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	<title>Archives des Blaï Mateu Trias - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Blaï Mateu Trias - Journal Zebuline</title>
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		<title>[Festival d&#8217;Avignon] Savons-nous qui nous sommes ?</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jul 2024 10:47:33 +0000</pubDate>
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<p>Il y a la solennité des artistes en noir qui nous accueillent dès le couloir du lycée Saint-Joseph&nbsp;et des bruits secs et réguliers générés par des mobiles en bois sur des pots de céramique. Et puis il y a l’hilarité déclenchée par la fausse maladresse de <strong>Blaï Mateu Trias </strong>qui brise un des vases en céramique disposés de part et d’autre de la scène et s’ingénie à en refaire un. La compagnie <strong>Baro d’evel </strong>a l’art et la manière d’happer le spectateur dans son univers et s’amuse des antipodes. Issue du milieu circassien, dirigée par <strong>Camille Decourtye</strong> et Blaï Mateu Trias, elle rassemble&nbsp;douze artistes, issus de tous les arts, autant pour nous divertir que pour nous confronter à ce que nous croyons être en partant du corps et de ses apparences.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un spectacle total</mark></strong></p>



<p><em>Qui som&nbsp;?</em> est inclassable, polymorphe et plein de vitalité. Convoquant aussi bien les codes du cirque que ceux du théâtre, la danse contemporaine que la performance, le chant que la musique ou les arts plastiques, les artistes glissent avec aisance d’un art à l’autre. Leurs corps habitent la scène dans leurs acrobaties souples, leurs clowneries, leurs chansons et leurs répliques. Le spectateur est embarqué dans un voyage sensible où vue, toucher et ouïe sont stimulés grâce au potentiel sonore de la cour et à son gigantisme&nbsp;: piétinement collectif des bouteilles en plastique jonchant la scène et résonnant comme le ressac de la mer, montagne sombre au centre du plateau qui s’élève soudain en rouleaux de vagues, ou bien visages masqués par des pots d’agile crue modelés à l’envi. Les matières se retravaillent dans les gestes, se détruisent et acquièrent, dans leur reconstruction, un nouveau pouvoir.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Qui sommes-nous vraiment&nbsp;?</mark></strong></p>



<p>Ne pas regarder son téléphone pour faire attention à l’autre, nous conseille avec le sourire Camille Decourtye au début du spectacle. Se souvenir que l’on fait partie d’un grand tout. <em>Qui som&nbsp;?</em> explore toutes les possibilités d’existences humaines avec humour et inquiétante étrangeté. Un trio de danseuses expérimente de nouvelles manières de se déplacer et de communiquer. Les artistes tordent leurs identités et interrogent les nôtres. La question, qui n’a d’évidence que l’apparence, est alors ouverte&nbsp;: qui sommes-nous vraiment&nbsp;? Des êtres de plastique comme le suggère la marée de bouteilles qui vient s’échouer aux rivages du plateau&nbsp;? Des humanoïdes aux visages d’argile déformés&nbsp;? Des désespérés ou des engagés ? Après le salut et un discours poétique et politique de Camille Decourtye, les artistes jouant en fanfare, enjoignent les spectateurs à les suivre dans la rue, là où tout a commencé pour la compagnie, et là où commencera la résistance pour l’art et pour un monde meilleur.</p>



<p>CONSTANCE STREBELLE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Qui som&nbsp;?&nbsp;</em>est donné jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 juillet </mark>dans la cour du lycée Saint-Joseph dans le cadre du Festival d’Avignon</pre>
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		<title>Falaise, chute ou effondrement ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2023 09:41:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cinq représentations n’auront pas suffi à satisfaire la demande tant Falaise était attendu. La création 2020 de la compagnie franco-catalane Baro d’evel a reçu un accueil triomphal unanime et mérité. Comment ne pas sortir émerveillé voire subjugué par ce conte transdisciplinaire foisonnant où s’enchevêtrent théâtre, cirque, danse, chanson… Et même fanfare quand les interprètes, une [&#8230;]</p>
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<p>Cinq représentations n’auront pas suffi à satisfaire la demande tant <em>Falaise</em> était attendu. La création 2020 de la compagnie franco-catalane <strong>Baro d’evel</strong> a reçu un accueil triomphal unanime et mérité. Comment ne pas sortir émerveillé voire subjugué par ce conte transdisciplinaire foisonnant où s’enchevêtrent théâtre, cirque, danse, chanson… Et même fanfare quand les interprètes, une fois la pièce terminée, font durer le plaisir dans le hall du théâtre, instruments en main et en bouche. Auparavant, une heure quarante-cinq durant, la troupe enchaîne des scènes fascinantes de créativité, de poésie, de drôlerie, d’acrobatie, et de mystère aussi. <em>Falaise</em> est le négatif parfait de <em>Là</em>, œuvre prologue d’un diptyque enchanteur, programmée la semaine précédente au Pavillon Noir, à Aix-en-Provence. Le duo cofondateur de la compagnie,<strong> Camille Decourtye </strong>et <strong>Blaï Mateu</strong> <strong>Trias</strong>, seul en scène dans <em>Là</em>, est ici entouré de six autres protagonistes. Le rapport à l’autre questionné dans la première pièce s’est étendu, dans la seconde, à la complexité des rapports sociaux. Même la distribution animale est démultipliée avec, au lieu d’un corbeau-pie, une nichée de pigeons taquins et un cheval blanc majestueux et impassible devant la frénésie d’une civilisation au bord de l’effondrement. L’enveloppe immaculée et rassurante de <em>Là</em> est devenue, dans <em>Falaise</em>, une enceinte aux murs noirs fissurés d’où surgissent, s’envolent, chutent et disparaissent des personnages intrigants. De quel monde viennent-ils ou quel monde fuient-ils&nbsp;? La scène du couple dont les vêtements se craquèlent tels deux êtres qui se démembrent à leur propre contact est l’une des plus fortes du spectacle. Et la dualité de leurs sentiments de donner le fil rouge d’un spectacle où les humains sont sans cesse partagés entre individualisme et solidarité, repli et communion. À la sortie du théâtre, tous les visages expriment la même de joie et sérénité.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Falaise</em> a été joué du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 février au 4 mars</mark>, à La Criée, théâtre national de Marseille.<br>Une programmation du Théâtre du Gymnase hors les murs.</pre>
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		<title>Maculée connexion </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Mar 2023 20:22:32 +0000</pubDate>
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<p>L’agenda culturel fait bien les choses. Quelques jours avant de présenter leur fresque <em>Falaise</em>, à Marseille, le premier volet du diptyque de la compagnie catalane <strong>Baro d’evel</strong> était de passage à Aix-en-Provence. <em>Là</em> éblouit d’abord par son enceinte blanche sur un plateau nu. Pas longtemps. Les parois en papier immaculés sont vite transpercées par l’intrusion d’un homme d’abord (<strong>Blaï Mateu</strong> <strong>Trias</strong>), d’une femme ensuite (<strong>Camille Decourtye</strong>), vêtus de noir. Un tableau bichromatique à l’instar du plumage du troisième personnage, un corbeau-pie. Phrase hésitante et incomplète pour l’un, onomatopées, spasmes et logorrhée pour l’autre, le binôme humain en totale déconnexion apparente va cheminer pendant l’heure dix du spectacle, d’incompréhension en évitement, jusqu’à admettre une attraction convergente devenue évidente et qui les dépasse. Par ses sautillements de cour à jardin ou un survol de ses protégés, l’oiseau ne manquera pas de les guider dans leur rapprochement. Tout en leur rappelant une urgence. Celle sans doute de s’apprivoiser pour refaire société, sur les ruines d’un monde manichéen dont ils viendraient de s’affranchir. Au fur et à mesure qu’ils se frottent aux murs y apparaissent des traînées noires quand le noir des costumes se teinte lui de blanc. Allégorie du dialogue, du métissage.<br>Quels messages ont-ils à nous transmettre dans ce langage imprécis, pourtant limpide dans son désir de communiquer, de faire un pas vers l’autre, de donner du sens à leur humanité ?<br>Les lignes que lui dessine sur les murs sont-elles là pour délimiter le nouvel espace, le nouveau monde qu’ils ont à inventer avant de l’occuper ? A moins qu’elles incarnent le trait de la création artistique, dans une société capable de considérer la culture non essentielle. Le chant lyrique – une autre corde à l’arc de Camille Decourtye &#8211; et la musique de Purcell accompagnent les figures acrobatiques, discrètes mais présentes, du couple circassien qui, dans sa quête et son apprentissage, n’en oublie pas de détourner les codes de la discipline. Et quel que soit le mystère à percer, la force poétique et symbolique de <em>Là</em>, elle, est éclatante. Conte fantastique dont le récit épuré et recentré tranche avec le foisonnement de <em>Falaise</em>, <em>Là</em> nous dit avec espoir la simplicité du monde quand celui-ci peut nous en faire douter. Une simplicité qui n’est pas dans la binarité mais dans l’hybridation et le mélange. Des couleurs, des genres et des disciplines.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Là</em> a été joué les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 et 26 février,</mark> au Pavillon Noir, Aix-en-Provence.</pre>
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		<title>Poèmes intérieurs </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Bordenave]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Mar 2023 17:24:27 +0000</pubDate>
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<p>Le petit monde de <strong>Baro d’evel</strong> est régi par une « écriture précise prête à improviser à chaque instant, (&#8230;) une dramaturgie à tiroirs ». En une dizaine de créations pensées pour la salle comme pour le chapiteau ou l’extérieur, la compagnie franco-catalane a su instaurer son univers bien à part dans le paysage du cirque contemporain. À sa tête, <strong>Camille Decourtye</strong> et <strong>Blaï Mateu Trias</strong>, installés dans une ancienne cave coopérative dans le Comminges, œuvrent de concert à lier nature et culture, en mots comme en actes. Les animaux, ils travaillent avec depuis leurs débuts : on ne parle pas ici de monstration de numéro, mais bel et bien de présences conviées au plateau, incluant toujours une inévitable part d&rsquo;improvisation d’où surgit la grâce. Leurs pièces, ils les conçoivent comme « des poèmes intérieurs », ménageant toujours un rapport privilégié avec le public. À l’image du micro chapiteau du <em>Sort du dedans </em>(2009), cocon intimiste enserrant les spectateurs en ses multiples membranes animées du souffle des humains et des chevaux courant tout autour. En 2012, le spectacle <em>Mazut</em> crée un tournant dans leur parcours. Les deux artistes s’y aventurent dans des contrées plus abstraites et paradoxalement plus évocatrices, osant la radicalité. Le ton de la compagnie s’affirme, ses obsessions et son propos aussi, en même temps que son univers graphique, en complicité avec Benoît Bonnefrite (dont les Marseillais peuvent admirer le fameux trait trembloté en devanture du restaurant La Boîte à sardines aux Réformés !).&nbsp;<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Dénuement métaphysique&nbsp;</mark></strong><br>Ce cheminement les mène à imaginer un diptyque autour de la fin du monde : au dénuement métaphysique de <em>Là</em> (2018) répond le foisonnement inquiet de <em>Falaise</em> (2019). Dans le premier volet caracolent un couple de danseurs &#8211; sur lequel plane l’ombre du duo chorégraphique catalan <strong>Mal Pelo</strong> &#8211; et les facéties de Gus le corbeau pie. Constitué d’une immaculée toile de fond recouverte de blanc de Meudon, le décor est le résultat d’expérimentations plastiques menées en partie à la Pedrera, ce fantasque immeuble de Gaudi planté en plein cœur de Barcelone. Dans le second volet, huit humains, un cheval fantomatique et des pigeons virevoltants s’affairent au plateau sur une dramaturgie de <strong>Barbara Métais-Chastanier</strong>. Atemporel, baigné de gris et clair obscur, le décor se constitue de façades minérales abruptes et de lampadaires, d’où l’on se hisse autant que l’on risque d’en chuter. Dans les deux créations, la transdisciplinarité règne en maître : danse, acrobaties, théâtre et musique, le chant lyrique de Camille Decourtye<strong> </strong>se frotte aux délires picturaux de Blaï Mateu Trias, inspirés tant par Antonio Tapiès que Samuel Beckett, Jacques Tati, Buster Keaton, Wim Wenders… Pêle-mêle ici, les anges choient des toits, les clochards crèvent les murs au sens propre et les élégants chevaux n’en font qu’à leur tête. On pense aussi à Martin Zimmermann pour la sophistication des images noir et blanc, d’où émanent borborygmes ou improbable esperanto, assaisonnés d’un humour volontiers absurde. Tous attendent ou explorent des stratégies d’évitement et de contournement. Devant la fin du monde annoncée, on ose défier l’angélisme et fuir l’optimisme forcé. Plus dure sera la chute ? &nbsp;</p>



<p>JULIE BORDENAVE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Falaise</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 28 février au 4 mars</mark><br>La Criée, théâtre national de Marseille<br>Une programmation du Théâtre du Gymnase, hors les murs.</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/poemes-interieurs/">Poèmes intérieurs </a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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