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	<title>Archives des festival Cinehorizontes - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des festival Cinehorizontes - Journal Zebuline</title>
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		<title>[CINE HORIZONTES] : Rock Bottom, vertiges et apnée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présenté à Annecy, Rock Bottom, est le premier long-métrage de la réalisatrice espagnole. Il emprunte son titre à celui de l’album de Robert Wyatt produit par Nick Mason, le batteur des Pink Floyd. L’album a cinquante ans. Il paraît en 1974, le jour où Robert Wyatt, ancien membre des&#160;Soft Machine, épouse la parolière et illustratrice&#160;Alfreda [&#8230;]</p>
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<p>Présenté à Annecy, <em>Rock Bottom</em>, est le premier long-métrage de la réalisatrice espagnole. Il emprunte son titre à celui de l’album de <strong>Robert Wyatt</strong> produit par <strong>Nick Mason</strong>, le batteur des Pink Floyd.<strong> </strong>L’album a cinquante ans. Il paraît en 1974, le jour où Robert Wyatt, ancien membre des&nbsp;<em><strong>Soft Machine</strong></em>, épouse la parolière et illustratrice&nbsp;<strong>Alfreda Benge</strong>. Il est alors paraplégique. Un an auparavant, il est tombé du 4ème<sup>&nbsp;</sup>étage depuis la fenêtre de la salle de bain de l’appartement londonien d’un ami.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Good trip, bad trip</mark></strong></p>



<p>C’est cette soirée noyée dans la drogue, le sexe et l’alcool qui ouvre le film, transposant l’action à New York, reconstituant les circonstances de l’accident, puis remontant au passé récent à Majorque où Richard (Bob) file un amour fusionnel avec Alfreda (dite Alfie ou Alif&nbsp;qui par glissement pourrait bien devenir A life). Dans le scénario, Alif est réalisatrice de films expérimentaux. Elle crée des montages surréalistes où les volets et les portes s’ouvrent sur d’étranges créatures, elle peint ses pellicules. Lui compose. Tous deux doutent. L’île les reconnecte aux origines. La beauté sub et sous-marine les fascine, les inspire. Mais les deux artistes boivent beaucoup et se droguent de plus en plus. «&nbsp;<em>Deux hérissons qui ne peuvent plus se rapprocher sans se déchirer&nbsp;».</em>&nbsp;De l’ambulance, et du lit d’hôpital où Richard est cloué, les flashes back ramènent à la maison villageoise, aux plages majorquines, aux fêtes, à la Guarda civile de Franco qui ferme les yeux sur ces hurluberlus anglais. Ils font revivre les baignades, les délires sous acides, les hallucinations, les affres du manque, la rupture. Good trip. Bad trip.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Restitution underground</strong> </mark></p>



<p>&nbsp;Marie Trénor auquel Richard Wyatt a donné son accord, s’appuie sur six chansons remastérisées de l’album&nbsp;<em>Rock Bottom –</em>commencé avant son accident mais finalisé après, avec ses amis. Elle complète la BO par des morceaux enregistrés avec l’ancien groupe de Wyatt,&nbsp;<em><strong>Matching Mole</strong></em>. Les paroles n’ont aucun sens précis, dira Wyatt. Prosaïques, abstraites jusqu’à l’onomatopée, bouleversantes comme celles de&nbsp;<em>Sea Song</em>&nbsp;dédiées à Alfie, associées&nbsp;à l’image d’un couple qui rejoint la flore sous-marine et s’y rejoint. Des mots entre haut et bas.&nbsp;<em>Hit Rock Bottom</em>&nbsp;signifie «&nbsp;toucher le fond&nbsp;» et dans&nbsp;<em>Little Red Robin Hood Hit the road</em>, «&nbsp;<em>Des taupes mortes gisent dans leurs trous</em>&nbsp;et&nbsp;<em>Les tunnels sans issue s’effondrent.</em>&nbsp;» &nbsp;Jazz planant, rock alternatif, recherches sonores et mélodiques, impros, la complexité de l’univers musical&nbsp;de Wyatt entre en écho avec la virtuosité de l’animation de Maria Trénor qui en varie les techniques et ouvre le champ des possibles avec une absolue liberté.&nbsp;</p>



<p>La réalisatrice raconte une histoire d’amour, la naissance d’une œuvre, le moment de basculement de la carrière d’un grand artiste, elle reconstitue l’esthétique underground et surréaliste d’une époque, s’inscrit dans l’histoire de la musique. Elle écarte les petites fleurs hippies et les arcs en ciel radieux pour immerger le spectateur dans les mouvances psychédéliques, le maelström et le cri des couleurs. Loin d’un biopic, il s’agit ici d’<em>« accéder à un espace intérieur</em>&nbsp;» fantasmé, onirique, déformé et réinventé.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>
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		<title>[CINEHORIZONTES] : Icíar Bollaín , la master class</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 08:36:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[cinéma espagnol]]></category>
		<category><![CDATA[festival Cinehorizontes]]></category>
		<category><![CDATA[Icíar Bollaín]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Salle comble pour la Master Class de l’invitée d’honneur du Festival du Cinéma espagnol : Icíar Bollain. Les élèves de Sciences Po Aix ont introduit la séance en rappelant l’importance de cette réalisatrice. Née à Madrid en 1967, Icíar Bollaín a commencé une carrière d’actrice à 15 ans dans El Sur, un film de Victor [&#8230;]</p>
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<p>Salle comble pour la Master Class de l’invitée d’honneur du Festival du Cinéma espagnol : <strong>Icíar Bollain</strong>. Les élèves de Sciences Po Aix ont introduit la séance en rappelant l’importance de cette réalisatrice. Née à Madrid en 1967, Icíar Bollaín a commencé une carrière d’actrice à 15 ans dans <em>El Sur</em>, un film de Victor Erice -devenu un classique, et dont la projection suivait cette rencontre.</p>



<p>Devenue réalisatrice, son cinéma, à la fois social et psychologique, intime et politique, met en avant les femmes, jamais réduites au statut de victimes mais saisies dans un processus d’émancipation et de renaissance. C’est Pilar dans <em>Ne dis rien</em> qui se libère d’un mari violent C’est Nevenka dans <em>L’Affaire Nevenka</em> (<a href="https://journalzebuline.fr/laffaire-nevenka/">https://journalzebuline.fr/laffaire-nevenka/</a>) qui ose dénoncer le harcèlement d’un homme politique jusque là intouchable, c’est Rosa dans <em>Le mariage de Rosa</em> qui déjoue les attentes familiales et sociales, c’est encore Maixabel qui se libère du poids d’un passé traumatique dans <em>Les Repentis</em> ( <a href="https://journalzebuline.fr/la-justice-des-sentiments/">https://journalzebuline.fr/la-justice-des-sentiments/</a>)</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Je te donne mes yeux</mark></strong></p>



<p>Certains parmi les spectateurs venaient de voir ou revoir <em>Te Doy mis ojos,</em> ce film d’Iciar Bollain de 2003 dont le titre français, <em>Ne dis rien,</em> efface cette notion du regard si chère à la réalisatrice. Le titre espagnol est tiré d’un poème sur des femmes en burka : « <em>je te donne mes yeux </em>», paroles d’un homme qui veut posséder, comme Antonio dans ce film, jusqu’au regard de sa femme. Pour Icíar, il s’agira de démonter le mécanisme de l’emprise qui se camoufle sous des paroles d’amour. Et de chercher la vérité émotionnelle.                     Elle a rappelé, qu’il y a plus de 20 ans, les producteurs ne voulaient pas de ce film. <em>Qui cela pouvait-il intéresser, les violences conjugales ?</em> disaient-ils. Mais si ça pouvait intéresser sa scénariste <strong>Alicia Luna</strong> et elle, pourquoi pas le public ? Et le film a décroché 7 Goyas !</p>



<p>Quelques féministes lui ont reproché la façon dont elle approchait l’homme agresseur, en lui donnant un vrai regard : Antonio, enfermé dans un modèle masculin oppressif, qui cherche à se soigner. Pour ce projet, Icíar a rencontré des femmes battues dans des cercles de paroles. Elle a constaté qu’elles n’étaient ni idiotes, ni masochistes. Si elles restaient parfois des années avec leurs bourreaux, c’était outre les contraintes économiques ou familiales, qu’il y avait une vraie dépendance affective, une tension entre la peur et l’amour.</p>



<p>Ce refus de tout manichéisme, cette approche documentaire et humaine du sujet, cette implication, cette place du regard – le sien et celui de ses personnages, cette volonté de rendre universel le propos, restent essentiels pour Icíar Bollaín. <em>Pour moi</em>, dit-elle, <em>la réception du film est fondamentale&nbsp;: quand je réalise un film, je voudrais qu’il puisse être reçu à Marseille, en Egypte, ou ailleurs.</em></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Cinéma et réalité</mark></strong></p>



<p>En 2004, un an après la sortie de <em>Ne dis rien</em>, la loi sur les violences de genre en Espagne est votée. Mais, malgré son succès et son réel impact, ce n’est pas ce film qui a fait changer les choses. C’est le long travail des associations et une convergence entre l’évolution des mentalités et les paramètres politiques : un gouvernement de gauche avec une vice-présidente ouvertement féministe. <em>Le cinéma</em> a-t-elle pu déclarer,<em> ne change pas le monde mais il peut parfois changer la manière dont on le regarde</em></p>



<p><em>L’affaire Nevenka</em> arrive plus de 20 ans après <em>Ne dis rien</em>. Les faits se déroulent au début de la révolution MeToo. Quand on interroge, Icíar Bollaín sur ces deux films, elle parle d’effet miroir : deux décennies après, qu’est-ce qui a changé ? Elle explique qu’en 2018, Netflix s’est emparé du sujet avec un documentaire. Pour mémoire : à la fin des années 90, Nevenka Fernandez, conseillère municipale à Ponferrada dénonce les agissements du charismatique maire et obtient sa condamnation. Les producteurs demandent à Icíar Bollaín de réaliser un film de fiction.</p>



<p>Comme toujours, elle se lance dans une enquête, rencontre nombre de témoins, et l’avocat de Nevenka &#8211; ce qui lui permet d’avoir accès aux documents du procès. La protagoniste et son psy lui font confiance.</p>



<p>Ainsi l’étincelle du film à venir part toujours de la réalité et de sa curiosité pour les hommes et les femmes.</p>



<p>Un autre de ses films <em>Flores de Otro mundo</em> (1999) reprend l’histoire de ces bus transportant des Latino-Américaines et Caribéennes vers des villages espagnols abandonnés pour rencontrer les célibataires qui y restent, et peut-être y fonder des familles. Qu’à cela ne tienne, la voilà, perruquée, des lunettes noires sur le nez, incognito, participant à une de ces caravanes&nbsp;de femmes !</p>



<p>Quand on part d’une actualité, pour elle, il est nécessaire de se renseigner et d’aller au-delà de ce que tous, ont appris par les journaux. Il s’agit de comprendre ! <em>Mon objectif n’est pas didactique</em>, affirme-t-elle, <em>c’est de bien raconter les choses, de faire partager des émotions. Après, si c’est utile, tant mieux.</em></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le parcours de combattante</mark></strong></p>



<p>Icíar Bollaín revient sur son parcours.</p>



<p>Elle n’a pas fait d’école de cinéma. A appris sur le tas, et sur les plateaux. Elle explique que&nbsp; les acteurs sont aussi des directeurs de jeu et des scénaristes. Quand les rôles sont mal écrits, ils doivent parfois diriger les autres et prendre en main les scènes&nbsp;; ils inventent en permanence le personnage qu’ils incarnent. Passer d’actrice à réalisatrice a été assez naturel.</p>



<p>Elle a toujours été intéressée par ce qui se passait derrière la caméra. Mais le déclic, elle l’a eu quand pour la première fois en 92, elle est dirigée par <strong>Chuz Guttierez</strong>, une réalisatrice. Pour une fois, elle n’est pas filmée par « <em>un barbu qui fume la pipe</em> » – selon le look Nouvelle Vague de l’époque. Son premier long-métrage <em>Hola, estas sola ?</em> (<em>Coucou, tu es seule</em> ?) part d’un texte écrit à 20 ans à partir de conversations avec des copines. A un moment où il n’y avait pas beaucoup de réalisatrices, l’exemple de Chuz l’a aidée.</p>



<p>Être réalisatrice, c’est montrer qu’on peut l’être. Elle a en tête, cette présidente africaine qui affirmait qu’elle allait le plus possible dans les écoles pour montrer à toutes les filles qu’elles pouvaient devenir présidentes.</p>



<p>Elle s’est rendu compte à quel point « <em>le cinéma avec des seins</em> » était étrange aux yeux de tous et à quel point le secteur manquait de diversité. Elle a fondé avec l&rsquo;aide d&rsquo;autres cinéastes, <em>l&rsquo;Asociación de mujeres cineastas y de medios audiovisuales</em> (l&rsquo;Association de Femmes cinéastes et des médias audiovisuels)</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L’émotion avant tout</mark></strong></p>



<p>Icíar Bollaín se revendique autodidacte en septième art et éclectique. Elle admire les <strong>Frères Dardenne </strong>et <strong>Bertrand Tavernier</strong>. <em>Portrait d’une jeune fille</em> en feu de <strong>Céline Sciamma</strong>. Elle garde de l’un ou de l’autre, une image, une scène, mais surtout les émotions que leurs films font naître.</p>



<p>Après il y a les rencontres. <strong>Ken Loach</strong> sur <em>Land and Freedom</em> dans lequel elle joue et sur le tournage duquel elle rencontre son compagnon, le scénariste <strong>Paul Laverty</strong>. Elle découvre une autre manière d’aborder le cinéma, de donner aux personnages une conscience de classe.</p>



<p>Une heure, ce fut bien court&nbsp;! Trop de questions sont restées en suspens dans les notes des intervenants et la tête du public. Une petite frustration compensée par la qualité de l’intervention, la générosité et la simplicité de cette grande dame du cinéma espagnol contemporain.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>
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		<title>A CineHorizontes, Fernando Trueba se perd dans son île</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2024 08:43:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fernando Trueba invité de la 23e édition de CineHorizontes a malicieusement présenté son dernier film, Haunted Heart (Isla perdida) comme «&#160;un western aquatique&#160;» ou «&#160;une histoire d’amour qui tourne mal&#160;» tournée en Grèce et en anglais. Amateur de jazz, lecteur assidu de Patricia Highsmith, admirateur d’Hitchcock, le grand réalisateur espagnol nous livre ici une comédie [&#8230;]</p>
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<p><strong>Fernando Trueba</strong> invité de la 23<sup>e</sup> édition de <em>CineHorizontes</em> a malicieusement présenté son dernier film, <em>Haunted Heart</em> (<em>Isla perdida</em>) comme «&nbsp;<em>un western aquatique&nbsp;</em>» ou «&nbsp;<em>une</em> <em>histoire d’amour qui tourne mal&nbsp;</em>» tournée en Grèce et en anglais. Amateur de jazz, lecteur assidu de Patricia Highsmith, admirateur d’Hitchcock, le grand réalisateur espagnol nous livre ici une comédie romantique qui vire au noir. Et annonce d’emblée la couleur&nbsp;: le générique s’affiche sur une piscine aux mosaïques bleu turquoise, l’eau frissonne dans des géométries de lumière et une inquiétante poupée de chiffon rouge flotte passant lentement dans le champ. Premier indice suivi de bien d’autres qui jalonneront la narration et annonceront par touches successives comme dans tout bon thriller, l’issue fatale.</p>



<p>On est au début des années 2000, Alex (<strong>Aida Folch</strong>) jeune Espagnole pétulante et aquaphobe, arrive sur une île grecque isolée pour travailler dans le restaurant de Max, beau ténébreux, mystérieux et taiseux (<strong>Matt Dillon</strong>). Elle s’intègre à la joyeuse bande des employés et se lie d’amitié avec Chico (<strong>Juan Pablo Urrego</strong>) le joli cœur rieur qui conduit les clients du continent au restaurant de l’île sur son petit bateau. Alex tombe amoureuse de son ombrageux patron qui repousse d’abord ses avances, puis cède et l’installe avec lui dans sa cabane insulaire. Si on sait tout des traumas et déboires amoureux d’Alex qui se confie en toute transparence, Max reste muet sur son passé. Peu à peu, aidée par Chico, Alex découvre ce que Max lui cache. En trois saisons – été, automne, hiver – on passe de la carte postale touristique parfaite : soleil, robes légères, salades grecques, petits marchés, ivresse et danses, à un «  hors saison » austère de plus en plus oppressant : pluie, bois sombres, révélations terribles et explosion de violence. D’un quadrille amoureux à la Woody Allen, on plonge dans <em>La Nuit du Chasseur</em> de Charles Laughton.</p>



<p>Pour cette incursion dans le genre noir Fernando Trueba qui multiplie citations – Wilder, Cukor, Hawks…, et autocitations, s’est offert un casting de choix, adjoint les compétences du chef op <strong>Sergio Ivan Caspano</strong> pour magnifier la photo, et celles du prestigieux compositeur polonais&nbsp; <strong>Zbigniew Preisner</strong> dont la partition est interprétée par l’orchestre <em>Sinfonia Varsovia</em>. Et qui propose à la fin du film un mélancolique arrangement d’<em>Alexandra leaving</em> de Leonard Cohen. Une conjonction de talents qui ne font pas, au final, un film complètement réussi. Problème de rythme, de redondances&nbsp;-la saison d’été n’en finit pas. Problème de vraisemblance psychologique &#8211; la naïveté d’Alex reste assez peu crédible. Problème surtout de démarcation stylistique dans un genre très balisé où inventer de nouvelles formes et créer de &nbsp;l’imprévisibilité s&rsquo;avère risqué.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p>Le film concourt dans la Grande Compétition de CineHorizontès.</p>
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		<title>CineHorizontes : Franco et espagnol</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Oct 2024 08:57:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La 23e édition de CineHorizontes s’est ouverte au cinéma Le Prado le jeudi 10 octobre en discours et remerciements d’usage. En musique aussi : chants, guitare, flûte et percussions du trio argentin Pucarà – le tournoiement de boleadoras dans le frappé botté d’un malambo en prime –préambule au film de la soirée : Prison 77 d’Alberto Rodriguez. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>La 23<sup>e</sup> édition de<a href="https://www.cinehorizontes.com/"> <em>CineHorizontes</em></a> s’est ouverte au cinéma Le Prado le jeudi 10 octobre en discours et remerciements d’usage. En musique aussi : chants, guitare, flûte et percussions du trio argentin Pucarà – le tournoiement de boleadoras dans le frappé botté d’un malambo en prime –préambule au film de la soirée : <em>Prison 77</em> d’<strong>Alberto Rodriguez</strong>. Pour l’occasion, le réalisateur sévillan de l’inoubliable <em>La</em> <em>Isla minima</em>, multi primé, invité d’honneur du festival, s’est d’ailleurs vu remettre la Médaille de la Ville de Marseille.</p>



<p><em>Prison 77</em> commence début 1976, trois mois après la mort de Franco. Manuel, incarné par <strong>Miguel Herrán</strong> (le hacker de <em>La Casa del papel</em>), accusé de détournement de fonds, arrive à la Modelo, une prison au centre de Barcelone. Il s’achève au printemps 1978 par une évasion sous la pluie. En ces années 1970, le régime franquiste est balayé par la jeune démocratie. Pourtant, dans l’établissement pénitentiaire, rien ne change. À côté de détenus de droit commun, on trouve des politiques, des syndicalistes, des chômeurs, des homosexuels condamnés arbitrairement par les tribunaux franquistes. Dossiers et procédures bâclés, méthodes fascistes, mauvais traitements, torture, négation des droits élémentaires. Un enfer clos ignoré de ceux du dehors, espace inséré dans le tissu urbain et saisi du ciel par la caméra. Faire entrer des journalistes, des avocats militants dans ce périmètre, mobiliser la population pour obtenir une amnistie, sera un combat difficile. Pacifique avec le collectif de la Copel&nbsp; visant à coordonner les actions. Ou violent avec des auto mutilations et une mutinerie superbement filmée sur les toits de la prison.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Inspiré de faits réels</mark></p>



<p>On suit le cheminement de Manuel&nbsp;: douloureuse initiation aux règles du jeu carcéral, élan d’espoir dans la solidarité militante, découragement devant échecs et trahisons, et enfin désespoir. On voit évoluer son amitié avec Pino (<strong>Javiez Guttiérez</strong>), condamné à une lourde peine, et qui s’est organisé une vie de lecture protégée par un rideau. Ce vétéran des prisons, un peu philosophe, connaît – comme les héros de <em>Fahrenheit 451</em>–<em>,</em> ses romans de S.F. par cœur et rit quand les matons les brûlent avec l’herbe odorante qu’ils contenaient. Il passe d’une indifférence désabusée à un engagement aux côtés de Manuel.</p>



<p>Inspiré de faits réels et d’archives, <em>Prison 77</em> reprend tous les ingrédients du film carcéral, les renouvelle par des trouvailles cinématographiques et, se plaçant dans cette période de transition historique, leur donne une résonance toute particulière. La réflexion de Rodriguez se poursuit&nbsp;autour de l’échec de la solution politique au profit de l’aventure individuelle de l’évasion – préférée des autorités. Du dehors, ne parviennent au détenu Manuel que la lumière d’une enseigne publicitaire, et au parloir, celle de Lucia – la bien prénommée – qui apporte au jeune homme dont elle est amoureuse, des images, fragments d’une liberté de la presse retrouvée. Lucia dont une des robes offre un motif psychédélique où le mouvement n’est qu’illusion optique. Ce monde désiré ne serait-il donc que fantasme&nbsp;? Mirage ? Et le pouvoir n’appartiendrait-il pas toujours aux fils des patrons comme le constate amèrement Manuel&nbsp;qui paie pour les exactions de l’un d’entre eux ?</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p><em><a href="https://www.cinehorizontes.com/">CineHorizontes</a> </em>se tient jusqu’au 17 octobre dans 18 cinémas et salles de la<a href="https://www.maregionsud.fr/"> Région Sud.</a><br> </p>



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		<title>Exils et vertiges</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 14:57:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le récit s’ouvre sur le visage d’une réfugiée africaine en très gros plan. Elle raconte sa fuite devant des terroristes, le massacre des siens, la peur, la douleur. La voix de la traductrice relaie ses propos. Puis en rupture de cadre et d’échelle, nous voilà au-dessus d’une montagne abrupte et du vol circulaire des vautours [&#8230;]</p>
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<p>Le récit s’ouvre sur le visage d’une réfugiée africaine en très gros plan. Elle raconte sa fuite devant des terroristes, le massacre des siens, la peur, la douleur. La voix de la traductrice relaie ses propos. Puis en rupture de cadre et d’échelle, nous voilà au-dessus d’une montagne abrupte et du vol circulaire des vautours avant que tout ne s’inverse et que nous nous trouvions au-dessous, au pied de la roche grise, les rapaces collés au ciel. Le préambule du récit est un renversement et annonce le vertige émotionnel qu’<strong>Isabel Coixet </strong>va nous faire vivre dans <em>Un amor</em>.</p>



<p>Natalia (<strong>Laia Costa</strong>) trentenaire célibataire était interprète dans une agence de médiation, au comité d’accueil des réfugiés. Elle déserte la souffrance distillée par les demandeurs d’asile, l’horreur de leurs récits, sa responsabilité dans l’instruction des dossiers, et s’installe loin de la ville dans un village montagnard, La Escapa, où elle ne fera plus que traduire documents et textes littéraires. Sans grand moyen, elle loue une vieille maison délabrée, sale, inhospitalière. L’eau du robinet coule noire, la douche fuit, le toit est troué. Les chiens aboient sans cesse. Son propriétaire fait irruption pour recevoir le loyer en billets froissés fourrés dans une enveloppe. Il est odieux, misogyne, menaçant, refuse d’assumer les réparations et lui impose d’adopter un chien hermaphrodite, balafré et traumatisé que Nat finira par aimer.</p>



<p>Dans le village, tout le monde sait tout sur tout le monde. Sous le calme apparent du lieu où tous l’affirment : «&nbsp;<em>on est super bien&nbsp;</em>». Fermentent la suspicion, l’infamie, le non-dit. Sur le pays tournent l’orage et les oiseaux noirs. On pense au récent <em>As bestas</em> de <strong>Rodrigo Soroyen</strong>. Territoire délimité, dominé par les pics rocheux, dans lequel vit une communauté restreinte. Parmi elle vit Andréas, (<strong>Hovik KeuchKérian</strong>) surnommé l’Allemand, un ours solitaire, taiseux, bedonnant, fort comme un roc, qui vend ses légumes et réalise de menus travaux. C’est contre toute attente avec lui que Nat va nouer une relation. «&nbsp;<em>La belle et la bête&nbsp;</em>» dit la réalisatrice. Une relation initiée sur la base d’un deal aussi anti-romantique que possible : le sexe contre la réparation du toit. Puis sur l’addiction de Nat à ce corps puissant, à cet homme-montagne. Natalie et Andreas, deux outsiders, «&nbsp;étrangers&nbsp;» au village, personnages «&nbsp;coixétiens&nbsp;» par excellence dans leur opacité, et l’irréductibilité de leur solitude.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Deux corps</strong></mark></h3>



<p>On retrouve dans ce film, des thèmes chers à la réalisatrice : la recherche d’un ailleurs, la fuite qui ne ramène qu’au point de départ, le déracinement (même dans son propre pays), les refuges illusoires – fussent-ils ceux des bras d’un homme désiré. Isabel Coixet excelle dans ces scènes d’amour – on se souvient encore de Sergi López et de Rinko Kikuchi dans <em>Carte des Sons de Tokyo </em>–, alliant la brutalité et le mystère du geste, le grognement bestial et l’imaginaire tellurique, le corps épais de l’un contre celui fragile de l’autre. La caméra ne quitte guère Nat qui parfois se dédouble pour se voir de l’extérieur. Se reconnaît-elle ? La reconnaissons-nous ? Projeter les gens ailleurs, spatialement et émotionnellement, serait un des buts d’un long métrage. Gageons ce pari réussi. «&nbsp;<em>Mon ADN est dans chaque plan de ce film. Je l’ai réalisé pour de nombreuses raisons mais surtout parce que je ne pouvais pas ne pas le faire&nbsp;</em>» dit la réalisatrice. Merci de l’avoir fait.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><br>En salle le 9 octobre<br><br>Présenté par <a href="https://www.instagram.com/cinehorizontes/">CineHorizontes</a> en Grande Compétition Fiction, le film a obtenu l'Horizon d'or 2024.<br><br>Projection le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 mars 2025</mark>, dans le cadre du<a href="https://agissezdansvotreville.fr/"> <strong><em>festival Hispanorama</em></strong></a></pre>
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		<title>À bout de souffle </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Nov 2023 17:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Alvaro Gago]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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		<category><![CDATA[Lucia C. Pan]]></category>
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		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ramona, employée dans une société de nettoyage, voit son quotidien bouleversé lorsque son patron annonce à tous les agents qu&#8217;à la suite d&#8217;un changement de direction, les salaires vont être revus à la baisse. Elle a 42 ans, huit ans d&#8217;ancienneté, et quitte son poste, révoltée. Certes&#160; il lui reste les quelques heures qu’elle fait [&#8230;]</p>
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<p>Ramona, employée dans une société de nettoyage, voit son quotidien bouleversé lorsque son patron annonce à tous les agents qu&rsquo;à la suite d&rsquo;un changement de direction, les salaires vont être revus à la baisse. Elle a 42 ans, huit ans d&rsquo;ancienneté, et quitte son poste, révoltée. Certes&nbsp; il lui reste les quelques heures qu’elle fait sur le port, relevant les filets ou remplissant des sacs de moules. Pas assez pour survivre. Elle se met à la recherche d&rsquo;un nouvel emploi. La caméra, nerveuse, la suit, d&rsquo;agence en bureau&nbsp;: sa colère grandit, ses propos deviennent de plus en plus agressifs. Il y a de quoi&nbsp;! Sa vie est dure entre un mari qui boit, la brutalise parfois, la trompe. Quant à sa fille, Estrella, qui lui en veut, elle a quitté la maison, s&rsquo;est installée avec un apprenti boulanger et veut abandonner ses études, ce que Ramona ne peut accepter.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sans pauses</mark></strong></p>



<p>C’est une vraie course contre la montre qui s&rsquo;engage pour elle. On pense à <em>Juste</em> <em>une</em> <em>nuit</em> d&rsquo;Ali Asgari ou <em>A</em> <em>plein</em> <em>temps</em> d’Éric Gravel. Elle a du mal à respirer, Ramona. La caméra de <strong>Lucia</strong> <strong>C. Pan </strong>ne la lâche pas&nbsp;: en voiture, à&nbsp; pied, de chez elle à l&rsquo;appartement du vieil homme dont elle s&rsquo;occupe, son nouvel emploi à mi temps. Un espoir pour elle de pouvoir prendre sa vie en main. Seules pauses dans cette vie où elle s&rsquo;essouffle, les coups de fil à sa copine, une soirée avec elle. Oublier un temps son quotidien, dansant, buvant jusqu&rsquo;à plus soif. L&rsquo;interprétation de <strong>Maria</strong> <strong>Vasquez</strong> dans le rôle de cette femme qui se bat jusqu&rsquo;au bout pour vivre autre chose que ce qui lui est assigné est remarquable. Et comme le disent les paroles de la chanson qui clôt le film «<em>&nbsp;Femme si fatiguée de te battre, que puis je te dire femme&nbsp;? Si tu es comme notre terre et notre terre est telle que toi&nbsp;?</em> On sort du film d’<strong>Alvaro Gago </strong>à bout de souffle&nbsp;!</p>



<p>ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Matria</em>, le premier long métrage d’Alvaro Gago, était en compétition au festival <em>Cinehorizontes</em>, Marseille.
En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 février 2024</mark></pre>
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