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	<title>Archives des Don Juan - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Don Juan - Journal Zebuline</title>
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		<title>Don Juan est un sale type </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:24:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis le déboulonnage en règle de David Bobée, le Don Juan de Molière a perdu les derniers restes de son aura de héros, déjà bien entamée par Antoine Vitez. Si jusque-là ce seigneur libertin, c’est à dire athée au XVIIe&#160;siècle, ce noble courageux, c’est à dire qui défend son honneur par l’épée, conservait des qualités, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Depuis le déboulonnage en règle de David Bobée, le<em> Don Juan </em>de Molière a perdu les derniers restes de son aura de héros, déjà bien entamée par Antoine Vitez. Si jusque-là ce seigneur libertin, c’est à dire athée au XVII<sup>e</sup>&nbsp;siècle, ce noble courageux, c’est à dire qui défend son honneur par l’épée, conservait des qualités, aujourd’hui il n’apparaît plus que comme un lâche dominant, un décadent sexiste, méprisant et méprisable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Macha Makeïeff</strong> s’inscrit, en femme féministe, dans cette démarche de démystification du «&nbsp;<em>grand seigneur/méchant homme&nbsp;</em>». Comme Bobée, elle fait remplacer «<em>&nbsp;tabac&nbsp;</em>» par «&nbsp;<em>théâtre</em>&nbsp;» dans le monologue d’ouverture de Sganarelle (formidable&nbsp;<strong>Vincent Winterhalter</strong>) qui bégaye et plastronne, campant le personnage du valet, à la fois complice et réprobateur, dès les premières minutes. Mais elle poursuit la métaphore du théâtre, et les personnages ne sont jamais dans le réel&nbsp;: ils surgissent du décor à double fond où ils semblent tous épier, pour le détruire, la bête malfaisante que tous réprouvent. Sganarelle navigue d’un espace à l’autre, intercesseur entre la scène et le public, comme le faisait sans doute Molière, qui jouait le valet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Enfermé au boudoir</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Théâtre dans le théâtre,&nbsp;<em>Dom Juan</em>&nbsp;devient aussi un huis clos&nbsp;: le libertinage du prédateur n’apparaît plus comme la libre-pensée du XVII<sup>e</sup>&nbsp;siècle, mais comme une «&nbsp;<em>liberté</em>&nbsp;» abusive que Macha Makeïeff transpose, pour mieux la dénoncer, dans une ambiance sadienne&nbsp;: une alcôve, un boudoir, des portes dérobées.&nbsp;Dans un XVIII<sup>e</sup> siècle qui, comme le souhaitait la metteuse en scène, répand comme une «&nbsp;<em>odeur de lit défait</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, Don juan, enrubanné mais aussi négligé, apparaît sous les traits d’un stupéfiant&nbsp;<strong>Xavier Gallais</strong>, qui parvient à n’être, à aucun moment, grandiose ou désirable. Il joue avec une abnégation dont peu d’acteurs sont capables un personnage totalement détestable, faible, sans panache, et clairement sadique. Violentant les femmes, et son valet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi Makeïeff démine un à un tous les préjugés qui parcourent le texte&nbsp;: Piarrot le paysan manie une langue claire et belle, les proverbes enfilés de Sganarelle prennent sens, et le mépris linguistique de Don Juan est le signe d’une malsaine domination de classe. Et de genre&nbsp;: Charlotte et Mathurine, les paysannes si souvent raillées dans les mises en scène de Don Juan, deviennent des comédiennes jamais dupes de leur séducteur, qui ne les séduit pas. Quant à Elvire, même sous emprise, elle dit «&nbsp;non&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patriarcat signe là son arrêt de mort&nbsp;: le commandeur est une femme trompée et non l’incarnation virile du courroux céleste. Et Don Luis, le père de Don Juan qui incarne dans le texte l’honneur de la noblesse, il apparaît sur scène comme un pervers ridicule et crédule. Le symbole d’un patriarcat sans bienveillance qui génère des monstres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Don Juan est mort «&nbsp;<em>et voilà par sa mort un chacun satisfait</em>&nbsp;», conclut le valet. Même s’il ressurgit, toujours, sous d’autres formes, au moins n’est-il plus possible de le glorifier.</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>Dom Juan a été créé au Théâtre Liberté, Toulon, en décembre 2024.<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong> Du 4 au 7 juin<br></strong></mark><a href="https://theatre-lacriee.com/" type="link" id="https://theatre-lacriee.com/">La Criée</a>, Centre dramatique national de Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles&nbsp;<a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em>&nbsp;ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>« Mon travail n’est jamais vraiment abstrait »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 14:34:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Aix-en-Provence]]></category>
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		<category><![CDATA[Don Juan]]></category>
		<category><![CDATA[Josette Baïz]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline&#160;: Comment en êtes-vous venue à travailler sur le mythe de Don Juan ?Josette Baïz&#160;: J’ai toujours aimé m’inspirer d’œuvres littéraires. J’ai mené en parallèle des&#160; études de danse et de lettres modernes, et Molière a toujours compté pour moi. J’avais envie depuis longtemps d’approcher ce personnage à la fois fascinant et … toxique.Comme pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline&nbsp;: Comment en êtes-vous venue à travailler sur le mythe de Don Juan ?</strong><br><strong>Josette Baïz</strong>&nbsp;: J’ai toujours aimé m’inspirer d’œuvres littéraires. J’ai mené en parallèle des&nbsp; études de danse et de lettres modernes, et Molière a toujours compté pour moi. J’avais envie depuis longtemps d’approcher ce personnage à la fois fascinant et … toxique.<br>Comme pour <em>Oliver Twist</em> ou <em>Alice au pays des merveilles</em>, j’ai voulu me réapproprier le texte à travers la danse. J’ai imaginé cinq versions : celle du trio classique Don Juan–Sganarelle–Elvire, puis une version autour de la rébellion masculine, une autre sur la libération féminine, une sur la mort, et enfin une sur la rédemption. Cinq manières de raconter un être qui rejette tout : la société, les valeurs, le mariage…<br>J’y mêle le hip-hop, le contemporain, le krump, le waacking, la house, le classique aussi. Chaque univers révèle un visage du mythe. Les garçons portent la colère et la provocation, les femmes incarnent la puissance du désir et la liberté du mouvement. Aujourd’hui, les héroïnes assument la séduction, mais cela reste dangereux : Don Juan, homme ou femme, brûle tout sur son passage. La quatrième version, sur la mort, montre que tous les personnages viennent le hanter, provoquant sa fin, et enfin, dans la dernière version, il peut passer dans un autre monde et repartir à zéro.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette pièce est-elle réellement un adieu à votre compagnie ? Quel regard portez-vous sur ces quarante années ?</strong><br>C’est un passage plus qu’un adieu. Don Juan clôt un cycle. J’ai fondé Grenade en 1982, après le concours de Bagnolet qui m’a lancée dans le milieu contemporain. Quarante ans plus tard, je ressens le besoin de transmettre autrement.<br>Je veux désormais me consacrer pleinement au travail avec les enfants et les adolescents. Ce projet-là a une vraie portée sociale : il réunit des jeunes de tous horizons, parfois issus de quartiers populaires, et leur offre une expérience d’ouverture, de confiance, d’espoir.<br>Les danseurs de la compagnie professionnelle, certains présents depuis l’enfance, poursuivent leur route : professeurs, chorégraphes, interprètes ailleurs. Cette pièce leur raconte quelque chose, c’est un au revoir qui se fait dans la continuité et l’émotion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel est selon vous le propre de votre travail avec les danseurs, jeunes comme moins jeunes ?</strong><br>Le métissage, sans hésiter. Nous travaillons sur le métissage des cultures et des techniques. On passe de la danse classique au hip-hop, à la danse africaine, orientale, au krump. Les jeunes acceptent tout, la barre le matin, puis le travail avec différents professeurs dans tous les styles. C’est notre ADN : mélanger les techniques, les cultures et créer quelque chose d’unique. Nous avons invité plus de quarante chorégraphes, de Wayne McGregor à Crystal Pite, en passant par Angelin Preljocaj ou Hofesh Shechter, et chaque rencontre oblige à se réinventer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais surtout, ce qui m’importe, c’est l’humain. Mon travail n’est jamais abstrait. Il s’ancre dans la personnalité de chacun. Nous utilisons beaucoup l’improvisation, la composition, pour que les jeunes trouvent leur propre langage. Quand un chorégraphe reconnu crée pour eux, il relit son œuvre à travers leur regard. Cette sincérité, cette fraîcheur-là, c’est ce qui me touche le plus.</p>



<pre class="wp-block-verse">Propos recueillis par SUZANNE CANESSA<br><br>Cinq versions de Don Juan <br><a href="https://www.josette-baiz.com/">Josette Baïz</a> / <a href="https://www.josette-baiz.com/compagnie-grenade/">Compagnie Grenade</a>,<br>les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 et 5 novembre </mark><br><a href="https://www.lestheatres.net/fr/33-grand-theatre-de-provence">Grand Théâtre de Provence</a></pre>



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		<title>Don Juan est un sale type </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 17:20:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis le déboulonnage en règle de David Bobée, Don Juan a perdu les derniers restes de son aura de héros. L’homme libertin, c’est à dire athée au XVIIe siècle, l’homme courageux, c’est à dire qui défend son honneur de noble par l’épée, est apparu comme lâche, dominant, sexiste évidemment, méprisant, méprisable en tous points.&#160; Macha [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Depuis le déboulonnage en règle de David Bobée, Don Juan a perdu les derniers restes de son aura de héros. L’homme libertin, c’est à dire athée au XVII<sup>e</sup> siècle, l’homme courageux, c’est à dire qui défend son honneur de noble par l’épée, est apparu comme lâche, dominant, sexiste évidemment, méprisant, méprisable en tous points.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Macha Makeiëff s’inscrit dans cette démarche de démystification du «&nbsp;<em>grand seigneur/méchant homme </em>». Comme Bobée, elle fait remplacer «<em>&nbsp;tabac&nbsp;</em>» par «&nbsp;<em>théâtre</em>&nbsp;» dans le monologue d’ouverture de Sganarelle (formidable <strong>Vincent Winterhalter</strong>) qui bégaye et plastronne, campant le personnage du valet, à la fois complice et réprobateur, dès les premières minutes. Mais la métaphore du théâtre se poursuit, et les personnages ne sont jamais dans le réel&nbsp;: ils surgissent du décor à double fond où ils semblent tous épier, pour le détruire, la bête malfaisante que tous réprouvent. Sganarelle naviguant d’un espace à l’autre, intercesseur entre la scène et le public, comme le faisait sans doute Molière, qui jouait le valet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Enfermé au boudoir</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Théâtre dans le théâtre, <em>Dom Juan</em> devient un huis clos&nbsp;: le libertinage du prédateur n’apparaît plus comme la libre-pensée du XVII<sup>e</sup> siècle, mais comme une «&nbsp;<em>liberté</em>&nbsp;» sexuelle que Macha Makeiëff transpose, pour mieux la dénoncer, dans une ambiance fin de siècle (le XVIII<sup>e</sup>), une alcôve, un boudoir, des portes dérobées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là, Don juan, enrubanné mais aussi négligé, apparaît sous les traits d’un stupéfiant <strong>Xavier Gallais</strong>, qui parvient à n’être, à aucun moment, grandiose ou désirable, jouant avec une abnégation dont peu d’acteurs sont capables un personnage détestable, faible, sans panache, et clairement sadique, violentant les femmes et son valet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi Makeïeff démine un à un tous les préjugés qui parcourent le texte&nbsp;: Piarrot le paysan manie une langue claire et belle, les proverbes enfilés de Sganarelle prennent sens, et le mépris linguistique de Don Juan apparaît comme une malsaine domination de classe. Et de genre&nbsp;: Charlotte et Mathurine, les paysannes, deviennent des comédiennes jamais dupes de leur séducteur, qui ne les séduit pas, et Elvire dit «&nbsp;non&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au patriarcat, il signe là son arrêt de mort&nbsp;: le commandeur est une femme trompée et non l’incarnation virile du courroux céleste. Et Don Luis, le père de Don Juan qui représente dans le texte l’honneur de la noblesse, apparaît comme un pervers ridicule et crédule, incarnation d’un patriarcat sans bienveillance qui génère des monstres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Don Juan est mort «&nbsp;<em>et voilà par sa mort un chacun satisfait</em> », conclut le valet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Dom Juan</em> <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">9 avril </mark><br><strong><a href="https://www.operagrandavignon.fr">Opéra Grand Avignon</a></strong>, Avignon  </pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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