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	<title>Archives des Daniel Alwell - Journal Zebuline</title>
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		<title>Les mignardises du BNM régalent le Zef</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Apr 2023 17:33:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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<p>Ragaillardi par le succès, plus que mérité, de son programme quadripartite consacré à quatre grandes chorégraphes – <em>Childs, Carvalho, Lasseindra, Doherty </em>– le Ballet national de Marseille s’est de nouveau adonné, avec <em>Roommates</em>, à l’exercice délicat mais réjouissant du voisinage artistique. Où œuvres brèves et extraits se côtoient comme autant de mignardises aiguisant les appétits de chacun. Ce ne sont donc pas quatre mais six pièces qui s’enchaînent au fil de ce programme qui rappelle la vitalité et la spécificité de ce ballet devenu, depuis la nomination du collectif (La)Horde à sa tête en 2019, un des plus en vue du paysage national.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Revoir ses classiques ?</mark></strong></p>



<p>Déjà présente à l’affiche du précédent opus, la pionnière Lucinda Childs, âgée de 82 ans, voit de nouveau une de ses pièces exécutées par le ballet&nbsp;: ce <em>Concerto </em>très modern jazz créé en 1993 puise, dans l’épure de ses lignes comme dans son vocabulaire même, du côté du langage classique&nbsp;: développés, ronds de jambe, pirouettes … Et agence les mouvements de ses danseurs au gré de la musique entêtante d’Henryk Górecki, évoquant les meilleures heures du minimalisme. L’héritière de Merce Cunningham s’immisce dans l’abstraction et l’aléatoire pour énoncer, ré-énoncer et déformer ses enchaînements, traités à la façon de thèmes musicaux. Sur cette partition passionnante, évoquant entre autres De Keersmaeker, le ballet pourtant enthousiaste et prompt à de belles échappées peine à s’entendre, à se mettre à l’unisson. Un même malentendu semble à l’œuvre sur <em>Les Indomptés </em>de Claude Brumachon, splendide duo créé en 1992&nbsp;: les corps, d’un athlétisme et d’une expressivité rares, peinent à s’accorder sur les finitions, à entrer en dialogue.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le fracas des corps</mark></strong></p>



<p>Est-ce à dire que le ballet n’est jamais plus à son aise que sur le répertoire d’aujourd’hui, voire de demain&nbsp;? Force est de constater que le <em>Grime Ballet </em>de Cecilia Bengolea et François Chaignaud semble davantage inspirer la troupe. Ravis de monter sur pointe pour s’y adonner à des gainages, poses et autres freestyles empruntés au hip-hop, les danseurs s’en donnent à cœur-joie – notamment <strong>Aya Sato</strong>, placée au cœur du dispositif. Ils s’amusent enfin beaucoup sur les deux œuvres phares chorégraphiées par (La)Horde&nbsp;: l’extrait de <em>Room with a view</em>, tube tirant le meilleur des obsessions du trio, plein de vitalité, de rage et de joie quasi enfantine&nbsp;; et le tout nouveau <em>Weather is sweet</em>, empruntant ses déhanchés au twerk, et ses vas-et-viens à un registre érotique très explicite, jusqu’aux dispensables dessous échancrés, visibles sous une jupe d’écolière. L’art consommé de la pose et du geste déclinable à l’infini est, une fois de plus, très maîtrisé&nbsp;: manque cependant à cette nouvelle pièce la folie et le sens de l’image qui avaient rendu sa prédécesseuse inoubliable.&nbsp;</p>



<p>C’est finalement le dernier-né <em>Oiwa</em>, venu des chorégraphes belges de Peeping Tom, qui convaincra le plus. Ses portés vertigineux, ses corps à corps tantôt amoureux, tantôt guerriers, ses baisers empruntés à Preljocaj pour mieux s’étourdir au gré de rotations acrobatiques, séduisent et intriguent. Érigés sur un parterre de fumée évoquant aussi bien les nuages d’un Eden perdu qu’un sens aigu de l’artifice, les couples se font et se défont : s’y distinguent, entre autres, les visages et musculatures inoubliables de <strong>Sarah Abicht</strong>, <strong>Nonoka Kato</strong>… Qui s’animent, avec grâce et fracas, au gré des ports et transports de leurs formidables partenaires de jeu – <strong>Daniel Alwell </strong>et <strong>Dovydas Strimaitis</strong>.</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Roommates </em>a été joué le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 avril</mark> au Zef, scène nationale de Marseille.</pre>
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