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	<title>Archives des Débat - Journal Zebuline</title>
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		<title>Rencontres d&#8217;Averroès : Trinités pour des Rencontres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 11:50:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’y aura qu’un seul grand entretien, mais avec Souleymane Bachir Diagne, philosophe essentiel à la pensée contemporaine d’un universalisme désoccidentalisé [Lire ici]. Un débat préliminaire le 20 novembre sur le parler marseillais réunira le sociologue Médéric Gasquet-Cyrus et la réalisatrice Prïncia Car. Neuf à tables Mais pour cette édition, la Méditerranée veut «&#160;prendre langue&#160;», [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/rencontres-daverroes-trinites-pour-des-rencontres/">Rencontres d&rsquo;Averroès : Trinités pour des Rencontres</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
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<p>Il n’y aura qu’un seul grand entretien, mais avec <strong>Souleymane Bachir Diagne</strong>, philosophe essentiel à la pensée contemporaine d’un universalisme désoccidentalisé [<em><a href="https://journalzebuline.fr/souleymane-bachir-diagne-reinventer-luniversalisme-contre-la-fragmentation-du-monde/">Lire ici</a></em>]. Un débat préliminaire le 20 novembre sur le parler marseillais réunira le sociologue <strong>Médéric Gasquet-Cyrus </strong>et la réalisatrice <strong>Prïncia Car</strong>.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Neuf à tables</mark></strong></p>



<p>Mais pour cette édition, la Méditerranée veut «&nbsp;prendre langue&nbsp;», ce qui ne se fait jamais mieux qu’en conversant&nbsp;à plusieurs&nbsp;! Les trois tables rondes réuniront chacune trois participants pour converser, négocier puis traduire.</p>



<p><em>Converser</em>, conçu comme un préambule à la relation, n’en est-il pas plutôt l’aboutissement ? Le 21 novembre à 14h30 la philosophe <strong>Gloria Orrigi</strong> qui travaille sur les nouvelles technologies et leur fabrique de la rumeur (<em>La vérité est une question politique</em>, 2024, Albin Michel), conversera avec l’helléniste Pierre Chiron, spécialiste de l’art rhétorique (<em>Manuel de Rhétorique, Comment faire de l’élève un citoyen</em>, 2018, Les Belles Lettres) et <strong>Laëtitia Bucaille</strong>, sociologue arabophone spécialiste de la sortie de conflits [<em><a href="https://journalzebuline.fr/rencontres-daverroes-peut-on-encore-parler-a-gaza/">Lire ici</a></em>].</p>



<p>Le 22 novembre à 14h30, il s’agira de <em>Négocier.</em> Un autre usage de la langue, qui ne consiste pas seulement à prendre contact, mais à obtenir des conciliations, sans compromission, en usant d’une langue rassurante qui habille de coton les rapports de force&nbsp;: la diplomatie est un art pour <strong>Stéphanie David</strong> directrice et représentante à l’ONU de la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) et spécialiste de la Libye, la Palestine et la Tunisie&nbsp;; pour<strong> Julien Vaïsse</strong>, historien fondateur du Forum de Paris sur la paix et spécialiste de la politique étrangère américaine&nbsp;; et <strong>Yves Saint-Geours</strong>, diplomate, ambassadeur de France, spécialiste de l’Amérique latine et observateur du «&nbsp;<em>nouvel ordre mondial</em>&nbsp;».</p>



<p>Après les négociations, il s’agit de <em>Traduire</em>, de s’élever contre le châtiment de Babel, de considérer que la pluralité des langues et des cultures est notre plus grande richesse&nbsp;; un combat que <strong>Barbara Cassin</strong>, philologue, mène depuis sa connaissance de la Grèce antique, en allant&nbsp; jusqu’à <em>La Guerre des mots de Trump et Poutine</em> [voir page suivante]. Elle discutera avec <strong>Richard Jacquemond</strong>, traducteur de littérature arabe moderne, et avec <strong>Cécile Canut</strong>, sociologue des langues minorisées&nbsp;: celles des Roms, des Maliens, des migrants dans leur pays d’accueil (<em>Provincialiser la langue, langage et colonialisme</em>, 2021, Editions Amsterdam).</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trois récits pas magistraux</mark></strong></p>



<p>Les nouvelles rencontres proposent aussi de nouveaux formats, des masterclass qui mettent en rapport direct l’intervenant·e et le public. Il ne s’agit pas de cours magistraux, mais de récits d’expérience qui se sont, l’an dernier, révélés passionnants.</p>



<p><strong>Monia Ben Jemia</strong> ouvrira le seul·e en scène. Le 21 novembre à 17 h. La juriste, militante tunisienne, lutte contre les VSS en Tunisie et défend l’idée que la société civile, les défendeurs des droits, les ONG, sont les gardiens et les garants de la démocratie. <strong>Nabil Wakim</strong> mènera la masterclass du 22 novembre à 11h [voir page suivante] et <strong>Hervé Le Tellier</strong>, l’écrivain, président de l’Oulipo, raconter son match d’écriture contre l’IA… et s’interrogera sur ce nouvel interlocuteur le 23 novembre à 14h30.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trio en soirées</mark></strong></p>



<p>Aux <em><a href="https://www.nouvellesrencontresaverroes.com">Rencontres d’Averroès</a></em>, la programmation musicale n’est jamais un simple ornement : elle répond aux débats du jour, prolonge les questions de langue, de mémoire et de circulation des cultures par d’autres voies : celles du rythme, du chant et des corps. Cette année encore, trois soirées composent un triptyque où se déclinent les voix d’une Méditerranée plurielle, indocile et toujours en mouvement. Trois soirées pour faire entendre la Méditerranée.</p>



<p>La première, le 20 novembre à 19 h à l’<a href="https://espace-julien.com/agenda/nouvelles-rencontres-daverroes">Espace Julien</a>, interroge : « Comment tu parles ? », avant de faire danser. Après un débat sur le parler marseillais – ce laboratoire vivant où se mêlent héritages, inventions et glissements – la scène se transforme en caisse de résonance avec <strong>Temenik Electric</strong>, dont le rock arabe incandescent épousera les pulsations de la ville-monde à partir de 21 h. Une manière de rappeler que Marseille s’écoute autant qu’elle se raconte.</p>



<p>Le 22 novembre, à 21 h à La Criée, place au concert dessiné <em>Rébétissa</em>. Dans un dialogue rare entre l’encre et la voix, les dessins de <strong>David Prudhomme</strong> redonnent souffle aux chanteuses de rébétiko que la dictature de Metaxás tenta de réduire au silence. Autour de lui, les musiciens <strong>Aggelos Aggelou</strong> et <strong>Maria Simoglou </strong>font vibrer ce blues grec, musique d’exil et de brasier intérieur.&nbsp;</p>



<p>Enfin, le 23 novembre, toujours à <a href="https://theatre-lacriee.com">La Criée</a> et à 17 h, la lecture musicale <em>Et la terre se transmet comme la langue </em>offre un moment de recueillement ardent. La voix d’<strong>Elias Sanbar</strong>, complice et traducteur de Mahmoud Darwich, se mêle à celle de la soprano <strong>Dominique Devals</strong>, sur une composition ample et lumineuse de <strong>Franck Tortiller</strong>. Ensemble, ils tissent une traversée où la poésie palestinienne devient souffle commun, portée par le saxophone, la guitare et les percussions. </p>



<p>Trois soirées, donc, pour dire autrement ce que les <em>Rencontres</em> n’ont cessé d’explorer : que penser la Méditerranée, c’est aussi l’écouter.</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<p></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Juniors en peau de chagrin</mark></strong><br>Le dispositif <em>Averroes Junior</em> avait pris au fil des années une importance capitale pour de nombreux établissements scolaires et des centaines d’élèves de la région. Il sera très réduit cette année. Les financements spécifiques des collectivités se sont arrêtés ces dernières années puisque le Pass Culture avait pris le relais… Mais en 2025 la part collective de ce Pass controversé est passée brutalement de 25€ par élève à 2€50, réduisant comme peau de chagrin démarche essentielle d’éducation artistique et culturelle.<br>Cette année, <em>Les Nouvelles Rencontres d’Averroès</em> ne peuvent offrir qu’à trois classes de primaires, une de lycée et une de collège, pour certains en option arabe, d’échanger autour de la traduction et d’un karaoké plurilingue, le 18 novembre. Dans un monde aussi fragmenté et fragile, et une académie qui compte plus de 535 000 élèves, ce n’est pas même la part du colibri…  <em>S.Ca</em></pre>



<p>Retrouvez nos articles<em><a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"> Société ici </a></em></p>
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		<title>Presse et culture, une histoire d’amour et de déchirements</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jan 2024 13:55:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les personnes qui répondent au questionnaire anonyme lancé par <em>Zébuline</em> sont peu représentatives des usages culturels des Français ! Plus de 45% fréquentent les arts vivants plus d’une fois par semaine, dont 20 % plus de 3 fois par semaine, et 22% plus de 25 spectacles et concerts en été. Deux tiers des répondants sont des professionnels de la culture, actifs, étudiants ou retraités ; un autre tiers des professionnels du journalisme, et parfois du journalisme culturel puisqu’ils cochent les deux ; d’autres sont des enseignants, souvent profs de lettres, d’art ou de musique. Mais quelle que soit la non représentativité de leurs usages culturels, le motif évoqué, récurrent, à la baisse de certains de leurs usages est économique, non pas parce que les places seraient trop chères dans l’absolu, mais parce que, comme le dit l’une d’entre eux, iels « <em>traversent des difficultés économiques et ne bénéficient pas des tarifs réduits </em>».</p>



<p>La même remarque apparaît dans leurs usages de la presse, certains aimeraient «&nbsp;<em>s’abonner à tout, au moins sur internet</em>&nbsp;» mais ne le font pas pour des raisons économiques. Car celleux qui ont répondu sont aussi de grands lecteurs de presse, puisque 40% lit la presse, nationale et régionale, tous les jours. Ils constatent le rétrécissement progressif des rubriques culture dans les médias généralistes, presse et audiovisuel, y compris dans les médias indépendants ou publics. Un·e lecteur·ice anonyme écrit&nbsp;: « <em>Je fais partie des personnes qui ont connu une presse locale diverse, variée et avec une large place à la culture&nbsp;: le Soir, la Marseillaise, le Provençal, le Pavé, Tak Tik, Zibeline… et qui en garde la nostalgie</em>.&nbsp;»&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="404" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=696%2C404&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-122459" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?w=856&amp;ssl=1 856w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=300%2C174&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=768%2C446&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=150%2C87&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=696%2C404&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/01/INFOGRAPHIE-POL-CUL-MAG-8.jpg?resize=723%2C420&amp;ssl=1 723w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /></figure>
</div>


<p>Et ils ont conscience du pouvoir des médias et des enjeux économiques et politiques qui y sont attachés. Ainsi <strong>Raquel Rache de Andrade</strong>, une des participantes de notre débat, codirectrice du Pôle national du cirque Archaos, en fait une analyse très politique&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;<em>Le rétrécissement de l&rsquo;espace pour la culture dans les médias permet un état de non réflexion sur le monde qui nous entoure, et l&rsquo;instrumentalisation de la pensée à des fins politiques. Comme disait&nbsp;Pierre Bourdieu&nbsp;“Les riches achètent les médias pour donner leurs messages bien choisis aux pauvres”.&nbsp;</em>»</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un constat de rétrécissement sans appel</mark></strong></p>



<p>Ce constat repose sur une réalité documentée, mais les titres possédés par les milliardaires français [voir encadré] ne sont pas les seuls à avoir banni les sujets culturels de leurs Unes, alors que les sujets sportifs y fleurissent régulièrement. Les rares titres de la presse indépendante qui survivent et les médias publics audiovisuels leur emboitent le pas et les sujets culturels s’y font de plus en plus rares.&nbsp;</p>



<p>Les écoles de journalisme, privées comme publiques, ne forment plus à ces questions alors que des masters de journalisme sportif fleurissent dans toutes les universités. Et l’État n’accorde aucune aide à la diffusion à la presse culturelle alors qu’il accorde 1 million d’euros à <em>L’Equipe</em>, qui figure bon an mal an dans les trois quotidiens de France les plus lus (après <em>Le Monde</em> et <em>Le Figaro</em>) et 2,2 millions aux <em>Echos</em>, c’est à dire à Bernard Arnault qui n’en a pas forcément besoin. Les aides accordées à ces titres économiques et sportifs sont refusés aux titres culturels, qui ne sont pas jugés comme relevant de l’information générale par… le ministère de la Culture !</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Sept milliardaires à la tête des médias</strong>
Les grandes fortunes françaises possèdent tout, ou partie majoritaire, de plus de 90% de la presse nationale et régionale, et des médias audiovisuels d’information. Elles y perdent généralement de l’argent, parfois beaucoup, mais s’auto-recapitalisent régulièrement. Le but est clairement, puisqu’elles investissent à perte même si les aides d’État viennent un peu compenser, de contrôler l’opinion. 
Patrick Drahi (BFM et RMC), Dassault (Le Figaro, Gala), Vincent Bolloré (Europe 1, Télé-Loisirs, Géo, Gala, Voici, Femme Actuelle, Capital, Paris Match, le JDD, Canal +, CNews) Xavier Niel (Le Monde, L’Obs, Nice Matin, Var Matin, Monaco Matin, France Antilles, France Guyane), Bernard Arnault (Les Echos, Le Parisien, Radio Classique, Historia, Sciences et Avenir, Challenge…), Rodolphe Saadé (La Provence, La Tribune, Corse Matin), François Pinault (Le Point)… 
</pre>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Inventer une nouvelle histoire</mark></strong></p>



<p>Pourtant la relation de la culture avec la presse est historique, et forte&nbsp;: les premières gazettes rendaient compte de l’actualité culturelle, et jusque dans les années 1980 bon nombre de Unes de la presse généraliste étaient consacrées à des acteurs, voire à des metteurs en scène. Ce qui n’arrive plus qu’à l’annonce de leur décès. Mais la relation reste forte, et complexe, tous les opérateurs culturels soignant leur «&nbsp;relation presse&nbsp;» et attendent d’être «&nbsp;couvert&nbsp;», en méconnaissant souvent les difficultés qu’ont les journalistes culturels, au sein de leur rédaction, à obtenir de la place dans les pages, et l’impossible équation pour la presse culturelle régionale de survivre sans financement.</p>



<p>Les réponses au questionnaire, par une majorité de professionnels de la culture, témoignent de cette méconnaissance&nbsp;: l’attente d’une «&nbsp;<em>exhaustivité&nbsp; de l’information sur les spectacles&nbsp;</em>», d’une «&nbsp;<em>information gratuite&nbsp;</em>», de «&nbsp;<em>plus de curiosité sur les arts émergents</em> », d’une couverture des concerts&nbsp;«&nbsp;<em>jusque dans nos villages&nbsp;</em>», méconnait la réalité économique de la presse culturelle, qui est perçue comme un service public, alors même qu’elle reçoit pas ou peu d’argent public.</p>



<p>Une incompréhension et dépendance que <strong>Catherine Marnas</strong>, directrice de la Compagnie Parnas, exprime avec lucidité du côté des artistes&nbsp;:</p>



<p>«<em>&nbsp;La relation entre la presse et les artistes est une relation passionnante qui trouverait sa place dans les fictions qui s’intéressent aux passions. Tout dans les schémas de la relation amoureuse y est présent. Flirts, cour, dépit, réconciliations mais peut-être plus que dans l’amour (quoi que!) l’intérêt y est ici omniprésent. Astreint au besoin de plaire et de faire parler de soi, l’artiste se trouve soumis à un pouvoir de la presse qu’il maudit en coulisse et courtise au grand jour.&nbsp;</em>»</p>



<p>Faut-il, dans ces conditions, trouver un terrain de combat commun pour affirmer ensemble, public/lecteur, journalistes et artistes, notre refus de l’emprise actuelle sur nos médias, nos industries culturelles et notre culture publique&nbsp;? C’est ce que propose <strong>Samuel Wahl</strong>, qui enseigne le journalisme culturel à La Sorbonne (dans la région ce n’est pas enseigné) et observe de nouveaux médias, alternatifs, où artistes et journalistes créent ensemble, pour permettre de «&nbsp;<em>préserver l’accès aux libertés et promouvoir le développement de l’esprit critique comme un bien commun. Chacun est appelé à y prendre une part active et à rappeler la puissance publique à sa mission première d&rsquo;intérêt général, en offrant des garanties concrètes quant à l’indépendance et au pluralisme face à la concentration des pouvoirs.&nbsp;</em>»</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>
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