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	<title>Archives des Christos Papadopoulos - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Christos Papadopoulos - Journal Zebuline</title>
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		<title>La danse des grands hommes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:51:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">La recette de <em><strong>Vaison Danses</strong></em> est simple&nbsp;: il s’agit de programmer les plus prestigieuses compagnies de danse. Dans une certaine variété d’esthétiques, même si toutes défendent une danse qui s’engage physiquement, dialogue avec la musique, et crée des spectacles à la hauteur du Théâtre antique, impressionnant de hauteur. Pas question de prendre de risques&nbsp;: les ballets accueillis doivent remplir l’amphithéâtre et satisfaire un public international de vacanciers réguliers qui attendent une belle danse, pas forcément transgressive, mais contemporaine, et léchée. Pour autant, l’absence de chorégraphe femme cette année dans le théâtre antique est choquant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour fêter ces 30 années, le directeur artistique, <em><strong>Pierre-François Heuclin</strong></em>, a fait appel, le 10 juillet, à <strong>Jean-Christophe Maillot </strong>et son Ballet de Monte-Carlo. <em>Core Meu</em>, reprend et augmente une pièce créée en 2017 sur le sacrifice. Avec désormais 50 danseurs et un ensemble musical, c’est un hommage à Béjart qui reprend, en particulier, la ronde collective, épuisée, de son <em>Boléro</em> mythique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hofesh Shechter</strong> porte lui aussi une danse très physique, et des épuisements. Mais au geste parfait, ample et placé il préfère la vitesse débridée et le poing levé, l’ambiguïté, la blessure qui se combat par le choc et l’énergie<em>. In the Brain</em>, sa nouvelle pièce, est dansée le 15 juillet par son ballet II, 8 jeunes danseurs internationaux qui n’ont rien à envier à sa compagnie I. Et qui sont aussi virtuoses dans des contextes de rave ou de clubbing que lorsque les souvenirs de danses diverses, folkloriques, leur remontent <em>dans le cerveau</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 18, place au ballet de l’Opéra de Lyon avec <em>Mycelium</em>, de <strong>Christos Papadopoulos</strong>, qui propose une danse inspirée des réseaux végétaux, des organismes collectifs, des mouvements cellulaires. Une danse du contact, douce et ample, avant l’arrivée du Ballet de Tunis, avec le <em>Carmen </em>d’<strong>Abou Lagraa</strong>, le 22 juillet. Ou plutôt les Carmens, femmes libres méditerranéennes, multiples, qui affirment leur désir et leur liberté jusqu’au face à face avec la violence des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le Ballet Biarritz de <strong>Christophe Malandain</strong> qui viendra, le 25 juillet, clore le festival dans le Théâtre antique, pour une soirée exceptionnelle, puisque le chorégraphe quitte la direction du Ballet. Le programme <em>Juste une dernière danse</em> repose sur trois pièces classiques (Poulenc, Mozart, Ravel) dont son boléro, pour 12 danseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les femmes au Nymphée</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces cinq soirées prestigieuses sans chorégraphes femmes s’ajouteront quatre soirs plus intimes, et un brin plus féminines, au Théâtre Nymphée : le 17 juillet de jeunes danseurs interprèteront du Mourad Merzouki, mais la scène partagée du 20 juillet reposera sur trois chorégraphes lauréat·es de concours internationaux, dont deux femmes. Celle du 11 juillet propose une pièce pour jeune public de <strong>Caroline Breton</strong>, <em>Euphoria</em>, drôle et colorée. Et le 13 juillet le <strong>Ballet junior Preljocaj</strong> reprendra <em>Near Life experience</em>, une très belle pièce du chorégraphe sur les limbes, le passage entre la vie et la mort, et l’inverse aussi, tissé par des bocaux et des fils rouges. Un équilibre F/H dans le petit théâtre, qui devrait pouvoir aussi s’inscrire au Théâtre antique&nbsp;?</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br><strong> Vaison Danses<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 10 au 25 juillet<br></mark></strong>Théâtre Antique et Théâtre du Nymphée, Vaison-la-Romaine</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>FESTIVAL DE MARSEILLE : Marie Didier : « Ce qui n’est pas représenté est invisibilisé »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jun 2025 11:03:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Qu’est-ce qui fait, selon vous, la spécificité et le succès de ce festival ? Marie Didier. C’est un mélange de choses. Je pense que la place accordée à la danse, au mouvement, à la diversité des corps et des identités joue un rôle fort. Ce sont des thématiques très présentes à Marseille, mais le [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Qu’est-ce qui fait, selon vous, la spécificité et le succès de ce festival ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marie Didier.</strong> C’est un mélange de choses. Je pense que la place accordée à la danse, au mouvement, à la diversité des corps et des identités joue un rôle fort. Ce sont des thématiques très présentes à Marseille, mais le festival en a fait sa ligne principale. J’essaie aussi de proposer des formes originales, parfois atypiques, tout en gardant des événements fédérateurs. Ce qui plaît, je ne le sais pas précisément, il faudrait le demander au public, mais je pense que c’est cette diversité, avec un fil rouge : la danse comme langage universel, et comme espace d’esthétiques variées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y a-t-il aussi un travail autour de la parole, du texte ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être ce qui nous caractérise le moins… mais la journée du 29 juin sera intéressante à ce titre. On y retrouvera plusieurs artistes issus du champ de la littérature, surtout expérimentale, mais toujours en lien avec la performance. Par exemple, <strong>Léa Rivière</strong>, ou <strong>Lucie Camous</strong>, qui explorent des formats cinématographiques ou poétiques expérimentaux. Je pense également à <strong>No Anger</strong>, une artiste en situation de handicap qui travaille autour des frontières — entre les corps, valides et non-valides. Là, on est dans un dialogue entre danse, performance et autres disciplines, mais c’est concentré sur cette journée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’est une édition anniversaire, la trentième. Est-ce que vous avez prévu quelque chose pour marquer le coup ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre manière de célébrer, c’est de rester fidèle à notre cap. Cette année, on accorde une place importante aux projets participatifs, de co-création, qui impliquent des amateurs et amatrices. On en a cinq très forts cette année. Ce sont des projets pensés par des artistes, mais qui n’existeraient pas sans les participant·es. On a voulu appuyer là-dessus. Cela produit des formes artistiques, mais aussi du lien, de la pratique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, le festival s’ouvrira le 12 juin avec <em>Manifête</em>, un projet mené par la chorégraphe <strong>Marina Gomes</strong>, où 450 enfants danseront dans l’espace public pour parler de leur liberté d’expression. C’est un projet d’envergure, ancré dans le territoire, et qui dit politiquement des choses sur la place qu’on veut laisser à la jeunesse – ou plutôt la place qu’on les laisse prendre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi deux grandes soirées au Théâtre de la Sucrière en fin de festival : <em>Les Oiseaux rares</em>, projet d’<strong>Anne Festraets</strong>, qui invite dans chaque ville des jeunes exilés à s’intégrer au spectacle, en valorisant leurs talents. Et puis <em>Blossom</em>, de <strong>Sandrine Lescourant</strong>, chorégraphe installée à Marseille, qui travaille sur la notion de lien, qui constitue chez nous un réel leitmotiv. Elle rassemble une vingtaine de personnes très différentes – âges, pratiques, origines – autour de chanteurs et musiciens professionnels, pour créer une œuvre typiquement marseillaise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous évoquiez également un autre axe fort autour de la diversité des corps…</strong><br>Oui, c’est un autre grand axe de cette édition anniversaire. Depuis plusieurs années, nous défendons la place des corps différents, en particulier des personnes en situation de handicap. La danse a souvent été pionnière en la matière. Cette année, cela traverse toute la programmation. Ce n’est pas concentré sur un événement, mais présent comme une coulée continue. On a par exemple le film <em>Crip Camp : la révolution des éclopés</em>, qui retrace le militantisme des personnes handicapées aux États-Unis, diffusé le 7 juin. Une conférence de <strong>Mathilde François </strong>et une rencontreautour d’<strong>Élisabeth Lebovici</strong>,une figure de l’histoire de l’art, prolongera ce moment le 29 juin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On présente aussi le 19 juin une création de la compagnie inclusive britannique<strong> Candoco</strong>, qui a été pionnière dans ces enjeux, ainsi que <em>Starting with the limbs</em>, une création inclusive d’<strong>Annie Hanauer</strong>. Nous savons combien ce qui n’est jamais représenté, dans le monde de l’art, mais aussi dans la sphère politique ou publique, est, de fait invisibilisé&nbsp;; et cela peut recouvrir des réalités et des vies nombreuses. L’art peut aussi combler ce manque-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous disiez enfin vouloir marquer l’édition par de grandes formes ?</strong><br>Oui, je tenais à proposer des pièces d’envergure : beaucoup d’interprètes au plateau, des scénographies ambitieuses, innovantes. Ce sont des productions de haut niveau, et il y en a plusieurs cette année. Je pense à <strong>Peeping Tom </strong>et sa scénographie hors normes, à <em>Weathering</em> de la compagnie <strong>Faye Driscoll </strong>– une pièce immersive avec un public tout autour – ou encore à la création de <strong>Christos Papadopoulos</strong>, avec plus de 10 interprètes. C’est important de porter cette ambition-là, pour que le festival reste un lieu de grande création. De même que son ouverture à l’international&nbsp;: les dramaturgies d’ailleurs, celle du pourtour méditerranéen qui est notamment très présent – la Grèce, la Catalogne, l’Egypte, le Liban et la Palestine – ont beaucoup d’inspiration à nous apporter. Le festival dit quelque chose d’un rapport au monde qui ne relève pas de la naïveté&nbsp;: il faut être conscient que l’on accueille un grand nombre d’artistes venus de zones de conflits. Créer des espaces où l’on invente, dans la joie, et dans des formes de vivre ensemble, du décloisonnement pour dépasser les clivages&nbsp;: cela nous semble essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le festival suscite, de fait, beaucoup de curiosité et d’enthousiasme.<br></strong>C’est indéniable&nbsp;! Et cela se voit dans la dynamique de réservation, au moins aussi forte que l’année dernière. En 2024, on avait terminé avec 96 % de remplissage, 80 % des spectacles complets. On est sur la même lancée&nbsp;! Cela montre qu’il y a une adéquation entre ce qu’on propose et un désir du public, des Marseillais. Peut-être un désir de danse, de performance, un attachement à ce festival qui commence à s’installer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Festival de Marseille</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 6 juillet<br></mark>Divers lieux, Marseille</pre>
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