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	<title>Archives des Charles Leys - Journal Zebuline</title>
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		<title>La poésie du bordel</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Feb 2024 11:26:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’auteure, metteuse et scène et comédienne Fanny Delgado et son co-auteur et scénographe Guillaume Finocchiaro conservent de la pièce matrice de Regnard (1696) le scénario de l’enfermement d’une jeune fille par son tuteur, auquel est conjugué le motif baroque de l’illusion emprunté à Calderón.  Mais le XVIIe siècle dialogue avec de nombreuses autres influences&#160;: l’idéalisme désillusionné [&#8230;]</p>
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<p>L’auteure, metteuse et scène et comédienne <strong>Fanny Delgado</strong> et son co-auteur et scénographe Guillaume Finocchiaro conservent de la pièce matrice de Regnard (1696) le scénario de l’enfermement d’une jeune fille par son tuteur, auquel est conjugué le motif baroque de l’illusion emprunté à Calderón. </p>



<p>Mais le XVII<sup>e</sup> siècle dialogue avec de nombreuses autres influences&nbsp;: l’idéalisme désillusionné d’Éraste rappelle celui du Perdican de Musset et le lyrisme amoureux laisse entendre la voix d’Aragon. Cette poésie transposée dans un lupanar tenu par Albert rencontre des thèmes plus contemporains avec le féminicide et le viol racontés par Éraste qui complexifient la glaçante relation d’emprise qu’Albert exerce sur sa pupille. Loin de constituer une fin heureuse classique, la réunion des deux amants au dernier acte propose une méditation sur la fugacité de l’amour qui n’aura pas résisté au quotidien et une réflexion sur l’illusion théâtrale. Ambre, personnage principal de la pièce qu’elle se raconte, est devenue une bête de foire dans un cirque anxiogène, avec Albert comme impresario (et mari&nbsp;?).&nbsp;</p>



<p>La palette de tons et d’émotions est subtilement nuancée&nbsp; par les comédiens&nbsp;:&nbsp; <strong>Charles Leys</strong> (Crispin) plante un digne héritier du valet de comédie avec sa malice énergique qui tempère la sensibilité mélancolique de <strong>Gabriel Ponthus </strong>(Éraste). <strong>Dario Tarantelli </strong>excelle dans la partition du barbon-proxénète qui drape sa perversité dans sa veste de soie. La pétillante <strong>Cristal Steimen</strong> (Lisette) apporte une respiration dans cette atmosphère suffocante. Enfin, Fanny Delgado incarne magistralement la diversité des registres incombant à son rôle&nbsp;: jeune ingénue qui rêve dans la dentelle&nbsp;; amante incandescente qui entame un pas de deux dans le bordel où elle admire les «&nbsp;charmants oiseaux sauvages perchés sur leur soulier de cuir&nbsp;» («&nbsp;Ce sont des putes&nbsp;», lui rétorque Crispin), et enfin, Médée furieuse et rugissante.&nbsp;</p>



<p>Mathilde Mougin</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Une Folie amoureuse ou ça ira bien l’amour </em>a été joué à la Manufacture de la Cité du Livre le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 février<strong> </strong></mark></pre>
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