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	<title>Archives des À la Une - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des À la Une - Journal Zebuline</title>
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		<title>Festival Phare : ciné, humour et polar</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 14:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival Phare, comme tous les étés, revient avec une belle sélection de courts métrages à partager sous les étoiles, mais aussi de la musique, offrant, en clôture, le 31 juillet, un ciné-concert porté par Clément Doumic, un des musiciens de Feu&#160;! Chatterton coréalisé avec Antoine Fabry&#160;: Tout un fromage. Un road trip gourmand à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le festival Phare, comme tous les étés, revient avec une belle sélection de courts métrages à partager sous les étoiles, mais aussi de la musique, offrant, en clôture, le 31 juillet, un ciné-concert porté par <strong>Clément Doumic,</strong> un des musiciens de <em>Feu&nbsp;! Chatterton</em> coréalisé avec <strong>Antoine Fabry&nbsp;</strong>: <em>Tout un fromage</em>. Un road trip gourmand à la recherche du producteur d’une exceptionnelle tomme de chèvre, arlésienne, bien sûr&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au menu de ces cinq jours, la rencontre de cinéastes chevronnés mais aussi la promotion des créations de l’école du film d’animation MoPA. Deux thématiques structureront le programme : humour et polar. Ce sera d’ailleurs le sujet du <em>ciné-causerie</em> de <strong>Robert Pujade</strong> au Musée Arlaten, le 28 juillet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année focus sur Taïwan. En partenariat avec le Bureau Culturel de Taïpei à Paris, le prélude inaugural du 6 juillet proposera : <em>The Egret River</em> (<strong>Wan-Ling Liu)</strong>, immersion dans une ville extensible de gratte-ciel et le doc expérimental, <em>Amateur in the moon</em> (<strong>Chunni Lin</strong>, <strong>Pang-Chuan Huang</strong>). Et la soirée d&rsquo;ouverture, le 27 juillet, à l&rsquo;Eden Cinéma de Fontvieille, laissera carte blanche au cinéma taïwanais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 29, au Théâtre antique, projection du césarisé<em>&nbsp; Au Bain des dames</em> de <strong>Margaux Fournier</strong>. Suivi par cinq autres films qui font sourire&nbsp;: <em>Je veux danser</em> de <strong>Lomane de Dietrich</strong> autour de l’art subtil de la séduction&nbsp;; <em>Veuillez patienter</em> de <strong>Solal Bouloudnine</strong> autour du montage d’un berceau&nbsp;; <em>We were here</em> de <strong>Pranav Bhasin</strong> autour du grand remplacement par l’IA. Un drôle d’accouchement d’ovaires (<em>Ovary-Acting </em>de <strong>Ida Melum</strong>) ou une double rencontre en forêt entre chienne-chien et maîtresse-maître (<em>Saillie</em> de <strong>Aude Thuries</strong>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 30, toujours au Théâtre antique, ce seront six fictions explorant l’univers du polar et de l’humour noir&nbsp;: la comédie musicale <em>Rose Tulipe et Pétunia</em> de <strong>Rokhaya Marieme Balde</strong>. Ou <em>Coffin Thérapy,</em> la satire de <strong>Zéré Turlykhanova</strong> dont le personnage principal met en scène ses propres funérailles. Ou encore l’animation taïwanaise de <strong>Joe Hsieh</strong>, <em>Prying Mantis</em> qui imagine une mante religieuse mutante et ses obscurs secrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq prix seront attribués&nbsp;: public, étudiants, cinéastes, prix Alice Guy et Prix de la Réplique ( interprétation masculine ou féminine) à l’issue de ce parcours cinéphilique et festif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>
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		<title>Hanami, sous le sable noir du Cap-Vert</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Hanami, ça ne s’explique pas. Il faut le voir&#160;» dit un vulcanologue japonais à son ami capverdien, en buvant un thé dans un champ de lave noire. Hanami, c’est regarder les fleurs printanières des cerisiers, abricotiers ou pêchers, de leur éclosion à la dispersion de leurs pétales, en pluie rose et blanche. Un rituel célébrant [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Hanami, ça ne s’explique pas. Il faut le voir</em>&nbsp;» dit un vulcanologue japonais à son ami capverdien, en buvant un thé dans un champ de lave noire. Hanami, c’est regarder les fleurs printanières des cerisiers, abricotiers ou pêchers, de leur éclosion à la dispersion de leurs pétales, en pluie rose et blanche. Un rituel célébrant un miracle éphémère, renouvelé de saison en saison, une poésie de l’instant fragile et éternel. Ici, sur l’île aride de Fogo, au sud de l’archipel du Cap-Vert, on est bien loin du Japon pourtant. De pluie il n’y en a pas. Ni florale ni liquide. Les racines nourricières ne trouvent plus l’eau et les paysans migrent vers d’autres pays. L’Atlantique, frère lointain du Pacifique, bat les plages de sable gris. Mais le rapport au monde de ces insulaires qui vivent de peu, fraternise avec celui de leurs homologues japonais&nbsp;: la brisure, la séparation se mettent en scène comme un Kintsugi, cette technique ancestrale qui répare les porcelaines brisées à la poudre d’or pour en faire des objets plus beaux, plus riches d’histoire que les originaux. Les paysages sont d’une sidérante beauté. L’abstraction voisine le prosaïque comme dans un haïku. Le titre du film est programmatique&nbsp;: contemplation, fragilité, cassure, reconstitution, sublimation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre, le regard grave et perçant de Nana, fillette (<strong>Dalima Mendes</strong>) puis adolescente ( <strong>Sanaya Andrade</strong>). Le film s’ouvre sur le départ de sa mère, Nia (<strong>Alice da Luz</strong>) vers une vie meilleure loin du sol natal. Et sur «&nbsp;l’abandon&nbsp;» ritualisé&nbsp;de sa fille : le bébé passe de bras en bras dans une file de femmes de plus en plus âgées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nana grandit entourée et aimée par sa famille maternelle&nbsp;: une existence de gestes domestiques simples. La lessive, les repas, les œufs prélevés dans le poulailler qui devient son refuge. Son oncle fait des gâteaux au coco et rêve d’un tiramisu dont aucun des ingrédients n’est disponible sur l’île. Il y a ceux qui sont partis et ceux qui sont restés. La mémoire familiale en photos de pères, mères, enfants, endimanchés pour poser en studio, devant un décor peint. En sourdine et basse continue, la déchirure de l’exil, de l’absence. Les dangers des migrations des hommes et des tortues qui viennent pondre sur les plages de Fogo et dont beaucoup d’œufs puis de bébés sont dévorés par les prédateurs. Le retour des Exilés pour les vacances, déracinés à jamais, étrangers à leur propre culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le chant du monde</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nana garde ses larmes, apprend à tout faire, joue avec les enfants du quartier, s’applique à l’école&nbsp;; plus tard, elle aidera son oncle qui a réussi à ouvrir une boulangerie. Enfant, son mal intérieur se concrétise par des accès de fièvre et elle ira seule près du grand Volcan chercher auprès d’une guérisseuse, le «&nbsp;savon des sorcières&nbsp;». Un rite de passage suivi d’une ellipse, qui lui ouvre l’adolescence et l’enracine dans son identité capverdienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La langue, les contes anciens où se côtoient pêcheurs et sirènes, le grondement permanent des vagues de l’Océan, la musique des mots créoles, de l’air dans les coquillages collés à l’oreille, ont façonné son imaginaire. La caméra observe Nana qui observe le monde&nbsp;; elle la duplique en jeux de miroirs quand la jeune fille retrouvera Nia, sa mère revenue pour quelques semaines sur l’île.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’effet immersif du film s’opère grâce à une BO subtile et lancinante, aux plans fixes d’une incroyable beauté plastique, composés comme des tableaux par la directrice de la photographie espagnole <strong>Alana Mejía González</strong>. Grâce aussi à un rythme lent et envoûtant qui semble suspendre le temps entre rêves et matérialité essentielle du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Hanami</em> de <strong>Denise Fernandez</strong> Fernandez</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 1er juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Ecologie, mon amour</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 05:51:04 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;Écologie des sentiments, </em>est- ce un nouveau concept philosophique&nbsp;? Non, c’est le titre du premier long métrage d&rsquo;<strong>Alexandre Steiger, </strong>acteur et romancier. Un film qui s’inscrit très naturellement dans la suite de ses courts, <em>Pourquoi j’ai écrit la Bible</em> et <em>De longs discours dans vos cheveux.</em> Une exploration des sentiments dans un monde en crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Raconter une histoire de gens que rien ne prédestinait à se rencontrer et qui vont se découvrir. Félix (<strong>Andranic Manet</strong>) le réceptionniste d&rsquo;un petit hôtel parisien, introverti, rêveur, timide, sur couvé par son père, Serge et Lola (<strong>Salomé Rose Stein),</strong> jeune militante écologiste, éprise de liberté, indignée devant un monde qui ne lui convient pas et qu’elle voudrait changer. Lola est venue à Paris pour retrouver des activistes du collectif « Anima » et préparer une action au Salon de l’Agriculture. Et c’est ainsi qu’elle réserve une chambre, si possible écolo, dans l’Hôtel du 1<sup>er</sup> Consul, un hôtel hors du temps, au décor désuet, aux longs couloirs, que tient Serge, le père de Félix. Un hôtel, lieu de tous les possibles, où une erreur d’attribution de chambre peut vous faire découvrir dans la salle de bain, un homme allongé dans la baignoire. Où une panne d’électricité peut provoquer une étincelle et faire se confier deux êtres que tout sépare. Mots qui s’esquissent, gestes maladroits de Félix : voulant éclairer la chambre de Lola avec des bougeoirs, il met le feu aux petits tableaux qu’elle avait peints sur… du papier toilette. Si Félix est timide et malhabile, le « chef » du collectif, Abraham (<strong>Abraham Wapler</strong>), sûr de lui, n’hésite pas à venir retrouver Lola dans sa chambre. « <em>Tu diriges un collectif animaliste ou un collectif de drague ? Je préfère être celle qui drague !</em> lui lance -t-elle, le mettant dans son lit.   Il y a aussi Hélène (<strong>Florence Janas</strong>), la mère de Félix qui s’enferme régulièrement dans un placard ; Corinne (<strong>Charlotte Laemmel)</strong> la femme de ménage, qui allongée dans une chambre, regarde la télé ! Il y a les agriculteurs logeant dans le même hôtel qui boivent et font la fête. Tous dansent, bourrés, au rythme de <em>Cambodia </em>de Kim Wilde même Felix qui tient une vache gonflable. <strong>Alexandre Steiger</strong> filme ses personnages avec douceur.  Son regard ne juge pas, n&rsquo;explique pas. La mise en scène privilégie les circulations, les hésitations, les moments suspendus. Rien ne presse. On sent que ce qui se crée entre Lola et Félix s’inscrit dans ce monde fragile ; ils cherchent une manière plus juste d’y vivre mais aussi de cohabiter avec leurs propres fragilités. Cette double recherche donne au film une tonalité singulière, à la fois légère et mélancolique. « <em>J’ai toujours défini ce film comme un Labiche dans un Rohmer ou un Rohmer dans un Labiche. Dès le début, j’avais le désir de mélanger les tons. À la fois dans l’écriture, mais aussi à l’image »</em> précise le cinéaste <strong>Alexandre Steiger</strong> qui interprète Serge. Tous les acteurs sont excellents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’Ecologie des sentiments</em> est un film qui fait dialoguer la question écologique et la question sentimentale, non pas sur le mode du manifeste, mais à travers les comportements, les maladresses et les contradictions du quotidien. Un film qui ne cherche pas à convaincre, mais à déplacer, peut-être un peu, notre manière de regarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il sort en salles le 8 juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>
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		<title>Notre Histoire, Chroniques du Caire : Piano, politique, amour et ballon rond</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 08:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le possessif du titre englobe le réalisateur égypto-autrichien, Abu Bakr Shawky, qui s’inspire ici de son histoire familiale et de l’Histoire de l’Egypte de 1967 à 1984. Comme une urgence à faire exister ces petits moments intimes, à transmettre des récits qui se perdent si on ne les raconte pas. A les inscrire dans une [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/notre-histoire-chroniques-du-caire-piano-politique-amour-et-ballon-rond/">Notre Histoire, Chroniques du Caire : Piano, politique, amour et ballon rond</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le possessif du titre englobe le réalisateur égypto-autrichien, <strong>Abu Bakr Shawky</strong>, qui s’inspire ici de son histoire familiale et de l’Histoire de l’Egypte de 1967 à 1984.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme une urgence à faire exister ces petits moments intimes, à transmettre des récits qui se perdent si on ne les raconte pas. A les inscrire dans une légende se tissant avec celle des grands événements politiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Notre Histoire</em> est celle d’un microcosme. Elle commence en 1967. Dans un quartier populaire du Caire. L’été. Il fait chaud. Ahmed (<strong>Amir El-Masry</strong>) joue sur un vieux piano. Le voisin du dessus frappe le sol pour manifester son mécontentement. Le lustre se balance, les murs tremblent. Dehors des supporters de foot cherchent la bagarre. On s’invective d’un balcon à l’autre. Le chaos de la rue prolonge celui des intérieurs étroits. On reçoit les oncles, les voisins. A la télé, toujours allumée, outil de propagande gouvernementale, Nasser Hussein parle de la «&nbsp;grande nation arabe&nbsp;». Le barrage d’Assouan se construit. Les hommes regardent les matchs de football, en respectant, par superstition, une place attitrée dans l’exigu salon. Le verbe est haut. On rit. On râle. Tout le monde se connaît et s’engueule. Chacun tient son rôle. Le père d’Ahmed, Ragheb (<strong>Ahmed Kamal</strong>), modeste fonctionnaire plante des arbres dans le désert et s’est peut-être compromis en prononçant à la télé le mot tabou de corruption. Sa mère Fairouz (<strong>Nelly Karim</strong>), s’occupe du foyer et de sa gazinière récalcitrante, elle est enceinte d’un quatrième fils qui naîtra le jour de la défaite de la guerre des six jours. Son frère jumeau Hassan ( <strong>Ahmed El Azaar</strong>) ne lui ressemble pas&nbsp;; on le surnomme «&nbsp;Hasanov&nbsp;» parce qu’il aime l’URSS et apprend le russe&nbsp;; il attend, inquiet, sa mobilisation pour partir à la guerre. Le cadet Sharaf (<strong>Khalid Mokhtar</strong>), peu doué pour le foot, est fan de ce sport et du club de Zamalek .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed rêve de devenir concertiste et correspond avec Elisabeth (<strong>Valérie Pachner</strong>), une jeune autrichienne. Muni d’une bourse, il ira à Vienne en 1973 la rencontrer. Un amour jugé impossible par le père autrichien, entre «&nbsp;un poisson et un oiseau&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le maëlstrom politique qui verra la démission d’Hussein, les émeutes contre les réformes libérales, l’assassinat d’El-Sadate en 81, et le début de l’ère Moubarak. Malgré les drames personnels, le deuil d’un frère soldat, la séparation, la concurrence de Sham (<strong>Karim Kassem</strong>) pianiste arriviste piétinant l’honnêteté d’Ahmed, cet amour-là tiendra avec ses rêves «&nbsp;parce qu’il n’est jamais trop tard.&nbsp;» Pour vivre un concert d’Ahmed radiodiffusé et la victoire du football égyptien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chapitrée en cinq volets, ces chroniques suivent au plus près des gens attachants que le réalisateur regarde avec une tendresse communicative. Les rides se creusent, la calvitie gagne. La télé prend des couleurs. La vie et la mort vont. On pense aux mélodrames égyptiens des années 50-60, à la comédie populaire italienne, parfois même à Pagnol pour les personnages typés, hauts en couleur, à la fois extravertis et pudiques. Un cinéma populaire sans que l’adjectif soit péjoratif, avec ces lieux communs du sentiment où chacun finalement se retrouve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Notre Histoire, Chroniques du Caire</em> de <strong>Abu Bakr Shawky</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En salle le 1<sup>er</sup> juillet</strong></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/notre-histoire-chroniques-du-caire-piano-politique-amour-et-ballon-rond/">Notre Histoire, Chroniques du Caire : Piano, politique, amour et ballon rond</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>Miss Mermaid, crevettes et paillettes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 06:18:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pauline Brunner est réalisatrice, scénariste, actrice. Elle a travaillé dans le cinéma d’animation, a prêté sa voix, entre autres, à la souris Célestine face à l’ours Ernest. Marion Verlé, elle, réalise, écrit des doc d’auteur ou des émissions télé. Les deux jeunes femmes unissent leurs multiples talents, en 2019, dans un documentaire épatant&#160;: Miss Mermaid. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pauline Brunner</strong> est réalisatrice, scénariste, actrice. Elle a travaillé dans le cinéma d’animation, a prêté sa voix, entre autres, à la souris Célestine face à l’ours Ernest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marion Verlé</strong>, elle, réalise, écrit des doc d’auteur ou des émissions télé. Les deux jeunes femmes unissent leurs multiples talents, en 2019, dans un documentaire épatant&nbsp;: <em>Miss Mermaid. </em>L’histoire incroyable mais vraie de la cousine de Pauline, Alexia, femme de ménage à Fécamp. Contre une condition qui l’assigne à une vie grise et normée et malgré ceux qui la jugent «&nbsp;excentrique&nbsp;», la trentenaire s’entraîne dur pour devenir une sirène professionnelle et participer au concours de Miss Sirène France. Ce sujet, traité dans la lignée de la célèbre émission Strip-tease devient en 2025, le premier long métrage de fiction de Pauline et Marion. Elles reprennent tous les éléments du documentaire source mais le développent en comédie sociale populaire et poétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est au Havre. C’est la fête carnavalesque du hareng, jeux de foire lourdingues comme deviner le nombre de harengs nécessaires pour arriver au poids de la grosse Barbara, beuveries et chants folkloriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des amies se retrouvent pour un enterrement de vie de jeune fille. Autour de la promise : une femme enceinte, une mère de trois bambins, et Fanny, s’autorisant dans leur quotidien, l’ivresse d’un soir. Fanny (<strong>Aloïse Sauvage</strong>) divorce et ne croit plus trop à la conjugalité comme accomplissement d’une vie de femme. Plus en colère que triste. Elle vit chez ses parents, travaille la nuit dans une usine de crevettes. C’est dégueulasse, pas suffisamment payé pour rembourser ses dettes. Quand elle découvre par hasard à la télé, l’interview d’une sirène professionnelle, Anémone (<strong>Alison Wheeler</strong>), la voilà qui se prend à rêver. Pourquoi ne ferait-elle pas comme elle ? Elle suit alors assidûment les tutos de la star des bassins sur le Net.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Boat movie solidaire</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un concours doit se tenir à Bilbao. Aidée par Paulette (<strong>Annie Mercier</strong>) une collègue de travail, ayant passé l’âge de la retraite depuis longtemps, et par Martin (<strong>Thomas VDB</strong>), un marin pêcheur en lutte contre la pratique industrielle du métier, engagé à l’usine après avoir perdu son permis de pêche, Fanny va acheter une queue écaillée à crédit, tourner des vidéos You tube et suivre un entraînement sportif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trio solidaire est tour à tour émouvant et ridicule, uni dans ce rêve qui, dans un contexte économique et social impitoyable, fait exploser la réalité triviale, et ouvre les possibles. On passe de la saleté d’un appartement à récurer aux ondulations gracieuses des corps immergés parmi les poissons. Des charlottes de protection de l’usine aux couronnes fleuries et aux sequins chatoyants. Le rêve de Fanny, n’est en rien celui d’une midinette&nbsp;: la petite sirène ne souffre pas pour l’amour d’un homme, encore moins d’un prince&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario tend et détend les situations, jusqu’à un boat movie improbable et joyeux. Les réalisatrices s’attachent aux personnages secondaires, cabossés et généreux. Et font de leur héroïne, incarnée avec punch par la comédienne Aloïse Sauvage &#8211; artiste pluridisciplinaire, chanteuse, musicienne, parolière, danseuse, formée aux arts du cirque, une sirène féministe des plus convaincantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Miss Mermaid de <strong>Pauline Brunner</strong> et <strong>Marion Verlé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie&nbsp;: 1er juilllet 2026</p>
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		<title>ENTRONCAMENTO : Les yeux de Laura</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 08:14:34 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Entroncamendo est une toute petite ville du centre du Portugal à la croisée de deux lignes ferroviaires où les anciennes communautés ouvrières du chemin de fer ont vu arriver d’autres populations fuyant la cherté de Lisbonne. Le réalisateur y a grandi&nbsp;; il en fait le cadre et le substrat de son deuxième long métrage. Un lieu clos de tragédie où on n’échappe pas à son destin. Où s’exacerbent les tensions entre Portugais et Gitans – une guerre entre pauvres attisée par une extrême droite conquérante. Où les rivalités commerciales entre dealeurs se règlent à l’arme blanche, au coup de poing ou de feu. Et où, surtout, triomphent le conservatisme, les préjugés racistes, la misogynie, la masculinité toxique de gros durs sans cervelle. C’est là qu’arrive Laura (<strong>Ana Vilaça</strong>). Visage rond, moue boudeuse, un sourcil coupé et des yeux qui semblent en avoir trop vu. Une maturité qui lui fait voir les mâles du cru, tels qu’ils sont&nbsp;: des gosses inconséquents. Peu de mots. Pas d’effusions. Laura pratique la boxe et ne s’en laisse pas conter. Des ecchymoses sur le corps, entr’aperçues au miroir, laissent imaginer la violence récente qu’elle fuit. Elle est accueillie par son cousin Bruno ( <strong>Sergio Coragem</strong>), père d’une fillette, et séparé de la mère de l’enfant, Nadia ( <strong>Cleo Diára</strong>), une «&nbsp;Noire&nbsp;» qui s’est «&nbsp;mise&nbsp;» avec un Gitan, Gilinho (<strong>Henrique Barbosa</strong>). Le couple est ostracisé par le quartier tout entier, rejeté par leur propre famille. Nadia et Laura se rapprocheront inévitablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la cité, tous dealent hasch ou coke. Cash compté à l’euro près, comptes-rendus aux boss et règlements de compte quand le compte n’y est pas. «&nbsp;<em>Tout est permis/La loi de la</em> <em>rue/une lame sur la nuque</em>&nbsp;» rapent les jeunes du quartier</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laura essaie un travail « honnête » : magasinière dans un supermarché pour 450 € par mois. Bien vite elle rejoindra le trafic de la dope.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Immersion et distanciation</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce sujet exploré par nombre de documentaires et de fictions, le jeune réalisateur de 33 ans, assume ses références&nbsp;: &nbsp;<em>Le Prophète</em> de Jacques Audiard, le <em>Shéhérazade</em> de Jean-Bernard Marlin, les plans de Cristian Mungiu et le cinéma guérilla, caméra à l’épaule, laissant une part d’improvisation. Il y apporte son expérience et sa singularité&nbsp;: <em>Entroncamendo</em> est un film de gangsters, sociologique et féministe, qui joue à la fois de l’immersion documentaire et de la mise à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plongée dans la vie du quartier et de cette jeunesse portugaise se fait par le choix du&nbsp; casting mêlant pros et non pros, par la multiplication des trajectoires des personnages, par le réalisme des conversations ordinaires de bistrot ou de discothèque, xénophobes et sexistes. Le réalisateur précise que la présence de gitans sur les plateaux a dû parfois être cachée pour obtenir les autorisations du tournage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville se découvre surtout grâce à Laura, venue de l’extérieur. La mise en scène travaille les cadrages, fenêtres ou portes, dans des espaces resserrés. Ou ouvre la nuit interlope aux lumières diffuses. Beau travail de la chef op <strong>Leonor Teles</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On entend la musique des quartiers&nbsp;: techno, rap et morceaux populaires mais c’est Debussy qui accompagne la jeune femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Entroncamento</em> de <strong>Pedro Cabeleira</strong> en salle le 1<sup>er</sup> juillet</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Seuls les Rebelles gagnent : romance dans l&#8217;entre-deux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Six ans après Une Passion Simple, adapté du roman d’Annie Ernaux, la réalisatrice française invente une histoire d’amour et propose un film politique en résonance avec nos temps troublés par les haines. L’action se passe à Beyrouth. Impossible de tourner dans ce pays dont le sud est bombardé par Israël. Impossible pour la réalisatrice de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Six ans après <em>Une Passion Simple</em>, adapté du roman d’Annie Ernaux, la réalisatrice française invente une histoire d’amour et propose un film politique en résonance avec nos temps troublés par les haines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’action se passe à Beyrouth. Impossible de tourner dans ce pays dont le sud est bombardé par Israël. Impossible pour la réalisatrice de créer un Liban de carton. Elle imagine alors un dispositif spécifique&nbsp;: les lieux sont filmés par une équipe sur place qu’elle dirige depuis Paris. Ces images rétroprojetées se combineront dans le plan, aux images réelles. Joli travail opéré avec la directrice de la photo <strong>Céline Bozon</strong> qui rend tangible la fragilité d’une ville que la réalisatrice craint de voir disparaître. Un artifice du cinéma ancien qui donne écrin au mélodrame façon Douglas Sirk.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suzanne (incarnée magistralement par <strong>Hiam Abbass</strong>) est une Palestinienne installée depuis longtemps à Beyrouth. Elle est veuve, a deux enfants adultes et un petit-fils. Chrétienne, intégrée dans la société libanaise mais toujours dans le no man land de l’exil. Entre son pays d’origine et celui où elle a dû faire sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Osmane (<strong>Mohamat Amine Benrachid</strong>) est un émigré soudanais sans papier, qui veut gagner l’Europe. En transit, entre le pays qu’il fuit et celui qu’il espère. La rencontre de ces deux-là, est de hasard et de nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle le défend alors qu’il est agressé dans la rue. Scène ordinaire d’un racisme endémique, filmée en musique et en très gros plans dans une chorégraphie qui refuse le réalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suzanne a plus de 60 ans, il en a 27. Une histoire d’amour naît entre eux. Le jeune Africain s’installe chez elle au grand dam de ses voisins et de ses enfants. Pourtant jamais il ne profitera d’elle qui retrouvera par lui, sa rébellion originelle, constitutive de son histoire. Contre l’ostracisme, les préjugés, la mesquinerie, la bêtise. Contre l’obscurantisme d’une société libanaise fermée, les amants tissent une relation complexe et solaire, dansent sur l’abîme que promettent les informations à la télévision. «&nbsp;Un jour, tu ris, un jour tu pleures/ Un jour tu ris, un jour tu meurs&nbsp;» chante Julios Iglésias</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Danielle Arbid, peu importe que cet amour soit improbable. C’est sur une dualité, conflictuelle ou fusionnelle, que se construit son film auquel elle refuse un épilogue, heureux ou malheureux, le laissant en suspens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Seuls les Rebelles gagnent </em>de <strong>Danielle Arbid</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie le 24 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Fraises et cerises</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:13:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Très gros plans sur un vinyle qui tourne, sur une feuille de cannabis dessinée sur un mug et des mains tavelées. Un casque, un micro, le visage tanné de <strong>Philippe Rebbot</strong>. On est dans un studio radiophonique. Ambiance feutrée, intime, jazzy, le medium grave de la voix de l’acteur raconte l’origine.&nbsp;Serge Pomalovski qui ressemblait à Don Quichotte, a rencontré des années auparavant Jeanne Bergère, pourfendeuse d’injustices, guerrière comme Jeanne d’Arc, mais ni pucelle, ni royaliste. Elle a donné un micro à Serge qui ne l’a plus quitté. Amour fondateur, disparu mais qui sourit encore sur la photo, incarné par la jeune <strong>Ariane Ascaride </strong>en égérie des luttes. Pourtant les haut-parleurs diffusent le message&nbsp;: «&nbsp;<em>Aujourd’hui, pas de météo&nbsp;: tout est gris, tout est noir au camping</em> <em>Le temps des Cerises&nbsp;»</em>. On est en juin mais le printemps des utopies a du plomb dans l’aile. Les seuls auditeurs de cette radio libre très très locale, abritée dans un petit bungalow délabré, sont les six résidents à l’année qui vont être expulsés. Le lieu, niché en montagne près d’un lac idyllique va fermer pour laisser place à une base nautique de loisirs. Les activistes cagoulés en mode FNLC auprès desquels Serge, guidé par un drone diffusant tour à tour l’Internationale et la chevauchée des Walkyries, cherche de l’aide, le renvoient à sa ringardise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est dans un monde clos, à la marge, quoiqu’hétéronormé. Les personnages sont&nbsp; précaires,&nbsp;fragiles et attachants : il y a le jeune Manu (<strong>Quentin Dolmaire</strong>) qui construit sa cabane en lisant <em>La vie dans les bois</em> d’Henri Thoreau. Lana del Vélo (<strong>Kim Higelin</strong>) la nomade qui «&nbsp;<em>a quitté le troupeau&nbsp;»</em> et dont Manu tombe amoureux comme autrefois Serge de Jeanne. Il y a Léa (<strong>Estelle Meyer</strong>) auxiliaire de vie dans un ehpad, enceinte de son compagnon Karim (<strong>Oussama Kheddam</strong>), un homme angoissé, passionné de biologie végétale qui ramasse les poubelles avec Raymond (<strong>Grégory Montel</strong>). Il y a surtout Jocelyne (excellente <strong>Florence Loiret-Caille</strong>), manutentionnaire dans une supérette, qui traîne sa jambe comme ses désillusions, et dont le cœur se voudrait de pierre face au tendre Raymond, «&nbsp;l’homme-camion&nbsp;», ancien humoriste, transi d’amour pour elle. Ce cœur qui fait boum boum et dont le battement se slamera triomphalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les chevaliers des ondes</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;A défaut de changer la société, ces personnages dans leur routine construisent un collectif, et dans l’adversité, retrouvent la force et la fierté d’être «&nbsp;les chevaliers des ondes&nbsp;» -plutôt positives et résolument libres. Leur choral se structure en chapitres, flanqués d’un prologue et d’un épilogue. Comme les différents morceaux d’un album. Les séquences se suivent, se superposent, patinent à l’instar des discours de vœux des présidents de la République successifs, vendus en DVD au supermarché. On revient en arrière. On mixe. Les dialogues au lyrisme assumé se font drôles, émouvants, décalés. Le réalisateur réinterprète la comédie romantique avec inventivité et espièglerie. S’aventure dans un <em>La La Land</em> en réfectoire. Son naturalisme social se mâtine de poésie, d’onirisme, d’un surréalisme d’irruptions incongrues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nostalgie ici n’est pas réactionnaire. Elle ouvre sur des utopies renouvelées. Le titre, hommage ouvert à l’inoubliable et étrange chanson de <strong>John Lennon</strong> <em>Strawberry Fields Forever,</em> célèbre la force de l’imagination et son éternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un Champ de fraises pour l&rsquo;éternité</em> d&rsquo; <strong>Alain Raoust</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 1er juillet</p>
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		<title>Nightborn (YÖN LAPSI) : Lorsque l&#8217;enfant paraît</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 06:12:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>&#160;Saga (Seidi Haarla) et son mari Jon (Rupert Grint) arrivent par une route de terre à une maison abandonnée au cœur d’une forêt nordique&#160;: il est anglais, elle est finlandaise et enceinte. Fuck London&#160;! ils ont décidé de fonder leur foyer là, en harmonie avec la nature. De construire une famille parfaite. Saga rêve d’avoir [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Saga (<strong>Seidi Haarla</strong>) et son mari Jon (<strong>Rupert Grint</strong>) arrivent par une route de terre à une maison abandonnée au cœur d’une forêt nordique&nbsp;: il est anglais, elle est finlandaise et enceinte. <em>Fuck London</em>&nbsp;! ils ont décidé de fonder leur foyer là, en harmonie avec la nature. De construire une famille parfaite. Saga rêve d’avoir un enfant aussi adorable que sa nièce si blonde et si angélique. «&nbsp;<em>Tu es trop romantique&nbsp;</em>» ironisera la mère de Saga, aussi peu maternelle que possible et peu disposée à jouer la grand-mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les désirs normés de Saga virent au cauchemar. Le bébé naît en la déchirant, se montre agressif, suce le sang de ses seins, produit des sons gutturaux, pleure à la lumière… Il est laid et poilu. La réalisatrice se garde longtemps de le montrer de face mais on perçoit la surprise gênée de la famille et des amis venus célébrer la naissance. Tous font comme si de rien n’était.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour expliquer le comportement de plus en plus étrange de Saga et de son fils, ils se réfèrent à la dépression postpartum &#8211; car «&nbsp;<em>c’est toujours la faute de la mère&nbsp;</em>». Jon pourtant bienveillant craque. Le couple se défait. Et Saga se retrouve seule pour affronter la monstruosité de ce petit troll que la forêt environnante protège comme son fils.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;Né de la Nuit</em> est un film de «&nbsp;mauvais genre&nbsp;» non dénué d’humour noir. Le sang gicle sur les visages, la viande se dévore crue. Le monde «&nbsp;civilisé&nbsp;» est pulvérisé par les forces occultes de la forêt. La maison, qui se transforme au fil des étapes du drame, et la chambre d’enfant «&nbsp;idéale&nbsp;», explosent. La peau de Saga se fait écorce. Les racines des arbres reprennent possession des lieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Horreur, gore et fantastique dynamitent les repères rationnels. Les contes de Grimm et d’Andersen ne sont jamais loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <em>Nightborn</em>, c’est surtout une fable sur la maternité, sur la pression sociale que subit une néo-mère, sur la complexité de ses sentiments pour son bébé. Un être tiers qui déstabilise les relations du couple, un « <em>étranger qui vient de l’intérieur&nbsp;</em>», un être nouveau qui ne répond pas forcément aux attentes de ses parents et qu’on apprend peu à peu à connaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Né de la nuit de <strong>Hanna Bergholm</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En compétition officielle à la 76è Berlinale</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 17 juin 2026</p>
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		<title>L’Etrangère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 13:44:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’eau, la nuit, les cris, la panique, les corps qui luttent pour ne pas se noyer, s’accrochent les uns aux autres. Puis, la fuite dans les bois devant les policiers et les chiens. L’Etrangère &#160;commence, comme beaucoup de films sur l’immigration clandestine, par cette arrivée chaotique. La caméra suit Selma (Zar Amir Ebrahimi ), une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’eau, la nuit, les cris, la panique, les corps qui luttent pour ne pas se noyer, s’accrochent les uns aux autres. Puis, la fuite dans les bois devant les policiers et les chiens. <em>L’Etrangère </em>&nbsp;commence, comme beaucoup de films sur l’immigration clandestine, par cette arrivée chaotique. La caméra suit Selma (<strong>Zar Amir Ebrahimi</strong> ), une Syrienne qui fuit le régime de Bachar al-Assad, laissant derrière elle, un mari dont elle n’a plus de nouvelles depuis son arrestation par les sbires du régime, sa mère et son petit garçon, Rami.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrêtée en Hongrie, Selma devrait selon les accords européens y rester. Mais professeur de français, elle a choisi la France. La voilà sans papier, cumulant les boulots non déclarés, à la plonge dans un resto bordelais, femme de ménage dans des bureaux, hébergée par des compatriotes qui la protègent autant qu’ils la surveillent. Étrangère, illégale, invisibilisée mais ne perdant jamais espoir. Déterminée à régulariser sa situation, à faire venir son fils auquel elle téléphone tous les jours, elle se soumet à des procédures que là encore les cinéastes nous ont rendu familières. La réalisatrice se démarquera de ces récits en traitant son sujet comme un mélodrame, une tragédie romantique et un parcours d’émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selma rencontre Jérôme (<strong>Alexis Manenti</strong>), un avocat installé dans une confortable conjugalité bourgeoise qui ne le satisfait plus. Entre eux, naît un amour impossible, mais libérateur pour les deux. Se donner l’espace de vivre. S’autoriser le bonheur. Ou comme le mari de Selma (<strong>Amr Waked</strong>) revenu des terribles geôles syriennes, le soulagement coupable devant la mort d’un codétenu parce qu’il laisse plus de place pour déplier ses jambes. Le film explore le sentiment de l’exil, met en scène avec délicatesse et pudeur le déchirement de Selma entre son passé et son avenir, son mari et son amant. Une des plus belles scènes du film les met tous trois en présence. Sans éclat, par le truchement d’une traduction inutile, assurée par Selma, le mari entre arabe et anglais, malgré sa détresse, justifie au-delà de la culpabilité, ce besoin légitime de respirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Film pudique, délicat servi avec intelligence par la musique originale de <strong>Valentin Hadjadj</strong>, qui épouse le rythme de la narration et se glisse dans ses silences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exil suppose un déplacement physique mais aussi un déplacement mental et émotionnel. Pour aller de l’avant, c’est sans doute Rami qui a la bonne solution. Il a laissé à Damas bombardé, Nani, l’ami imaginaire qui l’aidait à supporter confinement et solitude. A sa mère qui lui demande pourquoi il ne l’a pas emmené avec lui, Rami répond que Nani est mort sous les décombres du quartier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film en compétition officielle a été présenté le 2 avril 2026 au cinéma Artplexe en présence de <strong>Gaya Jiji</strong> et de <strong>Valentin Hadjadj</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 17 juin</p>
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