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	<title>Archives des Bombes - Journal Zebuline</title>
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		<title>Gaza, aux frontières de l&#8217;horreur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[cinema]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Tu as choisi de défier la société par la langue du cinéma. Courageux mais anecdotique. Je mets fin à nos échanges. » écrit Ariel Cypel, coscénariste, à Anat Even, la réalisatrice israélienne du documentaire Collapse (Effondrement) tourné pendant deux ans dans le kibboutz de Nir Oz et dans le désert du Néguev. Eh bien, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Tu as choisi de défier la société par la langue du cinéma. Courageux mais anecdotique. Je mets fin à nos échanges</em>. » <strong>écrit Ariel Cypel,</strong> coscénariste, à <strong>Anat Even</strong>, la réalisatrice israélienne du documentaire <em>Collapse </em>(<em>Effondrement</em>) tourné pendant deux ans dans le kibboutz de Nir Oz et dans le désert du Néguev. Eh bien, c’est loin d’être anecdotique ! Certes, on a vu beaucoup d’images sur Gaza, fictions et documentaires mais difficile d’oublier la voix d’<strong>Anat Even </strong>qui nous guide sur ce territoire. Déambulations à pied dans le kibboutz en ruines où elle a vécu, jeune&nbsp;: maisons abandonnées, photos d’habitants de Nir Oz, des amis qui lui ont appris « l’histoire et le cinéma. Plans larges, coupés en deux par la frontière, les barbelés. Terre ocre, champs traversés sans cesse par des machines, tracteurs, chars et les D9, monstres de 60 tonnes d’acier qui renversent, abattent, expulsent, aplanissent. Longs travellings en voiture le long des routes et, au loin, omniprésents, la fumée et l’écho sourd des bombardements et des explosions. Anat Even a commencé à filmer le 24 octobre 2023 et en automne 2025, dit-elle, chaque matin est pareil à l’autre. « <em>J’entends les bombardements incessants et mon cœur se brise.&nbsp;</em>» 100.000 obus d’artillerie, ainsi que des bombes à fragmentation, contenant jusqu’à 429 kg de matière explosive, ont été largués ; en une semaine de guerre, plus que ce qu’ont lancé les Américains sur l’Afghanistan en 2019. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voix off, lettres échangées avec Ariel, témoignages comme celui d’<strong>Ezzideen Shehab, </strong>médecin et poète palestinien, 27 ans, rentré à Gaza en octobre 2023, 5 jours avant le début de la guerre. «&nbsp;<em>Ce n’est pas le destin qui nous affame, ce ne sont pas les cieux qui nous bombardent, c’est la logique des puissants, l’arithmétique froide de la géopolitique qui ont transformé nos rues en abattoirs&nbsp;; 60 000 morts, 150 000 mutilés, principalement des enfants dont le seul crime et d’être nés à Gaza, du mauvais coté d’une ligne imaginaire, tracée par des messieurs en costumes</em>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Israéliens comme Anat Even qui sont contre cette guerre, et toutes les autres, sont vus comme des fous dangereux, tel cet homme assis sur la route, tenant un panneau appelant à la paix, fantôme muet. Comment parler de Gaza&nbsp;? <em>D’une zone d’extermination, d’un enfer à portée de main et à des années-lumière ?</em> &nbsp;La réalisatrice filme les quelques rassemblements d’opposants à cette guerre éternelle, qui manifestent pour la paix, contre Netanyahou en visite au kibboutz, 650 jours après le désastre. Elle nous met face aux discours haineux de ceux qui traitent les Gazaouis de rats et affirment leur volonté de recoloniser Gaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A Ariel qui souhaiterait mettre Israël au ban des nations comme les Allemands, les Serbes et les Hutus, elle confie ne pouvoir se détacher, née là et n’ayant nulle part où aller. Pas d’autre langue, pas d’autres paysages.  Ariel qui met fin à leurs échanges, craignant que la caméra de son amie ne se cantonne à un seul côté de la frontière : derrière cette barrière vit un peuple condamné à mort qui n’a ni visage, ni nom.  Elle, ne veut pas renoncer à l’espoir. Quelle place pour le cinéma face à cette machine de guerre ? Anat Even a choisi de laisser une trace, au plus près des lieux, des contradictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une citation du prix Nobel de littérature, <strong>Imre Kertész,</strong> qui ouvrait ce documentaire sombre et courageux&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous étions parfaitement conscients de la stupidité de la barbarie et de la malfaisance destructrice qui se propageait dans notre pays comme un fléau avec l’aval des autorités. Pourtant, nous les avons considérées avec indifférence comme des gens qui auraient renoncé depuis longtemps à tenter d’améliorer la vie publique ou à provoquer un changement quel qu’il soit. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Collapse</em> se termine par une dédicace aux enfants et aux victimes innocentes de crimes contre l’humanité</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un documentaire qui résonne encore plus fort en cette période où beaucoup d’innocents sont sous les bombes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">Collapse en salles le 6 mai</p>
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		<title>Sous cette pluie de fer. De feu d’acier de sang.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 12:09:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nomination de Catherine Pégard comme ministre de la culture ne fait la Une d’aucun journal –même pas du nôtre&#160;–&#160;; le sujet culturel est absent du débat public des municipales&#160;; le régime de l’intermittence est à nouveau attaqué, au risque de l’annulation des festivals de l’été&#160;; les aides l’emploi se tarissent, et de nombreuses collectivités, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La nomination de Catherine Pégard comme ministre de la culture ne fait la Une d’aucun journal –même pas du nôtre&nbsp;–&nbsp;; le sujet culturel est absent du débat public des municipales&nbsp;; le régime de l’intermittence est à nouveau attaqué, au risque de l’annulation des festivals de l’été&nbsp;; les aides l’emploi se tarissent, et de nombreuses collectivités, par obligation budgétaire ou par choix idéologique, ont renoncé à financer la culture publique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur culturel survivra-t-il à ce désintérêt généralisé, ainsi qu’aux attaques renouvelées de ceux qui n’admettent pas les activités non rentables, c’est-à-dire celles qui n’enrichissent pas leurs poches, mais nos esprits ? mais nos âmes ? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les poètes et les stratèges</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les poètes et les artistes disent la guerre, la réalité de sa violence sur nos corps. Ils savent nous prévenir, nous prémunir, bien mieux que les stratèges. Ils agissent sur nos esprits et nos âmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prévert dans <em>Barbara</em> fait ressentir le bombardement de Brest, la destruction d’un amour, de la joie, de l’avenir, comme Picasso dans <em>Guernica</em> expose le tragique éclatement des corps, Duras dans <em>Hiroshima mon amour</em> l’absolue horreur nucléaire, Rossellini dans <em>Allemagne année zéro</em> le désarroi des enfants allemands sur les gravats d’un nazisme en ruine, qui agit encore sur les esprits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les stratèges, les historiens, les politologues ne nous disent pas et que les poètes, les cinéastes, les peintres nous apprennent, c’est à éprouver la souffrance de l’autre, sous les bombes, pour s’en souvenir, et proscrire le recours à la pluie d’acier et de sang. Contrairement à ce que prétend notre Président, construire des bombes, les essayer, les exhiber, ne nous rend pas plus forts, plus dissuasifs. Simplement plus résignés à la guerre, voire à la guerre nucléaire, c’est à dire à la fin de tout. Mais qui peut donc la désirer&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Inutiles brasiers</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Car bombarder les peuples n’a jamais résolu les conflits. Robert Pape, professeur à l’université de Chicago, a établi dans <em>Bombarder pour vaincre. Puissance aérienne et coercition dans la guerre </em>que les bombardements, lorsqu’ils ne sont pas un appui d’une attaque terrestre, n’ont jamais abouti à un changement de régime. Mais ont confortés les tyrans, et poussés à plus de violence envers leurs peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude de Robert Pape remonte pourtant jusqu’à la Première Guerre mondiale, c’est à dire aux premiers bombardements aériens. Il remet clairement en cause l’efficacité des bombardements de Hiroshima et Nagasaki dans la capitulation du Japon : les États-Unis voulaient tester leurs bombes, alors même que la victoire dans le Pacifique était acquise. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Marseille sous les bombes américaines </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Marseille, un traumatisme majeur n’a jamais été dit, parce qu’il remettait en cause les équilibres politiques après la guerre&nbsp;: en 1944 les communistes devaient être écartés du pouvoir municipal, et les pro-américains installés dans une mairie en ruine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant le 27 mai 1944, une pluie de fer, de feu, d’acier, de sang s’est aussi abattue sur Marseille. Faisant 4500 victimes civiles, près de 1800 morts, des dizaines de milliers de délogés. Les sept vagues de bombardiers de l’US Air Force ont, en quelques heures, expulsé du monde des vivants plus de victimes qu’à Brest en 4 ans de bombardements. Ils n’ont atteint aucun de leurs objectifs stratégiques, raté le port, détruit en partie Saint-Charles sans songer que la destruction d’une gare terminale n’affectait pas le transport des troupes et des armes. C’est l’armée d’Afrique qui, quelques semaines après, s’est emparée de Marseille avec l’aide de la Résistance mobilisée par un journal clandestin, La Marseillaise. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La liberté viendra d’Eluard</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1944, les avions de la Royal Air Force ont largué en France une arme d’une autre force. Des centaines de milliers d’exemplaires du poème de Paul Eluard qui circulait comme un tract depuis 1942.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Sur toute chair accordée                            </em><br><em>Sur le front de mes amis                            </em><br><em>Sur chaque main qui se tend                            </em><br><em>J’écris ton nom[ &#8230;]</em><br><em>Et par le pouvoir d’un mot                    </em><br><em>Je recommence ma vie                    </em><br><em>Je suis né pour te connaître                    </em><br><em>Pour te nommer                    </em><br><em>Liberté </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expression d’une vie battante, certainement plus efficace que les bombes aveugles pour mettre fin à une guerre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>
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