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	<title>Archives des Antigone d’or - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Antigone d’or - Journal Zebuline</title>
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		<title>Vers un pays inconnu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Mar 2025 08:55:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Reda et ChatilaIls sont palestiniens et viennent d&#8217;un camp de réfugiés au Liban : deux cousins, Chatila (Mahmood Bakri) et Reda (Aram Sabbagh), toujours avec son skate-board. Ils habitent dans un squat à Athènes et rêvent de pouvoir partir à Berlin. Mais sans papiers et sans argent, peu de chance d’y arriver. Il s’agit donc de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reda et Chatila</strong><br>Ils sont palestiniens et viennent d&rsquo;un camp de réfugiés au Liban : deux cousins, Chatila (<strong>Mahmood Bakri</strong>) et Reda (<strong><a href="https://www.instagram.com/aramsabbah/">Aram Sabbagh</a></strong>), toujours avec son skate-board. Ils habitent dans un squat à Athènes et rêvent de pouvoir partir à Berlin. Mais sans papiers et sans argent, peu de chance d’y arriver. Il s’agit donc de s’en procurer. Les deux cousins multiplient les combines, promeneurs qu’on arnaque dans les parcs, vol de chaussures dans les magasins et revente, prostitution parfois. La somme d’argent qu’exigent les passeurs est d’autant plus difficile à obtenir que Reda a une fâcheuse tendance à se défoncer et à dilapider l’argent péniblement amassé. Chatila le plus responsable des deux, met consciencieusement de côté leurs gains car il espère pouvoir faire venir plus tard en Allemagne sa femme et son fils qui vivent encore dans un camp libanais. Il pique régulièrement des colères contre Reda, qui reste toutefois sa seule attache dans cette ville. Avec Malik (<strong>Mohammad Alsurafa</strong>), un jeune garçon de 13 ans, abandonné en Grèce et qui voudrait rejoindre sa tante en Italie, ils partagent quelques moments chaleureux, les seuls de cette vie de galère.<strong> Mahdi Fleifel </strong>les suit dans leur errance, dans une ville aux ruelles taguées, sales, loin des lieux emblématiques, dans des squats où s’entassent tous ceux qui sont là et voudraient partir, et que la caméra de <strong>Thodoris Mihopoulos</strong> filme, révélant leur misère.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Thriller nerveux</strong></mark></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mahdi Fleifel </strong>s’est inspiré de faits réels, d’histoires vécues pour réaliser ce premier long métrage de fiction. « <em>Athènes me rappelait Beyrouth »</em> a précisé le cinéaste, né à Dubaï, élevé dans le camp libanais d&rsquo;Ain el Helweb qu’il avait évoqué dans son documentaire <em>A World Not Ours</em> en 2012. Quant à Chatila et Reda, superbement interprétés, ce sont George et Lennie, les personnages de <em>Des Souris et des hommes </em>de John Steinbeck<strong>,</strong> qui les ont inspirés : Mahdi Fleifel nous les a rendus attachants malgré leurs errements et leurs méfaits. « <em>Chatila, on est des monstres !</em> » reconnait Reda. Et comme le récite Abu Love, un des personnages, citant des vers de Mahmoud Darwich « <em>Tu n’as pas de frères, mon frère, pas d’amis, mon ami, pas de citadelle, pas d’eau, pas de médicaments […] Dans cet espace ouvert aux ennemis et à l’oubli, fais de chaque barricade un pays. »</em>. Ils nous font sourire aussi parfois, surtout Réda qui accumule les bêtises. À travers eux, le cinéaste parle bien évidemment du destin des Palestiniens, sanslourdeur, dans un rythme rapide, tel un thriller nerveux, ponctuant son film de moments à la limite du comique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<em>«&nbsp;Lorsque nous avons entamé ce projet, les événements en Palestine venaient de reprendre. Cela a eu un impact profond sur nous tous, (…) Nous avons réalisé qu’il n’y avait rien à dissimuler. Nous avions le choix entre rester passifs, figés devant les informations, ou bien investir corps et âme dans la réalisation de ce film » </em>a déclaré le réalisateur au moment de sa présentation à la Quinzaine des cinéastes à Cannes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film qui résonne très fort en cette période.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/">Cinéma ici</a></p>
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		<title>À géométrie variable </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Feb 2023 20:32:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Prix de la critique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ashkal, le nouveau film de Youssef Chebbi, commence par une intrigue policière. Sur le chantier abandonné d’un des bâtiments des «&#160;Jardins de Carthage&#160;», quartier luxueux de Tunis créé par l’ancien régime de Ben Ali et arrêté au moment de la révolution, un corps calciné est découvert. Deux policiers, Fatma (Fatma Oussaifi) et Batal (Mohamed Houcine [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Ashkal,</em> le nouveau film de <strong>Youssef Chebbi</strong>, commence par une intrigue policière. Sur le chantier abandonné d’un des bâtiments des «&nbsp;Jardins de Carthage&nbsp;», quartier luxueux de Tunis créé par l’ancien régime de Ben Ali et arrêté au moment de la révolution, un corps calciné est découvert. Deux policiers, Fatma (<strong>Fatma Oussaifi</strong>) et Batal (<strong>Mohamed Houcine</strong> <strong>Grayaa</strong>), sont chargés de l’enquête et parcourent un espace étrange fait de béton, de trous, de vide, de fenêtres découpées dans un noir angoissant. Quand un deuxième corps est retrouvé puis un autre encore, quand un individu, homme ou femme, silhouette encapuchonnée, envoie des vidéos d’immolations filmées par téléphone, cela a de quoi inquiéter Batal et Fatma. Celle-ci, prise de haut par ses collègues lui reprochant d’être à ce poste par piston&nbsp;: son père dirige la commission Vérité et Réhabilitation,&nbsp;«&nbsp;<em>inspirée&nbsp; d’une instance créée en 2013, </em>Vérité et Dignité<em>. Ceux qui appartenaient à l’ancien régime en appelaient à une grande loi de pardon national&nbsp;</em>», précise Youssef Chebbi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Présence maléfique</mark></strong><br>Ces immolations sont-elles des suicides, des meurtres ? Y a-t-il, dans ce cas, un tueur isolé ? Un groupe ? On n’aura pas vraiment la réponse car très vite, la recherche de coupables devient une errance dans ces lieux qui semblent hantés par une présence maléfique. Longs plans séquences, personnages souvent sur-cadrés, donnant l’impression qu’un œil les guette : la tension monte au fil du film, accentuée par la musique de <strong>Thomas Kuratli</strong>. Évidemment, si le motif obsédant du feu renvoie à l’immolation de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, le cinéaste précise que « <em>l’immolation est devenue tellement habituelle qu’elle a perdu de son impact. La société ne veut plus voir, comprendre ou reconnaître comment on peut arriver à un tel désespoir. </em>» Alors métaphore ? Symbole divin ? « <em>Je voulais quelque chose qui contrecarre la froideur minimale des immeubles et leur donne vie. J’ai filmé ceux-ci comme des temples dont le cœur se mettrait à brûler. </em>»<br>Même si la fin ne répond pas à toutes les questions, on apprécie la beauté formelle de ce film dont le titre <em>Ashkal </em>est le pluriel de « forme/motif », en arabe. Présenté en compétition à <em>Cinémed</em>, à Montpellier, il y a obtenu l’Antigone d’or, les Prix de la critique et de la meilleure musique. « <em>C&rsquo;est un film qui laisse une grande place au spectateur </em>[…]<em>, invité à être acteur. Le film n&rsquo;est pas didactique, explicatif, et encore moins manichéen. Il s&rsquo;adresse à notre intelligence, sans nous prendre par la main, ni nous donner la becquée</em> », avait précisé Rachida Brakni, co-présidente du jury.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Ashkal</em> de <strong>Youssef Chebbi</strong><br>Sorti en salle <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 25 janvier </mark></pre>
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