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	<title>Archives des Claes Bang - Journal Zebuline</title>
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		<title>L’Inconnu de la Grande Arche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Nov 2025 14:30:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Stéphane Demoustier adapte ici un roman de Laurence Cossé et reprend son titre digne d’un polar. Assumant de mêler la fiction aux faits historiques. 1983&#160;: François Mitterrand, dans le cadre de ses Grands Travaux, lance un concours international pour construire un édifice emblématique prolongeant l’axe parisien historique du Louvre à l’Arc de triomphe. A l’étonnement [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stéphane Demoustier</strong> adapte ici un roman de <strong>Laurence Cossé</strong> et reprend son titre digne d’un polar. Assumant de mêler la fiction aux faits historiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1983&nbsp;: François Mitterrand, dans le cadre de ses Grands Travaux, lance un concours international pour construire un édifice emblématique prolongeant l’axe parisien historique du Louvre à l’Arc de triomphe. A l’étonnement général, c’est le projet d’un certain <strong>Otto von Spreckelsen</strong> (interprété par <strong>Claes Bang</strong>), un architecte danois totalement inconnu, qui est retenu. Un cube évidé, respectant la perspective, célébrant symboliquement une ouverture à la spiritualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film s’ouvre sur une scène de quasi-comédie&nbsp;: le réalisateur met en scène dans les bureaux de l’Élysée où le Président (<strong>Michel Fau</strong>) trône, entouré de déférents courtisans, l’incrédulité de tous, puis la fébrilité des conseillers pour essayer de contacter ce lauréat inattendu qui n’a pas de téléphone et dont l’Ambassade danoise n’a jamais entendu parler. Jean-Louis Subilon, (<strong>Xavier Dolan</strong>) un haut fonctionnaire français, doit partir au Danemark.&nbsp; Il retrouve Otto se baignant près de sa barque, avec sa femme Liv (<strong>Sidse Babett Knudsen</strong>). D’emblée, l’opposition entre un espace de liberté ouvert et celui des lieux resserrés du pouvoir est suggérée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Otto enseigne dans une école d’architecture. A plus de 50 ans, il n’a jamais bâti que sa propre maison et quatre églises dans son pays. Le projet parisien est colossal. C’est celui d’une vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très vite, l’architecte danois se heurte à des obstacles. D’abord, un délai très court imposé par l’Élysée qui appuie sa communication politique sur ces grands travaux : le Cube devra être livré pour la commémoration du bicentenaire de la Révolution française. Ensuite, des règlements administratifs, des contraintes budgétaires. Enfin, un certain état d’esprit français frileux -un peu moqué ici : un « <em>c’est impossible</em> » lui étant opposé chaque fois qu’il exige quelque chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le Gestionnaire, le Pragmatique et l&rsquo;Idéal</strong></mark><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">iste</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Otto doit se faire épauler par <strong>Paul Andreu</strong> (<strong>Swann Arlaud</strong>). Ce grand architecte expérimenté, concepteur entre autres, de l’aéroport de Roissy, accepte, au nom du projet qu’il admire, le rôle d’architecte d’exécution. Intelligent, efficace, rationnel, diplomate et patient, il a la mission difficile – sans doute impossible, de transformer le rêve d’un autre en réalité. Il affronte&nbsp;la colère d’Otto qui le soupçonne de vouloir le déposséder de son «&nbsp;Cube&nbsp;» et de dénaturer sa vision. Le film avance comme le chantier au fil des rapports conflictuels entre le technocrate Jean -Louis Subilon comptable des dépenses, Paul Andreu, en équilibriste, coordonnateur des équipes et Otto Spreckelsen qui n’accepte aucun compromis. Le Gestionnaire, le Pragmatique et l’Idéaliste désirant chacun à sa façon, la finalisation de l’Edifice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On s’amuse à voir un François Mitterrand se donnant le rôle d’un Laurent de Médicis et tenant dans ses mains un morceau du marbre de Carrare qui devait initialement recouvrir l’Arche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet qui donnait sens à la vie d’Otto von Spreckelsen va le miner, déstabiliser son couple et sa santé mentale. La défaite de Mitterrand aux législatives bouleverse la donne. Otto abandonne le chantier avant la fin et meurt avant l’achèvement de son <em>Cube</em> renommé <em>Arche</em> par Andreu. Son nom sera oublié du public. La boucle étant bouclée, le film reviendra sur le même mode de comédie, au Danemark où Andreu et Subilon chercheront en vain la tombe de l’architecte inconnu sous une pluie battante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du <em>Rebelle</em> de King Vidor au <em>Ventre de l’Architecte</em> de Peter Greenaway, ça ne se passe jamais très bien pour les architectes de cinéma<em>. &nbsp;L’Inconnu de la grande Arche</em> est bien sûr un film sur l’Architecture, et sur les architectes, mais pas que… Comme dans les deux œuvres précitées, c’est la réflexion sur les rapports entre architecture et pouvoir, architecture et maîtrise d’ouvrage qui importe, l’éternel conflit entre utopie et réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’Inconnu de la Grande Arche</em> de <strong>Stéphane Demoustier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sélection <em>Un Certain Regard</em>, Cannes 2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie&nbsp;: 5 novembre</p>
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		<title> [Berlinale 2025] Mère ou pas mère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2025 14:15:27 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La meilleure mère du monde</mark></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une femme vient porter plainte pour violences domestiques. C’est Gal (<strong>Shirley Cruz),</strong> une éboueuse, que son mari, Leandro (<strong>Seu Jorge</strong> ) qui boit bat régulièrement. Son visage est marqué par les coups ; son regard est intense.&nbsp; Elle décide de s’échapper avec ses deux enfants les embarquant dans sa charrette de recyclage pour une <em>&nbsp;«&nbsp;grande&nbsp; aventure</em> », le seul moyen de les protéger d’un réel plus que difficile.&nbsp; Tel un buffle, elle tire sa carriole à travers les rues de Sao Paulo : il lui faut trouver des endroits pour dormir, de quoi manger, tenter de faire quelques travaux pour&nbsp; survivre. Sa route croise celle de Munda, « une femme libre » qui lui propose un squat. Mais Gal a un but ; aller chez son cousin et, puissante, tenace, elle continue de&nbsp; tirer sa charrette où trônent, tels des princes, son fils ; Benin, ravi d’avoir croisé la route du cheval, Biro- Biro et sa fille, Rihanna qui a parfois envie de rentrer à la maison. Mais&nbsp; les enfants sont heureux de vivre cette aventure car Gal a le pouvoir de ré enchanter le monde&nbsp; comme le père dans <em>La Vie est belle</em> de Benigni. Une fontaine publique devient un endroit où on se lave, certes,&nbsp; mais aussi où se baigne, s’éclabousse en riant ;&nbsp; une des plus belles séquences du film <strong>d’Anna&nbsp; Muylaert</strong>, <em>A Melhor Mãe do Mundo (The Best Mother in the World</em>), un film qui témoigne de la violence que subissent les femmes mais aussi de la puissance de celles qui la refusent et arrivent comme Gal à gagner leur liberté. La meilleure mère du monde. Car pour Anna&nbsp; Muylaert, <em>« La mère est la figure la plus importante de la société .Si une mère est battue par son mari, son fils battra sa femme, ou sa fille pensera que c&rsquo;est normal d&rsquo;être battue par son mari aussi. C’est un cycle de violence qui dure toute la vie. »</em> . <strong>Shirley Cruz</strong> incarne brillamment cette femme forte qui se bat, pleine d’imagination et d’espoir en la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Best Mother in the World</em> de la réalisatrice brésilienne qu’on avait découverte en 2015 avec <em>The Second Mother</em> était présenté dans la section <strong><em>Berlinale spécial</em></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/02/1444105_mothersbaby_227258.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-127799" style="width:456px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/02/1444105_mothersbaby_227258.jpg?w=780&amp;ssl=1 780w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/02/1444105_mothersbaby_227258.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/02/1444105_mothersbaby_227258.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/02/1444105_mothersbaby_227258.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/02/1444105_mothersbaby_227258.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/02/1444105_mothersbaby_227258.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption"> <strong>Johanna Moder,</strong> <em>Mother’s baby</em></figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">On ne nait pas mère : on le devient …ou pas</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un couple riant aux éclats et hurlant dans un manège qui tourne à toute allure…Un symbole de leur  vie future.  Elle c’est Julia, une cheffe d’orchestre reconnue,  lui c’est Georg ( <strong>Hans Löw).°</strong> Ils n’arrivent pas à avoir d’enfant et vont consulter le Dr Vilfort, spécialiste de la fertilité dans une clinique privée. Julia se retrouve enceinte et se prépare à devenir mère mais rien ne se déroule comme prévu. L’accouchement se passe très mal ; la caméra le filme longuement, s’attardant sur le visage en souffrance de la parturiente et, en un travelling circulaire, sur les’ infirmières rassemblées autour de la sage-femme Gerlinde (<strong>Julia Franz Richter</strong>)  qui vont l’aider à mettre au monde ce bébé. Un bébé qu’on n’entend pas crier et qui est emmené immédiatement par l’inquiétant Dr Vilfort (<strong>Claes Bang</strong>)  Après une longue attente, on annonce  à Julia et Georg que le bébé va bien. Pour Julia, ce bébé à qui elle  ne donne pas de nom, qu’elle a du mal à allaiter, est un étranger, un bébé  aux drôles d’yeux, trop calme. Elle essaie de le  faire réagir par de la musique très forte, jouant du violon tout près ou le pinçant pour le faire crier « <em>Il ne pleure pas, ne ressent aucune douleur et n’a jamais faim.-. Tu préfèrerais un bébé qui crie ?</em> lui rétorque Georges. <em>Tu voulais un enfant ?  &#8211; Pas celui-là</em> ! » Commence à germer chez elle l’idée que ce bébé n’est pas le sien, qu’il  a été échangé. <em>« Tout va bien »  </em>lui répète, comme un mantra,  son entourage ainsi que  Dr Vilfort qu’elle va consulter à plusieurs reprises .Il lui offre un axolotl, une sorte de salamandre qui semble le fasciner. Tout comme le narrateur de la nouvelle de Cortazar,<em> Axolotls</em>. Le doute s’insinue de plus en plus chez Julia : ce bébé qui n’est pas le sien n’a-t-il pas été conçu dans une éprouvette. Non ! Tout ne va pas bien !</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Le film de la réalisatrice autrichienne  <strong>Johanna Moder,</strong> <em>Mother’s baby</em>,  construit&nbsp; comme un thriller psychologique, met en avant les difficultés à devenir mère et la dépression post partum qui n’est pas toujours reconnue.&nbsp; Le spectateur est emporté dans le monde de Julia grâce au jeu parfait de <strong>Marie Leuenberger</strong>&nbsp;&nbsp; «<em>Mother’s baby est pour moi un film très personnel. Précise la réalisatrice&nbsp; C&rsquo;est une sorte de règlement de comptes, même si je ne sais pas avec qui ni quoi. Le bonheur promis ne se concrétise pas avec la naissance de l’enfant. C&rsquo;est plutôt le début d&rsquo;un mauvais rêve. Rien n&rsquo;est comme avant. Et ce qui était, </em>inexorablement, fond et ne peut plus être retenu. »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Mother’s baby</em></strong><strong> qui tient le spectateur en haleine jusqu’au bout était en compétition à la 75é Berlinale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Annie Gava</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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