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	<title>Archives des Christophe Rauck - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Christophe Rauck - Journal Zebuline</title>
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		<title>OCCITANIE : Le « je » de la dame </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Apr 2024 09:10:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme est là, devant nos yeux, enfermée dans une cage de verre dans laquelle plane une neige légère comme une plume. Prison ou refuge, difficile à dire. Les portes se verrouillent de l’intérieur et non de l’extérieur tandis que le monde s’y reflète sans pour autant l’atteindre. On sait peu de choses d’elle, mise [&#8230;]</p>
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<p>Une femme est là, devant nos yeux, enfermée dans une cage de verre dans laquelle plane une neige légère comme une plume. Prison ou refuge, difficile à dire. Les portes se verrouillent de l’intérieur et non de l’extérieur tandis que le monde s’y reflète sans pour autant l’atteindre. On sait peu de choses d’elle, mise à part que cette «&nbsp;fille roi&nbsp;» aime les mots, les étoiles et réfléchir. Mais pas se marier, ni enfanter, encore moins faire la guerre. Elle refuse tout en bloc : les exigences du pouvoir comme les règles que la société inflige à son genre. Elle voudrait faire ce qu’elle veut, aimer qui elle veut, homme ou femme (notamment cette Belle qui fait vibrer son corps), comme elle l’entend. On pourrait y voir une belle leçon de féminisme. C’est là que la dissection nous glace. Et nous replonge dans l’Histoire comme dans les combats de notre temps.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Caligula au féminin</mark></strong></p>



<p>La pièce de <strong>Sara Stridsberg</strong> est librement inspirée de la vie sulfureuse du mythique «&nbsp;roi&nbsp;» Christine de Suède qui régna de 1632 à 1654. De manière aussi intelligente que poétique, l’auteure suédoise nous donne à voir l’introspection d’une femme qui en prenant le titre de roi ne fait que perpétuer les stéréotypes d’une société patriarcale sans pitié. La mise en scène très réussie de <strong>Christophe Rauck</strong> renforce la sensation que cette reine d’un autre genre est prise au piège de son propre jeu. Car jamais elle n’en maîtrise les règles. Pas plus que ses pulsions qui la transforment peu à peu en Caligula au féminin, tenté de sombrer dans une folie morbide par idéalisme. Face à elle : un amoureux transi, une amante malmenée, un conseiller qui tient les comptes, une mère devenue folle à force de mépris, un père fantôme… Et un philosophe qui pose les bonnes questions l’air de rien, l’entraînant malgré elle dans une maïeutique socratique salvatrice. Les douleurs traversées finissent par la faire accoucher de son propre destin. Parfois, combattre c’est renoncer.&nbsp;</p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Dissection d'une chute de neige</em> a été présenté du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 au 5 avril </mark>au Domaine d’O, Montpellier</pre>
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		<title>Shakespeare inspire ici, expire là</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jul 2022 05:05:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Avignon, le fantôme de William Shakespeare hante les murs depuis l’origine du festival. On ne compte plus les adaptations, relectures et appropriations de l’écrivain anglais tant elles sont constitutives de l’histoire de la manifestation. Cette année, deux pièces majeures du répertoire ont fait l’objet de mises en scène et le moins que l’on puisse [&#8230;]</p>
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<p style="max-width:600px">À Avignon, le fantôme de William Shakespeare hante les murs depuis l’origine du festival. On ne compte plus les adaptations, relectures et appropriations de l’écrivain anglais tant elles sont constitutives de l’histoire de la manifestation. Cette année, deux pièces majeures du répertoire ont fait l’objet de mises en scène et le moins que l’on puisse dire est qu’elles reposent sur des conceptions antagonistes de l’œuvre shakespearienne. Pourtant <em>La Tempête</em> comme <em>Richard II</em> ont en toile de fond la question du pouvoir, de sa légitimité, de sa manipulation voire de ses dérives, intrinsèque au théâtre du maître élisabéthain. Mais quand, dans la première, l’intervention de la magie et la prédominance de la nature viennent corriger les travers revanchards et faiblesses individualistes d’un gouvernement humain en faisant triompher la sagesse, c’est le réalisme politique le plus cruel, fait d’ambitions personnelles, d’hypocrisie débridée et de traitrises éhontées , qui l’emporte dans la seconde, aux dépens de toute considération éthique. Entre <strong>Alessandro Serra</strong> et <strong>Christophe Rauck</strong>, ce sont surtout les choix de mises en scène qui contrastent, malgré une obscurité et commune, et agissent avec plus ou moins de réussite sur la dimension contemporaine de l’auteur phare du grand siècle britannique.</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color" style="max-width:600px"><strong>Fausse sobriété</strong></p>



<p class="has-black-color has-text-color" style="max-width:600px">Si le Sarde privilégie le dépouillement scénique et le resserrement textuel comme autant de preuves matérielles de son absorption de l’œuvre, des costumes jusqu’à la traduction italienne, il reste dans un entre-deux d’inventivité ou la fausse sobriété se conjugue à un arrière-goût burlesque suranné. Jusqu’à nous faire nous interroger sur l’attribution à <strong>Jared McNeill</strong>, seul acteur noir (épatant) de la troupe, le rôle de Caliban, personnage monstrueux esclavagisé. Outre quelques scènes visuellement éblouissantes – notamment grâce à l’éclairage en puit de lumière ou à l’immense voile noir déployé sur le plateau &#8211; qui assurent un sincère plaisir esthétique, cette <em>Tempesta</em> aux accents commedia dell’arte perd en portée politique et manque de modernité. Regrettable quand la plume d’un géant de la dramaturgie classique s’y prête autant.<br>Si <em>Richard II</em>, éclipsée par <em>Richard III</em> et <em>Henri VI</em>, est l’une des pièces les moins jouées du grand Will, celle-ci a toujours eu, et dès la première édition en 1947, les faveurs du <em>Festival d’Avignon</em>. Après Jean Vilar à la mise en scène et dans le rôle-titre, Ariane Mnouchkine ou encore Jean-Baptiste Sastre, c’est au tour de Christophe Rauck de redonner vie à ce roi à part dans l’histoire de la couronne d’Angleterre. Accédant au désir de l’acteur <strong>Micha Lescot</strong> d’incarner le monarque (1377-1399) totalement déconnecté des exigences de sa fonction.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Richard-II-Christophe-Rauck-2022-%40-Christophe-Raynaud-de-Lage-Festival-dAvignon.jpeg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-115211" width="696" height="464" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Richard-II-Christophe-Rauck-2022-%40-Christophe-Raynaud-de-Lage-Festival-dAvignon.jpeg?w=700&amp;ssl=1 700w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Richard-II-Christophe-Rauck-2022-%40-Christophe-Raynaud-de-Lage-Festival-dAvignon.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Richard-II-Christophe-Rauck-2022-%40-Christophe-Raynaud-de-Lage-Festival-dAvignon.jpeg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>RICHARD II 
texte William Shakespeare, mise en scene Christophe Rauck, traduction Jean-Michel Deprats, avec Louis Albertosi, Thierry Bosc, Eric Challier, Murielle Colvez, Cecile Garcia Fogel, Guillaume Leveque, Pierre-Thomas Jourdan, Micha Lescot, Emmanuel Noblet, Pierre-Henri Puente, Adrien Rouyard dramaturgie Lucas Samain , musique Sylvain Jacques scenographie Alain Lagarde , lumiere Olivier Oudiou video Pierre Martin , costumes Coralie Sanvoisin masques Atelier 69 , maquillages et coiffures Cecile Kretschmar</figcaption></figure>
</div>


<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color" style="max-width:600px"><strong>Machination envoûtante</strong></p>



<p class="has-black-color has-text-color" style="max-width:600px">Il ne peut y avoir de longues discussions sur le constat que la pièce est sublimée par l’acteur longiligne, vêtu de blanc dans un environnement où le noir domine, et dont la gestuelle autant que la voix troublent jusqu’à la notion de genre. La maîtrise et la complexité de son jeu est loin en revanche d’en être l’unique réussite. Car l’actuel directeur du Théâtre Nanterre-Amandiers, assisté du scénographe <strong>Alain Lagarde</strong>, place au centre d’un ingénieux dispositif de gradins amovibles, une machination envoûtante. Qu’il représente la Chambre des Communes ou les coulisses du pouvoir, le décor aussi sombre soit-il devient ici une tribune au grand jour des intrigants. Habité par une désinvolte négligence des enjeux qui évolue en démence capricieuse, Richard ne semble à aucun moment concerné par la nasse politique dont il est la proie. Un comportement qui va paradoxalement conférer à l’entreprise hostile d’usurpation du trône menée par son rival et cousin, Bolingbroke, futur Henri IV, une certaine légitimité. Dans une scène d’abdication aux ressorts quasi-comiques, le roi se fait bouffon dans un dernier soubresaut d’orgueil avant son assassinat comme ultime félonie. Magistral.</p>



<p class="has-luminous-vivid-orange-color has-text-color has-small-font-size" style="max-width:600px"><em>La Tempesta</em> a été jouée les 17, 18, 19, 20, 22 et 23 juillet à l’Opéra du Grand Avignon.<br><em>Richard II</em> a été créé le 20 juillet et présenté jusqu’au 26 au Gymnase du lycée Aubanel, à Avignon.</p>
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