerre et de la propagande. Armes, oreilles et micros composent un inquiétant vocabulaire du pouvoir : surveiller, imposer sa parole, contraindre les corps. À ces évocations de la dictature se mêlent des figures qui semblent remonter des rêves. Masques, monstres à plusieurs têtes, corps hybrides ou dédoublés ouvrent sur une psyché encombrée d’images. Les oiseaux empaillés ajoutent leur présence troublante à cette population suspendue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’œil cherche des correspondances, suit les lignes, retrouve dans un dessin l’obsession qui affleurait dans le précédent. La précision du geste donne une extraordinaire consistance à cet univers instable. De cet ensemble où tant de menaces se concentrent émerge pourtant une vitalité profonde. Elle tient à la liberté des associations, au mouvement des corps, à la circulation obstinée des images. Jusque dans ses visions les plus sombres, Lekleti communique un plaisir du dessin qui invite à s’attarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S.C.</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>En déséquilibre</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 23 décembre</mark><br><strong><a href="https://www.frac-om.org">Frac Occitanie</a></strong>, Montpellier</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/tag/occitanie/"><em>Occitanie</em> ici </a></p>
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		<title>Actoral</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 14:00:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En terrain familier Deux travaux en cours ouvrent la soirée du 10 octobre. Avec Cher Renzo Piano, Élise Courcol-Rozès, formée aux arts visuels et aux sciences sociales, reprend le discours d’inauguration du Tribunal de Paris prononcé par Édouard Philippe. La langue de bois alterne avec des paroles entendues, perçues, pensées, et l’égalité proclamée se heurte [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En terrain familier</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux travaux en cours ouvrent la soirée du 10 octobre. Avec <em>Cher Renzo Piano</em>, <strong>Élise Courcol-Rozès</strong>, formée aux arts visuels et aux sciences sociales, reprend le discours d’inauguration du Tribunal de Paris prononcé par Édouard Philippe. La langue de bois alterne avec des paroles entendues, perçues, pensées, et l’égalité proclamée se heurte à la réalité des faits, jusque dans une architecture qui n’a rien d’hospitalier. Le dispositif vise juste, avec une ironie encore feutrée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>O Fauno</em>, <strong>Stanley Menthor</strong> et <strong>Lucas Resende</strong> s’emparent de la figure mi-humaine, mi-animale du faune pour interroger les identités et leur dimension performative. Les deux interprètes insufflent à cette première esquisse de belles idées et de beaux moments. Formé au chant lyrique comme à la danse, Stanley Menthor chante superbement, même au sol, même lorsque le mouvement malmène son corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’animal et le regard</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’animalité travaille décidément cette édition. Avec <em>Sweet Spot</em>, le chorégraphe norvégo-jamaïcain <strong>Harald Beharie</strong> invente tout un monde, tout un langage. En croisant les danses traditionnelles norvégiennes et des imaginaires aux accents queers, il compose une proposition radicale qui déjoue les attentes : les corps ne nous entraînent ni vers le sexuel ni vers le scabreux. Rien non plus d’une célébration ingénue de l’état de nature ou d’une fétichisation de la sauvagerie. L’étrangeté demeure entière, mais la musique d’ <strong>Ester Thunander</strong> mêle airs traditionnels norvégiens, compositions originales et chants : ce folklore, travaillé par la distorsion, ouvre des moments de grâce dans l’étrangeté des corps. Reste la question du regard, insistante : qui regarde quoi ? Que voit-on ? Où se trouve-t-on dans ce monde ? La fascination n’abolit pas cette incertitude sur la place que le spectacle nous donne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une tendre bataille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>SHOUT TWICE</em>, <strong>Katerina Andreou</strong> retrouve <strong>Mélissa Guex</strong>, déjà interprète de <em>Bless This Mess</em>. On reconnaît la gestique si marquée par l’électro qui emportait <em>How Romantic</em> : l’élan, la collusion, cette manière d’aller chercher dans l’autre de quoi repartir. Le duo prend des airs d’open mic sans paroles, de battle tendre. L’échange avance par rebonds, sans se figer dans une opposition dialectique : les deux interprètes s’alimentent mutuellement, échangent perruques, casquettes et tenues de danse qui ressemblent surtout à des tenues de combat. La musique percutante de <strong>Cristian Sotomayor</strong> donne à ces échanges leur force de frappe. &nbsp;L’énergie circule, la tendresse aussi, sans que l’une émousse l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>SUZANNE CANESSA</em><em></em></p>



<pre class="wp-block-verse"><a href="https://www.actoral.org/">actoral </a>s’est clôturé le 10 octobre à <a href="https://www.lafriche.org/">la Friche la Belle de Mai</a> à Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles Scènes <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/" data-type="link" data-id="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Des lendemains qui dansent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 12:06:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile de ne pas reconnaître, sur scène, des visages familiers. Ceux de lycéen·es et d’étudiant·es arpentant les rues voisines depuis plusieurs semaines, incarnés ici par des danseur·euses particulièrement investis et inspirés. La mobilisation étudiante n’a certes pas attendu Soulèvement pour battre son plein. Mais la rencontre entre une actualité brûlante et l’urgence transpirant de cette [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile de ne pas reconnaître, sur scène, des visages familiers. Ceux de lycéen·es et d’étudiant·es arpentant les rues voisines depuis plusieurs semaines, incarnés ici par des danseur·euses particulièrement investis et inspirés. La mobilisation étudiante n’a certes pas attendu <em>Soulèvement</em> pour battre son plein. Mais la rencontre entre une actualité brûlante et l’urgence transpirant de cette nouvelle création d’<strong>Angelin Preljocaj</strong> demeure troublante.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La violence à l’œuvre                     <br></mark></strong>En plus de quarante ans de carrière, le chorégraphe a pu voir ses camarades donner corps à cette révolte, à la violence qui en sourd comme à celle qui les écrase. La sauvagerie des ensembles chaotiques chers à (LA)HORDE, le choix de costumes et postures à la fois familiers et irréalistes est passée par là. De même que son comparse Michel Kelemenis qui<strong>,</strong> lorsqu’il chorégraphie les attentats de 2015, cherche moins à sublimer un réel douloureux qu’à le rendre à la fois visible et supportable. Ici encore, le désir de poésie accompagne toujours celui de raconter. Même les policiers, auxquels <strong>Eleonora Peronetti</strong> donne des silhouettes rutilantes évoquant les corps de Crystal Pite, appartiennent à cette transfiguration. Leur mise à mort d’une femme, à trois, n’en est pas moins terrifiante. Les visages gazés et les corps amputés, sous les lumières d’<strong>Éric Soyer</strong>, rappellent les peintures enfumées des révolutions. Les gestes ralentissent jusqu’à devenir supportables. La musique d’<strong>Irène Drésel</strong>, doublée du travail <strong>Sizo Del Givry</strong> et <strong>79D</strong>, accompagne cette recherche d’un langage propre : elle pulse, s’étend, chante, sans pasticher l’électro ou le hip-hop.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’utopie depuis l’intime</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Angelin Preljocaj déploie ici sa grammaire, et ce qui demeure sa signature&nbsp;: une relecture toujours plus dépouillée et organique du pas-de-deux. La sensualité jamais démonstrative des tableaux féminins et des couples se nouant dans les marges conserve l’élan vital de <em>Deleuze/Hendrix</em> et de <em>Torpeur</em>. Portés, imitations, absorption du geste de l’autre : les duos amoureux font naître l’utopie de l’intime. C’est à partir de ces liens qu’un monde peut se construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le collectif, ici, est sublime. Les corps s’imbriquent, se défont, se rejoignent par parcelles comme les chaînons d’une machine. Les tables et bancs devenus barricades rappellent <em>Noces</em>, en renversant sa logique : la communauté soulève les individus, particulièrement les femmes, qu’elle écrasait. Le regard embrasse les corps dressés sur les tables comme ceux qui cherchent un passage dessous. Douze interprètes admirables portent cet espoir jusqu’au triomphe : la salle comble se lève pour applaudir et crier sa foi dans cette jeunesse-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Soulèvement</em> a été créé du <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 au 10 octobre</mark></strong> au Grand Théâtre de Provence

<strong>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 octobre</mark> au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 novembre</mark></strong>
<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Théâtre de la Ville–Sarah-Bernhardt</mark></strong>, Paris.

<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">21 novembre</mark></strong>
<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Chaudronnerie</mark></strong>, La Ciotat

<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">23 mars</mark></strong>
<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Théâtre de l’Esplanade</mark></strong>, Draguignan

Du <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">11 au 14 mai</mark></strong>
<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Criée</mark></strong>, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">scènes ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Les Labèque, en toute sororité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 11:55:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel plaisir de sentir une salle entière emportée par un récital ! À l’invitation de Marseille Concerts, Katia et Marielle Labèque captivent les mélomanes les plus avertis autant qu’un public moins familier du répertoire. Leur programme, d’une diversité réjouissante, ménage ses surprises. Ici, les découvertes des uns rejoignent les retrouvailles des autres. La fraternité commence [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Quel plaisir de sentir une salle entière emportée par un récital ! À l’invitation de Marseille Concerts, <strong>Katia et Marielle Labèque</strong> captivent les mélomanes les plus avertis autant qu’un public moins familier du répertoire. Leur programme, d’une diversité réjouissante, ménage ses surprises. Ici, les découvertes des uns rejoignent les retrouvailles des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fraternité commence au clavier, lorsque les deux sœurs font dialoguer Fanny et Felix Mendelssohn. À quatre mains, elles donnent aux mélodies un même élan lyrique, une profondeur de chant qui semble venir du cœur de l’une autant que de l’autre. Leur toucher cristallin, cette signature immédiatement reconnaissable, donne à chaque voix sa lumière. Le chant circule entre les quatre mains, avec une générosité qui rend le rapprochement évident.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l’écoute des femmes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette égalité d’attention traverse tout le récital. L’<em>Étude n° 110</em> d’Hélène de Montgeroult, la <em>Valse n° 8</em> de Marie Jaëll révèlent des richesses dont les programmes nous privent encore trop souvent. Aux deux pianos, la Polonaise Grażyna Bacewicz côtoie Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, pianiste et compositrice éthiopienne devenue religieuse orthodoxe, que l’on découvre avec <em>The Song of Abayi</em>. Les Labèque défendent ces compositrices avec la même ferveur que Fauré ou Ravel : à l’écoute, on aimerait que davantage de récitals leur donnent raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis le programme danse, swingue, avec Margaret Bonds, Nina Simone et Bernstein. Ces échappées viennent heureusement assouplir un jeu dont l’extrême netteté pourrait parfois brider l’élan. <em>West Side Story</em> réveille les mémoires, donne des fourmis dans les jambes ; on surprend le public chantonnant « Mariiiiia ! » …</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La quadrature du cycle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre révélation, <em>How to Dance</em> de <strong>Bryce Dessner</strong> prolonge cet élan et cette histoire de fraternité : le compositeur l’écrit en hommage à sa sœur. <strong>Philip Glass</strong>, l’une de ses grandes influences, lui répond en bis. Dans ces musiques cycliques, les Labèque excellent : leur maîtrise technique et leur entente permettent ce lâcher-prise qui emporte la salle dans un même mouvement. Cinquante-cinq ans qu’elles font dialoguer des répertoires qu’on n’aurait pas songé à rapprocher. Leur art de musiciennes tient aussi à ces liens qu’elles inventent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>SUZANNE CANESSA</em><em></em></p>



<pre class="wp-block-verse">Le concert a été donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>6 octobre</strong></mark> à l’<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Opéra de Marseille</mark></strong> dans le cadre de la saison Marseille Concerts<br>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/">musique ici </a></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Don Giovanni : les puissants restent à table</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 13:41:51 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel plaisir de retrouver Lawrence Foster à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille ! Dès l’ouverture, les grandes envolées de cordes imposent leur majesté ; les cuivres donnent à la partition son poids, ses couleurs, ses brusques changements d’humeur. L’intelligence portée à la partition et à sa richesse demeure reine, côté fosse comme [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Quel plaisir de retrouver <strong>Lawrence Foster</strong> à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Marseille ! Dès l’ouverture, les grandes envolées de cordes imposent leur majesté ; les cuivres donnent à la partition son poids, ses couleurs, ses brusques changements d’humeur. L’intelligence portée à la partition et à sa richesse demeure reine, côté fosse comme côté plateau ; peu importe, alors, que l’entente entre les deux semble par endroits perfectible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le privilège de séduire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dario Solari</strong> compose un Don Giovanni théâtralement idéal pour l’incarnation dont rêve <strong>Agnès Jaoui</strong> : agressif, allègre, jamais prompt au moindre élan de repentance. Vocalement tout aussi impeccable, très installé dans les graves, il se révèle presque effrayant en entonnant les aigus et la fragilité feinte de la sérénade. La mandoline solo de <strong>Vincent Beer-Demander</strong> se greffe à ses élans avec une grâce merveilleuse. Tout au long de l’opéra, les instrumentistes appelés par la partition gagnent aussi le plateau : ces moments où les personnages écoutent, jouent ou font jouer la musique prennent ainsi tout leur relief.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être là que réside ce que l’on aime tant chez Jaoui : sa capacité à réellement comprendre une œuvre avant de chercher à la commenter. <em>Don Giovanni</em> bifurque, change d’humeur et de direction presque toutes les deux minutes ; la mise en scène en épouse chaque mouvement et tout semble pourtant aller de soi. Jaoui met la partition en lumière, littéralement, grâce au superbe travail de <strong>Bertrand Couderc</strong> ; en espace, par une direction d’acteurs remarquable ; en perspective enfin avec <strong>Éric Ruf</strong>, jusqu’à se jouer de toute son iconographie. Collerettes, tenues sévillanes, murs et colonnades andalouses, Commandeur surgissant dans la fumée : plutôt que de débarrasser l’œuvre de ces images, ils les assument jusqu’à la jubilation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rentrer dans les rangs</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fidélité aiguise les rapports entre les personnages. <strong>Salome Jicia</strong> donne à la douleur de Donna Anna une évidence absolue. Dès la première scène, la mort du Commandeur de <strong>Mischa Schelomianski</strong>, vieil homme tenant à peine debout, bouleverse : stupeur et souffrance sont immédiates. Père et fille paraissent terriblement peu armés face au si respectable Don Giovanni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Magnifique vocalement, <strong>Cyrille Dubois</strong> laisse affleurer chez Don Ottavio une veulerie troublante : le malheur de Donna Anna semble moins l’occuper que son désir de l’épouser. À <strong>Margaux Poguet</strong> revient une Donna Elvira aristocratique, hautaine et narcissique, moins amoureuse que désireuse de gagner et de sauver la face. Elle malmène ses gens et ne rejoint la cause de Donna Anna que lorsque son intérêt l’y conduit. <strong>Floriane Hasler</strong>, Zerlina solaire plutôt que légère, appartient à un autre monde : éblouie, certes, mais jamais effacée. Elle aussi est agressée ; elle aussi veut se venger. Excellent également, <strong>Louis Morvan</strong> donne à Masetto toute sa présence, tandis que <strong>Marc Barrard</strong> campe avec justesse un Leporello pris dans le sillage de son maître sans jamais s’y dissoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le finale l’affirme avec une noirceur tranquille. Mozart punit Don Giovanni ; Jaoui paraît croire beaucoup moins à une véritable redistribution des rôles. Le tyran renversé reviendra sous d’autres formes. Les puissants restent assis à table.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D’un Don Juan à l’autre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Don Juan reviendra bientôt sous une tout autre forme. Le 18 octobre, <em>Orages et passion</em> fera entendre le poème symphonique <em>Don Juan</em> de <strong>Richard Strauss</strong>, inspiré du héros de Nikolaus Lenau, aux côtés de Wagner et Mahler, sous la direction de <strong>Michele Spotti</strong>. Rien à voir, cette fois, avec le libertin puni de Mozart : chez Strauss, Don Juan devient une figure romantique, lancée dans une quête sans fin du désir et de l’idéal, moins jugée pour ses fautes qu’emportée par l’impossibilité de trouver ce qu’elle cherche. Le 10 octobre, <em>Impressions romantiques</em> réunira auparavant Ravel, Debussy et Thuille au Foyer de l’Opéra.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Don Giovanni</strong></em> est donné à <strong>l’Opéra de Marseille</strong> jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">11 octobre.   </mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>« La mémoire n’a de sens que si elle inspire l’action »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2026 12:26:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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		<category><![CDATA[’Association Varian Fry-France]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Président de l’Association Varian Fry-France et ancien consul général des États-Unis à Marseille, Philip Breeden sera l’un des artisans d’un après-midi consacré à Jean-Michel Guiraud, disparu en 2025. Autour de lui, plusieurs proches et collaborateurs de l’historien marseillais reviendront sur les projets qu’il a initiés pour faire connaître en France l’action de Varian Fry : [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Président de l<a href="https://varianfry-france.fr">’Association Varian Fry-France</a> et ancien consul général des États-Unis à Marseille, <strong>Philip Breeden</strong> sera l’un des artisans d’un après-midi consacré à Jean-Michel Guiraud<strong>,</strong> disparu en 2025. Autour de lui, plusieurs proches et collaborateurs de l’historien marseillais reviendront sur les projets qu’il a initiés pour faire connaître en France l’action de Varian Fry : <strong>Jean-Marie Guillon</strong>, historien de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance en Provence, évoquera les premières grandes expositions consacrées à Fry ; <strong>Michel Bépoix</strong>, spécialiste de l’art de cette période, reviendra sur les artistes sauvés par son réseau ; <strong>Sylvie Orsoni</strong>, professeure agrégée d’histoire, sur la création de la mallette pédagogique destinée aux lycées. Une manière de retracer vingt-cinq ans de travail, mais aussi de penser la suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline&nbsp;: Pourquoi cet hommage à Jean-Michel Guiraud est-il aussi tourné vers l’avenir ?<br>Philip Breeden :</strong> Parce que Jean-Michel n’a jamais travaillé sur Varian Fry pour simplement conserver un souvenir. Il a créé des expositions, organisé des colloques, conçu des outils pédagogiques, rencontré des élèves et des étudiants. L’idée de cette journée est de revisiter tous ces projets avec celles et ceux qui y ont participé, pour voir aussi ce qu’ils peuvent encore produire aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Varian Fry lui-même est arrivé à Marseille pour une mission qui devait être courte…</strong><br>Oui. Il vient en 1940 pour trois semaines, avec de l’argent et une liste de personnes particulièrement menacées par les nazis. Marseille, en zone libre, est alors l’un des principaux points de départ possibles pour les réfugiés. Mais il comprend immédiatement que la situation est beaucoup plus grave que ce qu’on imaginait aux États-Unis. Il reste treize mois et crée le Centre américain de secours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Son réseau se distingue aussi par les personnes qu’il cherche à sauver.</strong><br>Il y a une dimension culturelle très forte. Fry connaît et admire beaucoup de ces écrivains, artistes et intellectuels. Son réseau aide notamment Marc Chagall<strong>,</strong> Max Ernst<strong>,</strong> André Breton ou Hannah Arendt<strong>.</strong> Mais il rassemble aussi des Américains, des Français, des Autrichiens, des Italiens, souvent jeunes, qui veulent agir contre le fascisme. Et assez vite, il accepte de passer à la clandestinité lorsque les voies légales ne suffisent plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’est donc aussi cette dimension politique que l’association veut transmettre ?</strong><br>Oui, politique et culturelle. Fry agit par reconnaissance envers des artistes et des écrivains qui ont nourri sa culture, mais aussi parce qu’il est antifasciste. Pour moi, c’est une forme de résistance humanitaire. Quand nous racontons cette histoire aux jeunes aujourd’hui, nous voulons aussi montrer que des individus peuvent réagir, qu’ils peuvent décider de ne pas accepter l’inacceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels projets pourraient prolonger ce travail ?</strong><br>Nous aimerions notamment créer un parcours Varian Fry à Marseille, avec des supports audiovisuels, qui permettrait de retrouver les lieux où Fry et le Centre américain de secours ont travaillé. Ce serait une façon d’inscrire cette histoire dans la ville, mais aussi de faire le lien avec les migrations et les réfugiés d’aujourd’hui. Rendre hommage à Jean-Michel est important ; si cette journée inspire de nouveaux projets, elle aura pleinement rempli son rôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entretien réalisé par SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 octobre</mark>, 14h-18h<br>Musée d’Histoire de Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles<a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"> <em>Société</em> ici </a></p>
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