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	<title>Archives des Eric Blanco - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Eric Blanco - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Le train des infinités froides », cosmiques alchimies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2023 08:50:17 +0000</pubDate>
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<p></p>



<p>Tout juste édité aux éditions Plaine Page, le dernier opus de&nbsp;<strong>Bruno Geneste</strong>,&nbsp;<em>Le train des infinités froides,</em>&nbsp;nous entraîne dans un irrésistible road trip poétique. Le rythme des mots posés de manière lapidaire sur la page, traçant leur chemin «&nbsp;<em>sans fin</em>&nbsp;». Les illustrations en noir et blanc de&nbsp;<strong>Loran Jacob</strong>, semées au fil de l’ouvrage, rendent la vitesse du mouvement, se concentrant sur l’idée des roues, et aboutissent au symbole de l’infini. Quel voyage&nbsp;! On place nos pieds dans les pas de Jack Kerouac auquel le poète a consacré un livre,&nbsp;<em>La route selon Kerouac</em>&nbsp;: «&nbsp;<em>il fallait prendre la route pour quelque chose de plus grand que soi, fouler l’asphalte, s’agripper à ses sinuosités, ses courbes, mirages et formes criblées de hasard</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Miroir brisé</mark></strong></p>



<p>Cet art poétique se décline ici, rejoint la Nadja de Breton et ses errances qui la mènent à une gare qui peut-être n’existe pas, effleure les principes de l’absurde, multiplie les miroirs et les transparences jusqu’à l’effacement qui fait du train lui-même «&nbsp;un mirage&nbsp;». L’observation concrète du voyage avec les visages qui se reflètent dans les vitres du train conduit insensiblement à une parabole de la condition humaine, emportée dans le flux incessant d’une course haletante et infinie. Parfois le miroir se brise, ses éclats multiplient les échos, les mots se répondent en une répétition incantatoire qui tisse solidement la toile du poème. Les couleurs peu à peu se dessinent, le rouge vient éclairer un univers en noir et blanc, puis les «&nbsp;<em>bleuîtés&nbsp;du sang des voies</em>&nbsp;» qui deviendra celui des mots. L’être tout entier se révèle dans ce mouvement au point de devenir ce train lui-même&nbsp;: «&nbsp;<em>et tu roules/ sous la braise d’horizon / dans l’embrasement des astres</em>&nbsp;» …&nbsp;</p>



<p>Une cosmogonie se déploie, mêle les éléments, revient sur «&nbsp;<em>Terraqué</em>&nbsp;», cet assemblage de terre et d’eau originel qui est aussi un hommage à la Bretagne et au poète Guillevic, puis repart vers les fondations avec le «&nbsp;<em>grand dragon rouge et la femme vêtue de soleil&nbsp;</em>» de William Blake avant de se colorer des accents de Johnny Lee Hooker ou de Bob Dylan et son&nbsp;<em>Highway 61</em>&nbsp;(titre du sixième album du prix Nobel, qui évoque l’autoroute entre la New Orleans et le Canada). En cinq textes aux subtiles fulgurances le mythe s’installe, prend des nuances chamaniques, esquisse des gestes d’alchimistes et transmutent la matière. Le langage devient l’or pur d’une pensée arcboutée à la matière, entre les «&nbsp;palpitations invisibles&nbsp;» et le «&nbsp;réel&nbsp;» où se «&nbsp;(griffent) les contours&nbsp;». Chaque lecture de ce texte dévoile une nouvelle strate. Somptueux&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><em>Le train des infinités froides,</em>&nbsp;de&nbsp;<strong>Bruno Geneste</strong>,&nbsp;</p>



<p><a href="http://plainepage.com">Éditions <strong>Plaine Page</strong></a> – 10 €</p>



<p>Ce livre a été présenté lors de la quinzième édition des<a href="https://journalzebuline.fr/les-eauditives-au-fil-des-eaux-les-mots/"> <em>Eauditives</em></a>. </p>
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		<title>« Black-Out », arrêt sur image et papiers froissés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2023 08:44:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Organisateur de festivals, universitaire, éditeur, romancier, essayiste, poète,&#160;Paul de Brancion&#160;multiplie les casquettes et va même jusqu’à se livrer à des travaux transversaux avec des musiciens comme Thierry Pécou ou Jean-Louis Petit pour n’en citer que deux. Sa dernière publication a choisi l’écrin de la collection Calepins aux éditions&#160;Plaine Page, mêlant photographies, montages et textes pour [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p>Organisateur de festivals, universitaire, éditeur, romancier, essayiste, poète,&nbsp;<strong>Paul de Brancion</strong>&nbsp;multiplie les casquettes et va même jusqu’à se livrer à des travaux transversaux avec des musiciens comme Thierry Pécou ou Jean-Louis Petit pour n’en citer que deux. Sa dernière publication a choisi l’écrin de la collection Calepins aux éditions&nbsp;<strong>Plaine Page</strong>, mêlant photographies, montages et textes pour un&nbsp;<em>Black-Out</em>&nbsp;qui offre en exergue une citation de Bernard Pingaud (<em>Inventaire</em>) qui met en doute tout ce que nous allons lire&nbsp;: «&nbsp;<em>ce que veut dire un auteur ne se confond jamais avec ce qu’il dit</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>La précaution oratoire s’assortit d’un préambule décrivant les principes de composition et de conception de l’ouvrage, «&nbsp;un écrit d’insomnie&nbsp;» à l’ombre de séries télévisées, en particulier&nbsp;<em>Prison Break</em>, regardée «&nbsp;pendant toute l’écriture de&nbsp;<em>Black-Out</em>.&nbsp;» «&nbsp;Un poème par épisode&nbsp;», mais sans relation aucune avec la teneur des dits épisodes, dont le pouvoir addictif s’arrête là. En regard de chaque poème, comme une note d’autorité universitaire, un hommage aux auteurs qui l’ont précédé, une citation d’un écrivain classique se retrouve comme une annotation posée en travers au bord des pages. La relation au réel se voit alors questionnée en différentes strates au fil de trois grands chapitres,&nbsp;<em>Cortex</em>,&nbsp;<em>Nature vide</em>,&nbsp;<em>Y a-t-il un son&nbsp;?</em>. Se dessine un constat sans concession de notre époque, de ses apparences de cohérence, et d’une «&nbsp;cervelle trop petite / dans un cortex trop grand&nbsp;» alors que «&nbsp;tout est d’insouciance pesante&nbsp;»…&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Poésie politique</mark></strong></p>



<p>Dans&nbsp;<em>Le château des étoiles</em>&nbsp;qui brosse la vie de l’astronome Tycho Brahé, Paul de Brancion écrit à propos des premières émotions poétiques du savant, «&nbsp;le poète rieur est roi sur terre et sur les mers&nbsp;». Le rire se mue en sidération devant l’entrée insensible de notre monde en dystopie par ses accélérations vides, ses égoïsmes, son culte de l’argent, et si le deuxième titre sonne comme un pied de nez aux mots d’Aristote, «&nbsp;la nature a horreur du vide&nbsp;», il montre les mots changer progressivement de fonction, la violence s’ajouter à l’ignorance. Le langage titube et se perd dans ce monde en fin de course de&nbsp;<em>Y a-t-il un son&nbsp;?</em>. Les illustrations reprennent des photographies extraites de «&nbsp;séries culte&nbsp;» et de films tout aussi cultissimes, depuis&nbsp;<em>Prison break</em>,&nbsp;<em>Friends</em>,&nbsp;<em>Dawson</em>, et se voient «&nbsp;augmentées&nbsp;» d’intrus venus de la BD ou des dessins animés en catapultages souvent cocasses qui apportent une légèreté ironique à l’ensemble. Le mythique cheval de Gandalf, Gripoil, se voit naseau contre naseau avec Jolly Jumper, la tout aussi «&nbsp;mythique&nbsp;» monture du cowboy solitaire Lucky Luke. Puissamment ancré dans les problématiques de notre contemporanéité, le texte poétique a une indéniable dimension politique. «&nbsp;La poésie est une arme chargée de futur&nbsp;» disait Gabriel Celaya, le poète rieur est aussi le voyant rimbaldien…</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><em>Black-Out,</em>&nbsp;de&nbsp;<strong>Paul de Brancion</strong></p>



<p><a href="http://plainepage.com">Éditions Plaine Page</a> – 15 €</p>



<p>Ce livre a été présenté lors de la quinzième édition des <em><a href="https://journalzebuline.fr/les-eauditives-au-fil-des-eaux-les-mots/">Eauditives</a></em>. </p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/black-out-arret-sur-image-et-papiers-froisses/">« Black-Out », arrêt sur image et papiers froissés</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>« J’elle et noix », du bonheur de l’invention permanente</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2023 08:28:00 +0000</pubDate>
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<p></p>



<p>Le talent des éditions Plaine Page tient assurément à la pertinence de ses choix artistiques (même si, Éric Blanco et Claudie Lenzi, fondateurs de cette maison si fertile, déplorent de ne pouvoir éditer toutes les pépites qu’ils reçoivent). Avec&nbsp;<em>J’elle et noix</em>, ouvrage publié dans la collection Connections,&nbsp;<strong>Christine Zhiri</strong>&nbsp;signe son premier recueil après quelques incursions dans des revues (<em>Décharge</em>&nbsp;qui la qualifie de «&nbsp;fougueuse débutante&nbsp;» et&nbsp;&nbsp;<em>L’Intranquille</em>) et un prix décerné au printemps 2018 par Nouvelles voix d’ici (Maison de la poésie Jean Joubert).&nbsp;</p>



<p>La double construction de l’ouvrage est perceptible dès le titre qui fusionne les deux textes qui se suivent,&nbsp;<em>Tu sais pas</em>&nbsp;et&nbsp;<em>Elle et noix</em>. En fait, le&nbsp;<em>Tu sais pas</em>&nbsp;est un long monologue à la première personne, un «&nbsp;je&nbsp;» qui s’adresse à un tu qui est soit l’autre, soit, le protagoniste («&nbsp;je est un autre&nbsp;», c’est bien connu&nbsp;!), d’où le «&nbsp;J’elle et noix&nbsp;». La seconde partie, formulée sous l’égide de la troisième personne «&nbsp;elle&nbsp;» semble répondre à la première en un écho digne de Lewis Caroll (on se plaît à des comparaisons avec les grands mathématiciens qui sont aussi des poètes – l’autrice est mathématicienne aussi), une Alice de l’autre côté du miroir face à des valeurs inversées&nbsp;: la peur, la défiance à l’encontre du langage qui blesse comme des «&nbsp;épines&nbsp;» dans la bouche ou pèse comme des «&nbsp;cailloux&nbsp;» tassés dans le ventre, les désirs incompris, les élans avortés, deviennent alors joie, libération, envols, appétit…&nbsp;</p>



<p><strong>Puissance incantatoire</strong></p>



<p>En parallèle à ces textes posés sur la page de droite dans&nbsp;<em>Tu sais pas</em>&nbsp;et courant au haut des pages pour&nbsp;<em>Elle et noix</em>, des récits en italique, courtes strophes en vers continus pour l’un, narration fluide aux résonnances de comptines pour l’autre, apportent une forme de contrechant qui éclaire et ajoute un clin d’œil espiègle ou cruel. On peut s’amuser à tout lire indépendamment ou à tisser les mots dans leur continuité graphique, le lecteur est libre, comme ces phrases sans ponctuation et qui pourtant dessinent des rythmes puissants&nbsp;: on se surprend à des scansions haletantes, des pauses qui s’articulent d’elles-mêmes dans la masse du discours, des registres qui moirent de leurs couleurs variées les intonations qui se mettent en place presque naturellement. La puissance incantatoire du texte sculpte les marges, oblitérant les lignes géométriques ou les spirales pirandelliennes qui enfermaient l’esprit. C’est alors que l’on a «&nbsp;les yeux grands ouverts sur le ciel en bascule derrière les branches des arbres qui racinent dans les gros nuages blancs »… Le sens de la vie ne se plie pas forcément aux règles cartésiennes et c’est très bien ainsi&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><em>J’elle et noix</em>, de&nbsp;<strong>Christine Zhiri</strong>,&nbsp;</p>



<p><a href="http://plainepage.com">Éditions Plaine Page</a>, collection Connexions &#8211; 10 €</p>



<p>Ce livre a été présenté lors de la quinzième édition des&nbsp;<em><a href="https://journalzebuline.fr/les-eauditives-au-fil-des-eaux-les-mots/">Eauditives</a></em>.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/jelle-et-noix-du-bonheur-de-linvention-permanente/">« J’elle et noix », du bonheur de l’invention permanente</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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