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	<title>Archives des Federico Santi - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Federico Santi - Journal Zebuline</title>
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		<title>« Turandot » à Avignon : une vérité bouleversante signée Paco Azorín</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:24:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Turandot occupe dans l’œuvre de Puccini une place décidément étrange. Après Tosca, La Bohème ou Madama Butterfly, où le compositeur avait porté à son plus haut degré la vérité immédiate de l’émotion, son dernier ouvrage semble avancer dans une matière moins lisible, plus archaïque, plus inquiétante. Le vérisme n’y est plus seulement ce naturalisme lyrique [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Turandot</em> occupe dans l’œuvre de Puccini une place décidément étrange. Après <em>Tosca</em>, <em>La Bohème</em> ou <em>Madama Butterfly</em>, où le compositeur avait porté à son plus haut degré la vérité immédiate de l’émotion, son dernier ouvrage semble avancer dans une matière moins lisible, plus archaïque, plus inquiétante. Le vérisme n’y est plus seulement ce naturalisme lyrique qui donne chair aux passions humaines : il devient une puissance d’enveloppement. L’orchestre, immense, presque wagnérien par sa capacité à cerner les êtres, n’écrase jamais les personnages. Il les écoute, les poursuit, les plaint. Même dans le faste, même dans la cruauté, Puccini garde cette empathie profonde qui fait trembler la musique au plus près des corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car <em>Turandot</em> ne raconte pas une histoire simple. La légende chinoise dont s’inspire le livret place face à face une princesse de glace, un homme obstiné, un peuple soumis et des énigmes mortelles. La séduction n’y est pas un abandon, mais un combat d’âme à âme. L’amour y marche avec la mort, sans que la mort soit tout à fait une ennemie. Elle est plutôt la vérité qui arrête le mensonge du pouvoir, l’endroit où le mythe cesse de briller pour redevenir humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La vérité de Liù</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que la production trouve sa force. Giacomo Puccini meurt avant d’avoir achevé son opéra, en laissant la partition au seuil de la mort de Liù. <strong>Paco Azorín</strong> prend ce silence au sérieux. Il ne cherche pas à recoudre artificiellement le conte par le duo final ajouté après la disparition du compositeur. Il laisse l’œuvre s’arrêter là où elle devient la plus bouleversante : devant cette jeune femme qui aime sans posséder, qui protège sans réclamer, qui meurt sans disparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Claire Antoine</strong> fait de Liù le plus beau personnage de la soirée. Sa voix ne force jamais l’émotion ; elle la laisse apparaître, presque malgré elle. Chez Liù, la résignation n’est pas une faiblesse : elle est la forme même de sa moralité, mais aussi l’expression trouble d’un désir qui tient autant à la vie qu’à la mort. Elle aime, elle protège, elle s’efface, et cet effacement devient le vrai centre de gravité de l’opéra.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour d’elle, la rizière imaginée par Paco Azorín devient un paysage de domination et de patience, un monde plié sous le joug où le peuple observe, travaille, tremble, puis se redresse. Le Chœur de l’Opéra Grand Avignon, préparé par <strong>Alan Woodbridge</strong>, et la Maîtrise dirigée par <strong>Christophe Talmont</strong> ne sont pas de simples masses sonores : ils incarnent cette foule instable, capable d’effroi, de violence et de compassion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la direction de <strong>Federico Santi</strong>, l’<strong>Orchestre national Avignon-Provence </strong>donne toute son ampleur à une partition-monument. On y entend les couleurs modales inspirées par une Chine rêvée, l’héritage verdien des cordes, la poussée postromantique. <strong>Catherine Hunold</strong> donne à Turandot une autorité glaciale, <strong>Mickael Spadaccini</strong> affronte Calaf avec vaillance, mais c’est bien Liù qui déplace le centre de gravité de l’œuvre. Cette belle production referme avec cohérence la saison consacrée aux mythes, avant que <em>La Belle Hélène</em> ne vienne, en juin, achever l’année sur un tout autre éclat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Turandot</em> a été joué donné les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 et 17 mai </mark>à l<a href="https://www.operagrandavignon.fr">’Opéra Grand Avignon</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>
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		<title>À Avignon, une Bohème toute en pudeur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Mar 2025 10:42:12 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2019 à Confluences en pleins travaux de la maison mère,&nbsp;<em>La Bohème&nbsp;</em>mise en scène par&nbsp;<strong>Frédéric Roels&nbsp;</strong>connaît&nbsp;à Avignon&nbsp;une véritable renaissance. Conçue alors en collaboration avec la regrettée Claire Servais, dont il fut l’assistant,&nbsp;cette lecture sobre, proche du texte et de ses enjeux&nbsp;nous revient cette saison. Frédéric Roels,&nbsp;nommé entretemps directeur d’Opéra Grand Avignon, est assisté par&nbsp;<strong>Nathalie Gendrot</strong>&nbsp;sur ce projet remonté en coproduction avec l’Opéra in Balet Ljubljana. Un projet de grande ampleur, porté par un orchestre remarquable de bout en bout. Sous la direction de&nbsp;<strong>Federico Santi</strong>, l’Orchestre national Avignon-Provence est à la fois d’une précision et d’une expansivité remarquables, à l’écoute de ses solistes et fort d’une identité marquante sur des pages et thèmes pourtant archiconnus de tout l’auditoire. Un sans-faute soutenu par la très belle prestation du Choeur&nbsp;et de la Maîtrise de&nbsp;l’Opéra Grand Avignon, dirigés respectivement par&nbsp;<strong>Alan Woodbridge&nbsp;</strong>et&nbsp;<strong>Florence Goyon-Pogemberg</strong>.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Dans la justesse</mark></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourtant loin de tout superlatif que cette vision du célèbre opus de Puccini se construit. Les duos entre la superbe Mimi de <strong><a href="https://www.gabriellephiliponet.com">Gabrielle Philiponet </a></strong>et la voix fougueuse du Rodolfo de <strong>Diego Godoy</strong> sont en effet vocalement éclatants, mais mâtinés scéniquement d’une pudeur et d’une mélancolie présentes dès le premier acte. La mise en scène ne sacrifie ni la pauvreté apparente des personnages, ni leur chaleureuse complicité, portée par l’espoir de lendemains meilleurs. L’amitié tangible entre le philosophe Colline – sépulcral <strong>Dmitrii Grigorev</strong> – et les solides barytons qui l’accompagnent – <strong><a href="https://geoffroysalvas.com">Geoffroy Salvas</a></strong> en Marcello, <strong>Mikhael Piccone </strong>en Schaunard – offre un contrepoint charmant et pertinent aux atermoiements de Rodolfo. Façette usuellement moins tragique de l’opéra, la Musetta impeccable de <strong>Charlotte Bonnet </strong>sait aussi se faire émouvant petit soldat dans l’acte final, lors d’une scène de mort bouleversante de pudeur et de dénuement.   </p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Spectacle donné les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 février, 2 et 4 mars</mark>, à l’<a href="https://www.operagrandavignon.fr">Opéra Grand Avignon</a>.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/">Scènes ici</a></p>
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		<title>Art lyrique et politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Apr 2024 13:37:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On oublie souvent que le grand opéra italien doit son succès à ses positionnements politiques populaires, aux révolutionnaires Guillaume Tell et Figaro de Rossini, au nationalisme républicain de Verdi, aux révoltes incessantes de Puccini face aux pouvoirs tyranniques, colonial, militaire ou policier.&#160; Chant d’amour et de liberté, Tosca est un brûlot qui représente, comme tous [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On oublie souvent que le grand opéra italien doit son succès à ses positionnements politiques populaires, aux révolutionnaires Guillaume Tell et Figaro de Rossini, au nationalisme républicain de Verdi, aux révoltes incessantes de Puccini face aux pouvoirs tyranniques, colonial, militaire ou policier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chant d’amour et de liberté, <em>Tosca</em> est un brûlot qui représente, comme tous les opéras de Puccini, le désir féminin, le refus d’une sexualité contrainte, la joie sublime de l’amour partagé. À quelques heures de son exécution, le peintre républicain Cavaradossi allume les étoiles, glorifie la sensualité de Tosca, et proclame qu’il n’a jamais autant aimé la vie. À quelques centaines de mètres ,la pieuse Tosca exécute d’un coup de poignard assuré le tyran qui voulait la violer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La musique de Puccini dans <em>Tosca,</em> plus encore que dans ses autres opéras, tisse un fil dramatique continu entre l’orchestre et les voix, qui se posent au-dessus de la masse instrumentale et des leitmotive&nbsp;: comme dans un opéra wagnérien, mais avec une grâce toute italienne, l’orchestre fait chanter les thèmes de chacun et annonce les changements de leurs états d’âme, au fil de la progression dramatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Exécution</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intelligence de <strong>Jean-Claude Berutti</strong> est de mettre sa mise en scène au service de l’œuvre. Non pour disparaître, mais pour faire entendre la musique, et souligner, lorsqu’il le faut, le contexte historique et symbolique. L’enjeu de ce premier opéra du XX<sup>e</sup> siècle (créé le 14 janvier 1900 !), c’est le pouvoir dans la récente capitale italienne, qui se décide entre l’Église sant’Andrea, le Palais Farnese et le Château Saint Ange, c’est à dire entre la religion, le pouvoir et la prison. Sans autre décor que des projections d’images réelles, et mouvantes, de ces lieux, la mise en scène promène les personnages dans une église devenue un lieu d’art et d’amour, un palais où le tyran Scarpia pratique la torture et le viol, une prison qui entend le chant doux d’un berger, d’un amour puis, soudain la mort violente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans des costumes et des éléments de décor simples, les solistes, le chœur et la maîtrise de l’opéra peuvent faire face aux exploits vocaux que la partition exige. Le <em>Te deum</em> qui couronne le premier acte et la cantate du deuxième tissent des superpositions complexes, et les duos, acrobatiques, n’offrent que peu de repos aux trois solistes principaux entre leurs morceaux de bravoure.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’horrible Scarpia, abuseur sans scrupule qui jouit de son pouvoir, est interprété avec une froide barbarie par <strong>André Heyboer</strong>, aux basses profondes et aux aigus faciles, dans une tessiture égale et puissante. Si <strong>Sébastien Guèze </strong>(Cavaradossi) est un peu inégal dans le <em>recondita armoni</em>a qui ouvre comme un terrible mur d’escalade le premier acte, il est ensuite passionné dans ses duos, et sublime dans sa prison et le célèbre <em>E Lucevan le stelle</em>. Quant au rôle-titre, qui ne quitte presque jamais la scène au long des deux heures trente d’un opéra harassant, il est tenu par <strong>Barbara Haveman</strong>, dont la voix sûre sait incarner les élans tendres, les frayeurs jalouses, le baiser de mort, le rêve bucolique, l’horreur. Son <em>Vissi d’arti</em>, très attendu, a fait vibrer le public d’émotion. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’<strong>Orchestre national Avignon Provence</strong>, dirigé par <strong>Federico Santi</strong>, sait accompagner leurs élans&nbsp; et impulser les siens dans les nombreux moments où l’orchestre prend la voix. Une production ambitieuse, dont on regrette une fois de plus qu’elle ne tourne pas sur les autres plateaux régionaux, et nationaux, qui pourraient la recevoir dans une économie raisonnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Tosca</em> a été créé à l’Opéra d’Avignon les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5, 7 et 9 avril</mark></pre>
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