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	<title>Archives des Caroline Champetier - Journal Zebuline</title>
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		<title>Christine Angot : dire ou ne pas dire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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<p>«&nbsp;Papa&nbsp;» est le premier mot du film <em>Une famille.</em> Une fillette, une baguette de pain à la main marche, filmée parle le camescope de son père le 12 mai 1995&nbsp;: la fille de l’écrivaine <strong>Christine Angot</strong> qui réalise là son premier documentaire, revenant sur le viol commis par son père. Déjà raconté, cet inceste est au cœur de son film, mais cette fois pour tenter de savoir l’effet que cela a eu sur les autres et tenter d’effacer le déni familial.</p>



<p>Suivie et filmée de près par la directrice de la photo, <strong>Caroline Champetier</strong>, Christine Angot, toute de noir vêtue, s’introduit presque de force dans l’appartement de celle qui a partagé la vie de son père, Elizabeth Weber, pour la mettre face à son silence. « <em>Qu’est-ce que je peux te dire ?</em>&nbsp;» S’engage un non-dialogue d’une violence terrible. Christine Angot a beau lui rappeler les propos obscènes que lui tenait son père «<em>&nbsp;je bande quand j’entends ta voix au téléphone</em>&nbsp;» ou lui rappeler qu’elle était violée par lui à partir de ses 13 ans, le week-end ou pendant les vacances, sa belle-mère continue à affirmer qu’elle admirait cet homme, que c’était l’homme de sa vie. Un non dialogue brut filmé sans effets de montage. Champ, contre-champ&nbsp;: l’une parle, l’autre répond, et c’est terrifiant. Et quand elle va jusqu’à reprocher à Christine d’être venue chez elle se faire violer par son père, sous son propre toit, faisant qu’ainsi son mari la trompait, on est dans l’abjection la plus totale. Christine Angot va aussi essayer de comprendre le silence de sa propre mère&nbsp;; elle regrette que sa fille se soit éloignée d’elle lorsque son père la violait et dit : « <em>Je ne suis pas capable d’en parler.</em> »</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une histoire qui appartient à tout le monde</mark></strong></p>



<p>La photo du père est là, sur une étagère. Une séquence troublante mais pas aussi glaçante que celle des images d’archives de Christine Angot face aux moqueries misogynes sur le plateau d’Ardisson en 1999 au moment de la sortie de son livre <em>L’Inceste.</em> Et quand elle apprend que la veuve de son père et ses deux demi-frères ont porté plainte pour violation de domicile et atteinte à sa vie privée, son avocat lui dit&nbsp;: « <em>Ton histoire, d’une certaine manière, appartient à tout le monde. </em>[…]<em> On peut faire autant de mal en ne disant rien, qu’en disant les choses. Et parfois on fait beaucoup plus de mal on ne disant rien.</em> » L’échange,&nbsp; émouvant, avec sa fille Léonore prouve qu’il a sans doute raison.</p>



<p>Qu’on apprécie ou non la personne et/ou l’écrivaine, le premier film de <strong>Christine Angot</strong>, présenté dans la section <em>Encounters</em> de la 74<sup>e</sup> Berlinale, d’une force incroyable, ne laisse pas indifférent.</p>



<p>ANNIE GAVA<br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À Berlin</mark></strong></p>



<p><em>Une famille</em>, de <strong>Christine Angot</strong><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En salles le 20 mars</mark></strong></p>
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		<title>« L’Automne à Pyongyang », le dernier voyage d’un géant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Apr 2023 15:50:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Caroline Champetier]]></category>
		<category><![CDATA[Claude Lanzmann]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[François Margolin]]></category>
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<p>Cannes 2017&nbsp;: à 91 ans, <strong>Claude Lanzmann</strong> présente, hors compétition, <em>Napalm</em>, un carnet de voyage qui raconte sa première visite en Corée du Nord en 1958 (alors qu’il était un jeune communiste convaincu) et son histoire d’amour avec Kim Kun-Sun, une infirmière nord-coréenne de la Croix-Rouge, brûlée au napalm pendant les bombardements. Cette romance, il l’a déjà racontée dans son autobiographie, <em>Le Lièvre de Patagonie</em>. Il en tire un film tourné sur place, en 2015. Pour obtenir les autorisations, dans un pays sous haute surveillance, où&nbsp; images et récits ne peuvent être qu’à la gloire du Grand Leader, il prétend être là pour réaliser un documentaire sur le taekwondo. Son producteur <strong>François Margolin</strong>, qui l’a accompagné, a filmé Claude Lanzmann à ce moment-là.</p>



<p><em>Napalm</em> de Claude Lanzmann était le retour sur les lieux d’un amour. <em>L’Automne à</em> <em>Pyongyang</em> de François Margolin, mis en lumière par <strong>Caroline Champetier </strong>(qui avait travaillé avec Lanzmann sur <em>Sodibor</em>), est un retour sur ce retour. Si le réalisateur de <em>Shoah</em> choisit de tourner en Corée du Nord, c’est que ce pays le fascine. Selon lui, on y a aboli le temps, réalisé le désir d’éternité ancré en tout homme. Tout y est figé depuis 1953, comme le sourire des Coréens et celui du président officiel Kim Il Sung, mort depuis 25 ans. Les rituels kimilsunistes sont immuables. Comme le salut aux colossales statues cuivrées des guides suprêmes, qui initie le film. On suit les déplacements balisés du vieil homme appuyé sur sa canne et de l’équipe réduite du film, flanqués de guides chargés de les surveiller et d’éviter tout contact avec les Coréens.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Temps suspendu</mark></strong></p>



<p>On parcourt les lieux de la romance avec Kim Kun Sun. Le réalisateur interroge Lanzmann, le provoque parfois<em>. </em>«&nbsp;En 58, qui aimait la Corée&nbsp;?&nbsp;», le vieil homme envoie son interlocuteur sur les roses. Et devant le fleuve de ses amours passées où, comme un gamin, il a fait des ricochets, récite in extenso <em>Le Bateau ivre</em> de Rimbaud. Devant les photos grand format des fondateurs de la dynastie Kim Il, on assiste aux réunions avec les guides-censeurs vérifiant chaque jour les images captées. On entend les dialogues surréalistes. Amusés de l’embarras du traducteur, de l’opiniâtreté et de la roublardise de Lanzmann pour essayer de faire avaler le gros mensonge du film sur les arts martiaux qu’il est censé réaliser. Amusés enfin par ses regards caméra, malicieux et complices.</p>



<p>François Margolin propose avec <em>L’Automne à</em> <em>Pyongyang</em>, non pas un making-off de <em>Napalm</em>, mais un portrait en actes et en mots, de ce nonagénaire qui était contre la mort, mais dont ce sera le dernier voyage. Claude Lanzmann s’inclinera devant la camarde le 5 juillet 2018, à Paris. Dans cet ultime périple,&nbsp;«&nbsp;il retrouve une jeunesse éternelle, la sienne, en premier lieu&nbsp;», nous dit François Margolin. Grand séducteur, il ne cherchera d’ailleurs pas à revoir son infirmière, qui a forcément vieilli, et lui renverrait ce vieillissement en miroir. Le monument Lanzmann, grand intellectuel qui a traversé les tourmentes du XX<sup>e</sup> siècle, s’impose au premier plan. On peut toutefois ressentir un certain malaise en distinguant, en arrière-plan, un pays soumis depuis 70 ans à un communisme dystopique auquel, dans le sillage de l’anti-américanisme, il a pu croire, un pays où le temps ne s’est pas suspendu sur un paradis mais sur un cauchemar sans fin.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p><em>L’Automne à Pyongyang</em>, de <strong>François Margolin</strong></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Sorti le 12 avril</strong></mark></p>



<p></p>
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