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	<title>Archives des Cervantès - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Cervantès - Journal Zebuline</title>
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		<title>La « Maison forestière » à la Friche : François Cervantès écrit les histoires des autres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 08:22:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elle fait partie de ces grandes comédiennes, rares, capables de vous emporter d’un geste, d’un regard, et d’assumer l’excès avec une justesse de ton et de tempo qui n’appartiennent qu’à elle. Elle donne tant à ses rôles que ses personnages, toujours, semblent se nourrir d’elle. Elle a choisi de jouer La Maison forestière parce que [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Elle fait partie de ces grandes comédiennes, rares, capables de vous emporter d’un geste, d’un regard, et d’assumer l’excès avec une justesse de ton et de tempo qui n’appartiennent qu’à elle. Elle donne tant à ses rôles que ses personnages, toujours, semblent se nourrir d’elle. Elle a choisi de jouer <em>La Maison forestière</em> parce que cette histoire, douloureuse, est aussi, un peu, la sienne. Celle d’une enfance où la violence familiale était, «&nbsp;<em>les jours de grand vent&nbsp;</em>», en embuscade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle sera seule en scène. Ou pas tout à fait, car <strong>François Cervantès</strong> n’est jamais loin des plateaux lorsqu’il crée. Son univers, celui de sa compagnie de théâtre <strong>L’Entreprise</strong> est singulier. Poétique, littéraire, et théâtral seulement s’il en montre les coutures, et s’il intègre les gens, les spectateurs, à ce qu’il propose. Son écriture elle-même n’est jamais frontale. Elle procède. Avance. Se commente, s’échappe quand elle approche du but, qu’elle va révéler quelque chose, s’élève, s’envole, digresse, et puis plonge et revient vers le nœud. Qui se donne à voir sans réellement se dénouer, juste pour toucher au plus près d’un mystère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Appropriation intime</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Son écriture théâtrale est fondée sur les histoires des autres, qu’on devine toujours, à divers degrés, proches de la sienne. Il écoute, fait parler, puise, et puis écrit, très loin d’un théâtre documentaire exact, revendiquant de s’approprier les récits pour toucher le fond, et rendre sensible, pour tous, les histoires vraies qu’il transcrit sans les trahir, mais en les transformant en objet littéraire, en objet dramatique. Depuis la <em>Table du Fond</em> qu’il a joué dans des salles de classes dans les années 1990, jusqu’au <em>Repas des gens</em> qui se prenait sur la scène comme en famille, il invite le spectateur à sa table de travail de la langue, de la matière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Maison forestière</em> est fondée sur un récit vrai, douloureux, celui d’une enfant qui subit une terrible violence de la part de son père, dans une maison forestière où ils vivent isolés. Ce récit lui a été confié sans qu’il le suscite vraiment, et la pièce raconte à la fois cette confession, cette confiance ; l’écriture, en train d’avancer&nbsp;; et les scènes d’enfance, les processus d’oubli, de dénégation. Puis comment les histoires, les fictions, le jeu, l’imaginaire ont permis à cette enfant de se construire, malgré tout. Et de réussir sa vie, de diriger un théâtre, de relire le texte, d’en être émue, de l’approuver, de le donner à jouer à cette grande actrice. Qui décidément ne sera pas seule en scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>La Maison forestière</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 8 au 12 septembre</mark><br>Les Plateaux<br>Friche la Belle de Mai, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes">Scènes</a> ici</p>
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		<title>La profondeur du rire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Oct 2025 12:55:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Nous sommes convaincus qu&#8217;un musée, c&#8217;est un endroit où l&#8217;on peut aller mieux », disait Pierre-Olivier Costa, président du Mucem, pour introduire la nouvelle exposition Don Quichotte, Histoire de fou – Histoire d&#8217;en rire, et la 2e édition de Bien dans ma tête, un temps fort « Santé mentale et création » qui a eu lieu les 17 [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Nous sommes convaincus qu&rsquo;un musée, c&rsquo;est un endroit où l&rsquo;on peut aller mieux</em> », disait <strong>Pierre-Olivier Costa</strong>, président du Mucem, pour introduire la nouvelle exposition <em>Don Quichotte, Histoire de fou – Histoire d&rsquo;en rire</em>, et la 2<sup>e</sup> édition de <strong><em><a href="https://mucem.org/temps-fort/bien-dans-ma-tete-2/">Bien dans ma tête</a></em></strong>, un temps fort « Santé mentale et création » qui a eu lieu les 17 et 18 octobre. En effet,  les institutions culturelles ont là-dessus un rôle à jouer, comme l’a initié le MO.CO, centre d&rsquo;art contemporain de Montpellier, précurseur en France de l&rsquo;« <em>Art sur Ordonnance</em> ». Une équipe de cardiologues de la Pitié Salpêtrière a ainsi établi que contempler une œuvre artistique réduit le rythme cardiaque et libère de la dopamine. Ce qui en fait une activité particulièrement adaptée en cas de symptômes anxieux, de dépression, de maladie chronique, ou suite à l&rsquo;annonce d&rsquo;un diagnostic difficile. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Happer par le plaisir</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux commissaires de l&rsquo;exposition, <strong>Hélia Paukner</strong> et <strong>Aude Fanlo</strong>, ont quant à elles visé «&nbsp;<em>d&rsquo;abord à susciter le plaisir, l&rsquo;enthousiasme, la curiosité</em>&nbsp;», autour de l&rsquo;incroyable personnage créé par Miguel de Cervantes en 1605. Un homme délirant, en décalage avec son époque, pris par ses fantasmes de chevalerie, qui aurait pu être inquiétant, mais, comme le formule <strong>Marie-Charlotte Calafat</strong>, directrice scientifique et des collections du Mucem, «&nbsp;<em>nous rappelle plutôt qu&rsquo;il faut une part de folie pour continuer à croire en la beauté du monde</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Que serions-nous sans le secours de ce qui n&rsquo;existe pas&nbsp;?</em>&nbsp;» semble lui répondre une citation de Paul Valéry, au mur. Don Quichotte, un plat à barbe en guise de heaume sur le chef, est un surgissement d&rsquo;incongruité déplaçant tout autour de lui. Dans le roman, comme dans ses innombrables représentations peuplant l&rsquo;histoire de l&rsquo;art ou la culture populaire depuis quatre siècles. Si la perception du chef d’œuvre a évolué depuis son succès, immédiat, il ne s&rsquo;est jamais démenti depuis la parution. «&nbsp;<em>À l&rsquo;origine,</em> explique Aude Fanlo, <em>sa dimension comique était la plus présente. Mais progressivement, son héroïsme désuet est passé du ridicule à l&rsquo;incarnation des combats impossibles&nbsp;: celui qui tombe et toujours se relève.</em>&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-jetpack-slideshow aligncenter" data-autoplay="true" data-delay="4" data-effect="slide" style="--aspect-ratio:calc(696 / 464)"><div class="wp-block-jetpack-slideshow_container swiper"><ul class="wp-block-jetpack-slideshow_swiper-wrapper swiper-wrapper"><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" alt="" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-132721" data-id="132721" data-aspect-ratio="696 / 464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/4_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Don Quichotte, Mucem, scénographie atelier Maciej Fiszer, Octobre 2025 © Nadine Jestin &#8211; Hans Lucas &#8211; Mucem</figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" alt="" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-132724" data-id="132724" data-aspect-ratio="696 / 464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/9_Don_Quichotte_Sceno_Mucem_Oct_25%D1%91NJestin_HLucas.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Don Quichotte, Mucem, scénographie atelier Maciej Fiszer, Octobre 2025 © Nadine Jestin &#8211; 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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Taïaut sur Rossinante</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scénographie, dans une disposition particulièrement généreuse, démontre à quel point chaque époque a fait son miel des aventures donquichottesques. Les visiteurs s&rsquo;arrêteront bien-sûr devant l&rsquo;encre de Chine ultra-fameuse de Pablo Picasso, prêtée par le musée Paul Éluard&nbsp;: en trois traits, tout y est, jusqu&rsquo;au soleil éclatant de la Manche qui tape un peu trop fort. Les gravures de Gustave Doré, sa facétieuse statuette de chevalier jouant à saute-mouton. Ou encore les splendides illustrations de Salvador Dalí montrant, en un tourbillon et une anatomie brinquebalante, la dynamique tendre entre l&rsquo;hidalgo et son compagnon Sancho.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, de clin d’œil en clin d’œil, les œuvres contemporaines, notamment <em>Asneria</em>, âne empaillé de <strong>Pilar Albarracín</strong>, juché sur une pile de livres dont&#8230; le catalogue de l&rsquo;exposition. Ou bien la performance d&rsquo;<strong>Abraham Poincheval</strong>, filmé parcourant la campagne en armure. Les férus de graphisme et bande dessinée repéreront une édition manga, dans la série <em>One Piece</em>, les interprétations du mythe par <strong>Quentin Blake</strong> ou <strong>Rob Davis</strong>. Quant aux fonds du Mucem, ils ont fourni des cartes réclame épiques, pour du cirage, des pansements, du vin&#8230; Décidément, l&rsquo;imaginaire de Cervantès a frappé l&rsquo;humanité de bien des manières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">GAËLLE CLOAREC</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Don Quichotte</em><br><em>Histoire de fou – Histoire d'en rire</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu'au 30 mars<br></mark><a href="https://www.mucem.org">Mucem</a>, Marseille</pre>



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