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	<title>Archives des adaptation - Journal Zebuline</title>
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		<title>La fille de 58</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« C’était un été sans particularité, météorologique, celui du retour du Général De Gaulle, du franc lourd et d’une nouvelle république (…) de la chanson de Dalida, Mon histoire, c’est l’histoire d’un amour. L’été 58. »  C’est par cette voix –je que démarre le film Une jeune fille de 17ans et demi, à Yvetot dans l’épicerie de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>« C’était un été sans particularité, météorologique, celui du retour du Général De Gaulle, du franc lourd et d’une nouvelle république (…) de la chanson de Dalida, Mon histoire, c’est l’histoire d’un amour. L’été 58.</em> »  C’est par cette voix –je que démarre le film</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une jeune fille de 17ans et demi, à Yvetot dans l’épicerie de ses parents. Joie de vivre&nbsp;; bavardages avec sa copine Odette. Elle parle avec enthousiasme de son départ comme monitrice dans une colonie de vacances. L’occasion de «&nbsp;quitter ce trou.&nbsp;», d’être libre, de rencontrer d’autres gens, plus cultivés que ses parents, d’échapper à la vigilance de sa mère (<strong>Ariane Labed</strong>). C’est par les livres qu’elle connait la vie. Elle s’appelle Annie Duchêne. L’arrivée au domaine lui réserve quelques surprises&nbsp;: malgré ses tentatives d’aller vers les autres, elle n’est pas acceptée&nbsp;: elle n’a pas les codes. On se moque d’elle mais elle accepte l’humiliation pour être dans le groupe. Quand entrainée par sa coturne, elle participe à sa première surpat’, son destin se joue. H, moniteur chef (<strong>Victor Bonnel)</strong> se précipite sur elle, l’entrainant dans un rock endiablé et…ailleurs pour la «&nbsp;baiser&nbsp;». Elle voulait que quelque chose lui arrive. Elle voulait tomber amoureuse. C’est chose faite. Et même s’il n’arrive pas à la pénétrer, elle lui assure que ça marchera… Cette nuit du 16 aout 1958, la marquera à jamais…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux et celles qui ont lu les textes d’<strong>Annie Ernaux</strong> auront reconnu <em>Mémoire de fille</em> qu’elle a publié en 2016 où elle pose un regard sur celle qu’elle était presque 60 ans plus tôt. Invitée à Rouen pour un hommage, elle croit reconnaitre H et se dit qu’elle doit « <em>aller à la recherche de cette fille qu’elle a été. La rejoindre par l’écriture.</em>  <em>Écrire c’est la quête du réel ou d’une vérité. Cela surgit de l’écriture ; Il faut essayer de comprendre. Ça ressemble à un film. »</em> écrit Annie Ernaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dix ans plus tard, <strong>Judith Godrèche</strong> décide d’adapter <em>Mémoire de fille,</em> nous faisant retrouver cette jeune fille par le cinéma, par les images, par les chansons. C’est <strong>Tess Barthélémy,</strong> sa fille qui incarne avec conviction Annie, souvent filmée en gros plan&nbsp;; sur son visage, tour à tour, se lisent &nbsp;la soif de vivre intensément, la honte sociale, la quête de l’amour pour cet homme abject qui ne pense qu’à lui et à son pouvoir sur elle.&nbsp;«<em>La caméra subjective permet d’être au plus près d’Annie, de son parcours. Je voulais regarder ce qu’elle regarde, que le spectateur puisse être entièrement à sa place à elle. J’ai énormément travaillé là-dessus en amont, pour qu’elle ne soit jamais perçue à travers le regard de H.&nbsp;»</em> précise la cinéaste</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;La caméra du chef opérateur <strong>Joachim Philippe</strong> filme avec beaucoup de pudeur cet acte qu’Annie Ernaux a mis longtemps à appeler viol. On voit la jeune fille fixer la lampe au plafond, avec l’impression d’un moment qui ne semble jamais finir. L’Annie Ernaux de 2016 qui lit ses textes à Rouen, c’est <strong>Valerie Dreville</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et l’Annie Ernaux de 2026 est&nbsp; très satisfaite de cette adaptation, la première au cinéma. <em>&nbsp;«&nbsp;Judith Godrèche ne démontre rien. Elle déroule ce que devient l’existence d’une fille après, dans sa tête et son corps, dans son rapport aux autres, à l’image d’elle-même, à la vision d’un avenir qu’on ne désire plus. Ce ravagement informe que la lecture du Deuxième sexe, un jour, est venu éclairer.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;D’autres œuvres de cette écrivaine, Prix Nobel de littérature ont été adaptées comme <em>&nbsp;L’Evénement</em> par A<strong>udrey Diwan,</strong> <em>J’ai aimé vivre là</em> par <strong>Régis Sauder</strong> ou &nbsp;<em>Passion simple</em> par <strong>Danielle</strong> <strong>Arbid&nbsp;</strong> entre autres. Très récemment, <strong>Sarah Kohm</strong> et <strong>Elisa Leroy</strong> en ont fait une adaptation théâtrale (<a href="https://journalzebuline.fr/ete-1958-des-histoires-contemporaines/">https://journalzebuline.fr/ete-1958-des-histoires-contemporaines/</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mémoire&nbsp; de fille</em> de <strong>Judith Godrèche</strong> &nbsp;sort le 30 septembre&nbsp;: un film, réussi &nbsp;à voir absolument !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Jour 2 Fête</p>
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		<title>La Condition : Tout peut –il recommencer ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’amour parcourt les films de Jérôme Bonnell qui en explore toutes les facettes, de l’enfance à l’âge adulte depuis Le Chignon d’Olga (2002) jusqu’à sa série prévue pour 2026, Un jour on fera l’amour. Son nouveau film, La condition, qui avait pour titre au départ Tout recommencera, ne fait pas exception. Mais c’est la première [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’amour parcourt les films de <strong>Jérôme Bonnell</strong> qui en explore toutes les facettes, de l’enfance à l’âge adulte depuis <em>Le Chignon d’Olga</em> (2002) jusqu’à sa série prévue pour 2026, <em>Un jour on fera l’amour</em>. Son nouveau film, <em>La condition</em>, qui avait pour titre au départ <em>Tout recommencera</em>, ne fait pas exception. Mais c’est la première fois que le cinéaste s’attelle à une adaptation&nbsp;: celle d’un roman de <strong>Léonor de Récondo,</strong><em> Amours</em> (sic&nbsp;!) dont l’histoire se déroule au début du XXe siècle. Un film en costumes donc mais au thème très actuel, la situation des femmes face au patriarcat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mois d’avril 1908. Une grande maison bourgeoise. Une jeune femme qu’on habille, qu’on corsette&nbsp;; c’est Victoire, (<strong>Louise Chevillotte,</strong> que Jérôme Bonnell avait déjà fait tourner dans <em>Les hautes herbes</em>) femme d’André (<strong>Swann Arlaud</strong>) un notaire, qui semble sûr de lui, imbu de sa personne mais au fond sous l’emprise de sa mère (Incroyable <strong>Emmanuelle Devos</strong>, méconnaissable). Alitée, ne parlant plus, véritable tyran, elle maltraite les employées de maison et sa bru.’&nbsp;«&nbsp;<em>C’est la méchanceté qui coule dans tes veines</em>&nbsp;» lui jettera un jour un fils, excédé et que la frustration rend violent. Les deux époux font chambre à part et en bon patron, André s’occupe de la bonne, Céleste (<strong>Galatéa Bellugi</strong>&nbsp; vue récemment dans <em>L’Engloutie</em> de Louise Hémon ) A la suite de ses assauts, Céleste se retrouve enceinte et n’a pas son mot à dire. Bien entendu, craignant de se faire renvoyer, elle cache sa grossesse durant six mois&nbsp;; il est donc trop tard pour «&nbsp;faire passer&nbsp;» l’enfant. Victoire n’a sans doute pas eu son mot à dire non plus, avant d’être mariée à André et les rapports avec son mari ne leur ont pas donné d’héritier. Une solution est trouvée&nbsp;: Céleste ne sera pas renvoyée, mettra au monde l’enfant qui deviendra le fils des maitres. Cet arrangement, inhumain, terrible pour Céleste, va peu à peu rapprocher les deux «&nbsp;mères&nbsp;»&nbsp;: En secret, elles s’occupent ensemble du bébé&nbsp;; leurs corps se rapprochent, faisant naitre une grande tendresse entre ces deux femmes que leur condition sociale opposait, maitresse et servante, et leur révélant peu à peu leur désir.. Tout peut –il recommencer&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une mise en scène classique, sobre et fluide, des décors très soignés conçus par la cheffe décoratrice, <strong>Catherine Jarrier-Prieur</strong>, <em>La Condition</em> traite à la fois les rapports sociaux, dominant –dominé, les rapports imposés aux femmes par le patriarcat et le tabou de l’homosexualité. La caméra de <strong>Pascal Lagriffoul</strong> a su saisir les émotions des deux femmes superbement interprétées, filmant avec délicatesse les visages et les corps qui se découvrent. Quant à <strong>Swann Arlaud,</strong> il incarne avec justesse cet homme dont on découvrira le secret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Condition</em> sort en salles le 10 décembre</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Diaphana</p>
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