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	<title>Archives des Berlinale 2026 - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Berlinale 2026 - Journal Zebuline</title>
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		<title>Truly Naked : Porno et sentiments</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 06:12:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Truly Naked est un film doux sur un sujet dur. Qui joue la carte de la tendresse, de l’émotion et de la complexité dans un milieu dominé par le Phallus triomphant. A la fois, récit d’apprentissage et comédie sentimentale, subtilement féministe, il révèle, comme l’annonce le titre, «&#160;un vrai Nu&#160;», qui ne sera pas seulement [&#8230;]</p>
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<p><em>Truly Naked</em> est un film doux sur un sujet dur. Qui joue la carte de la tendresse, de l’émotion et de la complexité dans un milieu dominé par le Phallus triomphant. A la fois, récit d’apprentissage et comédie sentimentale, subtilement féministe, il révèle, comme l’annonce le titre, «&nbsp;un vrai Nu&nbsp;», qui ne sera pas seulement de chair.</p>



<p>Alec (<strong>Caolán O’Gorman</strong>) est un enfant du porno comme on peut l’être de la balle. Ses parents se sont rencontrés sur un tournage X. Sa mère est morte depuis longtemps. Il vit avec son père Dylan (<strong>Andrew Howard</strong>) qui continue à produire et commercialiser des films porno amateurs. Malgré sa belle cinquantaine (et grâce au viagra), il y joue le partenaire sexuel de jeunes femmes. Alec, devenu un adolescent de 17 ans, introverti, timide et chaste, filme et monte les scènes, très doué et imaginatif dans ce travail. Hors de chez lui, il est le lycéen british, blazer cravate, harcelé par les bandes machos de sa classe. Il souffre de n’avoir pas d’amis. Mais comment en avoir quand sa maison sert de studio X et que des godes anaux peuvent traîner dans les lavabos&nbsp;? Il cache autant qu’il le peut la nature de la petite entreprise familiale. Par souci de mixité, un de ses professeurs le contraint à s’associer à une fille de sa classe, Nina (<strong>Safiya Benaddi</strong>) pour un exposé sur l’addiction aux films porno en ligne. Un pas après l’autre, les deux ados avancent maladroitement, sur la carte du tendre, découvrent leurs secrets respectifs. Dans le décor romantique des falaises littorales anglaises, ou au creux de lits partagés, ils dénudent leur cœur.</p>



<p>Nina voit dans la représentation des pénétrations et des jaillissements de sperme, une célébration du patriarcat, une aliénation des femmes qui cherchent toujours à être aimées même sans plaisir. Une des «&nbsp;comédiennes&nbsp;» fétiches de Dylan, Lizzie (interprétée par une véritable actrice porno <strong>Alessa Savage</strong>, également consultante sur le film) y voit un jeu sans tabou. Entre deux séances, Lizzie crée et vend des tee-shirts aux inscriptions féministes militantes. Elle affirme à Nina avoir trouvé dans ce milieu une certaine liberté et une acceptation -rare dans nos sociétés, de ce qu’elle était.</p>



<p>Pour réaliser son projet, la réalisatrice s’est entourée de femmes. <strong>Philine Janssens</strong>, l’indispensable coordinatrice d’intimité. Et <strong>Myrthe Mosterman</strong>, la chef op dont la photo trouve un équilibre parfait entre la lumière naturelle des espaces publics ou naturels, et celle crue des scènes de sexe, entre le rouge organique d’une chair de pieuvre et le clair-obscur des échanges entre les deux ados.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les yeux grands fermés</mark></strong></p>



<p><strong>Muriel d’Ansembourg</strong> aborde ici, sans didactisme, les questions du consentement, des rapports filiaux, des premières fois adolescentes, du désir. Elle brosse le portrait d’un père atypique que son fils «&nbsp;paterne&nbsp;», entraîné dans la logique de la concurrence effrénée du X, capable d’aller trop loin pour sauver son affaire. Le film d’initiation se marque de moments très forts -voire dérangeants qu’on ne divulgachera pas.</p>



<p>Il propose surtout une réflexion sur la représentation. Il s’agira souvent pour nos deux ados de fermer les yeux pour se faire confiance et mieux voir, de s’éloigner de l’image enregistrée pour ressentir l’authenticité du moment. Dans une des plus belles scènes de <em>Truly Naked</em>, la caméra qui serre de près Nina et Alec, dans l’obscurité d’une chambre, suit leurs doigts parcourant sur une feuille jaunie, les points saillants d’un texte en braille. Mystère d’une écriture qu’ils ne comprennent pas. Découverte de ce qui devient rencontre, lien, caresse.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>Truly Naked</em> de <strong>Muriel d’Ansembourg</strong></p>



<p>En salle le 15 avril</p>
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		<title>Yellow letters : Liberté sous tension</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les lettres jaunes, ce sont celles qu’ont reçues, entre 2016 et 2019, quelque 2000 artistes, suspendus et traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix. Ilker Çatak est parti de faits réels&#160;: depuis la tentative de putsch de 2016, le régime d’Erdogan a poursuivi et intensifié sa politique de musèlement des oppositions. [&#8230;]</p>
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<p>Les lettres jaunes, ce sont celles qu’ont reçues, entre 2016 et 2019, quelque 2000 artistes, suspendus et traduits en justice pour avoir signé une pétition pour la paix. <strong>Ilker Çatak</strong> est parti de faits réels&nbsp;: depuis la tentative de putsch de 2016, le régime d’Erdogan a poursuivi et intensifié sa politique de musèlement des oppositions. Le réalisateur voulait tirer un signal d’alarme devant ces attaques de plus en plus violentes contre la liberté d’expression. Mais il désirait aussi écrire une histoire d’amour et de mariage. Le scénario, co-écrit avec sa femme <strong>Ayda Meryem&nbsp;Çatak</strong> et <strong>Enis Köstepen</strong>, tissera intimement les deux fils.</p>



<p>Derya (<strong>Özgü Namal</strong>), star du théâtre national d’Ankara et Aziz (<strong>Tansu Biçer</strong>), dramaturge et professeur à l’université, forment un couple uni. Ils vivent dans un appartement bourgeois qu’ils achètent à crédit, et affrontent avec humour la crise d’adolescence de leur fille, Ezgi ( <strong>Leyla Smyrna Cabas</strong>). Leur vie bascule quand, comme ses collègues progressistes, Aziz reçoit des autorités la fameuse lettre jaune. Il est suspendu de ses fonctions universitaires, les représentations de sa pièce où jouait sa femme sont annulées. Derya, qui refuse de se soumettre, est éjectée de la troupe. Le procès intenté par le collectif des professeurs contre l’état pour licenciement abusif doit se tenir sept mois plus tard. Privés de travail et d’argent, Derya et Aziz partent à Istanbul où ils retrouvent leur famille. La mère d’Aziz les héberge dans son petit appartement. Le frère de Derya, commerçant aisé, conservateur et religieux, ami du chef de la police, trouve un boulot de taxi de nuit à son beau-frère. A côté de ce job alimentaire, Aziz écrit une nouvelle pièce. Le couple monte le projet avec un ami, directeur d’un théâtre privé&nbsp;: ce sera «&nbsp;<em>Yellow letters</em>&nbsp;» où Aziz se mettra à nu, au propre comme au figuré tandis que Derya se «&nbsp;compromettra&nbsp;» à la télé.</p>



<p>Comme dans son précédent opus, <em>La salle des profs</em>, <strong>Ilker Çatak</strong> place ses personnages sous une pression qui révèle leur nature et alimente l’énergie de la mise en scène. La caméra se porte au cœur des tensions et tout le film se tend. Aziz, l’idéaliste, convaincu que le théâtre peut sauver le monde, Derya, rebelle mais pragmatique. Jusqu’où peut-on aller pour subvenir à ses besoins et assurer l’avenir de ses enfants&nbsp;? Le film ne se contente pas de dénoncer l’arbitraire d’un pouvoir autocratique, il observe ses effets pervers dans la conscience même de chaque individu, et presque cliniquement les déchirures qu’il induit dans le couple.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Pas si exotique</strong></mark></p>



<p>Berlin et Hambourg figurent au générique aux côtés des acteurs. Les deux villes allemandes jouant respectivement les rôles d’Istanbul et d’Ankara. Sans souci de masquer cette convention &#8211; des inscriptions urbaines peuvent se lire en allemand, mais en effaçant par le cadrage et la dynamique du film, d’artificielles frontières -un ferry à Hambourg sera semblable à ceux du Bosphore. Ce dispositif particulier donne à cet artifice quasi théâtral (on fait comme si) une portée plus générale. <strong>Ilker Çatak</strong> refuse l’extériorité et l’extraterritorialité. Le mécanisme de mise sous tutelle des artistes et des universitaires dans des régimes fascisants n’est pas un phénomène «&nbsp;exotique&nbsp;». Il est présent et de plus en plus prégnant dans de nombreuses démocraties occidentales.</p>



<p>Le film s’ouvre et se ferme sur un plateau de théâtre. Non seulement parce que les protagonistes sont des gens de théâtre mais peut-être aussi parce que le théâtre, par son origine, est le lieu privilégié de la cité et de la démocratie.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>Yellow letters</em> de <strong>Ilker Çatak</strong> en salle le 1<sup>er</sup> avril</p>
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		<title>[BERLINALE 2026] : Salvation, un conte noir sur la folie des hommes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 16:40:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Salvation (Kurtulus) est un film qui a de l’ampleur. L’ampleur d’un paysage&#160;de western : les plateaux anatoliens. Immenses, déserts, loin de la loi des hommes des villes. L’ampleur aussi d’une réflexion sur le Mal qui se veut un Bien. C’est pourtant dans un microcosme que se joue la tragédie inspirée au réalisateur par le massacre [&#8230;]</p>
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<p><em>Salvation</em> (<em>Kurtulus</em>) est un film qui a de l’ampleur. L’ampleur d’un paysage&nbsp;de western : les plateaux anatoliens. Immenses, déserts, loin de la loi des hommes des villes. L’ampleur aussi d’une réflexion sur le Mal qui se veut un Bien.</p>



<p>C’est pourtant dans un microcosme que se joue la tragédie inspirée au réalisateur par le massacre de 44 personnes, hommes, femmes, enfants, par 12 membres d’une famille en 2009 dans un village kurde.</p>



<p>Tandis que les combattants kurdes indépendantistes sont traqués par la police turque comme terroristes, deux villages isolés vont rejouer la lutte fratricide d’Abel et de Caïn. &nbsp;Celui du haut, habité par les Hazeran. Celui du bas, réinvesti par les Beziki qui reviennent chez eux après avoir dû fuir. Pendant leur exil, les Hazeran se sont approprié leurs champs.</p>



<p>Le film s’ouvre sur ce conflit territorial qui pose la question de la spoliation et du droit au retour.</p>



<p>Le scénario épouse le crescendo d’une haine initiée sans doute depuis très longtemps. Cette haine se glisse dans les souterrains des maisons troglodytes, matrices d’une monstruosité en gestation. Les frontières entre le dedans et le dehors se fondent dans la nuit, comme le rêve et la réalité. Le somnambulisme du fils de Mesut, un des leaders du village, en métaphore de cette confusion-là, entre sommeil et éveil.</p>



<p>La superbe photographie signée <strong>Ahmet Sesigürgil</strong> et <strong>Baris Aygen</strong> joue des chromatismes ocres diurnes, creuse la nuit, et capte les ombres, donnant au film tout à la fois un côté ethnographique et merveilleux, symbolique et intemporel.</p>



<p>La peur exacerbe les tensions. Non seulement entre les deux villages mais à l’intérieur de la tribu Hazeran.</p>



<p>Le Cheikh en place, Ferit (<strong>Feyyaz Duman</strong>) prône le compromis et la paix. Le mystique Mesut (<strong>Caner Cindoruk</strong>), habité par des cauchemars ou des rêves dans lesquels le fantôme de l’ancien Cheik lui dicte sa loi, veut l’affrontement armé. La parole politique se légitime par celle, incontestable de Dieu. Les femmes, au second plan, subissent, hésitent ou adhèrent. La transe des prières soude la communauté et légitiment la « croisade ».</p>



<p>Tous les dictateurs sanguinaires (et l’actualité mondiale attestent qu’ils sont toujours aussi nombreux) se sentent investis d’une mission, dit le réalisateur, religieuse ou séculaire. Ils croient agir pour sauver leur peuple.</p>



<p>Dans une des scènes les plus terribles du film, Mesut -qui a tué de sang-froid un enfant Beziki sourd-muet, pleure et se plaint de la douleur d’avoir dû commettre ce crime. Il n’a aucun remords. Il verse des larmes sur son abnégation à suivre l’injonction divine, sur son propre sacrifice.</p>



<p>Dans son précédent long-métrage, le très noir <em>Burnings Days</em>, le réalisateur turc, opposait l’intégrité d&nbsp;’un jeune procureur fraichement nommé dans une petite ville d’Anatolie à la corruption des potentats locaux. Il s’élevait contre les populismes et la violence latente qu’ils alimentent. Dans ce dernier opus, la dimension devient universelle. Le titre <em>Salvation</em> renvoie au Salut, à la Rédemption. Qui nous sauvera&nbsp;? Et à quel prix&nbsp;?</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>Salvation</em> d<strong>’Emin Alper</strong></p>



<p>Prochainement en salle</p>
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		<title>[&#124;BERLINALE 26] Nina Rosa</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Feb 2026 10:19:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une fête joyeuse dans un jardin. Une jeune femme, visage triste, coupée des autres&#160;; c’est Rosa (Michelle Tzontchev) qui a le vague à l’âme. Elle demande à son père de l’accueillir quelque temps avec son fils. Lui, c’est Mihail, un spécialise d’art, commissaire d’exposition&#160;; il a quitté la Bulgarie presque 30 ans auparavant, s’installant à [&#8230;]</p>
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<p>Une fête joyeuse dans un jardin. Une jeune femme, visage triste, coupée des autres&nbsp;; c’est Rosa (<strong>Michelle Tzontchev</strong>) qui a le vague à l’âme. Elle demande à son père de l’accueillir quelque temps avec son fils. Lui, c’est Mihail, un spécialise d’art, commissaire d’exposition&nbsp;; il a quitté la Bulgarie presque 30 ans auparavant, s’installant à Montréal avec sa fille alors âgée d’une dizaine d’années. Il y a laissé ses souvenirs, une sœur et sa langue, ce que lui reproche Rosa, qui apprend le bulgare à son fils. Mihai est poussé à revoir son pays natal car on lui confie une mission&nbsp;: aller voir sur place le travail d’une fillette, repérée par une galeriste italienne, Giulia (<strong>Chiara Caselli</strong>), à partir d’une vidéo sur internet. D’abord réticent, il accepte de partir dans ce «&nbsp;<em>pays arriéré</em>&nbsp;». L’arrivée dans son pays natal est un vrai choc. Il est accueilli avec chaleur par la communauté du village de Nina, même si on trouve qu’il parle bizarrement pour quelqu’un né à Sofia. «&nbsp;<em>Il pense en français&nbsp;!</em>&nbsp;» Il rencontre Nina (incarnée par les jumelles <strong>Sofia et Ekatarina Stanina</strong>) un peu sauvage qui lui montre son atelier et lui confie ses cauchemars. Nina lui rappelle Rosa au même âge quand il l’a emmenée à Montréal. Invité à un anniversaire, où on chante et on boit la rakia, il retrouve le plaisir d’entonner un hymne bulgare et de danser avec les autres. Une des plus belles séquences du film&nbsp;: dans les couleurs chaudes du feu, il retrouve son âme bulgare. Quand il verra le travail de Nina qui semble communier avec le cosmos dans ses toiles, quand il sera sûr qu’elle peint avec ses doigts, toute seule, il sera confronté à un dilemme. Giulia l’agent italienne a un projet pour la fillette&nbsp;: une école d’art en Italie. Peut-il accepter de participer à cette chasse aux talents et risquer de couper Nina de ses racines&nbsp;? C’est le comédien et metteur en scène <strong>Galin Stoev</strong> qui incarne avec sobriété et délicatesse cet homme, en plein voyage re-initiatique. La caméra d’<strong>Alexandre Nour Desjardins </strong>filme son visage tour à tour, fermé, plongé dans ses souvenirs – il revit en flashback des instants de bonheur familial-ou rempli d’un étonnement émerveillé devant les paysages de sa Bulgarie retrouvée.</p>



<p>Ours d’Argent bien mérité !</p>



<p>Annie Gava</p>
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		<title>[Berlinale 2026] Moscas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Feb 2026 10:52:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un matin ordinaire pour Olga (formidable Teresita Sánchez) une sexagénaire, qui se réveille, agacée par une mouche, puis par une autre qu’elle tente de supprimer, au risque de s’intoxiquer avec un insecticide. Dans l’appartement où elle vit, solitaire, seuls troublent le silence, le vrombissement des mouches, les gémissements de plaisir de la voisine. Une vie [&#8230;]</p>
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<p>Un matin ordinaire pour Olga (formidable <strong>Teresita Sánchez</strong>) une sexagénaire, qui se réveille, agacée par une mouche, puis par une autre qu’elle tente de supprimer, au risque de s’intoxiquer avec un insecticide. Dans l’appartement où elle vit, solitaire, seuls troublent le silence, le vrombissement des mouches, les gémissements de plaisir de la voisine. Une vie vide, meublée de parties de sudoku en ligne, d’émissions de télévision. Ses finances la contraignent à louer une chambre&nbsp;: c’est Tulio (<strong>Hugo Ramírez</strong>) qui la loue et reçoit des consignes très strictes&nbsp;; il n’a pas accès au reste de l’appartement. Une chambre avec vue sur l’hôpital où est soignée sa femme. Il s’occupe de son fils, Cristian (<strong>Bastian Escobar</strong>), 9 ans, qu’il fait entrer en cachette, de nuit. Cristian est un passionné de jeux vidéo comme <em>Cosmic defenders</em>, son refuge. &nbsp;Père et fils sont très proches et tout est prétexte à jouer. Olga qui a découvert la présence de Cristian et n’a pas hésité à augmenter le loyer, se montre froide, agressive souvent. D’autant que Tulio est contraint de partir travailler et laisse son fils dans la chambre. &nbsp;Cristian n’a qu’un souhait, aller voir sa maman à l’hôpital et lui apporter ses pantoufles. Mais l’accès n’est pas autorisé aux enfants. Quand après plusieurs tentatives infructueuses, Cristian demande à Olga de l’accompagner, le cœur de cette dame blessée par la vie, s’ouvre…</p>



<p>Tourné en noir et blanc, plus organique, le cinquième long métrage du réalisateur mexicain, <strong>Fernando Eimbcke</strong>, parle des rapports père/ fils, des difficultés de la vie, mais aussi de la force de l’enfance. Eimbcke s’attache aux détails, filmant une main qui rassure, une mouche sur un rideau, le visage d’Olga comme un paysage qui se transforme au fil du temps. La caméra de la directrice de la photo <strong>Maria Secco</strong> suit Cristian qui court dans les rues, filme en gros plan ses yeux fixés sur le jeu où il détruit les Invaders, question de vie ou de mort&nbsp;: c’est par ce jeu que son père lui a expliqué la prolifération des cellules cancéreuses dans le corps humain.</p>



<p><strong>Bastian Escobar</strong> qui incarne Cristian est «&nbsp;craquant&nbsp;» de sincérité. Il dit s’être bien amusé sur le tournage. Eimbcke, lui, précise avoir été inspiré par <em>Le Voleur de bicyclette</em> et <em>Le Kid</em> et avoir travaillé sur ce film comme un documentaire&nbsp;: le casting a été fait dans la cité où il a tourné. «&nbsp;<em>J’aime le mélodrame où se mêle l’humour.</em>&nbsp;» confie-t-il.</p>



<p><em>Moscas </em>qui doit son titre aux mouches, motif récurrent et symbolique, est un film très réussi dont on sort les larmes aux yeux.</p>



<p>Annie Gava</p>
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