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	<title>Archives des Festival d&#039;Aix - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Festival d&#039;Aix - Journal Zebuline</title>
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		<title>Samson ressuscité à Aix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2024 08:40:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Claus Guth]]></category>
		<category><![CDATA[Ensemble Pygmalion]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d&#039;Aix]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Philippe Rameau]]></category>
		<category><![CDATA[Raphaël Pichon]]></category>
		<category><![CDATA[Samson]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le chef Raphaël Pichon et le metteur en scène Claus Guth se sont emparés de Samson, opéra perdu de Jean-Philippe Rameau, et le public de la première, au Théâtre de l’Archevêché, ne s’y est pas trompé en réservant à cette production hors du commun un accueil triomphal.  Rappelons les faits. Voltaire et Rameau envisagent de collaborer à une rénovation du [&#8230;]</p>
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<p>Le chef <strong>Raphaël Pichon</strong> et le metteur en scène <strong>Claus Guth<em> </em></strong>se sont emparés de<em> Samson,</em> opéra perdu de Jean-Philippe Rameau, et le public de la première, au Théâtre de l’Archevêché, ne s’y est pas trompé en réservant à cette production hors du commun un accueil triomphal. </p>



<p>Rappelons les faits. Voltaire et Rameau envisagent de collaborer à une rénovation du genre lyrique. Ce sera&nbsp;<em>Samson</em>, le héros biblique. Las&nbsp;! La censure s’en mêle, Voltaire traîne une réputation d’impiété. Le projet capote par deux fois. Rameau gardera les meilleurs morceaux de la partition pour les recycler dans des ouvrages ultérieurs&#8230;&nbsp;</p>



<p>Il ne s’agit pas de ressusciter une œuvre perdue, ni de recomposer une chimère musicale. L’intérêt du travail de Raphaël Pichon, le chef et Claus Guth, le metteur en scène, s’attache davantage à en restituer l’esprit que la lettre. Ce qui est donné à voir et à entendre est un spectacle total aux images d’une beauté saisissante, d’une profondeur dont les échos bibliques viennent percuter une actualité brûlante.&nbsp;</p>



<p>La scénographie d’Étienne Pluss installe le drame dans les ruines d’une demeure que l’on devine cossue. Plafonds effondrés, murs éventrés, sol jonché de gravats… livrées aux promoteurs qui viennent établir un état des lieux. C’est le présent d’un drame qu’une mère (l’actrice Andréa Ferréol) vient évoquer. Comment être la mère d’un terroriste&nbsp;? Samson, le massacreur des Philistins, est un kamikaze fou de Dieu. «&nbsp;<em>Quel est son nom, je ne peux prononcer son nom&nbsp;!</em>&nbsp;», hurle-t-elle.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-amber-color">Siècles en résonance</mark></strong></p>



<p>Le formidable pari est réussi au-delà de toute attente. La conjonction entre la musique et le drame se fait sans solution de continuité. L’esprit des créateurs de notre siècle fait naître une œuvre venue d’un autre siècle, plus dense plus ramassée, plus intensément dramatique, plus travaillée de préoccupations qui sont les nôtres. Ce Rameau nous est d’une proximité étonnante. D’une vérité que Claus Guth veille toujours à ce qu’elle ne colle pas littéralement à l’actualité. Samson, c’est la force fanatique au service de la mort… Comment ne pas&nbsp;&nbsp;songer&nbsp;aujourd’hui&nbsp;au 7 octobre et à Gaza ?&nbsp;</p>



<p>La figure herculéenne de Samson est incarnée par l’imposant baryton&nbsp;<strong>Jarrett Ott</strong>. Entre la vocation prophétique du libérateur et ses appétits sexuels, il est déchiré entre la figure fragile de Mitta, excellente et touchante&nbsp;<strong>Léa Desandre</strong>&nbsp;et la force de Dalila, troublante&nbsp;<strong>Jacquelyn Stucker</strong>. Il nous offre une figure dont toutes les ambiguïtés dramatiques&nbsp; (est-il un monstre sanguinaire, une voix divine&nbsp;?) s’incarnent en ambiguïté vocale, qui joue entre un vérisme âpre et un arioso proprement baroque. Tout contribue à en faire un personnage trouble, aux élans mortifères, une figure de la Passion christique, tombant avec lenteur du ciel vers le gouffre&nbsp;, accompagné par&nbsp;<strong>Julie Roset,&nbsp;</strong>ange annonciateur aux accents séraphiques, et&nbsp;<strong>Nahuel di Pierro</strong>&nbsp;basse brillante et ductile, figure maléfique du Philistin Achisch.&nbsp;</p>



<p>Raphaël Pichon remet le chœur, formidable&nbsp;<strong><em>ensemble Pygmalion</em></strong>, au centre de la tragédie, peuple hébreu de blanc vêtu, Philistins jouisseurs en noir. Un cliché&nbsp;? le vrai protagoniste c’est la musique de Rameau. Qu’on la reconnaisse dans tel ou tel numéro ou qu’on la redécouvre, elle est le ciment du spectacle. Raphaël Pichon en livre une lecture qui ose les collisions brutales. Elégies de la déploration de Dalila et déchaînements électroacoustiques sont liés par une profonde acuité du propos. Ici, l’intelligence sert d’un bout à l’autre un spectacle riche d’intentions, d’une beauté plastique à couper le souffle et d’une inspiration musicale sans égale. Un grand moment de ce Festival 2024.&nbsp;</p>



<p>PATRICK DI MARIA</p>



<p><em>Samson</em><br>Les 6,9,12, 15 et 18 juillet<br>Cour de l’Archevêché, Aix-en-Provence</p>
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		<title>Les contes naissent aux frontières des mondes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 10:36:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d&#039;Aix]]></category>
		<category><![CDATA[Scène]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>George Benjamin avait bouleversé le Festival avec le monument qu’est Written on skin, sur un livret de Martin Crimp. 11 ans plus tard le même duo de création livre un nouveau chef d’œuvre. Le récit écrit par le dramaturge, complice de longue date du musicien, dans un style en épure, très resserré, met en scène [&#8230;]</p>
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<p>George Benjamin avait bouleversé le Festival avec le monument qu’est <em>Written on skin</em>, sur un livret de Martin Crimp. 11 ans plus tard le même duo de création livre un nouveau chef d’œuvre.</p>



<p>Le récit écrit par le dramaturge, complice de longue date du musicien, dans un style en épure, très resserré, met en scène une femme qui vient de perdre son enfant, alors qu’il commençait à former ses premières phrases. Refusant sa mort, elle va tenter de le ramener à la vie. Il lui faudra rapporter le bouton du vêtement d’une personne heureuse. Trois «&nbsp;Parques&nbsp;», personnages aux habits noirs surgis au moment du deuil, lui tendent une feuille de route désignant les personnes qu’elle devra rencontrer et solliciter.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Chercher la voix du bonheur</mark></strong></p>



<p>Une note de piano, prélude à un chant dépouillé où naissent naturellement quelques mélismes, éclot dans le miroitement des ombres rendant le noir vivant comme un tableau de Soulages. Le <strong>Mahler Chamber Orchestra </strong>dirigé par le compositeur épouse les variations du texte, le chatoiement de ses nuances, telle une toile moirée. <strong>Marianne Crebassa</strong> apporte à ce dénuement le velours de sa voix de mezzo-soprano, émouvante dans sa droiture et sa retenue, rendant plus tangible encore sa colère devant l’atroce perte.</p>



<p>Elle croise des Amoureux, <strong>Beate Mordal</strong> et <strong>Cameron Shahbazi</strong>, mais l’Amant proclame son engouement pour le polyamour. L’Amante le rejette alors. La soprano amoureuse deviendra plus tard une Compositrice bipolaire arrogante et égarée dans les affres de la composition, changement de rôle jubilatoire&nbsp;!</p>



<p>La mère croise encore un baryton à la tessiture vertigineuse, <strong>John Brancy</strong>, qui campe un Artisan versatile qui trouve le bonheur dans sa «&nbsp;molécule de chlorpromazine&nbsp;». Puis un Collectionneur qui cherche à être aimé de la Femme en échange du bouton. Enfin, dans un jardin merveilleux (vidéo somptueuse du plasticien <strong>Hicham Berrada</strong>), elle rencontre Zabelle, subtile <strong>Anna Prohaska</strong>, qui est heureuse seulement parce qu’elle n’existe pas…</p>



<p>Le retour au réel, au cœur des trois murs en miroirs opacifiés de la scénographie de <strong>Daniel Janneteau</strong> et <strong>Marie-Christine Soma</strong>, se teinte alors de fantastique, un bouton brille dans la main de la mère…</p>



<p>&nbsp;La fin reste ouverte, le monde intérieur, l’espace de jeu, le livret, la musique, sont en symbiose totale, dans cette bulle onirique et poétique. Un spectacle envoûtant et hypnotique.</p>



<p><strong>Maryvonne Colombani</strong></p>



<p><em>La pièce se tenait</em> <em>jusqu’au <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">24 juillet</mark>, Jeu de Paume, Festival d’Aix-en-Provence</em></p>
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		<title>Wozzeck  tournoie et plonge</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 10:24:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d&#039;Aix]]></category>
		<category><![CDATA[Wozzeck]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aix-en-Provence avait déjà applaudi sa mise en scène de La Flûte enchantée, Simon McBurney revient en signant un nouveau chef d’œuvre, sublimé par une distribution vocale luxuriante et un London Symphony Orchestra ébouriffant sous la houlette de Sir Simon Rattle. Dans une lumière grise, on entend des chiens aboyer, on voit des soldats au garde-à-vous, [&#8230;]</p>
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<p>Aix-en-Provence avait déjà applaudi sa mise en scène de <em>La Flûte enchantée</em>, Simon McBurney revient en signant un nouveau chef d’œuvre, sublimé par une distribution vocale luxuriante et un London Symphony Orchestra ébouriffant sous la houlette de <em>Sir</em> Simon Rattle.</p>



<p>Dans une lumière grise, on entend des chiens aboyer, on voit des soldats au garde-à-vous, plantés sur un dispositif scénique aux trois cercles concentriques dont le tournoiement lent entraîne les personnages, parfois à l’envers des aiguilles d’une montre, dans un temps qui se distord, parfois dans des sens opposés qui les séparent et extrait Marie assassinée de l’ordre du temps.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Aliénation morale</mark></strong></p>



<p>Impossible d’échapper à ces cercles dantesques, à ce mouvement aliénant la liberté. Se refusant à la scène naturaliste de l’incipit de l’opéra au cours de laquelle le soldat Wozzeck (Christian Gerhaher, autant acteur que génial chanteur) rase le Capitaine qui s’acharne sur lui, Simon McBurney campe le malheureux debout, interrogé cruellement à propos du fils illégitime qu’il a eu avec Marie (Malin Byström, bouleversante), par le Capitaine sanglé dans son uniforme blanc et accompagné d’un enfant, son double en miniature, tandis que les autres personnages, tels un chœur antique muet assistent sans intervenir à cet acharnement.</p>



<p>À l’aliénation morale s’ajoute celle des inégalités de classe&nbsp;: Wozzeck répond qu’il est difficile d’être vertueux quand on est pauvre. La mécanique impitoyable de l’intrigue accable le personnage central&nbsp;: injustice sociale, cruauté mentale -il est le cobaye d’un docteur qui examine sans émotion les rouages de l’esprit humain-, trahison amoureuse -Marie le trompe avec le beau Tambour-Major-, le conduisent inéluctablement à la folie et à la mort.</p>



<p>Une porte dressée comme une guillotine, seule sur la scène nue, ouvre vers l’appartement de Marie et laisse voir son enfant, ou vers le bar où la foule danse et boit, brossée en un tableau naturaliste. Les leitmotive permettent de tisser une trame cohérente qui unit les quinze tableautins de l’intrigue, le jeu subtil et velouté de l’orchestre apporte une harmonie onirique aux dissonances de Berg, tandis que la mise en scène permet de passer d’une scène à l’autre avec une fluidité rare, dans une variation des nuances de la lumière et des ombres qui convoquent tout un arrière-plan pictural et cinématographique. Un diamant noir&nbsp;!</p>



<p><strong>Maryvonne Colombani</strong></p>



<p><em>Wozzeck etait donné jusqu’au<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 24 juillet</mark> au Grand Théâtre de Provence dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence.</em></p>
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		<title>Le festival lyrique s’ouvre au jazz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 10:06:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[Festival d&#039;Aix]]></category>
		<category><![CDATA[Festival lyrique]]></category>
		<category><![CDATA[jazz]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En dehors des chanteuses,&#160; être une jazzwoman n’est pas une évidence, et une saxophoniste encore moins. Même si ces dernières années, enfin, quelques unes s’imposent dans ce monde de liberté musicale, mais pas d’égalité de genre. Lakecia Benjamin, lauréate du Deutscher Jazzpreis Award du meilleur instrument à vent international, arrivait en star sur la scène [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>En dehors des chanteuses,&nbsp; être une jazzwoman n’est pas une évidence, et une saxophoniste encore moins. Même si ces dernières années, enfin, quelques unes s’imposent dans ce monde de liberté musicale, mais pas d’égalité de genre.</p>



<p>Lakecia Benjamin, lauréate du Deutscher Jazzpreis Award du meilleur instrument à vent international, arrivait en star sur la scène aixoise, vêtue d’or et d’argent. La géniale saxophoniste, entourée d’ailleurs de trois hommes (Ivan Taylor, contrebasse, Zaccai Curtis, piano et E.J. Strickland, batterie), dévoile les morceaux de son tout nouveau CD, Phoenix, qui célèbre la vie&nbsp;: elle est une miraculée d’un accident de la route.</p>



<p>Les grands thèmes des musiques de John Coltrane et surtout d’Alice Coltrane deviennent l’étoffe de compositions veloutées sur lesquelles un piano limpide vient rêver, souligné par la contrebasse et les inventions percussives de la batterie. Les pièces se nourrissent aussi des univers plus contemporains, passant de leur ancrage dans le blues à des envolées de free jazz, flirtent avec le slam, revisitent la ballade, font un clin d’œil à l’œuvre de Basquiat, replongent dans la profondeur du gospel, lient intensément création et discours engagé pour la défense de la paix, des droits humains, parodient au passage certains rythmes de marche militaire ou reprennent le poème de la militante féministe Sonia Sanchez, <em>Peace is a Haiku Song</em> qui voit les mains de toutes les couleurs battre des ailes comme des papillons.</p>



<p>Le jeu précis et inspiré de la saxophoniste semble s’abstraire des limites physiques. La main gauche virevolte sur les clapets puis s’en détache à la fin des motifs comme pour laisser les sons s’envoler, libres dans la vibration de leurs harmoniques.&nbsp;</p>



<p><strong> <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Paysages et voyages sonores</mark></strong></p>



<p>Le Trio Noé Clerc, (Noé Clerc, accordéon, Clément Daltosso, contrebasse, Elie Martin-Charrière, batterie) se présentait en quintet avec deux nouveaux complices, Robinson Khoury, trombone et Minino Garay, percussions. Créatifs et espiègles, les cinq musiciens (hommes) dessinent leur Secret Place (leur dernier album), avec une palette qui puise dans de multiples univers, blues, jazz, musiques contemporaines et traditionnelles, le tout avec une finesse d’orchestration rare.</p>



<p>Les <em>Premières pluies</em>, «&nbsp;<em>de la goutte d’eau à l’averse puis à la tempête&nbsp;</em>» précèdent le tableau coloré et impressionniste de <em>Blue mountain</em>, dont les couleurs varient tout au long de la journée, s’inspirant au passage du blues, d’une note jazzée et de lointains airs balkaniques. Se greffent des passages dus aux autres musiciens&nbsp;: un mélange époustouflant de jazz, tango, et poèmes déclamés en castillan par Minino Garay, éblouissant <em>Distancing from reality</em> de Robinson Khoury. On découvre l’accordina dans la chanson en occitan <em>Canson</em>, on valse-musette avec <em>La Mystérieuse</em> (Jo Privat), on part en Arménie grâce à <em>Arapkir bar</em>… Voyages oniriques comme seule la musique sait les créer.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Ces concerts ont été donnés les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">11</mark> et <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 juillet</mark> Festival d’Aix </p>
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		<title>Le Festival d’Aix-en-Provence se rafraîchit la mémoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2023 12:31:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Anne Le Berre]]></category>
		<category><![CDATA[art lyrique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soixante-quinze ans déjà&#160;! Avec l’aide de la comtesse Lili Pastré, Gabriel Dussurget fondait en 1948 le Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence, soutenu aussi par le Casino municipal d’Aix Thermal et son administrateur Roger Bigonnet. Plus d’un millier de décors, cartons, maquettes (par les peintres, Balthus, Antoni Clavé, Derain, Matias, Sansó…), quinze mille costumes de scène, lettres, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Soixante-quinze ans déjà&nbsp;! Avec l’aide de la comtesse Lili Pastré, Gabriel Dussurget fondait en 1948 le <em>Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence</em>, soutenu aussi par le Casino municipal d’Aix Thermal et son administrateur Roger Bigonnet. Plus d’un millier de décors, cartons, maquettes (par les peintres, Balthus, Antoni Clavé, Derain, Matias, Sansó…), quinze mille costumes de scène, lettres, contrats, feuilles de comptabilité, critiques, partitions (et pas seulement celles des musiciens ou des metteurs en scène, mais de la multitude des techniciens qui entourent le spectacle, régisseur lumières, décors, son…) sont les témoignages de l’ampleur de cette manifestation qui a placé Aix-en-Provence parmi les grandes scènes internationales. Comment valoriser, protéger, diffuser cet énorme corpus&nbsp;?</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Comment préserver l’héritage ?</mark></strong></p>



<p>Cinq tables rondes organisées par les doctorantes et chercheuses associées à Telemme (laboratoire lié à Aix-Marseille Université) <strong>Anne Le Berre</strong>, <strong>Sylvia Herrisé</strong> et le chercheur <strong>Pierre Pinchon</strong> (Amu/CNRS) convoquaient divers acteurs universitaires, professionnels du spectacle et des archives sur les sujets cruciaux de la mémoire du festival. Se posent les questions de classement, tri, conservation, mise à disposition des artistes, des scientifiques, des publics. «&nbsp;<em>Le théâtre est un lieu d’identité très précieux pour une ville</em>, sourit l’un des intervenants, <em>il s’agit d’un patrimoine architectural mais aussi affectif&nbsp;</em>». Les archives deviennent plus complexes à préserver encore aujourd’hui&nbsp;: un dessin à l’aquarelle se classe plus aisément qu’un support informatique (ouvrir un dossier de 1981 relève de la gageure&nbsp;!). Il s’agit de collecter la mémoire, réfléchir sur les usages, la chronologie, mettre en évidence une histoire de l’art contemporain, de ses ruptures avec les traditions, tout un ensemble passionnant et vaste qui ne cesse de s’enrichir…</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>« Les collections se dévoilent » s’est tenu le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 juin</mark> au Musée Granet, à Aix-en-Provence.</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Rendez-vous le 1<sup>er</sup> juillet</strong>
Trois courts métrages présentés lors de cette journée livrent quelques secrets des archives de la ville des décors, du montage des archives de l’INA. Ils seront diffusés sur le site du festival dès le 1er juillet. Premiers pas avant la création d’un musée qui puisse présenter cet immense et émouvant corpus ! </pre>
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