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	<title>Archives des En rayon - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des En rayon - Journal Zebuline</title>
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		<title>Rentrée littéraire : « Le Livre de la disparition », ou le rire glaçant d’Ibtisam Azem</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 09:14:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&#8217;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&#8217;arrêt. Et une question est sur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Matin ordinaire à Tel-Aviv. Les cafés ouvrent leurs volets, les voitures roulent. Mais quelque chose cloche. Les ouvrières horticoles, les serveurs et les chauffeurs n&rsquo;ont pas pris leur poste. Les check-points sont déserts. Quatre millions de Palestiniens ont disparu sans trace, sans explications, sans revendication. Le pays est à l&rsquo;arrêt. Et une question est sur toutes les lèvres : «&nbsp;<em>que s&rsquo;est-il passé ?&nbsp;</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée de cette dystopie, qui pousse à son paroxysme le souhait porté par la frange dure de la population israélienne, est géniale. Dans <em>Le Livre de la disparition</em>, la romancière palestinienne <strong>Ibtisam Azem</strong> s’en empare avec délectation. Publié en arabe en 2014, il est enfin traduit en français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du roman, deux hommes. Ariel Levy est journaliste israélien, progressiste, athée, convaincu d&rsquo;appartenir au camp de la paix. Alaa Assaf est cameraman palestinien, petit-fils de Teta, grand-mère qui vient de mourir. Ils sont voisins à Tel-Aviv, se respectent, se déclarent amis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient le matin sans Palestiniens. L&rsquo;État d&rsquo;urgence est déclaré. Les recherches battent leur plein. Si les extrémistes et les colons se félicitent de voir le pays, « nettoyé », la majorité de la population, est hébétée. D&rsquo;autres, comme Ariel, sont saisis de culpabilité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le carnet rouge</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour trouver des indices, ce dernier pénètre dans l&rsquo;appartement de son ami. Il y découvre un carnet rouge, le journal d&rsquo;Alaa. Au fil des pages, le juif mesure l&rsquo;abîme qui les sépare et dont il n’avait pas conscience. Dans ses écrits, le palestinien consigne les souvenirs de sa grand-mère Teta qui vivait à Jaffa en 1948, année de la <em>Nakba</em>, «&nbsp;<em>la catastrophe&nbsp;</em>»<em>.</em> Les Juifs occupent la ville, chassent la population arabe qui passe de 100 000 à 4 000 habitants. Tandis que son mari s&rsquo;exile à Beyrouth, Teta, bien qu’expulsée, choisit de rester dans la ville. Un jour, elle retourne dans sa maison espérant récupérer les rideaux qu&rsquo;elle a cousus. Un couple de juifs y est installé. Elle repart les mains vides. Ariel prend peu à peu conscience, avec difficulté, du poids que porte son ami dans un pays qui lui demande de sourire et d&rsquo;être reconnaissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La colère contenue</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="585" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=400%2C585&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138037" style="aspect-ratio:0.6837752458027189;width:318px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=205%2C300&amp;ssl=1 205w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=150%2C219&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=300%2C439&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/09/ibtisam-azem-imagine-un-matin-sans-palestiniens-6a3106a3cd732800801815.jpeg?resize=287%2C420&amp;ssl=1 287w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il se souvient d&rsquo;un accès de fureur d&rsquo;Alaa, un soir où Ariel lui avait fait observer, avec la bienveillance du libéral convaincu, qu&rsquo;il vivait tout de même dans un État moderne, avec des libertés qu’envieraient les réfugiés de Beyrouth. Alaa avait explosé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Disparition</em> fait surgir avec clarté ce qu&rsquo;Azem fait murmurer à travers la voix d’Ariel : « <em>Que s&rsquo;est-il passé à tes citoyens sains d&rsquo;esprit, ô patrie ? Depuis que nous avons établi cet État, creusons-nous notre tombe de nos propres mains ? Allons-nous exécuter l&rsquo;agenda des colons et réaliser leurs rêves ? Ce sont les premiers ennemis de l&rsquo;État.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le génie d&rsquo;Ibtisam Azem est de mettre en lumière, en creux, l&rsquo;importance d&rsquo;une présence quotidienne et de montrer à quel point l&rsquo;économie, la culture, le quotidien d&rsquo;Israël repose sur une présence palestinienne indispensable tant le destin des deux peuples est intriqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ibtisam Azem est née et a grandi, près de Jaffa. Elle est fille et petite-fille de déplacés de 1948. Elle a étudié à l&rsquo;Université hébraïque de Jérusalem, à Freiburg en Allemagne, avant de s&rsquo;installer à New York où elle travaille comme journaliste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Livre de la disparition</em>, <strong>Ibtisam Azem</strong><br>Éditions Globe – 21€<br>Traduit de l'arabe par Leïla Tahir<br>Paru le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 26 août</mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rentrée littéraire : « Sauf la frontière » d’Elisa Shua Dusapin, une histoire intime du Moyen Orient</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 09:05:46 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Le 7 octobre 2023, au petit matin, <strong>Elisa Shua Dusapin</strong> quitte le festival littéraire de Beyrouth où elle a été invitée pour descendre vers le Sud-Liban. Elle ignore encore tout de la tragédie qui vient de se dérouler de l&rsquo;autre côté de la frontière. Confinée à Beyrouth en état d’urgence, elle parvient à regagner l’Europe. Mais l&rsquo;autrice ne tient pas en place. Quelques mois plus tard, elle repart s&rsquo;installer à Amman, en Jordanie, pays dont elle ne connaît ni la langue ni les usages. Elle décide d’apprendre l&rsquo;arabe, arpente la ville et intègre une formation de plomberie aux côtés de femmes jordaniennes, vingt-quatre apprenties âgées de 18 à 60 ans, abayas relevées sur des baskets colorées, caisse à outils à l&rsquo;épaule. Dans un pays où l&rsquo;eau manque et où ce métier reste perçu comme une affaire d&rsquo;hommes, cette coopérative fondée par une femme du nom d&rsquo;Asma devient un lieu d&rsquo;émancipation.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="300" height="446" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=300%2C446&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137950" style="aspect-ratio:0.6726676726156408;width:274px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?w=300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=150%2C223&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/image-0932890-20260822-ob_e5437e_sauf-la-frontiere-elisa-shua-dusapin.jpeg?resize=283%2C420&amp;ssl=1 283w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sauf la frontiere &#8211; Elisa Shua Dusapin</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Zones et checkpoints</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, elle fréquente un cercle de parole de réfugiés syriens organisé sur le modèle de la <em>diwaniya</em>. Durant le temps où se consume une bougie, on interroge à voix haute ce qu&rsquo;on a laissé derrière soi en fuyant son pays ou comment pardonner quand la blessure reste ouverte. Elle y croise Hassan, originaire d&rsquo;Alep, qui a tout perdu, sa maison, sa femme, ses enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit se déplace ensuite vers Israël, Jérusalem, Tel-Aviv puis la Cisjordanie. Son périple l’emmène sur les bords du Jourdain à sec, le long du mur érigé depuis 2002, dans les entrelacs des zones A, B et C héritées des accords d&rsquo;Oslo, à se heurter aux multiples checkpoints. À Ramallah, elle rencontre Salim, la quarantaine, qui tente de faire renaître une bibliothèque dans un ancien centre culturel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fille d&rsquo;un père français et d&rsquo;une mère sud-coréenne, élevée entre Paris, Séoul et Porrentruy (Suisse), Elisa Shua Dusapin, qui avec ce texte évolue dans une partie du monde où on ne l’attendait pas, revendique ce besoin de franchir les lignes. Sans grandiloquence ni prise de position tranchée, elle rapporte des faits, tout en laissant deviner de quel côté penche son cœur, celui des plus fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Sauf la frontièr</em>e - <strong>Elisa Shua Dusapin</strong><br><a href="https://editionszoe.ch/">éditions Zoé</a><br>En librairies le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">26 août </mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature">Littérature</a> ici </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La vie à hauteur de pieds</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 08:35:48 +0000</pubDate>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ning fut boxeuse, autrefois. Aujourd&rsquo;hui, pour les clientes de son salon, elle n&rsquo;est qu&rsquo;une employée parmi d&rsquo;autres, toutes prénommées Susan par commodité, toutes vêtues du même pantalon et du même t-shirt noir. Interchangeables dans le regard de leurs clients, les Susan polissent, vernissent, conseillent sur la teinte qui ornera les mains. Elles sont aussi des oreilles aux confessions que les clientes laissent échapper, rendez-vous après rendez-vous, sur leurs amours, leurs carrières, leurs familles. Les Susan n’ont pas envers leurs clients une bienveillance complaisante. Bien au contraire, elles cultivent une forme de cynisme, de rugosité, de dureté, qui mettent en exergue les rapports de classe. Les Susan sont des immigrées – le pays d&rsquo;origine n&rsquo;est jamais nommé, mais on devine l&rsquo;Asie, la Chine, le Vietnam ou le Laos, patrie de l&rsquo;autrice – et elles échangent des commentaires – pas toujours sympathiques – dans une langue que les clientes ne comprennent pas. Leur quotidien est fait de précarité, de soumission et du rêve farouche de s&rsquo;en sortir.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="340" height="550" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=340%2C550&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137936" style="aspect-ratio:0.6182100053664062;width:173px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?w=340&amp;ssl=1 340w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=185%2C300&amp;ssl=1 185w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=150%2C243&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=300%2C485&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/9782413095842ORI_0.jpg?resize=260%2C420&amp;ssl=1 260w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /><figcaption class="wp-element-caption">La couleur qui vous plaira </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En l&rsquo;espace d&rsquo;une seule journée, deux mondes se frôlent sans presque jamais se mêler, les uns dans les fauteuils confortables, les autres à leurs genoux, à hauteur de pieds. « <em>C&rsquo;est un moment très intime de découvrir les pieds de quelqu&rsquo;un. Même quand on est nue avec une personne, on ne voit pas ses pieds.</em> », exprime la Susan en chef, réactivant la dialectique du maître et de l’esclave.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce premier roman, lauréat du <strong>Giller Prize 2025</strong> – l&rsquo;équivalent canadien du Goncourt –, <strong>Souvankham Thammavongsa</strong> s&rsquo;impose, à l&rsquo;instar d&rsquo;Ocean Vuong, comme l&rsquo;une des voix les plus précises de la nouvelle littérature nord-américaine. Née en 1978 dans un camp de réfugiés laotiens en Thaïlande, poète et romancière installée à Toronto, elle avait déjà remporté le Giller Prize en 2020 pour son recueil de nouvelles <em>Comment prononcer couteau</em>. Elle devient ainsi l&rsquo;une des rares auteurs à avoir reçu deux fois cette distinction, </p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La couleur qui vous plaira</em> de <strong>Souvankham Thammavongsa<br></strong>Éditions <a href="https://www.editions-lacroisee.fr">La Croisée</a> - 22 €<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Paru le 20 août </mark></pre>



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		<title>Rentrée littéraire : les femmes libres de Carla Demierre et Maxime Schwartz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2026 14:01:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Élise Müller naît en 1861 dans le canton du Valais. Fille d&#8217;un marchand hongrois et d&#8217;une Genevoise, elle commence à travailler à quinze ans dans une maison de commerce. À trente ans, elle se découvre des dons de médium, entre en transe, dit communiquer avec Victor Hugo, puis avec Cagliostro, dont l&#8217;esprit devient son guide [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Élise Müller naît en 1861 dans le canton du Valais. Fille d&rsquo;un marchand hongrois et d&rsquo;une Genevoise, elle commence à travailler à quinze ans dans une maison de commerce. À trente ans, elle se découvre des dons de médium, entre en transe, dit communiquer avec Victor Hugo, puis avec Cagliostro, dont l&rsquo;esprit devient son guide spirituel, son « <em>régisseur caché dans la coulisse</em> », comme l&rsquo;écrira plus tard le psychologue Théodore Flournoy. Elle prend un pseudonyme : Hélène Smith.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle incarne successivement une princesse hindoue, Marie-Antoinette et une voyageuse interplanétaire qui décrit la topographie de Mars, invente une langue et un alphabet que le grand linguiste Ferdinand de Saussure prendra la peine d&rsquo;étudier. Flournoy, fasciné, mène sur elle une étude clinique et en tire <em>Des Indes à la planète Mars,</em> publié en 1899, succès international, qui s&rsquo;inscrit dans les débuts de la psychanalyse. Élise Müller peint aussi des toiles issues de ses transes. Deux tableaux ont survécu, dont l&rsquo;un est aujourd&rsquo;hui conservé au Centre Pompidou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du personnage fantasque, on découvre tout ce que la médiumnité a apporté à cette héroïne. Dans une société où les femmes sont reléguées à la domesticité, le spiritisme ouvre une brèche insolite. Le mouvement spirite accordait aux femmes le pouvoir de prendre la parole en public&nbsp;; la médium ne parlant pas en son nom, on l&rsquo;écoute. Pour Élise Müller, le bénéfice est concret. La médiumnité lui offre une identité publique et une émancipation économique sans passer par le mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette histoire folle que <strong>Carla Demierre</strong> a choisi de raconter dans <em>La Fille de Mars</em> en suivant Sybil Brown, enquêtrice de la SARP – Société américaine pour la recherche psychique – qui embarque sur un paquebot qui la conduit vers Hélène Smith. Au contact de celle-ci, la chercheuse commence, elle aussi, à envisager sa propre vie sous l&rsquo;angle de l&rsquo;émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Carla Demierre a travaillé à partir des travaux de Flournoy, consulté les archives minces et éparpillées : une petite liasse de dessins cosmiques, les deux tableaux, des revues scientifiques et spirites. Si l’ouvrage reste largement romanesque, il parvient à restituer la troublante modernité de cette femme du XIX<sup>e</sup> siècle qui s’était inventé une vie à la mesure de son imagination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La scandaleuse</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="643" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=643%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137931" style="aspect-ratio:0.6279324709493532;width:271px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=643%2C1024&amp;ssl=1 643w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=188%2C300&amp;ssl=1 188w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=768%2C1223&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=150%2C239&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=300%2C478&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=696%2C1108&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?resize=264%2C420&amp;ssl=1 264w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/demierre_fdm-couv_web22-800x.jpeg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 643px) 100vw, 643px" /><figcaption class="wp-element-caption">Carla demierre, La fille de Mars</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">À quelques milliers de kilomètres de Genève et quelques décennies plus tôt, naît Victoria Woodhull en 1838 dans l&rsquo;Ohio, septième enfant d&rsquo;une famille qui tient de la foire itinérante : un père escroc, une mère illettrée adepte du magnétisme animal, une fratrie baladée sur les routes de l&rsquo;Amérique pionnière pour vendre des potions miraculeuses et dire la bonne aventure. À quinze ans, Victoria épouse un médecin pour échapper à sa famille et tombe de Charybde en Scylla : le mari est alcoolique et coureur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle le quitte. Avec sa sœur Tennessee, elle part à New York, se lie avec Cornelius Vanderbilt, magnat des chemins de fer, avide de communiquer avec sa mère défunte par l&rsquo;intermédiaire de médiums. Avec lui, elles ouvrent 1870 la première maison de courtage à Wall Street dirigée par des femmes et vont gagner beaucoup d&rsquo;argent. Victoria le réinvestit dans un journal, <em>le Woodhull and Claflin&rsquo;s</em> Weekly, qui tire à plus de cent mille exemplaires et publie la première traduction américaine du <em>Manifeste du Parti communiste.</em> Dans ses pages, elle défend le suffrage féminin, la journée de huit heures, le salaire égal, l&rsquo;amour libre, des jupes courtes pour ne pas traîner dans la boue. La presse la surnomme « <em>Madame Satan</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1872, elle se porte candidate à l&rsquo;élection présidentielle américaine, sous l&rsquo;étiquette du parti des droits égaux qu&rsquo;elle a elle-même fondé, avec pour colistier l&rsquo;abolitionniste Frederick Douglass. Les femmes n&rsquo;ont pas encore le droit de voter, mais rien ne leur interdit de se présenter. Le jour du scrutin, elle est en prison, arrêtée pour avoir publié dans son journal l&rsquo;histoire d&rsquo;un adultère impliquant un pasteur de Brooklyn, récit authentique, mais qui, en raison de la loi sur l&rsquo;obscénité, lui vaudra plusieurs semaines de cellule.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite est tout aussi vertigineuse. Elle s&rsquo;installe en Angleterre, épouse un riche banquier, devient châtelaine d&rsquo;un manoir, fonde une école de village.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Premier roman éblouissant</strong></mark></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="675" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682.jpeg?resize=675%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137932" style="aspect-ratio:0.6591957811470006;width:272px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=675%2C1024&amp;ssl=1 675w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=768%2C1165&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1013%2C1536&amp;ssl=1 1013w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1350%2C2048&amp;ssl=1 1350w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=150%2C227&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=300%2C455&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=696%2C1056&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=1068%2C1620&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?resize=277%2C420&amp;ssl=1 277w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/08/livre_galerie_682-scaled.jpeg?w=1688&amp;ssl=1 1688w" sizes="auto, (max-width: 675px) 100vw, 675px" /><figcaption class="wp-element-caption">Maxim Schwartz, Le dernier présage de Victoria Woodhall</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maxime Schwartz</strong> aurait pu se contenter d&rsquo;une biographie de Victoria et cela aurait déjà été sacrément passionnant. Mais avec ce premier roman, il révèle une plume brillante, acerbe, d’un humour fou. <em>Le Dernier Présage de Victoria Woodhull</em> commence le dernier jour de l’héroïne. Le 9 juin 1927, Victoria annonce à son domestique, Ménélas Daisastre, jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, exilé dans ce manoir anglais, qu&rsquo;elle va mourir. Son perroquet Paradise a disparu. C&rsquo;est un présage. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière des prédictions catastrophiques, mais cette fois, elle a décidé que c&rsquo;était la bonne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière journée rocambolesque est narrée depuis le regard de l’improbable Ménélas. Tandis que la vieille dame arpente ses souvenirs, la vie extraordinaire de Victoria se déploie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Fille de Mars</em> de <strong>Carla Demierre</strong><br><a href="https://editions-corti.fr/">Éditions Corti</a> - 19 €<br><em>Le Dernier Présage de Victoria Woodhull</em> de <strong>Maxime Schwartz</strong><br><a href="http://www.philippe-rey.fr/">Éditions Philippe Rey</a> - 18 €<br>Parus le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">20 août </mark></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/litterature/">Littérature</a> ici </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Christian Brazier entrouve son Autre Ciel </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Dussutour]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Oct 2025 13:06:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[En rayon]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La pochette «&#160;J’ai voulu ce disque nostalgique, suite au décès de mon ami Alain Paparone, juste avant la crise du Covid. J’avais utilisé ses toiles pour mes précédents albums. J’ai donc pris Autre Ciel en photo pour réaliser la pochette du disque. J’aime beaucoup la peinture en général&#160;: je me sens bien dans les musées [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La pochette</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;J’ai voulu ce disque nostalgique, suite au décès de mon ami Alain Paparone, juste avant la crise du Covid. J’avais utilisé ses toiles pour mes précédents albums. J’ai donc pris <em>Autre Ciel</em> en photo pour réaliser la pochette du disque. J’aime beaucoup la peinture en général&nbsp;: je me sens bien dans les musées et je trouve qu’on devrait y jouer plus souvent. On parle de couleurs, d’ambiances et de formes en peinture, et il en va de même en musique.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un enregistrement collectif</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Le premier morceau, <em>Sur le papier</em>, est parti d’une ligne de basse&nbsp;: je n’ai pas d’abord pensé harmonie. J’ai dit au saxophoniste (<strong>Gérard Murphy</strong>) de jouer librement car il est primordial pour moi que chacun garde sa liberté. Il a quelque chose de ces grands musiciens qui restent eux-mêmes en apportant quelque chose. Quant à <strong>Perrine Mansuy</strong>, au piano, elle a fini par proposer des accords coltraniens&nbsp;: c’est le troisième disque qu’on fait ensemble et l’aventure ne lui fait pas peur, jusque dans les formes libres. Bien souvent je compose à l’ordinateur, plus qu’au piano, que je ne connais pas vraiment même si je sais plaquer quelques accords&nbsp;: cela me permet de proposer des choses un peu complexes, des mélodies qui ne sont pas vraiment jouables&nbsp;! Avec <strong>Gildas Etevenard</strong>, le batteur, on a beaucoup travaillé ensemble quand on tournait avec le saxophoniste Akosh Szelevény. Ce que j’aime bien chez les batteurs, c’est leur diversité, l’ouverture vers d’autres musiques que le jazz. Quand on est bassiste, il y a une très forte dimension humaine avec un batteur. Il faut éviter de parler. La batterie, c’est un instrument avec lequel il me semble difficile de dialoguer.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Poétique, politique, organique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Le choix des titres des morceaux relève souvent pour moi du jeu de mots&nbsp;: ils ne doivent pas être fermés mais poétiques, de façon à ce que chacun·e puisse se projeter dans la musique. <em>Mesures populaires</em>, par exemple, c’est une référence aussi bien à la musique mais aussi un peu à la politique. J’avais 16 ans en 1968. Je faisais alors des études à l’école de la marine marchande. Jeune hippie, je jouais un peu de guitare. J’ai entendu Barre Phillips et je suis entré en jazz par le free jazz avec son côté politique. Je me suis mis à la contrebasse, tout en m’inscrivant au conservatoire de Marseille, dans la classe de Guy Longnon, dans laquelle on devait composer. J’ai un esprit un peu mathématique&nbsp;: l’harmonie, quelque part, c’est de la physique, comme la vibration de la corde de contrebasse au-delà de l’aspect poétique que je recherche d’ailleurs principalement. Je travaille beaucoup à l’oreille et je recherche d’abord l’intériorité&nbsp;: j’ai un rapport très organique à la musique.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAURENT DUSSUTOUR&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Autre Ciel, </em>de <strong>Christian Brazier</strong><br>Avec <strong>Perrine Mansuy</strong>, <strong>Gérard Murphy</strong> et<strong> Gildas Etevenard</strong><br>Label : L’Improviste</pre>



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		<title>Revivre par l’écriture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 12:36:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[En rayon]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Jeanne Benameur]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Vivre tout bas]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce livre pourra surprendre. Jeanne Benameur y installe une femme jamais nommée que l’on reconnaît peu à peu à la faveur de certains indices. Son histoire commence avec son regard sur la mer et le souvenir d’un fils qu’elle a nourri et qui ne fermait jamais les yeux.&#160;«&#160;Étrange fils&#160;», qu’elle n’a plus. Et elle évoque [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ce livre pourra surprendre. Jeanne Benameur y installe une femme jamais nommée que l’on reconnaît peu à peu à la faveur de certains indices. Son histoire commence avec son regard sur la mer et le souvenir d’un fils qu’elle a nourri et qui ne fermait jamais les yeux.&nbsp;«&nbsp;<em>Étrange fils</em>&nbsp;», qu’elle n’a plus. Et elle évoque aussi le doux Jean, l’ami du fils, qui veille sur elle. Vous aurez reconnu qu’il s’agit de Marie, mère du Christ, et de l’apôtre Jean. Jeanne Benameur a déclaré avoir été frappée par un bas-relief du XV<sup>e</sup> siècle sur lequel la Vierge était représentée en train de lire. C’est cela qui l’a amenée à imaginer la vie de cette femme après la mort de son fils, et d’en faire une femme comme les autres, qui rentre en contact avec les habitants d’un petit village, s’éveillant peu à peu à une vie nouvelle. Elle y rencontre une enfant aux cheveux noirs bouclés à laquelle elle s’attache très vite. Sa mère est morte dans un naufrage. Depuis ce jour, la petite a perdu la parole et vit avec sa grand-mère. C’est le début d’une relation qui va les libérer peu à peu toutes les deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un chant lyrique </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeanne Benameur met ses personnages face à leur destin comme ils sont face à la mer. Jean avait rencontré cet homme, le fils, qui lui avait déclaré devant ses filets vides qu’il pouvait devenir&nbsp;«&nbsp;<em>pêcheur d’hommes&nbsp;</em>». La femme et l’enfant ont subi la grande douleur de la perte. Son vieux maître lui avait appris des choses réservées aux garçons comme l’écriture tracée dans le sable. Et elle reproduit cet apprentissage pour l’enfant. En la sauvant, elle se sauve et ose enfin écrire son histoire dans les rouleaux de papier vierge, «&nbsp;<em>sans peur de laisser trace&nbsp;</em>». L’autrice trouve une voix et un rythme proche de la litanie qui s’accorde au mystère de cette femme qui redécouvre la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Vivre tout bas,</em> de <strong>Jeanne Benameur</strong><br><a href="https://www.actes-sud.fr/vivre-tout-bas">Actes Sud</a> - 19,50 €</pre>



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		<title>Une autre origine du monde </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 11:18:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[En rayon]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Léonora Miano]]></category>
		<category><![CDATA[Les aventures de la foufoune]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Arrivée à Paris en 1991, la jeune camerounaise Léonora Miano a connu la précarité, mais s’est brillamment adonnée à des études littéraires qui ont fait d’elle une écrivaine reconnue et primée. Ses ancêtres africains avaient imaginé une origine avant l’origine, sous l’apparence d’une étendue d’eau. C’est d’une caresse intime à laquelle se livra la déesse [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Arrivée à Paris en 1991, la jeune camerounaise Léonora Miano a connu la précarité, mais s’est brillamment adonnée à des études littéraires qui ont fait d’elle une écrivaine reconnue et primée. Ses ancêtres africains avaient imaginé une origine avant l’origine, sous l’apparence d’une étendue d’eau. C’est d’une caresse intime à laquelle se livra la déesse que naquirent rivières et fleuves&nbsp;: «&nbsp;<em>la mouille sacrée&nbsp;</em>» permit à la vie de se développer de partout. Puis la déesse se mit en marche, et sous ses pas jaillissait la vie. Ensuite elle créa «&nbsp;son alter ego&nbsp;» masculin. Une hardiesse revigorante ! Après cette entrée en matière, proche de la légende et de la sorcellerie, se succèdent neuf petits récits dont les narratrices sont des femmes africaines qui assument leur négritude et revendiquent le droit au plaisir à tout âge y compris quand elles ont dépassé celui de procréer. Le rôle de l’homme est analysé&nbsp;: il a le droit de vieillir, il peut, lui, procréer sur une plus longue durée que la femme, il est dominant, il choisit ses femmes, il peut pratiquer le viol.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Affirmation de soi et émancipation</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leonora_Miano_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-127248" style="width:345px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leonora_Miano_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leonora_Miano_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leonora_Miano_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leonora_Miano_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leonora_Miano_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/Leonora_Miano_20100328_Salon_du_livre_de_Paris_2.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Léonora Miano © X-DR</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Avec un regard acéré et un langage cru, chaque narratrice évoque la nécessité de la libération et de l’autonomie de la femme noire. La colonisation avait fait de leur corps «&nbsp;<em>une demeure haïssable</em>&nbsp;» et méprisée. Elles ont dû se reconstruire après avoir tenté de ressembler aux femmes blanches, d’éclaircir leur peau, de défriser leurs cheveux. On leur a appris qu’il fallait souffrir pour être belle et choisie. La rage avec laquelle certaines se sont acharnées à vivre et jouir est vivifiante, et la langue de l’autrice, audacieuse et flamboyante, réjouit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les aventures de la foufoune,</em> de <strong>Léonora Miano<br></strong><a href="https://www.seuil.com">Seuil</a> - 17 €&nbsp;&nbsp;</pre>



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		<title>Les fantômes des Abruzzes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 10:53:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est de ces romans que l’on peine à lâcher lorsqu’on les a commencés. Pourtant, il ne s’agit pas d’un polar, même s’il est question de crimes. Il ne s’agit pas non plus d’un thriller, même si le suspens tient en haleine de bout en bout. C’est l’histoire de Lucia, kinésithérapeute quinquagénaire qui vit dans [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il est de ces romans que l’on peine à lâcher lorsqu’on les a commencés. Pourtant, il ne s’agit pas d’un polar, même s’il est question de crimes. Il ne s’agit pas non plus d’un thriller, même si le suspens tient en haleine de bout en bout. C’est l’histoire de Lucia, kinésithérapeute quinquagénaire qui vit dans une petite ville des Abruzzes qu’elle n’a jamais quittés et de sa fille Amanda. Cette dernière, partie étudier à Milan, revient chez sa mère pour y passer le confinement lors de la crise du Covid. En grande dépression, elle ne quitte plus sa chambre, ne se lave plus, ne s’alimente plus, ne parle plus vraiment, sans que l’on ne sache vraiment ce qui a provoqué cet effondrement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une génération plus tard </mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="870" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=696%2C870&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-127242" style="width:233px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=819%2C1024&amp;ssl=1 819w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=240%2C300&amp;ssl=1 240w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=768%2C960&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=1229%2C1536&amp;ssl=1 1229w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=150%2C188&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=300%2C375&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=696%2C870&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=1068%2C1335&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?resize=336%2C420&amp;ssl=1 336w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/01/n.jpg?w=1440&amp;ssl=1 1440w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Donatella Di Pietrantonio © X-DR</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Lucia est dans le désarroi immense qu’éprouve chaque mère face à un enfant qui sombre et s’autodétruit… Par petites touches subtiles et analytiques, <strong>Donatella Di Pietrantonio</strong> décrit l’état psychologique de cette mère culpabilisée qui vit au rythme de sa fille unique, à l’écoute du moindre de ses souffles, de ses moindres gestes et des mouvements derrière cette porte qui lui est désespérément fermée. Qu’Amanda se lève ou prenne une douche et c’est déjà une petite victoire qui ensoleille la journée de Lucia. Qu’Amanda ne bouge pas et la maman éponge se dessèche, sombre, disparaît après avoir tenté de menacer, négocier, attendrir. Et voilà que ses propres 20 ans rejaillissent et avec eux ses souvenirs violents de cet été où le drame a frappé et continue d’impacter cette terre des Abruzzes à la nature sauvage, une génération plus tard.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La narratrice décline avec une maitrise de scénariste les événements de deux époques qui finissent par se rejoindre et s’entrelacer. Car à vouloir trop faire taire les fantômes du passé, le risque est grand qu’ils reviennent hanter les générations suivantes. Donatella di Pietrantonio, qui est sans doute l’une des plus grandes romancières italiennes contemporaines dédie l’âge fragile «&nbsp;<em>à toutes les survivantes&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’âge fragile</em>, de <strong>Donatella Di Pietrantonio </strong><br><a href="https://www.albin-michel.fr">Albin Michel </a>- 20,90 €</pre>



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		<title>« Massilia’s burning » : la famille du rock se partage une galette </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2024 09:22:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a plus de 20 ans, sortait sous la houlette de Lollipop Records la compilation Massilia’s Burning. Un 45T réunissant quelques-uns des plus illustres groupes de punk-rock marseillais de l’époque – on y trouvait notamment les Cowboys From Outerspace, Gasolheads, Dollybird… Deux décennies plus tard, un deuxième volume paraît ce 13 décembre, toujours avec [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a plus de 20 ans, sortait sous la houlette de Lollipop Records la compilation <em>Massilia’s Burning</em>. Un 45T réunissant quelques-uns des plus illustres groupes de punk-rock marseillais de l’époque – on y trouvait notamment les <a href="https://www.facebook.com/CowboysFromOuterspace/">Cowboys From Outerspace</a>, <a href="https://www.discogs.com/fr/artist/830663-Gasolheads?srsltid=AfmBOooEUBQGLh0wSPVUm9sF56-VEep9gnXp3ppvVo8WGeTfa7x0-kfl">Gasolheads</a>, Dollybird… Deux décennies plus tard, un deuxième volume paraît ce 13 décembre, toujours avec Lollipop dans le coup, mais aussi la salle de l’Intermédiaire, qui non contente de réunir tous ces groupes sur scène chaque semaine, les réunit aussi dans ce disque.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un virus qui s’attrape&nbsp;</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils sont donc quinze à se partager les pistes du vinyle : <a href="https://www.facebook.com/p/Crache-100086442973910/?locale=fr_FR">Crache</a>, <a href="https://www.facebook.com/technopoliceband/">Technopolice</a>, <a href="https://52hertz1.bandcamp.com/album/52-hertz">52 hertz</a>, <a href="https://linktr.ee/flathead_marseille?fbclid=IwY2xjawHGNqJleHRuA2FlbQIxMAABHcUgIjpFPc9jUmsn22LcN59EwUvhpepuyn1u_n9Sreb41DGVXkqoV8yX1w_aem_AQmC9FMHH_kFz3xsY8BEdA">Flathead</a>,<a href="https://aveemana.bandcamp.com/album/inner-life"> Avee Mana</a>, <a href="https://www.facebook.com/glitchbandmars/">Glitch</a>, <a href="https://www.facebook.com/people/Tessina/61555633731755/?_rdr">Tessina</a>, <a href="https://www.facebook.com/7SevenLevels/">Seven Levels</a>, <a href="https://www.facebook.com/sovoxband/?locale=fr_FR">Sovox</a>,<a href="https://kaelkaelkael.bandcamp.com"> Kaël,</a> <a href="https://www.facebook.com/PARADE.MRS/?locale=fr_FR">Parade</a>, <a href="https://www.facebook.com/CheapEntMarseille/">Cheap Entertainment</a>, <a href="https://www.facebook.com/lodigunz/">Lodi Gunz</a>, <a href="https://www.facebook.com/avenooirband/">Avenoir</a> et <a href="https://www.facebook.com/abstractpuppet/">Abstract Puppet</a>. Autant de groupes qui représentent ce que cette scène a de plus actif, vibrant et surtout collectif. Car il ne faut pas voir là-dedans une simple « compilation » de groupes alignés les uns à la suite des autres, mais bien une photographie de l’ambiance qui règne autour de la place Jean Jaurès depuis quelques années. Ici les groupes se rencontrent, les projets naissent… les disques, les tournées, les amitiés aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs sur la Plaine, à l’Intermédiaire, que la plupart des groupes présents sur le disque joueront quelques titres sur scène à l’occasion d’une grande <em>release party </em>ces 13 et 14 décembre. Première occasion aussi de se procurer ce disque, que l’on veut croire <em>collector</em> avant même sa sortie. À noter également le <em>before</em> au Lollipop Music Store et le concert de Kaël pour ouvrir ces deux belles nuits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">NICOLAS SANTUCCI&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Massilia’s Burning Vol.II</em></strong><br>L’Intermédiaire, Lollipop Records, Fracas Records – 20 €</pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Au programme&nbsp;:</strong><br><strong>Before au <a href="https://www.lollipopmusicstore.fr">Lollipop Music Store</a></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 décembre </mark>à 19 h<br>Kaël&nbsp;<br><strong><a href="https://www.facebook.com/Intermediaire.live">L’Intermédiaire</a></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">13 décembre</mark> à partir de 20 h<br>Abstract Puppet, Lodi Gunz, Parade,&nbsp;<br>Cheap Entertainment, Sovox&nbsp;<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 décembre</mark> à partir de 20 h<br>Avee Mana, Tessina, Avenoir, Glitch,&nbsp;<br>Crache, Technopolice&nbsp;</pre>



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		<title>« Le vieux monde derrière nous », l’odyssée familiale d’Olivier Kemeid</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2024 08:58:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Printemps 68. À Montréal, Gil Kemeid, jeune étudiant de 22 ans, n’a qu’une idée en tête&#160;: faire le tour de l’Europe en Vespa jusqu’au Moyen Orient, à la recherche de ses origines. Avant son grand départ le jeune homme fils d’immigrés chrétiens maronites tombe follement amoureux de Carole, une étudiante qui deviendra son épouse et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Printemps 68. À Montréal, Gil Kemeid, jeune étudiant de 22 ans, n’a qu’une idée en tête&nbsp;: faire le tour de l’Europe en Vespa jusqu’au Moyen Orient, à la recherche de ses origines. Avant son grand départ le jeune homme fils d’immigrés chrétiens maronites tombe follement amoureux de Carole, une étudiante qui deviendra son épouse et la mère d’Olivier. Lors de son périple, il lui écrira plus d’une centaine de cartes postales pour qu’elle partage son aventure et ne l’oublie pas. Cinquante ans plus tard, après avoir découvert cette correspondance, <strong>Olivier Kemeid</strong>, figure majeure de la scène littéraire québécoise, s’empare de de cette odyssée familiale&nbsp;: «&nbsp;<em>grâce aux cartes postales, j’ai passé douze mois à rouler avec mon père, le vieux monde derrière nous&nbsp;</em>». Tendre, touchant, le récit de ce Don Quichotte levantin lancé sur sa «&nbsp;rossinante&nbsp;» à moteur, qui se retrouve bien malgré lui confronté aux bouleversements de la grande histoire, est surtout follement drôle. Lui, pour qui le général de Gaulle est encore un héros, se retrouve à Paris en Mai 68 bien désappointé «&nbsp;<em>Les Français sont parmi les gens les plus stupides de la Terre. Tout est bloqué. Il n’y a ni train, ni autobus, ni bateau, ni banque, ni lettres. Bientôt il pourrait n’y avoir ni (il souligne) nourriture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">On le retrouve dans une auberge de jeunesse dans la cité phocéenne «&nbsp;<em>Marseille est très sympa&nbsp;</em>» écrit-il laconique sur une carte postale légendée <em>Marseille Carrefour du monde.</em> Et puis ce sera Monaco, Cannes «&nbsp;<em>où les gens sont snobs&nbsp;»</em>, Briançon, Chamonix, puis Gstaad, Strasbourg, Liège, Brest, Biarritz, l’Espagne, le Portugal «&nbsp;<em>où les conducteurs de voiture s’évertuent à jouer du klaxon pour tout et rien</em>&nbsp;», Gênes, Venise, Rimini, la Yougoslavie, la Turquie, la Macédoine, la Transylvanie. Autant de destinations, autant de mésaventures. Mais il n’arrivera jamais à Beyrouth, destination première de son voyage</p>



<p class="wp-block-paragraph">Olivier Kemeid entrelace les multiples événements politiques internationaux de l’époque avec une érudition exceptionnelle et les péripéties rocambolesques de son «&nbsp;sarrazin de père&nbsp;», enthousiaste, naïf et sacrément conservateur, «&nbsp;<em>qui voit des communistes partout et des “rouges” cachés sous les canapés</em>&nbsp;». En illustration quelques-une de ces fameuses cartes postales exhumées de ce vieux monde laissé derrière lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le vieux monde derrière nous</em>, <strong>Olivier Kemeid </strong><br><a href="https://www.arthaud.fr">Arthaud </a>- 19,90 €</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/le-vieux-monde-derriere-nous-lodyssee-familiale-dolivier-kemeid/">« Le vieux monde derrière nous », l’odyssée familiale d’Olivier Kemeid</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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