<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Femmes - Journal Zebuline</title>
	<atom:link href="https://journalzebuline.fr/tag/femmes/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://journalzebuline.fr/tag/femmes/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Wed, 22 Apr 2026 12:44:19 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/cropped-LOGO512SITE-4-e1659637379402.png?fit=32%2C32&#038;ssl=1</url>
	<title>Archives des Femmes - Journal Zebuline</title>
	<link>https://journalzebuline.fr/tag/femmes/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">209690185</site>	<item>
		<title>Lilia en six chapitres</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/a-voix-basse/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=a-voix-basse</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/a-voix-basse/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 12:13:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Berlinale]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation;]]></category>
		<category><![CDATA[Eya Bouteraa]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Leyla Bouzid]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Marion Barbeau)]]></category>
		<category><![CDATA[Salma Baccar]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Goepfert]]></category>
		<category><![CDATA[Sousse]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=134959</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un aéroport, une voiture et deux jeunes femmes, la brune Lilia (Eya Bouteraa) et la blonde Alice (Marion Barbeau). Lilia, ingénieure qui vit à Paris, revient à Sousse, en Tunisie, pour les funérailles de son oncle, Daly. Mais dans son pays natal et dans sa famille, impossible de présenter sa compagne qui va séjourner à [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/a-voix-basse/">Lilia en six chapitres</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Un aéroport, une voiture et deux jeunes femmes, la brune Lilia (<strong>Eya Bouteraa)</strong> et la blonde Alice (<strong>Marion Barbeau</strong>). Lilia, ingénieure qui vit à Paris, revient à Sousse, en Tunisie, pour les funérailles de son oncle, Daly. Mais dans son pays natal et dans sa famille, impossible de présenter sa compagne qui va séjourner à l’hôtel. 6 chapitres pour 6 jours. Dans la maison de famille- celle de la maison originelle de la grand-mère de la cinéaste- on prépare l’enterrement de Daly, retrouvé mort dans la rue, à moitie dénudé.  Au fil des étapes des rite funéraires, véritables tableaux vivants, des questions se posent et Lilia veut connaitre la vérité d’autant plus que des officiers de police viennent poser des questions. Commence alors pour Lilia une enquête familiale : que s’est-il passé ? Qui était Daly ? Mais aussi une quête intime ; ressurgissent souvenirs, non –dits, mensonges.  Et quand Alice s’invite à un repas, Lilia doit faire face à ce qu’elle cache. Et ce n’est pas facile. Néfissa (<strong>Salma Baccar</strong>) la grand-mère dicte sa loi et Wahida (<strong>Hiam Abbass) </strong>qui aurait pu avoir le Prix d’interprétation), sa mère, médecin, chef de service, ne peut accepter l’homosexualité de sa fille. La scène d’explication entre elles est un des moments les plus forts du film <em>: « Alice me rend heureuse ! C’est juste l’amour ! -Cela aurait été plus simple que tu ne le sois pas ! »</em>lui répond sa mère, la chassant de la chambre.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Caméra de l&rsquo;intime</mark></strong></p>



<p>&nbsp;La caméra du chef opérateur, <strong>Sébastien Goepfert</strong> cadre au plus près les visages, saisissant leur souffrance. Une caméra toujours dans la retenue&nbsp;qui saisit les gestes&nbsp;; une main qui frôle, une caresse échangée. Une caméra qui capte les ombres de la maison, puis peu à peu sa lumière. Une caméra qui filme les photos du mariage imposé à Daly comme le film culte de la cinéaste, <em>la Jetée</em> de Chris Marker. Une mise en scène tout en retenue.C</p>



<p><strong>Leyla Bouzid</strong> dont on avait apprécié les films précédents, <em>À peine j’ouvre les yeux (</em>2015) et <em>Une histoire d’amour et de désir</em> (2021) confirme son talent pour les récits d’émancipation, de combat pour la liberté et pour le choix de ses actrices, toutes excellentes.</p>



<p>Un film à voir pour se souvenir que dans bon nombre de pays, il n’est pas permis de désirer et d’aimer qui on veut.</p>



<p>Annie Gava</p>



<p><strong><em>A voix basse</em> sort en salles le 22 avril 2026</strong></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/a-voix-basse/">Lilia en six chapitres</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/a-voix-basse/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">134959</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La fluctuation des mairesses</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/la-fluctuation-des-mairesses/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=la-fluctuation-des-mairesses</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/la-fluctuation-des-mairesses/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 11:26:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Elections]]></category>
		<category><![CDATA[feminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Mairie]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Municipales]]></category>
		<category><![CDATA[parité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique Culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Societe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=135317</guid>

					<description><![CDATA[<p>Aragon l’écrivait, Ferrat le chantait, La Femme est l’avenir de l’Homme… Vraiment ? Elle est, pour le coup, enfin devenue en partie son présent. Une femme, Julie Deliquet, prend enfin la direction de La Colline, un des six théâtres nationaux français. Sur nos scènes régionales, dans nos maisons d’édition, sur nos cimaises, les femmes s’imposent et [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/la-fluctuation-des-mairesses/">La fluctuation des mairesses</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Aragon l’écrivait, Ferrat le chantait, <em>La Femme est l’avenir de l’Homme</em>… Vraiment ? Elle est, pour le coup, enfin devenue en partie son présent. Une femme, Julie Deliquet, prend enfin la direction de La Colline, un des six théâtres nationaux français. Sur nos scènes régionales, dans nos maisons d’édition, sur nos cimaises, les femmes s’imposent et tiennent un discours clairement féministe. Au Centre de la Photographie <em>Les femmes ont faim</em> réhabilitent l’appétit, à La Criée <em>L’Art de la joie</em> célèbre la jouissance féminine, au Théâtre Joliette les mères apprennent à leurs filles à porter des coups. Ici les femmes écrivent, chantent, dansent, revisitent les chefs-d’œuvre, remportent des Césars. Mais elles ne sont toujours pas têtes de listes aux municipales. </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Parité insuffisante</mark></strong></p>



<p>Si la loi sur la parité oblige à l’égalité stricte et à l’alternance H/F sur les listes, y compris aujourd’hui dans les communes de moins de 1000 habitants, rien n’oblige à avoir des mairEs. Qu’on ne sait toujours pas nommer, d’ailleurs. Madame la maire, madame le maire, les mairEs, les femmes maires ou les mairesses&nbsp;? Comment les écrit-on, comment les prononce-t-on&nbsp;? Leur dénomination n’est toujours pas fixée, et fluctue. Et assone, lorsqu’on le prononce sans l’écrire, avec les mamans de chacun·e.&nbsp;</p>



<p>On sait que le flou dans une dénomination incite à l’effacement dans le réel et que nommer correctement les choses, les gens, permet d’affirmer leur existence.&nbsp;</p>



<p>La fluctuation des mairesses est aussi le signe de leur effacement.&nbsp;</p>



<p>Il faut dire qu’elles représentent aujourd’hui, à la veille des élections municipales, 20&nbsp;% seulement des maires sortant·es. Selon le ministère de l’Intérieur, elles sont à peine plus nombreuses, 24,4&nbsp;%, à briguer pour le scrutin de dimanche la gouvernance des villes.&nbsp;</p>



<p>Ce qui ne devrait pas augmenter de 4,4&nbsp;points le nombre de mairesses&nbsp;: un autre phénomène, documenté par la chercheuse Régine Sénac (<em>La Parité, </em>PUF), consiste pour les partis à proposer des femmes têtes de listes dans les communes perdues d’avance. Ainsi sont-elles moins nombreuses à être élues que leur 24,4&nbsp;% de départ, la prime au sortant agissant au demeurant, pour 80&nbsp;%, en faveur des hommes…</p>



<p>La loi sur la parité n’oblige pas non plus à dégenrer les rôles, et les femmes sont le plus souvent adjointes à la santé, la jeunesse, la culture, le social, ou aux droits des femmes, qu’au budget, à l’entreprise ou à l’urbanisme. Et cela dans tous les partis&nbsp;: les listes de gauche font un peu mieux en pourcentage (30%) que celles du centre/droite (23,3%) et de l’extrême droite (22,6%), mais les mairies de gauche reproduisent ensuite les stéréotypes genrés dans l’attribution des délégations et dans les instances de prise de décisions. Les premières adjointes, à 80&nbsp;% des femmes puisque 80&nbsp;% des maires sont des hommes, sont souvent plus décoratives que réellement au cœur du pouvoir. C’est souvent le deuxième adjoint, un homme, qui compte…&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À l’exception des héritières</mark></strong></p>



<p>Il existe bien sûr des exceptions à ces tendances, mais les femmes édiles, celles qui dirigent des partis (aucune, faut-il le rappeler, n’a jamais dirigé la Nation) sont souvent des héritières qui doivent leur notoriété à leur mari, leur père, leur frère. De façon générale, étant donnée la structure du pouvoir, les femmes politiques doivent leurs mandats à des hommes, qui les ont choisies, dans leur parti ou leur commune. Aucune n’a réellement conquis le pouvoir par les vertus de la sororité, et les femmes choisies par les hommes sont souvent les plus cruelles concurrentes de leurs consœurs et concurrentes.&nbsp;</p>



<p>Pourtant, aujourd’hui, ce que nous disent nos scènes, c’est la puissante nécessité de penser les politiques féministes, et de partager enfin le pouvoir. Au Zef, à La Garance de Cavaillon, les <em>Forteresses [voir ci-dessous]</em> disent ce que les hommes, depuis 50 ans, font aux femmes iraniennes. Ce que tous les tyrans au pouvoir font aux femmes et aux peuples. En les minorant, en les enfermant, en les violant, en excisant leur jouissance, en diabolisant leurs appétits.&nbsp;</p>



<p>Sur scène et dans les rues les femmes crient, et finiront par se faire entendre, contre les pseudos féministes de Némésis et les Meloni du monde qui veulent assigner les autres femmes, trop étrangères, trop débordantes, pas assez blondes, à la maternité subie et à la féminité naturelle.</p>



<p>Agnès Freschel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles<a href="https://journalzebuline.fr"> <em>Société</em> ici</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/la-fluctuation-des-mairesses/">La fluctuation des mairesses</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/la-fluctuation-des-mairesses/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">135317</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Maryam Touzani à cœur ouvert</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/maryam-touzani-a-coeur-ouvert/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=maryam-touzani-a-coeur-ouvert</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/maryam-touzani-a-coeur-ouvert/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 14:57:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Carmae maura]]></category>
		<category><![CDATA[Cinemed]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Maryam Touzani]]></category>
		<category><![CDATA[Tanger]]></category>
		<category><![CDATA[Transmission]]></category>
		<category><![CDATA[vieillesse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=133875</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une histoire de transmission Ma mère n&#8217;avait pas pu voir mon film précédent Le Bleu du caftan, parce qu&#8217;elle est décédée juste avant la sortie, de manière totalement inattendue. C&#8217;est de cette blessure qu&#8217;est sortie l&#8217;écriture de Rue Malaga. Ma mère était à moitié espagnole et j&#8217;ai grandi en parlant espagnol. Et quand ma mère [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/maryam-touzani-a-coeur-ouvert/">Maryam Touzani à cœur ouvert</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Une histoire de transmission</strong></mark></p>



<p>Ma mère n&rsquo;avait pas pu voir mon film précédent <em>Le Bleu du caftan</em>, parce qu&rsquo;elle est décédée juste avant la sortie, de manière totalement inattendue. C&rsquo;est de cette blessure qu&rsquo;est sortie l&rsquo;écriture de <em>Rue Malaga.</em> Ma mère était à moitié</p>



<p>espagnole et j&rsquo;ai grandi en parlant espagnol. Et quand ma mère est partie, j&rsquo;ai cherché à garder cette conversation avec elle à&nbsp;travers la langue, inconsciemment. C&rsquo;est pour ça que ce film est en espagnol. C&rsquo;est mon premier film en espagnol. Le film est dédié aussi à ma grand-mère parce qu&rsquo;il y a cette histoire de transmission qui, pour moi, est primordiale. Pour moi, cette transmission est une chose qui est vitale, que j&rsquo;ai envie de raconter. C’est une manière de garder vivantes ces personnes qui ne sont plus là.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Les objets dans le film</strong></mark></p>



<p>C&rsquo;est vrai que je suis attachée aux objets. J&rsquo;ai la sensation que les objets n’ont pas une âme certes mais sont les témoins de notre vie. Dans la vie de Maria Ángeles c&rsquo;est clairement cela. Ce sont comme des marqueurs de sa vie, un ancrage. Ils font partie de son identité. Et quand elle est dépossédée de tous ces objets, &nbsp;c&rsquo;est comme si on lui arrachait une partie de sa vie et de son passé. Et j&rsquo;avais justement envie de mettre la lumière sur ces objets-là et sur ce qu&rsquo;ils peuvent représenter pour certains, pas pour tous. C&rsquo;est comme les lieux, c&rsquo;est comme les maisons. Quand Clara dit à sa mère, ce ne sont que des murs, pour Marie-Angela, ce ne sont pas que des murs, ils sont témoins de toute une vie&nbsp;: ils ont tout vu, ils ont tout entendu, ils ont tout observé et ils font partie de qui elle est. Moi, je me sens beaucoup comme cela. D&rsquo;où l&rsquo;importance quand, petit à&nbsp; petit, elle peut les&nbsp; retrouver et remeubler sa maison. c&rsquo;est une reconstruction,&nbsp; une reprise en main de sa vie, de son identité</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>L’&rsquo;immigration espagnole.</strong></mark></p>



<p>Ma grand-mère est née&nbsp; en 1910, en Andalousie. Elle est venue au Maroc. Elle avait sept ans. Ses parents y sont restés Elle a épousé un Espagnol et a eu trois enfants&nbsp;…, J’ai grandi dans cette famille avec deux cultures. Le regard des autres vis-à vis de ma grand-mère &nbsp;était qu’ils la voyaient comme une étrangère et elle ne se sentait pas étrangère. Et pour moi, déjà, petite, je me suis posé beaucoup de questions sur l&rsquo;identité, &nbsp;sur la manière dont on nous voit de l’extérieur. Ma grand-mère &nbsp;avait des yeux bleus, on voyait très &nbsp;clairement qu&rsquo;elle était étrangère et souvent, on parlait arabe à côté d’elle en pensant qu&rsquo;elle ne comprenait pas. Mais elle comprenait tout, en fait&nbsp;!</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La ville de Tanger et la mer</mark></strong></p>



<p>J’apprends à me connaître à travers mes films&nbsp;; une fois qu&rsquo;ils sont écrits&nbsp; et même une fois qu&rsquo;ils sont tournés. J’ai besoin de la mer. J&rsquo;ai besoin de voir la mer. J&rsquo;ai besoin de cette proximité à l’Océan.&nbsp; Et je crois que ce n&rsquo;est pas anodin que cela revienne à chaque fois de différentes manières. Dan <em>Le Bleu du Caftan,</em> il y avait déjà l&rsquo;odeur de la mer qui venait dans les narines de ces deux hommes et qui racontait pour moi ce désir de mer, ce désir de liberté aussi</p>



<p>Et à Tanger, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;on est à 14 kilomètres de l&rsquo;Espagne et que de notre maison, on voit Cadiz juste en face. C&rsquo;est vrai que j&rsquo;ai toujours grandi avec ces souvenirs par procuration de ma grand-mère, de sa petite ville de Jimena de la Frontera..C&rsquo;est une ville de fusion. C&rsquo;est une ville où il y a toujours eu un vivre-ensemble. Moi, j&rsquo;ai grandi là-dedans et j&rsquo;avais aussi envie de pouvoir raconter ça</p>



<p>Toutes ces cultures qui vivaient ensemble, dans le respect des religions les unes des autres, de la différence. Et c&rsquo;était avant tout une richesse. Moi, je me rappelle justement l&rsquo;Académia Malaga parce que ma mère a vécu là avec ma grand-mère.&nbsp; Et je me rappelle tous les récits, toutes ces cultures différentes qui vivaient ensemble&nbsp; des musulmans, des juifs et des chrétiens, des échanges de nourriture différentes. C’était important de raconter aussi la rue avec ses odeurs, avec ses sens, de sentir le cœur aussi de cette ville, de comprendre l&rsquo;attachement de cette femme à cette ville mais de manière organique, pas de manière intellectuelle. Et quelque part de rendre hommage aussi à cette génération qui est en train de disparaitre. Parce que le cimetière qu’on voit, &nbsp;c&rsquo;est là où¹ ma grand-mère est enterrée. On peut y aller passer toute une journée et ne voir personne. La majorité des gens sont partis. C’est quelque chose qui me touche beaucoup. Garder la mémoire vivante&nbsp;: je pense que le cinéma peut faire cela. Je crois que c&rsquo;est important de ne pas oublier le passé, surtout quand il est beau.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>La scène d’amour</strong></mark></p>



<p>Cette scène d&rsquo;amour était&nbsp; pour moi primordiale. Parce que j&rsquo;avais envie justement de montrer … comment dire&#8230; Je trouve qu&rsquo;il y a tellement d&rsquo;attentes, d&rsquo;injonctions de la société par rapport à la &nbsp;manière dont on doit vieillir, par rapport à la manière dont l’amour, le désir doit &nbsp;évoluer. Déjà très jeune, c&rsquo;est quelque chose qui me touchait beaucoup parce que je me suis toujours dit&nbsp;:je suis la personne que je suis à l’intérieur. Quand j&rsquo;aurai 70 ans, 75 ans, 80 ans, je vais continuer à être la même &nbsp;personne. Donc, si la société nous renvoie une image différente, parce que c&rsquo;est l&rsquo;image qu&rsquo;elle voit en moi, comment faire concilier ces deux choses&nbsp;? Il faut avoir beaucoup de force de caractère parfois pour pouvoir continuer à être qui on est à l’intérieur.</p>



<p>La sexualité et l&rsquo;amour, sont quelque chose de sain, de beau quand on est jeune. Et puis, on arrive à un certain âge, ça commence à devenir quelque part limite, à&nbsp; la limite du respectable comme si c’était &nbsp;quelque chose de moche, dont&nbsp; on ne pourrait pas parler ouvertement. C&rsquo;est quelque chose qui me heurte et qui me blesse, mais vraiment. Et donc, j&rsquo;avais envie de célébrer ces corps, leur sensualité, leur rythme, ces corps vieillissants que je trouve magnifiques. On a vécu, nos corps se sont transformés. On a ressenti des choses<em>. </em>Et je n&rsquo;ai pas envie de cacher. J’ai envie de montrer cela et de le sublimer. C&rsquo;est ce que j&rsquo;avais envie de faire avec ces scènes -là&nbsp;: montrer qu&rsquo;on est capable encore d&rsquo;aimer et qu&rsquo;on doit avoir la liberté de pouvoir désirer. &nbsp;Il n&rsquo;y a pas un moment où ¹ la vie s&rsquo;arrête.</p>



<p>Du coup, j&rsquo;avais envie que Marie-Angela puisse briser toutes ses chaînes, se libérer &nbsp;de tout et se dire &nbsp;et dire&nbsp;: «&nbsp;<em>Voilà, je suis une femme de 80 ans, mon corps est comme il est, il est magnifique comme il est, je choisis de le montrer, je choisis des habiller &nbsp;cet homme, de me déshabiller, de me montrer</em>&nbsp;!&nbsp;» Je trouve que la vieillesse est une vraie force. J&rsquo;avais envie vraiment qu&rsquo;on puisse ressentir cela comme une caresse. J&rsquo;avais envie d&rsquo;être dans un vrai respect des corps, dans un vrai respect de l&rsquo;instant et que la caméra arrive sur le corps juste comme une caresse, sans jamais trop s&rsquo;attarder, sans jamais trop montrer, mais juste pouvoir balayer du regard comme un toucher qu&rsquo;on ressent, qui est là. Et c&rsquo;est complètement éloigné du male gaze, Cela n&rsquo;a rien à voir. Quand Maria Ángeles enlève ses habits, c&rsquo;est vraiment une mise à nu de l’âme, ce n’est pas que du corps.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Travailler avec des femmes</mark></strong></p>



<p>C’est important pour moi de travailler avec des gens qui me comprennent et qui ont la sensibilité que je recherche. Et cette sensibilité-là, j&rsquo;ai pu la trouver chez des hommes comme j&rsquo;ai pu la trouver chez des femmes. Mais c&rsquo;est important pour moi de faire les bons choix et de m&rsquo;entourer de &nbsp;personnes avec lesquelles je me sens alignée, avec qui je me sens en harmonie et qui ont la même vision des choses. Il y &nbsp;ici une équipe féminine, avec des femmes âgées comme&nbsp; la coiffeuse la coiffeuse Romana, qui avait dans les 76 ans et des jeunes. Je choisis en fait les membres de mon équipe par leur talent, par leur humanité et ce que je sens.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le personnage de Josépha</strong></mark></p>



<p>C&rsquo;est un personnage très important&nbsp;; les dialogues avec Josépha qui n&rsquo;en sont pas, puisqu’ en fait, Marie-Angeles fait tout, les questions et les réponses. &nbsp;Pour Josépha &nbsp;ce fut un casting assez long, parce que je voulais raconter toutes ces expressions- tout ce qu&rsquo;elle exprime. J’avais envie d&rsquo;un visage, d&rsquo;une comédienne qui puisse exprimer tout ça rien qu&rsquo;à travers son regard, à&nbsp;travers ses grimaces et je cherchais un visage qui porte les années qu&rsquo;il a. Pour moi, les rides qui traversent le visage de Josépha dans le film, c&rsquo;est comme des rivières, c&rsquo;est beau, Quand je suis tombée sur <strong>Maria Alfonsa Rosso</strong>, je suis tombée amoureuse d&rsquo;elle. C&rsquo;est une femme qui a une telle énergie&nbsp; de vie aussi, qui est magnifique, très douce, Elle était vraiment la Josépha que j&rsquo;avais imaginée et qui me rappelait des souvenirs d’enfance. Pendant que j&rsquo;écrivais, je n&rsquo;avais pas imaginé le personnage de Josépha, mais je pense aussi que c&rsquo;est venu parce que cette écriture &nbsp;pour moi était très dure, douloureuse aussi, parce que c’était me confronter à l&rsquo;absence de ma mère, à la douleur et tout, donc j&rsquo;ai écrit beaucoup dans les larmes, mais j&rsquo;avais aussi besoin de rire, et donc inconsciemment, je pense que ces dialogues-là ont pris cette tournure- parce que j&rsquo;avais besoin de ça&nbsp;; je me retrouvais à rire en milieu de la nuit, pendant que je me laissais porter par ces conversations-là..</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Carmen Maura</mark></strong></p>



<p>Carmen Maura, elle est capable de tout. Je n&rsquo;avais pas écrit avec Carmen en tète Et quand j&rsquo;e l’ai rencontrée, elle a lu le scenario, elle a adoré &nbsp;le personnage, elle est vraiment tombée &nbsp;amoureuse de Marie-Angéla. Et moi, je suis tombée amoureuse d’elle. Elle a des yeux tellement expressifs. Elle peur raconter tellement sans parler, elle aussi&nbsp;! L&rsquo;émotion, chez elle, est quelque part, elle est présente&nbsp;; dès qu&rsquo;on la touche, elle apparait Et puis elle a cette joie de vivre, cette énergie&nbsp; aussi qui m&rsquo;a beaucoup touchée. Après&nbsp; avoir discuté avec elle pendant quelques heures, j&rsquo;étais certaine qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait que Carmen pour interpréter ce rôle-là, pour lui donner chair et la dimension que j&rsquo;avais imaginée&nbsp;; elle traverse tellement d&rsquo;états différents&nbsp;! Quand elle revient chez elle et qu&rsquo;elle se retrouve dans cette maison vide, ce qu&rsquo;on voit dans ses yeux n&rsquo;a absolument rien à voir avec d&rsquo;autres moments. Il fallait qu&rsquo;elle puisse aussi être tellement proche de ses émotions.</p>



<p>Et ça commence avec la coiffeuse. On veut l’obliger à&nbsp; couper des cheveux. Là elle a un déclic et elle dit non&nbsp;; c&rsquo;est un truc qui m&rsquo;agace vraiment quand on se met à infantiliser les personnes âgées&nbsp; C&rsquo;est un truc qui me met hors de moi&nbsp;! Pour moi, cette séquence est vraiment un turning point&nbsp;!</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>&nbsp;Renaissance</strong></mark></p>



<p>La vie ne nous donne pas toujours que de belles choses. C&rsquo;est se reconstruire. C&rsquo;est se repenser.&nbsp; C&rsquo;est aller chercher des ressources qu&rsquo;on ne pense pas. On a en nous parfois&#8230; Marie-Angeles est &nbsp;une femme pleine de vie. Elle va aller chercher d&rsquo;autres ressources. On la voit rajeunir quelque part en se reprenant en main. Et parce qu&rsquo;elle prend conscience du fait qu&rsquo;elle est là, qu&rsquo;elle est encore vivante. Et qu&rsquo;on veut lui enlever des choses. Et elle va redécouvrir l&rsquo;amour physique.</p>



<p>, Clara, sa fille,&nbsp; ne se rend pas compte. Pour elle, la vie de sa mère est derrière&nbsp;: elle devrait accepter d&rsquo;aller s&rsquo;installer avec elle à Madrid.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>La couleur rouge</strong></mark></p>



<p>Ma mère &nbsp;aimait beaucoup le rouge et adorait les fleurs. Je n’ai pas écrit avec cela en tête mais en revoyant le film, et même en l’imaginant car quand j’écris, c’est toujours très visuel, j’avais besoin de revoir ces fleurs&nbsp;; je prenais toujours des photos de ma mère entre les fleurs. Mais je trouve que le rouge s’est installé dans ce film aussi parce qu&rsquo;il a du sens, parce que le rouge est une couleur de vie,&nbsp; qui peut être violente parce que c&rsquo;est la couleur du sang mais c&rsquo;est aussi une couleur pleine de désir de vie</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des séquence comme des refrains</mark></strong></p>



<p>Les scènes dans le cimetière et les visites à Josépha sont des repères, des parenthèses obligatoires, un équilibre entre la vie et la mort. Une vie faite de routine jusqu’au moment où tout bascule. Une énergie nouvelle et un rapport nouveau à son quartier. L’énergie de la vie rentre chez elle&nbsp;!</p>



<p>Propos recueillis au dernier CINEMED par Annie Gava</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Lire <a href="https://journalzebuline.fr/cinemed-rue-malaga/" type="link" id="https://journalzebuline.fr/cinemed-rue-malaga/">ICI </a>la critique du film</strong></mark></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/maryam-touzani-a-coeur-ouvert/">Maryam Touzani à cœur ouvert</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/maryam-touzani-a-coeur-ouvert/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">133875</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La Condition : Tout peut –il recommencer ?</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-la-condition-tout-peut-il-recommencer/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=canebiere-film-festival-la-condition-tout-peut-il-recommencer</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-la-condition-tout-peut-il-recommencer/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Cirque]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Canebière Film Festival]]></category>
		<category><![CDATA[condition sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Galatéa Bellugi]]></category>
		<category><![CDATA[Jérôme Bonnell]]></category>
		<category><![CDATA[Léonor de Récondo]]></category>
		<category><![CDATA[Louise Chevillotte]]></category>
		<category><![CDATA[Marseile]]></category>
		<category><![CDATA[patriarcat]]></category>
		<category><![CDATA[Swann Arlaud]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=132229</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’amour parcourt les films de Jérôme Bonnell qui en explore toutes les facettes, de l’enfance à l’âge adulte depuis Le Chignon d’Olga (2002) jusqu’à sa série prévue pour 2026, Un jour on fera l’amour. Son nouveau film, La condition, qui avait pour titre au départ Tout recommencera, ne fait pas exception. Mais c’est la première [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-la-condition-tout-peut-il-recommencer/">La Condition : Tout peut –il recommencer ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’amour parcourt les films de <strong>Jérôme Bonnell</strong> qui en explore toutes les facettes, de l’enfance à l’âge adulte depuis <em>Le Chignon d’Olga</em> (2002) jusqu’à sa série prévue pour 2026, <em>Un jour on fera l’amour</em>. Son nouveau film, <em>La condition</em>, qui avait pour titre au départ <em>Tout recommencera</em>, ne fait pas exception. Mais c’est la première fois que le cinéaste s’attelle à une adaptation&nbsp;: celle d’un roman de <strong>Léonor de Récondo,</strong><em> Amours</em> (sic&nbsp;!) dont l’histoire se déroule au début du XXe siècle. Un film en costumes donc mais au thème très actuel, la situation des femmes face au patriarcat.</p>



<p>Mois d’avril 1908. Une grande maison bourgeoise. Une jeune femme qu’on habille, qu’on corsette&nbsp;; c’est Victoire, (<strong>Louise Chevillotte,</strong> que Jérôme Bonnell avait déjà fait tourner dans <em>Les hautes herbes</em>) femme d’André (<strong>Swann Arlaud</strong>) un notaire, qui semble sûr de lui, imbu de sa personne mais au fond sous l’emprise de sa mère (Incroyable <strong>Emmanuelle Devos</strong>, méconnaissable). Alitée, ne parlant plus, véritable tyran, elle maltraite les employées de maison et sa bru.’&nbsp;«&nbsp;<em>C’est la méchanceté qui coule dans tes veines</em>&nbsp;» lui jettera un jour un fils, excédé et que la frustration rend violent. Les deux époux font chambre à part et en bon patron, André s’occupe de la bonne, Céleste (<strong>Galatéa Bellugi</strong>&nbsp; vue récemment dans <em>L’Engloutie</em> de Louise Hémon ) A la suite de ses assauts, Céleste se retrouve enceinte et n’a pas son mot à dire. Bien entendu, craignant de se faire renvoyer, elle cache sa grossesse durant six mois&nbsp;; il est donc trop tard pour «&nbsp;faire passer&nbsp;» l’enfant. Victoire n’a sans doute pas eu son mot à dire non plus, avant d’être mariée à André et les rapports avec son mari ne leur ont pas donné d’héritier. Une solution est trouvée&nbsp;: Céleste ne sera pas renvoyée, mettra au monde l’enfant qui deviendra le fils des maitres. Cet arrangement, inhumain, terrible pour Céleste, va peu à peu rapprocher les deux «&nbsp;mères&nbsp;»&nbsp;: En secret, elles s’occupent ensemble du bébé&nbsp;; leurs corps se rapprochent, faisant naitre une grande tendresse entre ces deux femmes que leur condition sociale opposait, maitresse et servante, et leur révélant peu à peu leur désir.. Tout peut –il recommencer&nbsp;?</p>



<p>Dans une mise en scène classique, sobre et fluide, des décors très soignés conçus par la cheffe décoratrice, <strong>Catherine Jarrier-Prieur</strong>, <em>La Condition</em> traite à la fois les rapports sociaux, dominant –dominé, les rapports imposés aux femmes par le patriarcat et le tabou de l’homosexualité. La caméra de <strong>Pascal Lagriffoul</strong> a su saisir les émotions des deux femmes superbement interprétées, filmant avec délicatesse les visages et les corps qui se découvrent. Quant à <strong>Swann Arlaud,</strong> il incarne avec justesse cet homme dont on découvrira le secret.</p>



<p>Annie Gava</p>



<p><em>La Condition</em> sort en salles le 10 décembre</p>



<p>© Diaphana</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-la-condition-tout-peut-il-recommencer/">La Condition : Tout peut –il recommencer ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-la-condition-tout-peut-il-recommencer/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">132229</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Elles parlent de « La petite dernière »</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/elles-parlent-de-la-petite-derniere/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=elles-parlent-de-la-petite-derniere</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/elles-parlent-de-la-petite-derniere/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Hafsia Herzi]]></category>
		<category><![CDATA[La petie dernière]]></category>
		<category><![CDATA[Nadia Melliti]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=132304</guid>

					<description><![CDATA[<p>Elles ce sont la réalisatrice, Hafsia Herzi et son actrice, Nadia Melliti, dans un bureau du cinéma Les Variétés, au moment de l’avant-première du film qui a fait salle comble .Elles se confient sur leur travail, leurs émotions, leurs souvenirs de tournage. Au départ il y a le livre de Fatima Daas, qu’elles ont lu [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/elles-parlent-de-la-petite-derniere/">Elles parlent de « La petite dernière »</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Elles</strong> ce sont la réalisatrice, <strong>Hafsia Herzi</strong> et son actrice, <strong>Nadia Melliti,</strong> dans un bureau du cinéma Les Variétés, au moment de l’avant-première du film qui a fait salle comble .Elles se confient sur leur travail, leurs émotions, leurs souvenirs de tournage. Au départ il y a le livre de <strong>Fatima Daas,</strong> qu’elles ont lu toutes les deux&nbsp;: Hafsia, parce qu’on lui a proposé de l’adapter, Nadia parce qu’Hafsia &nbsp;l’a choisie pour incarner Fatima, après un casting sauvage, sur photo&nbsp;; un coup de cœur&nbsp;!</p>



<p>«&nbsp;<em>C’est un personnage que je n’avais jamais vu&nbsp; au cinéma&nbsp;; j’ai écrit la première version du scenario, très vite, en trois mois. J’ai laissé reposer&nbsp;;&nbsp; n’étant pas spécialiste de l’écriture de scenario, j’aime avoir du recul. Je n’ai pas travaillé avec Fatima Daas car j’avais entendu parler de conflit entre auteur et réalisateur, d’auteurs qui étaient déçus. Et j’aime écrire seule. Le scenario est vraiment très différent du roman qui a une structure un peu particulière, pas un récit classique, un long monologue qui parcourt enfance, adolescence… J’ai gardé l’essence, le Personnage, la famille, ce qui m’intéressait le plus et que j’arrivais à visualiser cinématographiquement. C’est un peu plus doux, notamment, le père qui dans le livre est plus virulent. Je n’avais pas envie d’un tel père et dans le film, il est un peu plus absent. &nbsp;J’aime les personnages de mère et j’avais envie de montrer une mère qui a du caractère, une mère nourricière, qui comprend tout&nbsp;; j’aime bien la manière dont Fatima Daas parle de la sienne J’avais aussi envie que la religion fasse partie du décor, de la famille mais cela pourrait être une famille juive, chrétienne, peu importe&nbsp;! J’aime filmer le quotidien, les histoires d’amour. &nbsp;Et je me retrouve dans ce personnage.</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-medium"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="203" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=300%2C203&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-132369" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=300%2C203&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=1024%2C693&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=768%2C520&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=150%2C102&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=696%2C471&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=1068%2C723&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?resize=621%2C420&amp;ssl=1 621w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/10/Nadia-Melliti-C-A.jpg?w=1200&amp;ssl=1 1200w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p><strong>Nadia Melliti</strong>, étudiante en STAPS (études pour devenir professeur d’EPS), surprise d’avoir obtenu le rôle, le premier, qui lui a valu le Prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes, explique comment elle s’est préparée.</p>



<p><em>«&nbsp;C’est grâce à l’émancipation sportive que j’ai vécue toute petite&nbsp;; j’ai compris très vite qu’on était dans un monde d’hommes et je ne voulais pas en faire partie. En tant que sportive, on a un mental dur, beaucoup d’exigences vis-à-vis de soi-même. Je ne voulais pas sentir une différence entre moi et les garçons. Je ne voulais pas décevoir Hafsia. Je devais être à la hauteur et sur le plateau j’avais toujours cette exigence&nbsp;»</em></p>



<p>Hafsia précise que les séquences de football, qui ne sont pas dans le roman, ont été ajoutées par rapport à l’expérience de Nadia. Pour se préparer au rôle, elle lui conseillé quelques lecture dont <em>Le Portrait de Dorian Gray</em> d’Oscar Wilde que Nadia a adoré.</p>



<p><em>«&nbsp; Cette histoire rejoignait quelque part ce que traversait Fatima&nbsp;; elle se confronte à elle-même par rapport à ses erreurs. Il y avait un parallèle avec ce peintre qui se rendait compte de ses erreurs. Cà m’a permis de me mettre dans la peau du personnage, intense, complexe avec ses contradictions, qui seraient pour beaucoup inconciliables. Cette lecture m’a permis une plus grande ouverture d’esprit Quant au livre de Fatima Daas, j’ai adoré l’histoire, cette lutte intérieure. Les femmes, au cours de l’Histoire, ont toujours été en quête de liberté. En 68, que je n’ai pas connu&nbsp;! (rires), on parlait d’interdiction d’interdire, du droit au plaisir, d’émancipation des femmes. En tant que femmes, on a toujours mené des combats.&nbsp;»</em></p>



<p><strong>Hafsia Herzi</strong> parle de son travail &nbsp;de documentation pendant l’écriture du scenario, des fêtes auxquelles elle a assisté, des rencontres qu’elle a faites comme ce médecin de Marseille, spécialiste de l’asthme, -d’ailleurs présent dans la salle ce soir- là. Elle évoque le tournage des scènes d’intimité, des scènes tournées avec pudeur.</p>



<p>&nbsp;<em>«&nbsp;Je n’avais pas envie de filmer des scènes de sexe simulées. On a beaucoup parlé. Ca s’est fait simplement. On a pris le temps et j’ai fait attention au casting, que ce soit des gens bienveillants. J’avais envie de pudeur, j’ai fait attention au décor, à, la manière de filmer. Je préfère filmer u vrai baiser qu’une scène de sexe. Comment filmer le désir&nbsp;: on met en place des lumières, on prête une grande attention aux regards.</em> …&nbsp;»</p>



<p>Ce film qui sort en France&nbsp; le 22 octobre &nbsp;ne sera montré ni dans les pays du Maghreb, ni en Russie, ni en Chine, à cause de ses thématiques, sexualité, désir, homosexualité. On aura&nbsp; la chance de le voir&nbsp;!</p>



<p>Annie Gava</p>



<p>Lire la <em><a href="https://journalzebuline.fr/vers-la-liberte/">critique du film ici </a></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/"><em>Cinéma</em> ici </a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/elles-parlent-de-la-petite-derniere/">Elles parlent de « La petite dernière »</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/elles-parlent-de-la-petite-derniere/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">132304</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Les Archives départementales mettent les femmes à l’honneur</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/les-archives-departementales-mettent-les-femmes-a-lhonneur/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=les-archives-departementales-mettent-les-femmes-a-lhonneur</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/les-archives-departementales-mettent-les-femmes-a-lhonneur/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 08:44:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Archives départementales 13]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=131572</guid>

					<description><![CDATA[<p>Belle initiative que celle des&#160;Archives départementales 13&#160;d’aller&#160;piocher dans leurs fonds&#160;des documents&#160;–&#160;du parchemin à la photographie contemporaine&#160;–&#160;sur les&#160;femmes&#160;et&#160;d’en faire une exposition&#160;en quatre&#160;thèmes&#160;: être femme&#160;dans&#160;une&#160;société traditionnelle patriarcale, les premières luttes au XIXe&#160;siècle&#160;pour&#160;la citoyenneté politique, le droit à l&#8217;éducation et l&#8217;égalité civique&#160;et enfin&#160;le&#160;combat pour la liberté de disposer de leur corps et pour la parité. Militantes et Résistantes [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/les-archives-departementales-mettent-les-femmes-a-lhonneur/">Les Archives départementales mettent les femmes à l’honneur</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Belle initiative que celle des&nbsp;Archives départementales 13&nbsp;d’aller&nbsp;piocher dans leurs fonds&nbsp;des documents&nbsp;–&nbsp;du parchemin à la photographie contemporaine&nbsp;–&nbsp;sur les&nbsp;femmes&nbsp;et&nbsp;d’en faire une exposition&nbsp;en quatre&nbsp;thèmes&nbsp;: être femme&nbsp;dans&nbsp;une&nbsp;société traditionnelle patriarcale, les premières luttes au XIX<sup>e</sup>&nbsp;siècle&nbsp;pour&nbsp;la citoyenneté politique, le droit à l&rsquo;éducation et l&rsquo;égalité civique&nbsp;et enfin&nbsp;le&nbsp;combat pour la liberté de disposer de leur corps et pour la parité.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Militantes et Résistantes</mark></strong></h3>



<p>On y retrouve des femmes célèbres&nbsp;: la&nbsp;Reine Jeanne&nbsp;comtesse de&nbsp;Provence,&nbsp;la communarde&nbsp;Louise Michel&nbsp;–&nbsp;décédée à Marseille&nbsp;lors d’une tournée de conférence et dont on peut découvrir la lettre de surveillance de la&nbsp;Préfecture&nbsp;–, Simone de Beauvoir&nbsp;–&nbsp;dont&nbsp;est exposé&nbsp;le texte de sa nomination comme professeur de philosophie au lycée&nbsp;Montgrand&nbsp;–,&nbsp;l’historienne Yvonne Kniebiehler,&nbsp;à l’origine de la création du Centre d’études Féminines de l’Université de&nbsp;Provence, l’avocate Germaine-Poinso-Chapuis, fondatrice&nbsp;en 1929 du club&nbsp;<em>soroptimist</em>&nbsp;de Marseille luttant pour les droits civiques et sociaux, les&nbsp;Résistantes Fifi Turin, Mireille&nbsp;Lauze et Bertie Albrecht&nbsp;ou la chanteuse de music-hall Gaby Deslys.&nbsp;</p>



<p>Elles côtoient des suffragettes, faiseuses d&rsquo;anges, féministes du MLF (Mouvement de libération des femmes) des années 1970, des femmes au foyer anonymes, des religieuses –comme Saint Douceline –, des prostituées, des ouvrières comme celles de l’usine Cuisenier ou de la Compagnie générale transatlantique.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sorcières et prostituées</mark></strong></h3>



<p>Plusieurs documents originaux donnent de la force à l’exposition comme le testament de Marie Talabot&nbsp;(1886), cette orpheline, domestique à Marseille,&nbsp;qui devint l’épouse&nbsp;du&nbsp;grand industriel Paulin Talabot,&nbsp;dont on peut encore voir l’imposante bastide sur les hauteurs du Roucas-blanc.&nbsp;Des actes juridiques contre des prétendues sorcières,&nbsp;comme la&nbsp;&nbsp;note de frais pour&nbsp;l’exécution d’Alaète Hospitalier brulée à Apt en 1429,&nbsp;un&nbsp;rapport de police sur le meeting féministe de la&nbsp;Ligue pour les droits des femmes de 1923 à Marseille&nbsp;ou encore des dossiers de procédure&nbsp;et&nbsp;des lettres de femmes pénalisées pour avoir avorté.</p>



<p>On regrettera une&nbsp;scénographie fouillis&nbsp;où l’on peine&nbsp;à se retrouver.&nbsp;Elle&nbsp;ne perturbera pas celles et ceux qui ont déjà une bonne connaissance de la conquête des droits des femmes. Pour les autres&nbsp;–&nbsp;et même si une fresque chronologique et des panneaux aident&nbsp;à resituer&nbsp;les&nbsp;grandes avancées&nbsp;–,&nbsp;on&nbsp;ne saurait trop conseiller de suivre les visites guidées gratuitesproposées sur réservation.&nbsp;</p>



<p>Des balades à thèmes sont aussi organisées. Chaque mercredi, place aux familles avec un moment&nbsp;ludique et pédagogique orchestré par&nbsp;un médiateur. Les&nbsp;13 et&nbsp;17&nbsp;septembre,&nbsp;Mathis Ben Achour invite à une balade au Panier autour de l’histoire de la prostitution. On aurait aimé d’autres&nbsp;promenades&nbsp;dans le Marseille des militantes, ouvrières, Résistantes&nbsp;mais on pourra entendre des&nbsp;voix de&nbsp;femmes&nbsp;chantantes&nbsp;le 30 septembre&nbsp;lors&nbsp;du&nbsp;concert&nbsp;<em>Elles</em><em>&nbsp;en scène</em><em>.</em><strong><em>&nbsp;</em></strong>L<em>es Dames de la Joliette</em>&nbsp;partageront la scène avec le choeur&nbsp;<em>Tutte Quante</em>.</p>



<p>ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>L’Histoire au féminin</em></strong><em>
</em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 25 novembre </mark>
<a href="https://www.archives13.fr/n/consulter-les-archives-numerisees/n:1">Archives départementales 13</a>, Marseille</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/">Société ici</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/les-archives-departementales-mettent-les-femmes-a-lhonneur/">Les Archives départementales mettent les femmes à l’honneur</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/les-archives-departementales-mettent-les-femmes-a-lhonneur/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">131572</post-id>	</item>
		<item>
		<title>A feu doux.: « Il faut bien que vieillesse se passe »</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/a-feu-doux-il-faut-bien-que-vieillesse-se-passe/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=a-feu-doux-il-faut-bien-que-vieillesse-se-passe</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/a-feu-doux-il-faut-bien-que-vieillesse-se-passe/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 12:22:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[A Feu Doux]]></category>
		<category><![CDATA[Carolyn Michelle]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[H. Jon Benjamin]]></category>
		<category><![CDATA[Kathleen Chalfant]]></category>
		<category><![CDATA[maison de retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Mostra de Venise]]></category>
		<category><![CDATA[Sarah Friedland]]></category>
		<category><![CDATA[vieillesse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=131378</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une octogénaire est en plein préparatifs culinaires. Après avoir dressé la table, elle s’habille avec soin et élégance dans une atmosphère feutrée. Elle attend un homme… un rendez vous galant. Lorsqu’il arrive et à sa demande, il se présente Il s’appelle Steeve (H. Jon Benjamin) et il est architecte. Il lui demande des nouvelles de [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/a-feu-doux-il-faut-bien-que-vieillesse-se-passe/">A feu doux.: « Il faut bien que vieillesse se passe »</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Une octogénaire est en plein préparatifs culinaires. Après avoir dressé la table, elle s’habille avec soin et élégance dans une atmosphère feutrée. Elle attend un homme… un rendez vous galant. Lorsqu’il arrive et à sa demande, il se présente Il s’appelle Steeve (<strong>H. Jon Benjamin</strong>) et il est architecte. Il lui demande des nouvelles de sa santé. puis lui annonce qu’ils vont partir : un voyage surprise. Il semble gêné devant les regards et un geste tendre de Ruth. C’est par cette séquence qui met le spectateur un peu mal à l’aise que commence le film de <strong>Sarah Friedland,</strong> A <em>Feu Doux (</em> <em>Familiar touch</em>). Et le voyage surprise en est bien un ! Ruth, qui perd la mémoire, est placée dans un établissement spécialisé, <em>Bella Vista,</em> un lieu où tout est fait pour rendre le plus agréable possible la vie des personnes qui ont perdu leur autonomie. Elle est prise en charge par la douce Vanessa, (<strong>Carolyn Michelle</strong>) et l’équipe médicale. Et c’est cette nouvelle vie que nous fait partager Sarah Friedland qui a écrit son scenario à partir d’expériences à la fois personnelles et professionnelles : la relation avec sa grand-mère et son travail en tant qu’assistante pour  artistes new yorkais en proie à des troubles de la mémoire. «<em>J’’ai compris que si je voulais vraiment faire un film contre l’âgisme, mes méthodes devaient refléter l’éthique du projet. »</em> Elle a donc travaillé avec les résidents de la <em>Villa Gardens Health Center Community</em> qui ont, dit –elle, apporté beaucoup de nuances dans le ton, l’humour, l’absurdité et la bizarrerie du film. Contrairement à nos craintes de spectateur sur le sujet, le placement d’une femme en maison de retraite, on ne sort pas de ce film démoralisé. Car si Ruth, perd la mémoire, elle garde sa vivacité dont vont faire l’expérience soignants et résidents. Les scènes cocasses se succèdent ; recette du bortsch donnée au médecin qui l’examine, préparation, à la place du cuisinier,  d’assiettes alléchantes pour les pensionnaires, atelier de décorations. Ruth est certes déconnectée du réel mais emmène souvent, dans sa réalité à elle,  son entourage, emporté par sa joie de vivre et son sourire. Sur le visage de <strong>Kathleen Chalfant </strong>qui l’interprète superbement passent successivement la joie, l’enthousiasme, l’énergie, le désarroi, la colère, la tristesse parfois  de cette femme qui a vieilli.</p>



<p>Un film dont la mise en scène, en particulier dans la manière de filmer les corps, le cadre, les couleurs,  aborde sans pathos, avec beaucoup d’humanité la question du grand âge et de l’oubli. « <em>J’espère que certains sortiront de la salle plus liés à leur propre incarnation et avec ce que signifie vieillir.</em> » précise Sarah Friedland.  On l’espère…</p>



<p><strong>Annie Gava</strong></p>



<p><strong><em>A feu doux, </em> </strong>qui a obtenu à la dernière Mostra de Venise le Lion du futur du meilleur premier film,  la meilleure réalisation « Orizzonti » et le Prix de la meilleure actrice pour <strong>Kathleen Chalfant</strong> ,sort en salles <strong>le 13 août</strong></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/a-feu-doux-il-faut-bien-que-vieillesse-se-passe/">A feu doux.: « Il faut bien que vieillesse se passe »</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/a-feu-doux-il-faut-bien-que-vieillesse-se-passe/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">131378</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Vierge ou putain</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/vierge-ou-putain/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=vierge-ou-putain</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/vierge-ou-putain/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 07:05:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Cité Saint Thys]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Houssam Mohamed]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes]]></category>
		<category><![CDATA[Leïa Haïchour]]></category>
		<category><![CDATA[Lou Anna Hamon]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Mortadha Hasni]]></category>
		<category><![CDATA[Princia Car]]></category>
		<category><![CDATA[Quinzaine des cinéastes]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaël Vandenbussche.]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=130952</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 2019, la réalisatrice Princia Car avait présenté au Festival de Clermont Ferrand son court-métrage Barcelona, réalisé en atelier avec des jeunes d’un quartier à Marseille. L’histoire&#160;: neuf jeunes qui projettent de s’enfuir à Barcelone. Parmi eux, Leïa Haïchour, Houssam Mohamed, Mortadha Hasni que nous retrouvons dans son premier long métrage, Les Filles désir, présenté [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/vierge-ou-putain/">Vierge ou putain</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>En 2019, la réalisatrice <strong>Princia Car</strong> avait présenté au Festival de Clermont Ferrand son court-métrage <em>Barcelona,</em> réalisé en atelier avec des jeunes d’un quartier à Marseille. L’histoire&nbsp;: neuf jeunes qui projettent de s’enfuir à Barcelone. Parmi eux, <strong>Leïa Haïchour,</strong> <strong>Houssam Mohamed</strong>, <strong>Mortadha Hasni</strong> que nous retrouvons dans son premier long métrage, <em>Les Filles désir</em>, présenté à la dernière <em>Quinzaine des cinéastes.</em></p>



<p>On est à Marseille dans une cité où Omar (<strong>Houssam Mohamed</strong>), la vingtaine, dirige un centre aéré, gère comme un chef ses moniteurs aux propos crus, souvent machos, arbitre les disputes, console les petits quand il le faut. Il fréquente Yasmine, 17 ans (<strong>Leïa Haïchour</strong>) en tout bien tout honneur. Car pour lui et ses potes, il y a deux catégories de filles. Celles qu’on peut épouser et les autres. La Vierge et la Putain&nbsp;! Le jour où Carmen (<strong>Lou Anna Hamon</strong>), une ex-amie, revient au quartier après 7 ans d’absence, ne sachant où aller, tout va changer.&nbsp; «&nbsp;<em>Pendant 7 ans, j’ai fait la pute&nbsp;!</em>&nbsp;» proclame-t-elle. Elle veut à présent tout recommencer Mais dans la cité «&nbsp;<em>une pute reste une pute</em>&nbsp;» et pas question qu’elle réintègre la bande. Omar veut l’aider et, pour rassurer Yasmine, il décide de la présenter à sa mère&nbsp;; c’est elle sa future femme. Mère qui met la jeune fille en garde&nbsp;: elle est très jeune et ce qui l’attend, cuisine, ménage, etc. n’est pas des plus réjouissant. Quant à Carmen, à l’allure et à la parole libres, elle fait naitre chez tous des sentiments et des réactions contradictoires, désir, interrogation, rejet et va permettre à chacun de choisir ou subir son destin.</p>



<p>Dans ce film tourné entièrement à Marseille, en particulier dans la Cité Saint Thys, <strong>Princia Car</strong> met en scène la vie quotidienne de jeunes, un été sous le soleil, un peu comme un documentaire. Ils vont dans une fête foraine, se rencontrent au pied de leurs immeubles, encadrent les enfants au Centre, filmés superbement, dans des couleurs éclatantes, par le directeur de la photo <strong>Raphaël Vandenbussche</strong>.&nbsp; La caméra souvent en mouvement, s’arrête soudain sur des visages ou des corps, plans comme des tableaux. Les comédiens, qui ont participé à l’écriture et aux dialogues, comme pour <em>Barcelona</em>, sont plus vrais que nature, aussi bien <strong>Housam Mohamed</strong> que les deux filles, en particulier <strong>Lou Anna Hamon</strong> qui crève l’écran.</p>



<p>Un premier long métrage prometteur.</p>



<p>ANNIE GAVA<br><em>Les Filles Désir </em>de <strong>Princia Car</strong> sort en salles le 16 juillet<br>© Zinc</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/vierge-ou-putain/">Vierge ou putain</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/vierge-ou-putain/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">130952</post-id>	</item>
		<item>
		<title>My stolen planet: L’Iran côté faces</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/my-stolen-planet-liran-cote-faces/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=my-stolen-planet-liran-cote-faces</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/my-stolen-planet-liran-cote-faces/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 10:22:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[archives]]></category>
		<category><![CDATA[caméra]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Farahnaz Sharifi]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[films]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[résistance]]></category>
		<category><![CDATA[souvenirs]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=130520</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le film s’ouvre avec Farahnaz Sharifi qui commente, en voix off, des images d’enfance floutées, retravaillées : « Nous sommes le 8 mars 1979 ; c’est le jour de ma naissance. » Les images en noir et blanc de la photographe Hengameh Golestan donnent à voir des manifestations de femmes, tête nue, pour leur liberté. « Trois semaines après la [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/my-stolen-planet-liran-cote-faces/">My stolen planet: L’Iran côté faces</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le film s’ouvre avec <strong>Farahnaz Sharifi</strong> qui commente, en voix off, des images d’enfance floutées, retravaillées : « <em>Nous sommes le 8 mars 1979 ; c’est le jour de ma naissance.</em> » Les images en noir et blanc de la photographe <strong>Hengameh Golestan</strong> donnent à voir des manifestations de femmes, tête nue, pour leur liberté. «<em> Trois semaines après la révolution islamique en Iran, surviennent les premières restrictions concernant le corps des femmes.</em> » C’est ainsi que commence le documentaire de la cinéaste iranienne, exilée à Berlin depuis 2022, dédié «<em> aux femmes iraniennes qui se battent pour la liberté et à la mémoire de celles qui ont perdu leur vie sur le chemin. </em>» Un film, à la fois journal intime et témoignage sur la vie en Iran, de la chute du Shah jusqu’à nos jours. Un film qui se construit à partir d’archives personnelles et d’archines privées, d’inconnu·e·s, en super 8.  </p>



<p>À 7 ans, Farahnaz réalise qu’elle a deux planètes&nbsp;: sa maison où elle peut être elle-même, danser cheveux lâchés&nbsp;; et l’extérieur, à l’école, où coiffée du <em>hijab</em>, on lui apprend la haine. À l’adolescence, c’est le début de ce qu’elle appelle sa « <em>dépendance</em>&nbsp;». Elle achète son premier téléphone et désormais elle filmera tout&nbsp;: des cafards dans une pièce, les fêtes avec ses amis, interrompues par la police. Elle doit tout filmer. Quelques années plus tard, sa «&nbsp;dépendance&nbsp;» augmentant, elle collectionne de vieilles bobines de films en super 8&nbsp;qu’elle numérise et classe : <em>«&nbsp;J’achète les souvenirs des autres&nbsp;!</em>&nbsp;»</p>



<p>Images avec les traces du temps, superbes comme celles de ces femmes, libres, qui dansent. Des traces contre l’oubli. Car tout est devenu crime dans le pays : danser, la musique, la voix des femmes, l’alcool, ne pas porter le <em>hijab</em>, la joie… On parcourt ainsi à travers ces images d’archives un pan de l’histoire iranienne, marqué par des moments terribles et douloureux comme l’exécution de milliers d’opposants au régime, la répression des manifestants contre l’inflation, ou l’arrestation des amies de Farahnaz. Mais on voit aussi des scènes de joie collective quand on permet aux femmes d’assisteràun match de foot et qu’elles crient pour leur liberté, des moments de partage entre amies, des jeux, des chants.«<em> Ils ont des armes, on a la solidarité </em>! » des fêtes familiales comme son anniversaire avant son départ en Allemagne pour une résidence d’écriture.</p>



<p>Si les choix d’écriture de Farahnaz Sharifi&nbsp;ne sont pas inédits, le montage, les images plastiquement retravaillées, sa voix remplie d’émotions, qui raconte, commente, s’indigne, font de ce documentaire un film qui laisse des traces. On en sort ému, peut-être même bouleversé et avec l’envie de se battre aux cotés de ces femmes.</p>



<p>ANNIE GAVA</p>



<p><em>My stolen planet</em>, de <strong>Farahnaz Sharifi</strong><br>En salles le 25 juin<a></a></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/my-stolen-planet-liran-cote-faces/">My stolen planet: L’Iran côté faces</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/my-stolen-planet-liran-cote-faces/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">130520</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Au bord des rêves avec « Les Filles du Nil »</title>
		<link>https://journalzebuline.fr/africapt-au-bord-des-reves-avec-les-filles-du-nil/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=africapt-au-bord-des-reves-avec-les-filles-du-nil</link>
					<comments>https://journalzebuline.fr/africapt-au-bord-des-reves-avec-les-filles-du-nil/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 07:04:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[’Oeil d'or du documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[63è Semaine de la Critique]]></category>
		<category><![CDATA[Ayman El Amir]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Nada Riyadh]]></category>
		<category><![CDATA[SCAM]]></category>
		<category><![CDATA[The Brink of Dreams]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://journalzebuline.fr/?p=125945</guid>

					<description><![CDATA[<p>Elles s’appellent Majda, Haidi, Monika… Elles vivent dans le quartier copte de la petite ville d’Al-Bashra, dans le sud de l’Egypte. Elles ont une quinzaine d’années et des rêves plein la tête, dans un moment charnière&#160;pour elles.&#160;Celui où elles deviennent femmes et où elles vont devoir choisir leur voie ou suivre ce que leur famille [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/africapt-au-bord-des-reves-avec-les-filles-du-nil/">Au bord des rêves avec « Les Filles du Nil »</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p> Elles s’appellent Majda, Haidi, Monika… Elles vivent dans le quartier copte de la petite ville d’Al-Bashra, dans le sud de l’Egypte. Elles ont une quinzaine d’années et des rêves plein la tête, dans un moment charnière&nbsp;pour elles.&nbsp;Celui où elles deviennent femmes et où elles vont devoir choisir leur voie ou suivre ce que leur famille ou la tradition impose.</p>



<p>Elles sont un groupe de six, unies par la passion du théâtre et elles ont fondé une troupe de rue. Leur salle de répétition est un local vétuste où elles ont construit elles-mêmes leur scène avec des planches. Leur cheffe de troupe, Majda, rêve d’aller étudier le théâtre au Caire. Monica, au départ blessée par son surnom de «&nbsp;fille à la voix d’homme&nbsp;» assume sa voix grave et rêve de devenir chanteuse. En attendant, ensemble, elles jouent des saynètes dans les rues, font des performances pour exorciser les maux dont les femmes souffrent&nbsp;: enfermement, harcèlement, pressions familiales, mariages précoces et forcés.</p>



<p>Parmi leurs spectacles, <em>La Noce,</em> où elles interpellent les spectateurs, hommes et femmes, qui répondent, parfois agressivement&nbsp;: «<em>&nbsp;Êtes-vous heureux en ménage&nbsp;? N’avez-vous pas été mariée trop jeune&nbsp;? Les femmes n’ont donc aucun droit à l’amour&nbsp;?&nbsp;</em><em>» </em>C’est le quotidien de ces adolescentes, femmes en devenir, que<strong> Nada Riyadh </strong>et<strong> Ayman El Amir</strong> ont filmé pendant quatre ans. À l’extérieur, dans les rues, dans leur salle de travail en plein brainstorming&nbsp;: «&nbsp;<em>Penser à un rêve</em>&nbsp;»&nbsp;; mais aussi dans leur famille, leur intimité. «<em>&nbsp;Notre idée initiale était de faire un film sur le théâtre, mais les filles ont commencé à nous présenter leurs parents, leurs familles, leurs fiancés, et notre projet a pris une autre envergure</em>&nbsp;», précise <strong>Ayman El Amir</strong>.&nbsp;</p>



<p>On assiste aux fêtes familiales, au mariage de Monica, au baptême de son fils, au découragement de Majda, parfois. Deux séquences en particulier montrent la grande complicité entre filmeurs et filmés. Haidi qui s’est fiancée ne peut plus se rendre à l’atelier théâtre. Et devant la caméra, son fiancé lui ordonne de rompre avec ses amies, de supprimer leurs numéros et lui arrache le téléphone. «<em>&nbsp;Les hommes sont à l’écran comme ils sont dans la vraie vie : ils sont fiers de leur identité, les opinions qu’ils formulent sont les leurs</em>&nbsp;», explique <strong>Nada Riyadh</strong>. Si cette séquence nous montre à quel point la bataille est rude pour les femmes, une autre scène entre Haidi et son père, en écho, nous donne un peu d’espoir. Il s’étonne que sa fille ait abandonné la troupe qu’elle suit depuis 7 ans et ne sorte plus. Craignant qu’elle ne soit sous l’emprise de son fiancé, il la met en garde&nbsp;: elle n’est pas obligée de se marier si jeune&nbsp;!</p>



<p>On passe presque deux heures et demie en compagnie de ces jeunes femmes, partageant leurs doutes, leurs peurs, leurs joies, leur complicité, leur énergie. Et même si l’on se dit que la route est encore longue, ce documentaire dont le titre arabe est <em>Rafaat einy ll sama</em> et le titre anglais <em>The Brink of Dreams</em> nous remplit d’espoir en l’avenir. Sélectionné à la 63<sup>e</sup> <em>Semaine de la Critique,</em> il a remporté l’Oeil d&rsquo;or du documentaire (ex-aequo avec Raoul Peck) attribué par le Festival de Cannes et par la SCAM (Société des auteurs multimédia) au meilleur documentaire toutes sections confondues.</p>



<p>ANNIE GAVA</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong><em>Les Filles du Nil</em>  qui a été projeté le 12 novembre 2024 dans le cadre du festival <em><a href="http://www.africapt-festival.fr/">Africapt</a></em> sort en salles le  5 mars  2025</strong></mark></p>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/">Cinéma ici </a></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/africapt-au-bord-des-reves-avec-les-filles-du-nil/">Au bord des rêves avec « Les Filles du Nil »</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://journalzebuline.fr/africapt-au-bord-des-reves-avec-les-filles-du-nil/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">125945</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
