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	<title>Archives des Constellation/ Redux - Journal Zebuline</title>
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		<title>Forêts endormies et portes ouvertes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 07:36:38 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Un vent brûlant traverse les rues d&rsquo;Arles en ce début juillet. C&rsquo;est avec un véritable bonheur, teinté d’éco-anxiété, que l&rsquo;on rejoint LUMA, refuge de fraîcheur installé sur l&rsquo;ancienne friche industrielle du Parc des Ateliers pour le deuxième volet de son nouveau cycle d&rsquo;expositions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Première halte avec <strong>Amanat, La Forêt sacrée</strong>, de l&rsquo;artiste ouzbèke Saodat Ismailova, dont le travail explore les mémoires enfouies d&rsquo;Asie centrale. Le film qui donne son titre à l&rsquo;exposition suit trois générations d&rsquo;hommes dans une forêt. Lorsqu&rsquo;ils s&rsquo;endorment, leurs songes se confondent, abolissant les frontières du temps. Des matelas sont disposés dans la salle afin que chacun puisse s&rsquo;allonger et se laisser porter par cette lente dérive. Le mot <em>amanat</em>, issu de l&rsquo;arabe <em>amanah</em>, signifie « confiance », mais renvoie aussi à l&rsquo;idée d&rsquo;un héritage confié aux générations futures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forêt traverse plusieurs œuvres de l&rsquo;exposition. Dans <em>Seven Sleepers</em>, Saodat Ismailova revisite la légende des Sept Dormants, ces jeunes croyants réfugiés dans une grotte pour fuir les persécutions avant de se réveiller plusieurs siècles plus tard. Avec <em>Sharshar</em>, elle filme une cascade sacrée à différents moments de l&rsquo;année, révélant un paysage où le temps semble suspendu. L&rsquo;artiste célèbre une nature que le pouvoir soviétique a longtemps tenté de domestiquer, à l’image du tigre de Turan, aujourd’hui disparu, mais dont la mémoire persiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En immersion avec Patti</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La visite se poursuit vers l&rsquo;un des temps forts de ce nouveau cycle : <strong>Correspondences</strong>, installation monumentale conçue par le <em>Soundwalk Collective</em> avec Patti Smith, qui investit la Grande Halle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Patti Smith elle-même était présente pour accompagner les premiers visiteurs. Présentée pour la première fois en Europe, son œuvre immersive réunit huit films réalisés entre 2023 et 2026, auxquels s&rsquo;ajoutent plusieurs créations produites par LUMA Arles et tournées sur le territoire camarguais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit, explique l&rsquo;artiste, de constituer l&rsquo;archive sensible d&rsquo;un monde en train de disparaître, peuplé de traces fragiles. Une œuvre hantée par l&rsquo;absence autant que par la présence, rythmée par la scansion envoûtante de la poétesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rimbaud et Artaud traversaient déjà une précédente exposition du collectif au Centre Pompidou en 2022. A l’instar de ses modèles, l’artiste se pose elle-même en voyante capable d&rsquo;ouvrir d&rsquo;autres perceptions du monde. À l&rsquo;issue de la visite, quelques mots sont échangés autour de la place des femmes dans la création. Patti Smith s&rsquo;en réjouit : les artistes femmes occupent aujourd&rsquo;hui une visibilité nouvelle. Malgré les tentatives de retour en arrière portées par les courants conservateurs américains, elle reste confiante. « Les femmes ont désormais mis un pied dans la porte », sourit-elle. Et cette porte, assure-t-elle, ne se refermera plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À voir également<strong> Bodies Never Lie </strong>de Stan Douglas à la Mécanique Générale, <strong>Offprint Arles</strong> au Magasin Electrique et Diane Arbus : <strong>Constellation/ Redux</strong> à l’auditorium de la Tour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ISABELLE RAINALDI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/"><em>Arts Visuels</em> ici</a></p>
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