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	<title>Archives des éducation populaire - Journal Zebuline</title>
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		<title>Dodeskaden, la mémoire en partage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 13:24:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline&#160;: Dodeskaden, c’est quoi&#160;? Julien&#160;Chesnel : Dodes’ka-den, c’est le titre du premier film couleur d’Akira Kurosawa (1970) et l’onomatopée japonaise traduisant le bruit des engins sur les rails, répétée par le jeune héros qui s’imagine en conducteur. C’est aussi le nom de notre association hébergée depuis trois ans ici, au 90, bd des Dames. Dans [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Zébuline&nbsp;: Dodeskaden, c’est quoi&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien&nbsp;Chesnel </em>: Dodes’ka-den, c’est le titre du premier film couleur d’Akira Kurosawa (1970) et l’onomatopée japonaise traduisant le bruit des engins sur les rails, répétée par le jeune héros qui s’imagine en conducteur. C’est aussi le nom de notre association hébergée depuis trois ans ici, au 90, bd des Dames. Dans une des «&nbsp;pépites patrimoniales&nbsp;» de la Ville. On est dans un superbe immeuble art déco, ancien fleuron de la compagnie maritime Paquet. Le choix de ce nom, ça évoque pour nous à la fois le train initiatique de la Ciotat en image tutélaire et la part de mémoire à conserver et partager.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mais encore&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien&nbsp;:</em> Dodeskaden est né en 2012 à Lyon, dans un squat de la Croix Rouge. Expérience de quatre mois, animée par un collectif de passionnés. Programmation tous azimuts, ouverte à toutes les formes cinématographiques. Invitation de collectifs européens et français&nbsp;: une activité H24/ 7 jours sur 7.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques participants après cette aventure éphémère se sont installés à Marseille, s’impliquant dans de nouveaux projets comme la création sur le Cours Julien du Videodrome2. Dodeskaden, collectif de programmateurs, enseignants, cinéastes, renaît en récupérant 1500 bobines, une partie du fonds de La Ligue française de L’Enseignement des Bouches du Rhône. Il faut savoir que des années 30 aux années 90, on comptait quelque 18 000 ciné clubs en France. 15 ans après la disparition relativement brutale de ces lieux de diffusion massive, qui ont marqué la culture de ces décennies et le rapport particulier qu’entretient la France avec le cinéma, les ligues se débarrassent de leurs encombrantes archives. Pour nous, ce fut d’abord un «&nbsp;jouet&nbsp;» répondant à notre désir de programmation dans des lieux comme le Videodrome, le MuCEM. Mais bien vite on a pris conscience de notre responsabilité face à ce trésor, porteur d’histoire(s). Et Julie est arrivée, forte de son expérience aux archives du Parti Communiste. Elle a contribué à structurer l’association, investie d’une mission de collecte, de préservation patrimoniale, de catalogage mais qui voulait conserver son ADN. La dimension archivistique s’articulant avec le réemploi des films dans d’autres contextes&nbsp;: l’éducation populaire l’animation d’ateliers dans les établissements scolaires ou les centres sociaux, l’accueil des chercheurs universitaires, les résidences d’artistes. Il s’agit de valoriser en les diffusant, les dépôts qui nous sont faits&nbsp;à l’instar du fonds que nous a légué l’ethnomusicologue Bernard Surugue, un collaborateur de Jean Rouch.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment allier conservation et circulation</em>&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julie Cazenave </em>: On s’adapte aux usages. Pour des actions de formation, on choisira des copies dont on a plusieurs exemplaires. Quand le film est plus rare ou presque unique, bien sûr, nous ne l’utilisons pas de la même façon. Il faut apprendre les précautions d’usage de l’archiviste. Transmettre la pratique. Quand on se rend dans une école, on emporte aussi le dispositif de projection qui correspond au film dans l’esprit du cinéma itinérant. Nous avons un grand nombre de films d’animation venus des pays de l’Est, des merveilles de techniques à faire découvrir aux enfants. Quand nous récupérons un fonds, nous récupérons aussi souvent les appareils de projection. Nous avons des films en 16 mm, en 35mm. Nous pouvons aussi projeter en numérique. Nous sommes ainsi dépositaires d’une histoire des techniques. Ici, on a une vieille table de montage, un scanner bricolé, des projecteurs de toutes sortes, toute une collection de supports visuels pédagogiques comme les films fixes en vogue jusque dans les années 60, les Pathéoramas…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment vous situez-vous face à la cinémathèque française qui va s’installer prochainement à Marseille&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien&nbsp;:</em> Il y a cinq ans, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la création de cette antenne régionale. Nous avons organisé un colloque sur le projet d’UNE cinémathèque et non de LA cinémathèque, en conviant tous les acteurs locaux qui travaillaient sur la question de l’archive cinématographique, à y réfléchir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, même si on partage des tutelles, il n’y a aucun projet concurrentiel entre la cinémathèque marseillaise moulée sur la parisienne et notre cinémathèque populaire qui se donne une mission de préservation patrimoniale et d’éducation populaire par un maillage territorial. Il y a un vrai travail de mutualisation avec les festivals comme AFLAM, RISC, FFM. Les associations comme La turbine des Ecritures, l’ARSSE, Lieux Fictifs… les compagnons de toujours du Polygone Etoilé…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit aussi d’enrichir et de partager des bases de données comme le font déjà une vingtaine de cinémathèques. Et de se coordonner. Par exemple, PRIMITIVI qui produit des images de luttes sociales depuis des années, se retrouve producteur d’archives et a besoin de ce travail de cinémathèque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vous êtes hébergés ici à titre provisoire&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien :</em> On a plusieurs tonnes à déménager ; notre fonds compte dix mille bobines ! Avant d’être installés ici, on était au Grand Domaine, au 26 de ce boulevard au milieu d’ateliers d’artistes. L’immeuble du 90 est en passe d’être vendu par la Ville comme d’autres pépites architecturales. L’acquéreur a un cahier des charges précis qui peut nous inclure. Mais il y a d’autres pistes comme l’îlot du Château vert dans le cadre d’Euro méditerranée, où on pourrait travailler avec d’autres associations. Notre projet est de nous installer dans un lieu pérenne qui corresponde à notre projet : stocker dans de bonnes conditions, organiser des projections, accueillir du public, des chercheurs, des artistes comme aujourd’hui les musiciens du conservatoire travaillant leurs partitions spatiales dans notre acousmonium. Demeurer une « brigade d’intervention » dans les quartiers à la suite des instituteurs-ambulants d’antan portant leurs marmottes dans les écoles, mais pouvoir aussi accueillir des scolaires dans de bonnes conditions pour des projections ou des ateliers dans nos locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Combien êtes-vous pour faire vivre l’association et quels sont vos financements&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julie :</em> Le noyau « dur » est constitué de trois personnes : Julien Gourbeix, Julien Chesnel  et moi. Mais il y a en tout une douzaine de salariés avec des contrats différents. Pour le fonctionnement, c’est la Mairie de Marseille et le CNC. Les collectivités locales soutiennent nos projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par Annie Gava et Elise Padovani</p>
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		<title>« Faire ensemble »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Dec 2023 07:26:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. L’éducation populaire est une nouvelle délégation, créée par votre majorité en 2020. Êtes-vous satisfaite de ces trois premières années d’exercice&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marie Batoux.</strong> Si la question est de savoir si j’ai réintroduit de l’éducation populaire dans la politique publique, cela reste un sujet en cours&nbsp;! et c’est pour cela que l’on organise les Rencontres. Car l’éducation populaire est un concept lointain, vaste, qui a été parfois malmené, parfois dévoyé, discrédité, perçu comme quelque chose qui n’est plus actuel, qui ignore que le peuple a une culture en voulant «&nbsp;l’éduquer&nbsp;». Finalement, ce que l’on fait depuis ces dernières années avec les Rencontres, c’est se poser la question d’une éducation populaire du XXI<sup>e</sup> siècle, qui soit en phase avec une société qui a changé, mais qui reste sur ses principes fondateurs. Et on progresse, notamment sur la question de la participation de l’individu à la politique publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’éducation populaire connaît, selon les époques ou les personnes, plusieurs définitions. Comment envisagez-vous ce concept ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’éducation populaire, pour moi, c’est un espace d’émancipation de l’individu dans un cadre collectif. Le «&nbsp;faire ensemble&nbsp;» est primordial dans la manière dont on peut penser les pratiques professionnelles, que ce soit des animateurs ou des acteurs d’associations&nbsp; culturelles, sportives, citoyennes. Le dénominateur commun, ce qui permet de rassembler ceux qui se reconnaissent dans l’éducation populaire, c’est finalement la manière de produire un processus qui s’appuie sur l’individu dans un cadre collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’ailleurs le thème des prochaines Rencontres s’inscrit autour des «&nbsp;pratiques collectives&nbsp;».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Exactement. La méthode pour construire le programme de ces Rencontres a été de garder les co-animateurs de l’année dernière, pour faire un bilan et progresser sur l’édition 2023. En septembre, nous avons invité tous ceux qui avaient été présents aux dernières rencontres pour faire un point d’étape avec les problématiques qui avaient été abordées et voir comment on allait plus loin. Donc on a vraiment été dans un processus de co-construction et, effectivement, ce qui est important dans la pratique des uns et des autres c’est que dans cette période historique où la pratique individuelle est valorisée à l’extrême, la question du collectif a des vertus et nous devons les remettre au centre de la réflexion.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=683%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-121855" style="width:218px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=683%2C1024&amp;ssl=1 683w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=150%2C225&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=300%2C450&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=696%2C1044&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?resize=280%2C420&amp;ssl=1 280w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2023/12/VdM_315208.jpg?w=1000&amp;ssl=1 1000w" sizes="(max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption class="wp-element-caption">Marie Batoux © VdM</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi était-ce important d’organiser ces Rencontres&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était une délégation qui n’existait plus, ou qui n’a peut-être jamais existé à Marseille. Et la priorité était de se remettre d’accord sur ce qu’était l’éducation populaire. L’arrivée de Robin Renucci au Théâtre de La Criée a été un moment important&nbsp;: on s’adresse à quelqu&rsquo;un qui travaille sur ces questions dans tous les endroits où il est passé depuis longtemps, donc je l’ai interrogé sur ce que signifiait pour lui, en tant que directeur de La Criée, le concept de&nbsp; pratique artistique et collective.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, [<em>Les Rencontres de l’Éducation populaire de 2021 ont été perturbées par le Covid, ndlr</em>] beaucoup de gens travaillant dans des petites structures, culturelles ou associatives, se sont mobilisées. On a été surpris par cette appétence. On n’avait pas forcément prévu de faire de nouvelles Rencontres mais c’était important pour moi de continuer ce dialogue-là, qui a été fondateur et fédérateur. Quelle est cette capacité que l’on a à travailler avec les habitants, qu’on soit élus, professionnels, acteurs sociaux, éducatifs ou culturels. Et donc on a construit deux journées, une première qui est sur un temps de rencontres professionnelles, et une deuxième ouverte au public et à tous ceux qui se reconnaissent de l’éducation populaire. Parmi les temps forts le spectacle <em>Nos Héroines</em>, particulièrement symbolique. C’est une pièce participative, construite par Wilma Lévy et sa compagnie de théâtre avec des femmes qui sont quotidiennement usagères d’un centre social</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a un débat organisé autour de l’esprit critique, un thème qui est souvent au cœur de l’éducation populaire. Certains disent pourtant qu’à trop vouloir enseigner l’esprit critique individuel, on favorise la montée des pensées complotistes. Que répondez-vous à cela&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense exactement le contraire, c’est pour cela que l’on a un atelier sur l’éducation aux médias. Certains qui se pensent très critiques au regard de la pensée institutionnelle, et donc des journaux qu’ils pensent affiliés au pouvoir politique, sont beaucoup moins critiques quand une autre pensée arrive par les réseaux sociaux, qu’ils ont eux mêmes choisis, où ils dialoguent dans un cercle restreint sans questionner la manière dont l’information a été construite. La pensée critique nous permet de comprendre qu’un éditorialiste et un journaliste ce n’est pas la même chose. Que ça a sa place dans un journal, mais c’est une des choses qui probablement floute la perception du citoyen. C’est aussi cette incapacité qu’ont peut-être les médias à mettre en perspective une pensée, comme pendant le Covid, où l’on n’a pas été capable d’expliquer que la pensée scientifique, face à l’imprévu, avait besoin de temps pour se construire, et pouvait faire des allers retours sur son savoir. C’est cela que l’on doit reconstruire en terme de politique publique&nbsp;: nous devons nous armer collectivement face à ces questions qui émergent dès l’école, et en dehors de l’école.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Les Rencontres de l’éducation populaire</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 8 au 10 décembre<br></mark>Divers lieux, Marseille</pre>
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