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	<title>Archives des Bruce Liu - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Bruce Liu - Journal Zebuline</title>
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		<title>Interpréter Chopin </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 17:23:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les gradins du parc de Florans étaient combles pour assister au retour de Bruce Liu qui avait conquis La Roque d’Anthéron le 25 juillet 2022 (journalzebuline.fr/bruce-liu-une-revelation-a-la-roque/) avec le même piano, un Fazioli de concert, sur lequel il avait remporté le 18ème concours international Frédéric Chopin de Varsovie en 2021.  L’Orchestre Philharmonique de Marseille, créé en 1981 par Janos [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p>Les gradins du parc de Florans étaient combles pour assister au retour de <strong>Bruce Liu</strong> qui avait conquis La Roque d’Anthéron le 25 juillet 2022 (<a href="https://journalzebuline.fr/bruce-liu-une-revelation-a-la-roque/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">journalzebuline.fr/bruce-liu-une-revelation-a-la-roque/</a>) avec le même piano, un Fazioli de concert, sur lequel il avait remporté le 18<sup>ème</sup> concours international Frédéric Chopin de Varsovie en 2021. </p>



<p>L’<strong>Orchestre Philharmonique de Marseille</strong>, créé en 1981 par Janos Furst, offrait avec ses quatre-vingt-huit musiciens un écrin particulièrement heureux aux traits pianistiques du jeune artiste. Sous la houlette de&nbsp;<strong>Lawrence Foster</strong>&nbsp;qui a propulsé cette belle formation à un niveau international, l’orchestre s’attachait d’abord à l’<em>Ouverture de Guillaume Tell&nbsp;</em>de Rossini, démonstration de l’étendue de sa palette au fil des quatre parties de la célèbre partition&nbsp;: incipit par les premières notes veloutées du violoncelle solo, calme alpin des montagnes suisses en un quintette arpégé empli de lyrisme, tempête orageuse peinte par les trémolos des violons, le crescendo de l’orchestre, le déchaînement des cuivres, le retour à un paisible tableau pastoral où le cor anglais réitère un «&nbsp;ranz des vaches&nbsp;» que la flûte vient bercer avant le brillant et brusque fortissimo d’une cavalerie (sans doute le passage le plus connu&nbsp;!), les galops s’éloignent puis éclatent en une étourdissante coda avant l’exultation finale et victorieuse.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Double défi&nbsp;</mark></strong></p>



<p>À la demande du directeur artistique du festival,&nbsp;<strong>René Martin</strong>, Bruce Liu avait accepté le pari impossible d’enchaîner les&nbsp;<em>Concertos n° 1</em>&nbsp;et&nbsp;<em>n° 2</em>&nbsp;de Chopin, une véritable prouesse physique (un marathon musical aux infinies exigences&nbsp;!).&nbsp;&nbsp;Le pianiste retrouvait un Fazioli pour l’occasion (pas «&nbsp;le&nbsp;» Fazioli du concours cependant) dont les sonorités moelleuses se marièrent à la finesse du jeu tout à la fois, élégant, virtuose, dépouillé, de l’interprète qui, s’il prit quelques libertés avec le texte, rendit avec justesse l’esprit du compositeur, tel que la légende nous l’a transmis. Après une introduction orchestrale de quelques trois minutes, le piano entre en scène sur le&nbsp;<em>Maestoso</em>&nbsp;du&nbsp;<em>Concerto n° 2 en fa mineur opus 21</em>&nbsp;(oui, foin des élucubrations mathématiques, le deux a été chronologiquement composé avant le un, et la soirée redonnait sa place temporelle aux deux œuvres&nbsp;!).&nbsp;&nbsp;La solennité du début cède vite le pas à un chant intime. «&nbsp;<em>Il faut chanter avec les doigts</em>&nbsp;» disait le maître polonais à ses élèves. Bruce Liu en apporte l’éblouissante démonstration&nbsp;: pas de recherche de virtuosité tonitruante, le jeu est tout de simplicité, d’évidence. Le chant du piano a le ton d’une conversation semée d’orages passionnés… la légende veut qu’à l’époque de la composition de ce concerto, Frédéric Chopin était amoureux de Constance Gladkowska, chanteuse rencontrée au Conservatoire de Varsovie (même si la dédicace est au nom de la comtesse Delphine Potocka). Peu importent les potins&nbsp;! Le deuxième mouvement,&nbsp;<em>Larghetto</em>, a les couleurs d’un nocturne aux variations lyriques dont les phrasés s’achèvent en murmures. Le piano chuchote, habité des frémissements mouvementés d’une âme, le fil musical tutoie l’infime et l’universel tout à la fois, se lie au chant des cigales. L’<em>allegro vivace&nbsp;</em>retrouve une respiration échevelée emportée par un rythme de mazurka dans le ruisseau fougueux des notes.&nbsp;</p>



<p>Le deuxième&nbsp;<em>Concerto, le n° 1 en mi mineur opus 11</em>, plus ample que le précédent est teinté d’un climat pensif où le piano love ses modulations comme de délicates improvisations. Le cor occupe une place toute particulière sans doute pour sa sonorité pastorale qui renvoie au paradis perdu d’une utopie joyeuse de la campagne. La romance du deuxième mouvement prend des allures de rêverie onirique. Le jeune interprète apporte sa lecture fine à l’œuvre, inclut l’assistance dans sa rêverie, dans le filet arachnéen des inflexions de son jeu. La complicité entre l’artiste et le chef d’orchestre est sensible, l’un séduit par l’autre. Lawrence Foster au pas duquel le jeune homme adaptera le sien lors de leur départ, adressera un clin d’œil espiègle au pianiste lors d’un passage particulièrement réussi. La légèreté de cette musique s’accorde aux souffles du vent dans les grands arbres du parc, tout n’est plus que vibration, échos, ondes spirituelles où affleure parfois un discret amusement. En bis, avant de mimer son besoin de repos, Bruce Liu offrira le&nbsp;<em>Prélude en si mineur BWV 855</em>&nbsp;de Bach et la&nbsp;<em>Valse en ré bémol majeur</em>&nbsp;(«&nbsp;valse minute&nbsp;») de Chopin. Nuit enchantée&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Concert donné le 30 juillet au Parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
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		<title>Bruce Liu : une révélation à La Roque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 15:12:50 +0000</pubDate>
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<p>Certes, le Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron nous rend familiers avec les meilleurs pianistes du monde au point de nous conduire à chipoter entre les excellences. Jauger de la pertinence de tel ou tel passage virtuose, nous demander si l’accord entre les stridulations des cigales et les volutes élégantes des pianos est bien synchrone, bref, le côtoiement des grands incite parfois à la petitesse. Tout le monde est mis d’accord par le récent premier prix du 18<sup>e</sup> Concours international de piano Frédéric Chopin à Varsovie (2021), <strong>Bruce Liu</strong>.</p>



<p>Pour la petite histoire, le piano sur lequel il joue ce soir-là sous la conque du parc de Florans est celui sur lequel il remporta son prix à Varsovie. L’accordeur en titre du festival, Denijs de Winter, a, pour ce faire, appelé la maison mère des pianos Fazioli en Italie, muni du numéro de l’instrument qui fut ainsi acheminé à La Roque pour le concert du jeune impétrant.</p>



<p>Sans doute, il y a quelque chose d’émouvant dans ces retrouvailles entre l’artiste et l’instrument, une familiarité complice, liée à des souvenirs décisifs. Attaques sûres, phrasés aériens, irréprochable technique, tout y est, mais on sait bien que cela ne suffit pas toujours. Ici, le musicien passe la rampe, vit et donne à vivre les pièces qu’il interprète. Tout devient langage, voix incarnée. Les intentions des compositeurs soudain prennent une tournure d’évidence.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des touches au sublime</mark></strong></p>



<p>On suit le cheminement des pensées, vagabondages oniriques de Chopin, avec les envolées et les ruptures abruptes de la <em>Ballade n° 2 en fa majeur opus 38</em> que le compositeur dédie à Schumann, ou la poésie mêlée d’éclairs de sa <em>Ballade n° 3 en la bémol majeur opus 47</em>. Les <em>Variations</em> de Frédéric Chopin sur <em>Là ci darem la mano</em> nous font entrer dans les mystères de l’improvisation. S’emparant du thème du duo chanté par Don Giovanni et Zerlina dans l’acte I de l’opéra <em>Don Giovanni</em> de Mozart, Chopin brode, s’amuse, paraphrase, s’exclame, sourit, livre sa lecture de l’œuvre mozartienne. Il y ajoute une vision amusée voire espiègle. Le morceau a les allures d’une conversation légère, la fluidité du jeu de Bruce Liu fait oublier les difficultés techniques. Que ce soit une note ou une série d’accords arpégés, un rythme simple ou des tempi différents selon main gauche et main droite, peu importe, on est emportés au-dessus de tout cela.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=463%2C309&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116222" width="463" height="309" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1920%2C1280&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 463px) 100vw, 463px" /><figcaption>Bruce Liu © Pierre Morales</figcaption></figure>
</div>


<p>Oui, mais Chopin, direz-vous, c’est son auteur de prédilection. Peut-être, mais la même verve se retrouve dans l’interprétation de <em>Miroirs</em> de Ravel, cette série sublime de tableautins expressifs où se croisent <em>Noctuelles</em> et <em>Barque sur l’océan</em>. Les <em>Réminiscences de Don Juan</em> de Liszt sonnent en écho aux <em>Variations sur «&nbsp;Là ci darem la mano&nbsp;»</em> de Chopin, mettant en évidence la différence des approches de ces deux virtuoses, l’un qui commente l’œuvre évoquée, l’autre qui s’en sert pour exposer sa maestria, chacun avec le brio et le brillant qui les caractérisent.</p>



<p>Au public enthousiaste le jeune artiste dédie quatre rappels avant de signifier sa fatigue&nbsp;: deux pièces de Rameau, <em>Les tendres plaintes</em> et <em>La poule</em> (rarement on entendit l’oiseau de la basse-cour aussi loquace&nbsp;!), le bouleversant <em>Nocturne n° 20 en do dièse mineur</em> (opus posthume) de Chopin, décliné avec une sobriété qui laisse la pureté des lignes mélodiques se conjuguer au vent dans les grands arbres, avant le clin d’œil aux <em>Études</em> du compagnon de George Sand avec la <em>n°5 op. 10</em>, <em>Sur les touches noires</em>… Le sublime existe, on l’a rencontré&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Concert donné le 25 juillet, au parc du Château de Florans, dans le cadre du <em>Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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