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	<title>Archives des amazighes - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des amazighes - Journal Zebuline</title>
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		<title>Amine Boudchart : atout chœur  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 10:31:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ils sont venus de toute la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et de Corse : plus de 2 000 personnes ont assisté au spectacle Boudchart, savamment orchestré par Amine Boudchart, samedi 31 janvier au Silo, à Marseille – après être déjà passé par Montréal, Carthage ou Montpellier.&#160; En quelques années, le compositeur s’est imposé comme l’une des [&#8230;]</p>
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<p>Ils sont venus de toute la région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et de Corse : plus de 2 000 personnes ont assisté au spectacle <em>Boudchart</em>, savamment orchestré par <strong>Amine Boudchart</strong>, samedi 31 janvier au Silo, à Marseille – après être déjà passé par Montréal, Carthage ou Montpellier.&nbsp;</p>



<p>En quelques années, le compositeur s’est imposé comme l’une des figures les plus singulières de la scène musicale marocaine, portée désormais par un succès international. Ce triomphe répond aux attentes des diasporas en quête de transmission patrimoniale à travers le monde. À rebours du modèle de la star intouchable, il fait du public le véritable cœur battant de ses concerts, transformant chaque salle en chorale géante. Communiqué en amont, le livret des paroles permet à chacune et chacun de se préparer et de maîtriser les textes, afin d’entrer pleinement dans l’interprétation collective.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un parcours atypique  </mark></strong></p>



<p>Né à Mohammédia en 1989, ce compositeur franco‑marocain incarne une génération pour qui frontières et cultures sont devenues poreuses. Au‑delà des classiques, ses compositions donnent à entendre la condition cosmopolite des Marocains du monde. Avec des œuvres comme <em>Mosaïca, Bartiya Groove ou Jalsa,</em> il tisse un paysage sonore où se répondent influences amazighes, andalouses, arabes et africaines.&nbsp;</p>



<p>Sur scène, le cœur du phénomène Boudchart tient dans un geste simple : inviter le public à devenir chorale. Le concert se mue alors en véritable « expérience collective » où les spectateurs chantent à l’unisson des titres issus d’un patrimoine musical largement partagé. De l’emblématique Hajja El Hamdaoui à Ragheb Alama, en passant par Warda, Dahmane El Harrachi ou le groupe Babylone, c’est une ronde de célébrités qui est convoquée sur scène et portée par des milliers de voix. Sans compter l’aide des invités de la soirée, tels que <strong>Miry</strong>, <strong>Oualid Nadi</strong> et le groupe <strong>Issawa El Asri</strong>, qui ont pleinement participé à l’ambiance générale<em>.</em></p>



<p>Dans un contexte de consommation culturelle fragmentée, ce chœur éphémère redonne corps à l’idée de communauté tout en réinventant les codes du spectacle live. Figure de la créolisation des mondes arabes, amazighes et africains, Amine Boudchart se pose en passeur de mémoires, ancré dans plusieurs traditions musicales tout en innovant dans les formes. En réorchestrant des classiques arabes pour un format choral massif, il opère un double mouvement : actualiser un répertoire associé à des héritages communs et retisser des liens dans une région fragmentée par les rivalités diplomatiques et économiques. Cet héritage musical, largement revisité par les artistes contemporains, trouve ainsi un nouvel écho auprès de publics jeunes et connectés.&nbsp;</p>



<p>SAMIA CHABANI</p>



<pre class="wp-block-verse">Concert donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 janvier</mark> au Cepac-Silo, Marseille</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>



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<p>Nos articles <em>Diasporik</em>, conçus en collaboration avec <a href="https://ancrages.org">l’association Ancrages</a> sont également disponible en intégralité sur leur site</p>
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		<title>Diasporik : Tamazgha et la transmission amazighe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jun 2025 10:40:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’année 2025 s’annonce comme une année faste pour les cultures amazighes à Marseille. Deux expositions majeures viennent en attester : Amazighes, au Mucem [Lire ici], et Tatouage. Histoires de la Méditerranée, au Centre de la Vieille-Charité. Mais depuis 20 ans à Marseille, l’association Sud Culture porte fièrement cette culture à l’occasion de Tamazgha, rendez-vous incontournable [&#8230;]</p>
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<p>L’année 2025 s’annonce comme une année faste pour les cultures amazighes à Marseille. Deux expositions majeures viennent en attester : <em>Amazighes</em>, au <a href="https://www.mucem.org/programme/exposition-et-temps-forts/amazighes">Mucem</a> [<em><a href="https://journalzebuline.fr/amazighe-une-memoire-tatouee/">Lire ici]</a></em>, et <em>Tatouage. Histoires de la Méditerranée</em>, au <a href="https://musees.marseille.fr/tatouage-histoires-de-la-mediterranee">Centre de la Vieille-Charité</a>. Mais depuis 20 ans à Marseille, l’association Sud Culture porte fièrement cette culture à l’occasion de <strong><em><a href="https://sudculture.org">Tamazgha</a></em></strong>, rendez-vous incontournable pour les passionnés des cultures nord-africaines, et plus particulièrement amazighe. Cette année encore, du 11 au 14 juin, il offre un programme riche et éclectique, qui alternera conférences et concerts, en faveur de la mémoire, de la création et de la transmission.  </p>



<p>Cette édition anniversaire consolide plus que jamais l’articulation entre transmission des savoirs traditionnels et valorisation des formes artistiques contemporaines. L’association Sud Culture s’attache à promouvoir une plateforme d’expression partagée, mêlant artistes confirmés et amateurs, créant ainsi un espace fertile pour les dialogues intergénérationnels et interculturels. Elle soutient également la transmission des traditions tout en encourageant les métissages artistiques contemporains.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une grande soirée musicale</mark></strong></p>



<p>Le temps fort du festival aura lieu le 14 juin au Théâtre de la Sucrière, avec une soirée musicale réunissant des artistes de renom, à la croisée des traditions amazighes et des musiques actuelles. Avec <strong>Yelli Yelli</strong>, voix féminine singulière, mêle le kabyle des chansons de son enfance aux sonorités électroniques de son époque et aux guitares rock qui constituent son univers musical. Le groupe <strong>Ideflawen</strong>, emblème de la chanson amazighe engagée, offre une œuvre poétique et réflexive, enracinée dans l’histoire mais tournée vers l’avenir. <strong>Si Moh</strong>, auteur-compositeur-interprète kabyle, chante une poésie intime, portée par une voix vibrante d’émotions. Par la beauté de ses textes et la douceur de sa musique, il a su conquérir un large public. Citons aussi les mélodies poétiques de <strong>Djaffar Aït Menguellet </strong>ou la musique sensible d’<strong>Hamid Matoub</strong>.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Et aussi</mark></strong></p>



<p>Plusieurs autres rendez-vous sont attendus pendant la durée du festival.&nbsp;Comme des ateliers d’initiation à la pratique musicale (piano, mandole, guitare, cajón, derbouka), de calligraphie amazighe et une conférence de <strong>Farida Aït Ferroukh</strong> sur la trajectoire musicale méditerranéenne. Autant de propositions pour mettre en lumière la culture amazighe dans des contextes de crise et de migration.</p>



<p>SAMIA CHABANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em><a href="https://sudculture.org">Festival Tamazgha</a></em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 11 au 14 juin</mark><br>Divers lieux, Marseille </pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>



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		<title>Amazighe, une mémoire tatouée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 May 2025 13:51:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Fort Saint Jean accueille&#160;une&#160;exposition qui propose&#160;une immersion sensorielle et anthropologique dans les cultures amazighes, à travers plus de 150 objets et œuvres allant du XIXe siècle à nos jours. Portée par l’architecte et anthropologue Salima Naji, commissaire de l’exposition, et scénographiée&#160;subtilement&#160;par Claudine Bertomeu, cette proposition articule esthétique et savoirs traditionnels en mettant en valeur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le Fort Saint Jean accueille&nbsp;une&nbsp;exposition qui propose&nbsp;une immersion sensorielle et anthropologique dans les cultures amazighes, à travers plus de 150 objets et œuvres allant du XIXe siècle à nos jours. Portée par l’architecte et anthropologue Salima Naji, commissaire de l’exposition, et scénographiée&nbsp;subtilement&nbsp;par Claudine Bertomeu, cette proposition articule esthétique et savoirs traditionnels en mettant en valeur un héritage immémorial, inscrit dans les cycles de la vie et du vivant.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Savoirs gravés</mark></strong></h3>



<p>Organisée autour des cycles de l’existence – naissance, enfance, puberté, mariage, maternité – l’exposition déploie un parcours initiatique. Elle s’ouvre sur les figures archétypales des déesses mères, symboles matriciels de fécondité, de protection et de régénération, et propose une circulation inspirée des rythmes du corps et de la nature. Parures, objets rituels, poteries, tissages, tatouages : tous portent la trace d’un langage graphique ancien, transmis de génération en génération, comme une mémoire tatouée au creux des gestes.</p>



<p>Le choix des objets, loin d’une démonstration d’accumulation, est guidé par une exigence didactique et symbolique. Chaque pièce raconte une histoire : celle d’un savoir, d’une transmission, d’un rituel. L’exposition fait ainsi dialoguer la tradition avec la création contemporaine, notamment à travers l’œuvre monumentale de l’artiste Amina Agueznay, engagée dans la sauvegarde du patrimoine vernaculaire marocain. Le métier à tisser, central dans l’espace d’exposition, célèbre également le lien entre nature, spiritualité et artisanat.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une culture sans frontières</mark></strong></h3>



<p>Le titre de l’exposition adopte le terme endogène <em>Amazighes</em>  – au pluriel et dans sa forme inclusive – désignant l’être libre  (par opposition à <em>argaz</em>, « l’homme »). Il affirme une identité fluide, transnationale, enracinée dans un vaste espace géographique allant de l’Atlantique au Nil, de la Méditerranée au Sahel. L’amazighité, comme le rappelle la carte introductive, n’est ni une nation ni un régionalisme. Elle se déploie hors des catégories territoriales étatiques et échappe aux assignations identitaires imposées.</p>



<p>Ce rappel est particulièrement pertinent dans le contexte français où les migrants d’Afrique du Nord sont souvent assignés au qualificatif d’« arabe », qui est l’une des composantes des habitants de l’Afrique du Nord dont nombre d’entre eux sont amazighophones – notamment kabyles, chaouis, rifains ou soussis. L’exposition invite ainsi à déconstruire les imaginaires simplificateurs.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une universalité syncrétique</mark></strong></h3>



<p>Le patrimoine amazighe, qu’il soit matériel ou immatériel, ne se limite pas à un territoire ni à une religion. Il traverse les appartenances – amazighes, arabes, juives, chrétiennes, musulmanes, animistes – et s’inscrit dans un fond symbolique partagé par de nombreuses civilisations agraires et autochtones. La « fiancée de la pluie », Tislit n Anẓar (ⵜⵉⵙⵍⵉⵜ ⵏ ⴰⵏⵥⴰⵕ), illustre cette universalité. Ce personnage mythologique, invoqué dans des rituels collectifs liés à la fertilité et à la pluie, manifeste l&rsquo;interdépendance entre société et milieu naturel et l’exigence des peuples à vivre en symbiose avec leur environnement et ses ressources.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="689" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=689%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-129697" style="width:357px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=689%2C1024&amp;ssl=1 689w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=768%2C1141&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=150%2C223&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=300%2C446&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=696%2C1034&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?resize=283%2C420&amp;ssl=1 283w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/14_Document_de_travail_dHenriette_Camps_sur_les_bijoux_de_Grande_KabylieEncre_sur_calque_vers_1970Mucem_MarseilleA%C2%A9_Mucem_-_Yves_Inchierman.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w" sizes="(max-width: 689px) 100vw, 689px" /><figcaption class="wp-element-caption">Document de travail_dHenriette Camps sur les bijoux de Grande_ KabylieEncre sur calque vers 1970 Mucem, Marseille © <em>Mucem</em> &#8211; Yves Inchierman</figcaption></figure>
</div>


<p>Le système graphique du Tifinagh, alphabet millénaire attesté dès le&nbsp;néolithique, sert de trame symbolique&nbsp;dans l’exposition. Ses signes, visibles sur les poteries, tapis, bijoux ou tatouages, traduisent une vision du monde où le corps, la terre et le ciel dialoguent dans une grammaire sensible. Il ne s’agit pas de folklore, mais bien d’une cosmologie vivante, toujours en transformation.</p>



<p>Parmi les objets présentés, les jarres et mobiliers agraires Ikufan (agadir, guelaâ, ghorfa) utilisées pour stocker blé, figues, fèves ou dattes, témoignent des pratiques collectives de subsistance et des gestes de prévoyance face aux aléas climatiques. Fabriquées en terre crue, ils portent également les empreintes d’une iconographie liée aux corps, aux saisons, et aux forces invisibles et magiques invoquant la protection.&nbsp;</p>



<p>Culture de l’oralité,&nbsp;elle&nbsp;est&nbsp;transmise&nbsp;dans les foyers, par les gestes, les chants, les contes et les tatouages. Ce savoir féminin, longtemps sous-estimé, constitue un patrimoine intime, &nbsp;dans les plis de la parole domestique et des corps marqués.</p>



<p>Longtemps reléguée à une forme d’arriération ou de barbarie – sous la colonisation comme après les indépendances – l’amazighité a été réinvestie comme fierté, ressurgissant puissamment à l’occasion des Printemps berbères (1980, 2001) ou à travers les réappropriations multiples et expressions artistiques en diaspora&nbsp;(voir encadré).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pour une reconnaissance politique</mark></strong></h3>



<p>C’est pourquoi l’exposition du Mucem dépasse la seule célébration esthétique. Elle invite à repenser&nbsp;la&nbsp;visibilité des cultures dites minoritaires, en particulier dans une ville comme Marseille, dont l’identité ne peut être comprise sans les apports amazighes. La reconnaissance de ce matrimoine est un enjeu politique.</p>


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<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="528" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?resize=696%2C528&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-129698" style="width:341px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?resize=300%2C228&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?resize=768%2C583&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?resize=150%2C114&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?resize=696%2C528&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?resize=553%2C420&amp;ssl=1 553w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/05/1_Fibule_Tabzimt_Grande_Kabylie_Algerie_vers_1900-1950Argent_corailMucem_Marseille_don_Jacqueline_TerrerA%C2%A9_Mucem_-_Marianne_Kuhn.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Fibule Tabzimt Grande Kabylie Algerie vers 1900-1950 Argent corail Mucem Marseille don Jacqueline Terrer © <em>Mucem</em> &#8211; Marianne Kuhn</figcaption></figure>
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<p>Il ne s’agit pas seulement de préserver, mais de reconnaître, de nommer, de prendre place. L’amazighité, par sa richesse symbolique, par son ancrage dans le vivant, par sa portée universaliste, est un patrimoine commun.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color"><strong>Marseille, ville amazighe</strong><br></mark><br>La&nbsp;sociologie des dynamiques migratoires et mémorielles&nbsp;à Marseille révèle la présence et l’ancrage de la culture amazighe. Dès le début du&nbsp;20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, des Kabyles s’y installent, recrutés comme ouvriers dans les usines, les docks, ou les chantiers navals. Leur nombre croît au fil des décennies, notamment pendant les guerres mondiales, la guerre d’indépendance algérienne, puis les années 1960-1970.<br><br>Cette implantation s’accompagne de formes d’organisation communautaire, de transmission linguistique, de pratiques rituelles et festives. Elle a façonné la ville de manière durable, au point qu’on peut aujourd’hui parler d’une&nbsp;<em>Marseille amazighe</em>, au même titre qu’on évoque une Marseille comorienne, arménienne ou italienne. Les présences amazighes y possèdent une densité historique et une capacité d’expression culturelle fortes. <br><br>La scène culturelle amazighe marseillaise est foisonnante : festival Tamazgha, porté par l’association Sud Culture, activités de l’Afk13 (association franco-kabyle), de l’ACA (Association Culturelle Amazighe) ou encore de l’Institut berbère. Elle a reçu des figures emblématiques comme Idir, Takfarinas, Matoub Lounès, Houria Aïchi, ou Syna Awel, qui s’y sont produits devant des publics fervents. Le tissu associatif assure des cours de tamazight, des ateliers de danse (ballets Gouraya), des initiatives militantes pour la reconnaissance de l’amazighité comme une culture à part entière.&nbsp;</pre>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Amazighes</strong></em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 2&nbsp;novembre</mark><br><a href="https://www.mucem.org">Mucem</a>, Marseille</pre>



<p>SAMIA CHABANI</p>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/">Arts Visuels ici</a> et <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/">Société ici</a></p>



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<p>Nos articles Diasporik, conçus en collaboration avec&nbsp;<a href="https://ancrages.org">l’association Ancrages</a>&nbsp;sont également disponible en intégralité sur leur site</p>
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		<title>DIASPORIK : L’Algérie coloniale à hauteur d’enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jan 2025 15:55:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p>Si l&rsquo;enseignement de la colonisation et des décolonisations reste insatisfaisant en France, le cinéma et la littérature offrent de nombreuses occasions d&rsquo;approfondir nos connaissances.&nbsp;Toutefois, <em>Petite Casbah</em> constitue la première tentative ambitieuse de raconter aux enfants, et par leurs yeux, ce qui reste le conflit le plus important mené par la France depuis la Seconde Guerre mondiale.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une mosaïque de communautés </mark></strong></p>



<p>Arabes, amazighes, pieds-noirs, ou juifs sépharades, Alger offre en 1955 un terrain où les relations croisent insouciance et drame collectif, innocence et impunité, quotidien et grande Histoire…&nbsp;Ces présences multiples évoquées dans la série dessinent les différences de statuts et de conditions de vie sous l’Algérie française. Elles éclairent les inégalités persistantes après 130 ans de colonisation et laissent entrevoir l’escalade des violences à venir.&nbsp;</p>



<p>Les autrices <strong>Alice Zeniter </strong><em>[Lire <a href="https://journalzebuline.fr/alice-zeniter-en-pleine-renaissance-a-marseille/">ici</a> et <a href="https://journalzebuline.fr/epopee-sur-le-caillou/">ici</a>]</em> et <strong>Alice Carré</strong> sont habituées à aborder l’Algérie coloniale avec les nuances nécessaires à une transmission historique rigoureuse : leur approche documentée de la situation coloniale se conjugue avec une narration sensible des vécus des différentes communautés, rattrapées par le conflit puis l’exil.  </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une fiction et des emblèmes</mark></strong></p>



<p>Philippe et Ahmed sont camarades de classe et partagent l’espace d’une terrasse avec Lyes, un orphelin cireur de chaussures, avec lequel ils partagent leurs aventures. Khadija, récemment arrivée à la Casbah pour rejoindre son grand frère Malek et commencer sa scolarité en ville, voit sa vie bouleversée lorsqu’il est incarcéré suite à une altercation avec la police. Pour venir en aide à Malek, militant indépendantiste, la petite bande déjoue les contrôles de police et les conflits entre élèves.</p>



<p>Dans leur périple, les enfants sont guidés par des personnalités emblématiques comme la chanteuse Reinette l’Oranaise et le boxeur Alphonse Halimi, champion du monde des poids coqs en 1957.&nbsp;Le rendez-vous au Café Tantonville, lieu emblématique de la vie intellectuelle algéroise, entre Khadija et Djamila rappelle le rôle des femmes moudjahidates&nbsp;: une rencontre essentielle pour sauver Malek et préserver le réseau de soutien clandestin.&nbsp;</p>



<p>L’implication des enfants dans la guerre d’Algérie fut tout aussi réelle, illustrée par la figure du Petit Omar (Omar Yacef), un jeune agent de liaison entre les combattants du FLN et les chefs de la Zone Autonome d&rsquo;Alger. Abattu à l’âge de 13 ans, il est aujourd&rsquo;hui commémoré comme un symbole de patriotisme et de courage.</p>



<p><em>Petite Casbah</em> est un projet né de la volonté de France TV Jeunesse de proposer une série sur l’Algérie à hauteur d’enfants. Porté par Darjeeling Production, il en fait des protagonistes actifs&nbsp;: une belle surprise offerte par le service public&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>Samia Chabani</p>



<p><a href="https://www.france.tv/france-4/petite-casbah/">À voir sur France 4 jusqu’en novembre 2028</a></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Petite Casbah</em> </strong> <br>(6 x 26 min)<br>Une série créée par Alice Zeniter et Alice Carré, <br>scénario et dialogues par Marie de Banville et Jean Régnaud, <br>réalisation par Antoine Colomb</pre>



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