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	<title>Archives des économie - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des économie - Journal Zebuline</title>
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		<title>TRIBUNE : Le milliard des intermittent.es.s ou encore une réforme pour en finir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Oct 2023 08:22:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Les intermittents quezaco&nbsp;? Ce sont des artistes et technicien.ne.s dans les secteurs du spectacle ; intermittent.e n’est pas un statut juridique&nbsp; défini, maisune situation particulière d’emploi autorisée par la loi pour certaines professions et caractérisée principalement par sa précarité, c’est à dire le recours fréquent et dérogatoire au CDD. Cette situation est compensée par une protection sociale particulière passant principalement par l’affiliation à un régime spécifique d’assurance chômage &#8211; annexes 8 et 10 de l’assurance chômage&nbsp;, 8 pour les technicien.e&nbsp;.s et 10 pour les artistes. Voilà pour la définition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le milliard&nbsp;? non rassurez vous ce n’est pas leur nombre, il sont en tout 110.000&nbsp;; ni leur magot, même si l’UNEDIC affiche un excédent de 4,3 milliards. Le milliard c’est ce chiffre balancé, ressassé, répété depuis des années concernant le coût des intermittents du spectacle pour la collectivité. Il est faux, truqué et défie toutes les lois de la logique et de la comptabilité. Sans cesse déconstruit par la science &#8211; soyons modeste, pas par des physiciens, mais par des sociologiques et économistes – démenti par les faits, il est ressorti tous les quatre ans pour reformer l’indemnisation des travailleur.se.s du spectacle et de l’audiovisuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, et pour l’exemple d’un artiste, iel doit travailler 507h dans l’année pour bénéficier de ce régime spécifique qui lui compensera les jours ou iel ne travaillera pas. Générant des revenus modestes -les «&nbsp;stars&nbsp;» n’en bénéficient pas et le taux journalier d’indemnisation chômage compris entre 38 et 65€- ce régime spécifique offre une protection unique dans le monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">«&nbsp;Comptabilité truquée&nbsp;»</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment parviennent-ils alors au fameux milliard, puisqu’il est dit et répété que ce régime couterait un milliard d’euros par an à la collectivité&nbsp;?&nbsp; Pour en venir à bout et faire apparaître les professions du spectacle comme privilégiées, le Medef et les gouvernements successifs ont fabriqué un faux déficit&nbsp;! Comment&nbsp;? Par une comptabilité truquée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce milliard, surestimé qui plus est, met en recettes les cotisations des intermittents et en dépenses les indemnités dont ils bénéficient. Or le régime de l’UNEDIC ne permet pas ce calcul&nbsp;: il se fonde sur une solidarité interprofessionnelle, il n’y a pas en son sein des caisses distinctes. Et même si on voulait sortir de la solidarité interprofessionnelle&nbsp; et estimer le coût du seul secteur culturel, il faudrait y ajouter les recettes des salariés qui&nbsp; travaillent pour le spectacle et la culture et sont en CDI&nbsp;: eux cotisent&nbsp; à l’assurance chômage et&nbsp; ne bénéficient pas de l’assurance chômage&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Or ce milliard ne tient compte que des cotisations&nbsp; de personnes bénéficiaires de l’allocation chômage. La supercherie est manifeste&nbsp;: on veut dégager de l’assurance chômage les travailleur.se.s enchaînant les CDD puisque lorsqu’ils sont au chômage ils coûtent de l’argent, sans&nbsp; tenir compte des travailleurs du secteur en CDI, qui ne sont pas au chômage et cotisent. Et qui ne pourraient pas travailler sans les artistes et technicien.ne.s intermittent.e.s, nécessaires pour les festivals, la création, la production artistiques et culturelles qui par nature s’organisent en grande partie dans des durées déterminées. En CDD successifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">«&nbsp;Et on y retourne&nbsp;!&nbsp;»</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces lignes auraient pu être écrites en 2003, en 2013..mais ce milliard n’a pas bougé, on le ressort encore, malgré tous les démentis, malgré les conséquences sociales de la remise en cause régulière du statut, la précarisation de nos métiers, l’appauvrissement de la vie culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et on y retourne&nbsp;! Le gouvernement vient le 3 octobre 2023 d’envoyer une lettre de cadrage aux partenaires sociaux pour résorber ce déficit, avec obligation de se mettre d’accord avant le 27 octobre&nbsp;! Ben voyons&nbsp;! Mais ce n’est pas tout. Dans toute négociation il y a un comité d’expert.e.s&nbsp;; depuis plus de 10 ans participait aux négociations Mathieu Grégoire, sociologue spécialiste des questions de l’emploi et de l’intermittence en particulier. Ces analyses fines et précises remettaient les choses à leur place&nbsp;; et ses prospectives étaient validées les années qui suivaient.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement&nbsp; vient de le dégager du comité d’expert.e.s. Il est remplacé par Pierre-Michel Menger, ultralibéral, qui s’est trompé depuis 2003 dans toutes ses prévisions sur le régimes des intermittents. La plus fameuse était que des accords plus protecteurs et moins restrictifs pour les bénéficiaires conduiraient à l’explosion du déficit et à une croissance exponentielle du nombre&nbsp;de bénéficiaires : tout s’est avéré faux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">&nbsp;«&nbsp;L’intermittence, modèle social de conjuration de la précarité&nbsp;»</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On aurait pu parler de tout ce qu’apporte le travail des intermittents et des travailleur.se.s de la culture à l’économie&nbsp;; c’est 7 fois le PIB de l’industrie automobile, c&rsquo;est&nbsp; plus de 50 millions d’euros sur le territoire d’Avignon pour le Festival. Mais ce n’est pas dans la comptabilité&nbsp;: un milliard de déficit on vous dit&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">On aurait pu parler d’un régime spécifique qui apporte protection aux travailleur.se.s et efficacité économique et sociale car il n’est pas déficitaire, et dont les produits s’exportent remarquablement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On aurait pu parler d’un régime spécifique qui pourrait être étendu à tous les métiers discontinus, à la restauration, au tourisme, au soin à la personne, etc… On aurait pu y trouver un modèle. Mais non, on trafique les chiffres pour dégager le débat, truqué dès l’entrée. On veut enfin imposer une réforme et baisser de 15%&nbsp; les allocations et faire sortir du statut ceux qui ont survécu aux restrictions précédentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intermittence, c&rsquo;est&nbsp; à dire les annexes 8 et 10, sont un modèle social de conjuration de la précarité, extensibles à toutes et tous. C’est cela qu’ils veulent détruire. Résultat du massacre ou de la énième controffensive gagnée&nbsp;: début novembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">RÉGIS VLACHOS</p>
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		<title>Kleenex</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Dec 2022 11:52:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peu de sujets font l’objet d’une si flagrante inflation législative. L’immigration est de ceux-là. Des lois Pasqua en 1986 à celle de Gérard Collomb en 2018, pas moins de vingt-et-un textes ont façonné, la plupart du temps durci, la manière dont la France accueille, accompagne, considère et au final traite les personnes étrangères sur son [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Peu de sujets font l’objet d’une si flagrante inflation législative. L’immigration est de ceux-là. Des lois Pasqua en 1986 à celle de Gérard Collomb en 2018, pas moins de vingt-et-un textes ont façonné, la plupart du temps durci, la manière dont la France accueille, accompagne, considère et au final traite les personnes étrangères sur son sol. C’est en réalité depuis le septennat Giscard d’Estaing que chaque président de la République, quand ce n’est pas chaque ministre de l’Intérieur, apporte sa contribution en rognant ici la tradition d’accueil de la France, là le fondamental droit du sol. Au gré d’un pseudo débat politique imposé par le Front puis Rassemblement national. Sur le plan de la communication, indispensable pour briller place Beauvau, on constate une inventivité digne d’un concours de slogan publicitaire. C’est à celui qui trouve la formule choc, celle qui fera mouche parmi l’électorat le plus réactionnaire. Se succèdent le «&nbsp;million Stoléru&nbsp;» en 1977 pour inciter les travailleurs immigrés à rentrer «&nbsp;chez eux&nbsp;», la sinistre «&nbsp;double peine&nbsp;» inventée par le ministre Bonnet dès 1980, les astucieuses expulsions par charter de Charles Pasqua, les fraternels coups de hache par la police de Jean-Louis Debré sur l’église Saint-Bernard, le très vendeur «&nbsp;la-France-tu-l’aimes-ou-tu-la-quittes&nbsp;» de Sarkozy, le subtil «&nbsp;c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes&nbsp;» de Brice Hortefeux ou encore la mort-née déchéance de nationalité d’un François Hollande tendance Valls.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ceux qui rapinent…</mark></strong><br>Quant à la formule qui consiste à promouvoir une vision à la fois « ferme » et « humaine », elle ne date pas de l’antienne macroniste du « en même temps » puisqu’elle remonte à Jean-Pierre Chevènement (1997), alors ministre zélé du socialiste Lionel Jospin. Dernière pépite en date, la phrase « On veut ceux qui bossent, pas ceux qui rapinent » de Gérald Darmanin en dit long sur l’essence du futur projet de loi sur l’asile et l’immigration – ça en devient lassant – annoncé pour le début de l’année 2023. Un nouveau texte qui prévoit de régulariser les travailleur·ses sans-papiers des métiers en tension. Du moins jusqu’à ce que le l’économie et donc le marché décident que leur savoir-faire n’est plus utile au drapeau tricolore. L’immigré·e kleenex, il fallait y penser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aussi, on voudrait bien des ministres de l’Intérieur qui bossent. Pas qui rapinent les voix de l’extrême droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LUDOVIC TOMAS</p>
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		<title>Flambée des prix de l’énergie : bientôt la panne sèche ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2022 14:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le Covid, la crise énergétique. Et les factures de gaz ou d’électricité d’atteindre des montants historiquement élevés. Qui doublent, qui triplent… qui quintuplent dans certains cas&#160;! De 23&#160;000 euros à 115&#160;000 pour La Criée, à Marseille. De 18&#160;000 à 74&#160;000 pour le Jeu de Paume à Aix-en-Provence. De 50&#160;000 à 190&#160;000 pour Paloma, à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Après le Covid, la crise énergétique. Et les factures de gaz ou d’électricité d’atteindre des montants historiquement élevés. Qui doublent, qui triplent… qui quintuplent dans certains cas&nbsp;! De 23&nbsp;000 euros à 115&nbsp;000 pour La Criée, à Marseille. De 18&nbsp;000 à 74&nbsp;000 pour le Jeu de Paume à Aix-en-Provence. De 50&nbsp;000 à 190&nbsp;000 pour Paloma, à Nîmes. Au 6mic, salle de concert aixoise, l’addition électrique bondit de 150&nbsp;000 euros. «&nbsp;<em>Le contrat avec notre fournisseur arrivant à échéance au 31 décembre, on a réussi à négocier un tarif multiplié par quatre contre une première proposition qui l’aurait multiplié par huit&nbsp;</em>», confie <strong>Stéphane Delhaye</strong>, le directeur. Face à des dépenses impondérables qui bouleversent à ce point les équilibres budgétaires, que faire&nbsp;? Augmenter les prix des concerts&nbsp;? Inenvisageable. «&nbsp;<em>Il est encadré par un cahier des charges dans le cadre de notre délégation de service public et c’est bien normal. Et même si les prix étaient libres, on ne pourrait pas faire supporter une augmentation au public, déjà que remplir les salles est compliqué, avec une fréquentation en baisse 30% au niveau national</em> <em>par rapport 2019, année de référence pré-Covid</em>&nbsp;», défend Stéphane Delhaye. La décision prise par 6mic est bien plus drastique&nbsp;: la salle fermera ses portes pendant quatre semaines, du 22 janvier au 16 février.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De l’énergie et du désespoir</mark></strong><br>Si sa consœur nîmoise n’a pas pris la même direction, l’ambiance n’est pas beaucoup plus enjouée à Paloma. «&nbsp;<em>Même si on essaie de préserver au maximum le projet artistique et culturel, on n’a pas d’autres solutions que de taper dedans pour absorber les augmentations</em>&nbsp;», indique <strong>Aurore Becquet</strong>, administratrice. Lors de son dernier conseil d’administration, la Smac (Scène de musiques actuelles) de Nîmes Métropole a annoncé pour 2023 un déficit de 500&nbsp;000 euros si elle menait la même activité que l’année qui se termine&nbsp;! «&nbsp;<em>Pour que nos décisions économiques ne nous coupent pas de nos publics d’avenir, nous avons retravaillé notre budget en essayant de préserver les pôles accompagnement artistique et action culturelle. Sinon, c’est la double peine…</em>&nbsp;» Résultat&nbsp;: vingt dates seront supprimées. Essentiellement des concerts grand public, avec des têtes d’affiche, afin de ne pas pénaliser les groupes en découverte. «&nbsp;<em>Sur une programmation annuelle de 160 spectacles, ce ne sera pas très visible&nbsp;</em>», se rassure Aurore Becquet. Autre conséquence directe de l’inflation, une augmentation sensible du prix des consommations : un euro sur les boissons alcoolisées et 50 centimes sur les soft. Mais malgré ces mesures, 100 000 euros restent à trouver pour équilibrer les comptes. Et Paloma d’espérer les éponger grâce à des subventions exceptionnelles des collectivités.<br><br>Solliciter des subventions en hausse auprès des institutions de tutelle est l’une des rares pistes pour ces établissements au pied du mur. Au moins «&nbsp;<em>pour pouvoir passer l’année, en espérant que les tarifs du gaz et de l’électricité finissent par baisser</em>&nbsp;», témoigne <strong>Alexandre Madelin</strong>, administrateur de La Criée depuis 2009. Et le théâtre national de Marseille de tabler également sur «&nbsp;<em>l’amélioration de ses&nbsp;installations qui sont d’origine et très énergivores. Nos équipements sont obsolètes – les chaudières datent des années 80 – et il existe des systèmes beaucoup plus efficients aujourd’hui qui nous permettraient de diminuer notre consommation de 50%</em>&nbsp;». Si rien n’était amené à évoluer, le théâtre devrait lui aussi tailler de 30 à 35% dans sa marge artistique soit un tiers de spectacles en moins.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Doudounes sans manche</mark></strong><br>L’inflation ne distinguant pas le public du privé, même la solide entreprise de <strong>Dominique Bluzet</strong> voit l’avenir s’assombrir. Dans un courrier adressé à la ministre de la Culture, le directeur des Théâtres avance plusieurs suggestions parmi lesquelles une diminution de 30&nbsp;% de la consommation électrique par représentation. «&nbsp;<em>Ça ne changerait pas grand-chose à la qualité des œuvres. D’ailleurs on utilisait beaucoup moins de projecteurs il y a trente ans et je ne suis pas sûr que les spectacles étaient moins bons&nbsp;!</em>&nbsp;» Et de reconnaître que «&nbsp;<em>toute l’aventure esthétique du théâtre des quatre dernières décennies est remise en question par ces sujets-là</em>&nbsp;». Quant aux salariés qui «&nbsp;<em>ont froid</em>&nbsp;», l’entrepreneur culturel a prévu d’offrir «&nbsp;<em>des doudounes sans manche</em>&nbsp;»… Aux grands maux, les grands remèdes. «&nbsp;<em>Il faut qu’on se prenne tous en main pour trouver chacun à notre endroit des solutions. Si je ne suis pas inquiet, je suis sceptique&nbsp;: où est notre marge de manœuvre&nbsp;?</em>&nbsp;». Comme les autres, Les Théâtres devront réduire la voilure.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme tout bâtiment public relevant de l’État, le Mucem applique le plan de sobriété exigé par le gouvernement. «&nbsp;<em>On a des consignes claires sur les températures&nbsp;: 19° l’hiver au lieu de 20 auparavant et 26° l’été au lieu de 24</em>. <em>Cela implique une baisse de confort pour les agents</em> », indique <strong>Sébastien Dugauguez</strong>, responsable du département des bâtiments et de l&rsquo;exploitation du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Objectif&nbsp;: diminuer de 10% la consommation par rapport à 2019. Mais contrairement au public, les œuvres requièrent des conditions de conservation qui limitent la marge de variation des températures. Autre mesure&nbsp;: les utilitaires seront réduits et remplacés par des véhicules de critère 1.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">S’en remettre à l’État&nbsp;?</mark></strong><br>Du fait de sa construction relativement récente, le Mucem est énergétiquement vertueux par nature. Ce qui est loin d’être le cas de la majorité des bâtiments culturels. Un point soulevé par la Fédération nationale des collectivités pour la culture. Réunissant de nombreux·ses élu·es à la culture, celle-ci appelle à des réponses sur le long terme, pointant dans un communiqué l’urgence d’«&nbsp;adapter le patrimoine à la transition énergétique et au changement climatique&nbsp;». Un chantier colossal qui pose une fois encore la question des moyens&nbsp;: «&nbsp;Scènes de musiques actuelles, cinémas, théâtres, bibliothèques…, la liste est longue des équipements culturels construits avant que n’entrent en vigueur les normes actuelles d’économie d’énergie. Et là encore, la hausse des prix de l’énergie jointe à l’inflation gonfle le coût des travaux tout en multipliant par deux le poids en fonctionnement de ces équipements&nbsp;», rappelle la FNCC. Vice-président de cette fédération et également maire adjoint de Martigues en charge notamment de la culture, <strong>Florian Salazar-Martin</strong> «&nbsp;<em>demande une régulation des tarifs de l’énergie par l’État car aujourd’hui c’est la loi du marché qui décide et il n’y a pas de compensation</em>&nbsp;». Dans sa commune aux équipements culturels municipaux importants, ce sont les finances de la Ville qui assument l’augmentation des fluides. «&nbsp;<em>Ces frais ne sont pas retranchés aux subventions de fonctionnement qu’on leur attribue. On ne fermera rien et on ne va pas diminuer quoi que ce soit</em>&nbsp;<em>au niveau des services et des horaires d’ouverture. C’est important au moment où on a besoin de se retrouver dans ces lieux</em> », précise-t-il, faisant référence à certaines villes contraintes à des fermetures partielles de sites comme les musées ou les bibliothèques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a récemment annoncé une enveloppe de deux millions d’euros pour aider les festivals à prendre en charge les questions de sécurité tandis que les forces de l’ordre seront accaparées par les Jeux olympiques de 2024, faut-il attendre encore des collectivités territoriales qu’elles mettent la main à la poche pour limiter l’impact des coûts énergétiques sur les structures culturelles&nbsp;? <em>«&nbsp;Pourquoi pas un fonds régional de solidarité mais ce ne serait pas très juste politiquement</em>, estime Florian Salazar-Martin<em>. C’est plutôt à l’État d’intervenir comme il l’a fait légitimement avec le </em>«&nbsp;quoi qu’il en coûte&nbsp;»<em>. On n’est pas encore dans l’après-Covid et le secteur reste fragile. Les collectivités réagissent bien aux besoins de la culture mais elles ne peuvent pas se substituer à l’État quand le problème vient du prix de l’énergie. Chacun doit jouer son rôle&nbsp;».</em><br>Car contrairement à l’épisode pandémique, cette nouvelle crise ne voit toujours pas de mesures d’accompagnement nationales concrètes qui permettraient de limiter la casse. Il y a urgence&nbsp;: la seule équation sobriété et doudoune ne fera pas des miracles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LUDOVIC TOMAS</p>
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