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	<title>Archives des Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron - Journal Zebuline</title>
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		<title>Histoires de cordes </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Jul 2024 15:51:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival international de Piano de La Roque d’Anthéron joue du paradoxe en baptisant «&#160;Nuit du piano&#160;» une soirée où brille un quatuor, pas n’importe lequel, sans doute l’un des meilleurs au monde, le&#160;Quatuor Modigliani. Deux pianistes sont tour à tour à l’honneur,&#160;Rémi Geniet&#160;et Jean-Frédéric&#160;Neuburger. La soirée conçue en deux temps s’attachait d’abord aux&#160;Valses nobles [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Festival international de Piano de La Roque d’Anthéron joue du paradoxe en baptisant «&nbsp;<em>Nuit du piano</em>&nbsp;» une soirée où brille un quatuor, pas n’importe lequel, sans doute l’un des meilleurs au monde, le&nbsp;<strong>Quatuor Modigliani</strong>. Deux pianistes sont tour à tour à l’honneur,&nbsp;<strong>Rémi Geniet</strong>&nbsp;et Jean-Frédéric&nbsp;<strong>Neuburger</strong>. La soirée conçue en deux temps s’attachait d’abord aux&nbsp;<em>Valses nobles et sentimentales</em>&nbsp;de Ravel, sous les doigts de Rémi Geniet dont les attaques franches et la nervosité du style se glissent avec aisance dans la partition dont le titre est un hommage aux deux volumes de valses de Schubert. Si le terme de «&nbsp;valse&nbsp;» a désorienté le public à la création tant les dissonances et les accents de ces pièces leur donnaient une apparence «&nbsp;aventureuse&nbsp;». Pourtant, en exergue de la partition pour piano on peut lire la citation d’Henri de Régnier «&nbsp;le plaisir délicieux et toujours nouveau d’une occupation inutile&nbsp;»… Entre le côté percussif de certaines phrases et les nuances qui se coulent dans le velouté du Fazioli, le pianiste a une manière bien à lui d’habiter le silence tandis que les dernières notes appréhendent l’infime et se perdent dans la cymbalisation des cigales. Rejoint par le&nbsp;<strong>Quatuor Modigliani</strong>, Rémi Geniet s’attachait à une pièce historique du répertoire français, le&nbsp;<em>Quintette pour piano et cordes en fa mineur</em>&nbsp;de César Franck. Les accents passionnés de l’œuvre étaient rendus par un tempo sans faille. Le ton dramatique de la première partie,&nbsp;<em>Molto moderato quasi lento,</em>&nbsp;prenait un tour romantique soutenu par la virtuosité des cordes, violon aérien d’<strong>Amaury Coeytaux</strong>, celui subtilement incarné de&nbsp;<strong>Loïc Rio</strong>, alto profond de&nbsp;<strong>Laurent Marfaing</strong>, violoncelle inspiré de&nbsp;<strong>François Kieffer</strong>. La sublime aria du deuxième mouvement,&nbsp;<em>Lento, con molto sentimento</em>, est d’une intensité prenante, tissés dans ses harmonies complexes. Enfin, le troisième mouvement,&nbsp;<em>Allegro non troppo, ma non fuoco</em>, offre des unissons de rêve, mâtinant son lyrisme d’un sentiment d’urgence où s’emporte l’âme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Complicité de longue date</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’entracte, c’est le Quatuor Modigliani qui débutait, écho à la première partie en reprenant une œuvre de Ravel, le&nbsp;<em>Quatuor à cordes en fa majeur</em>. On est subjugués par l’art infini des nuances, la virtuosité inventive des pizzicati, la fougue du scherzo, la musicalité du premier violon, le Stradivarius «&nbsp;Prince Léopold&nbsp;» de 1715, la poésie fiévreuse des phrasés qui équilibre les couleurs et réenchantent le monde. Comme en clin d’œil, puisque le quatuor de Ravel est dédié à Gabriel Fauré qui était au moment de son écriture professeur de composition de l’auteur du Boléro, les quatre instrumentistes retrouvaient le pianiste&nbsp;<strong>Jean-Frédéric Neuburger</strong>, complice depuis plus de vingt ans pour une interprétation magistrale du&nbsp;<em>Quintette pour piano et cordes n° 2 en ut mineur opus 115</em>&nbsp;de Fauré. La beauté d’une journée d’été se voit condensée dans cette pièce qui fut utilisée au cinéma dans le film de Bertrand Tavernier,&nbsp;<em>Un dimanche à la campagne</em>. Fluidité, frémissements, paysages rêvés, été impressionniste où les strates de lumière vibrent avec une éloquente élégance… L’osmose entre les musiciens fait le reste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bis, le&nbsp;<em>Scherzo</em>&nbsp;du&nbsp;<em>Quintette pour piano en la majeur</em>&nbsp;de&nbsp;Dvořák apportait le tourbillon de sa danse. Un rêve éveillé&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concert donné le 29 juillet, Parc de Florans, La Roque d’Anthéron</p>
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		<title>De l’art de transcrire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jul 2024 08:58:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Quel dommage de débuter le concert à vingt heures, les cigales couvrent le piano, déplorait l’artiste venu écouter le concert de Lucas Debargue la veille : plus tard, les insectes se taisent et le plein air est plus propice à l’écoute de l’instrument ». Repoussé d’une demi-heure, le début du concert se posait sur la toile de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Quel dommage de débuter le concert à vingt heures, les cigales couvrent le piano</em>, déplorait l’artiste venu écouter le concert de Lucas Debargue la veille : <em>plus tard, les insectes se taisent et le plein air est plus propice à l’écoute de l’instrument </em>». Repoussé d’une demi-heure, le début du concert se posait sur la toile de fond des stridulations des cigales. Pourtant, l’écoute n’en était pas moins belle. Les six pièces extraites de quatre des volumes des <em>Romances sans paroles</em> de Mendelssohn ouvraient la soirée. On a du mal à songer que le compositeur écrivait que « les pièces pour piano ne sont certainement pas ce que j’écris avec le plus de plaisir », tant ces camées délicatement ciselés offrent une impression de liberté. Chaque saynète construit l’appréhension d’un sentiment d’une émotion, installe ici un dialogue aux développements mutins ou semble préfigurer des moments du cinéma muet, là, met en évidence les remuements d’une âme, tristesse, passion, nostalgie, brosse des paysages, précédant les poèmes de Verlaine qui s’inspira du titre de Mendelssohn pour le recueil qu’il rédigea en prison. On y lit « <em>Le piano que baise une main frêle / Luit dans le soir rose et gris, vaguement </em>»… <br>Rien de frêle dans l’approche pianistique de l’artiste ! La légèreté de la main aborde parfois le clavier comme une harpe, sait approfondir les phrasés, leur donner une épaisseur à la lumineuse densité. Tout est contrôlé, dosé, mesuré afin d’atteindre l’idéal. Le piano sait se faire aérien dans la si preste <em>Fileuse </em>(opus 67 n° 4), se recentre, tourbillonne, ironise, songe… <br>La <em>Ballade n° 3 en la bémol majeur opus 47</em> de Chopin apporte ses ruptures de ton : la douceur de l’introduction est balayée par les élans furieux des accords en fa mineur, les passages chromatiques s’exacerbent sous les amples accords, les octaves rompus, les séries de doubles croches se conjuguent en un foisonnement sensible. Lui répond le chant continu du <em>Nocturne en ré bémol majeur opus 27 n° 2</em>, et son indicible harmonie. La <em>Ballade n°4 en fa mineur opus 52</em> conclut la première partie et ses clair-obscur, ses danses lentes qui empruntent à la valse et la mazurka, médaillon aux contre-points et contre-mélodies entrelaçant deux thèmes jusqu’à l’exubérance de la coda. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">À quatre mains&nbsp;?</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Préparée par le caractère épique de la fin du programme de la première partie, la seconde était dédiée à Wagner «&nbsp;vu par&nbsp;», d’abord Lugansky dans <em>Quatre scènes de Götterdämmerung </em>(<em>Le Crépuscule des Dieux</em>) puis Liszt, <em>Mort d’Isolde</em>, extrait de <em>Tristan et Isolde</em> dans sa transcription pour piano. L’élégance du jeu convie à une lecture personnelle des thèmes wagnériens. Plus qu’une transcription pour piano, il s’agit d’un dialogue par-delà les siècles entre deux musiciens. L’un expose son propos, l’autre le commente, l’orne de ses réflexions, de ses émotions, offre échos, lyrisme, emportements, songes, recompose les récits, nous bouleverse. L’assistance est suspendue à la magie qui se déploie là. Un orchestre entier vibre dans l’ossature du Steinway. Extases&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bis, le pianiste revenait à Rachmaninov avec <em>La Romance Opus 21 n° 5</em>, <em>Lilas</em> et son Prélude opus 23 n° 7 en ut mineur avant de faire dialoguer Tchaïkovski et Rachmaninov dans la sublime Berceuse opus 16, n° 1… histoire de réconcilier la nuit et ses enchantements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concert donné au Parc de Florans, La Roque d’Anthéron, le 28 juillet 2024</p>
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		<title>Jeune étoile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jul 2024 16:33:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec l’assurance tranquille d’une jeunesse qui ne cherche pas l’effet ni ne se targue de quoi que ce soit, Tsotne Zedginidze débutait son récital par l’une de ses propres compositions, un Impromptu époustouflant de maturité. Le tissage des accords, le travail des nuances, le caractère interrogatif de l’incipit, les résolutions qui empruntent à l’atonal puis se lovent dans la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’assurance tranquille d’une jeunesse qui ne cherche pas l’effet ni ne se targue de quoi que ce soit, <strong>Tsotne Zedginidze</strong> débutait son récital par l’une de ses propres compositions, un <em>Impromptu</em> époustouflant de maturité. Le tissage des accords, le travail des nuances, le caractère interrogatif de l’incipit, les résolutions qui empruntent à l’atonal puis se lovent dans la fluidité de thèmes aux multiples échos, placent d’emblée le jeune compositeur dans son siècle, réunissant les courants du XXème et leur apportant une sorte de conclusion qui les réconcilie. En regard de cette pièce, répondait l’<em>Impromptu opus 90 n° 3 D.899 </em>de Schubert, <em>Andante mosso en sol bémol majeur, </em>dont l’interprétation se pose délibérément sur un tempo lent, le terme « mosso » étant compris ici comme « ému » et non «mouvementé », comme si la musique apprivoisait le frémissement des cigales dans la moiteur de la fin de journée. La douceur des envols est sans doute liée à l’évocation de la princesse <em>Rosamunde</em>, surnom donné à cette partition, car son thème correspond à une variation de la musique de scène que Schubert utilisa pour la pièce éponyme…</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’inscrivant dans la tradition d’un Liszt, Tsotne Zedginidze se livre lui aussi à des variations sur les œuvres de ses prédécesseurs. Il présentait&nbsp;<em>ainsi Dedication to Ravel and Debussy</em>, subtil entrecroisement de thèmes célèbres des deux compositeurs, mêlé à ses propres réflexions. Une rêverie s’orchestre autour de musiques aimées, les reprend, les module, les traduit à l’aune de sa sensibilité. Le voyage se prolonge lors de&nbsp;<em>Piece to Japan</em>&nbsp;où sont brossés les paysages d’un univers fantasmé, pages d’un carnet de route qui se plaît aux errances…&nbsp;<em>L’Improvisation sur L’Anneau du Nibelung de Wagner</em>&nbsp;subjuguait par sa fermeté de composition et sa fantaisie virtuose.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En deuxième partie, le jeune pianiste s’attachait au triptyque que Ravel composa sur les trois poèmes pour piano d’Aloysius Bertrand,&nbsp;<em>Gaspard de la nuit</em>. Là encore il s’agit d’une transposition&nbsp;: Ravel transcrit musicalement les mots du poète en une osmose qui laisse transparaître les ombres. Tour à tour émergent&nbsp;<em>Ondine</em>, cette nymphe qui tente de séduire un humain afin d’obtenir une âme immortelle, le&nbsp;<em>Gibet&nbsp;</em>et son pendu qui assiste à son dernier coucher de soleil,&nbsp;<em>Scarbo</em>, le petit gnome porteur de funestes présages. Le pianiste privilégie à la noirceur, la beauté des mélodies et les enrobe d’une douceur parfois malicieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ovationné par le public il offrira en bis son&nbsp;<em>Prélude n° 2</em>, condensé de finesse sur le velouté du Fazioli choisi pour le concert. Merveilles&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concert donné le 24 juillet, Parc de Florans, La Roque d’Anthéron<sup></sup></p>
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		<title>Aux mille recours</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jul 2024 17:42:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[Arcadi Volodos]]></category>
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		<category><![CDATA[Lucas Debargue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malheureusement, Monsieur Arcadi Volodos est dans l’impossibilité de maintenir son concert de demain samedi 27 juillet pour des raisons de santé.&#160;Mais annuler un concert, c’est impossible&#160;! Malgré les embarras actuels des transports, entre les difficultés ferroviaires et le blocage de l’espace aérien en raison de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, l’équipe quasi-olympique du Festival [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, Monsieur Arcadi Volodos est dans l’impossibilité de maintenir son concert de demain samedi 27 juillet pour des raisons de santé.&nbsp;Mais annuler un concert, c’est impossible&nbsp;! Malgré les embarras actuels des transports, entre les difficultés ferroviaires et le blocage de l’espace aérien en raison de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, l’équipe quasi-olympique du Festival a trouvé une solution. Il n’est pas aisé de remplacer un immense pianiste, il en faut tout simplement un autre. Ce sera&nbsp;<strong>Lucas Debargue</strong>&nbsp;qui, au pied levé, remplacera le pianiste russe. Lauréat du prestigieux Concours Tchaïkovski (il obtint la quatrième place), ce fin littéraire aborde les œuvres du répertoire avec une intelligence et une verve qui les éclaire. Cette année il a enregistré l’intégrale de l’œuvre pour piano seul de Gabriel Fauré à l’occasion du centenaire de la mort du compositeur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une belle occasion de retrouver ou découvrir ce grand artiste, pianiste et compositeur&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les places achetées pour le concert du 27 sont reconduites pour ce concert, sinon, il suffit de téléphoner à la billetterie du festival (04 42 50 51 15) afin d’obtenir un remboursement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M.C.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concert du 27 juillet, Festival international de Piano de La Roque d’Anthéron, Parc de Florans (21H)</p>
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		<title>Une ouverture concertante</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 14:09:46 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[La Roque d’Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[Maria João Pires]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160;Alors que les cigales se livrent à leurs harmonies dans les grands arbres du parc de Florans, les premières notes du festival mythique de La Roque d’Anthéron ouvrent le mois d’effervescences musicales de l’été. Ce n’est pas le piano qui résonne d’abord, il faut une préparation, «&#160;s’habiller le cœur&#160;» comme le disait le Renard au [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;</em>Alors que les cigales se livrent à leurs harmonies dans les grands arbres du parc de Florans, les premières notes du festival mythique de La Roque d’Anthéron ouvrent le mois d’effervescences musicales de l’été. Ce n’est pas le piano qui résonne d’abord, il faut une préparation, «&nbsp;s’habiller le cœur&nbsp;» comme le disait le Renard au Petit Prince de Saint-Exupéry.&nbsp;&nbsp;L’<strong>Orchestre de chambre de Paris&nbsp;</strong>dirigé de l’archet par le violoniste et soliste&nbsp;<strong>Gordan Nikolić&nbsp;</strong>interprétait d’abord le&nbsp;<em>Concerto pour violon et orchestre n° 4 en ré majeur K. 218</em>&nbsp;de Mozart. La musique un peu lointaine, d’une grande qualité d’écriture mélodique, était servie avec une infinie douceur par l’orchestre et le soliste qui s’emporte avec une passion bondissante qui le suivra même assis dans les pièces suivantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sublime simplicité&nbsp;</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps d’un changement de configuration, le Steinway de concert était installé pour une autre œuvre de jeunesse de Mozart, le&nbsp;<em>Concerto pour piano et orchestre n° 9 en mi bémol majeur K.271 «&nbsp;Jeune homme&nbsp;»</em>. Attendue par une salle bondée, la mozartienne&nbsp;<strong>Maria João Pires</strong>&nbsp;lui réserva un moment suspendu&nbsp;: aucune recherche de démonstration virtuose, une approche précise de la partition, une lecture de l’œuvre qui la rend d’une évidence confondante. Tout s’articule en un lumineux dépouillement. «&nbsp;Rien de trop&nbsp;», tout est déjà là, puissant, coloré, nuancé. La soliste donne les premières mesures, vite rejointe par un orchestre galvanisé par sa présence. Rarement les artistes éblouissent de cette manière&nbsp;: pas besoin de détour par des acrobaties vertigineuses qui transportent les amateurs de rodéo pianistique&nbsp;! La noblesse du ton, la souplesse du chant, la délicatesse du jeu, dialoguent avec élégance avec l’orchestre, servent les cadences avec brio. Juste parfaite&nbsp;! La pianiste offrit à la salle enthousiaste l’andante de la Sonate pour piano n° 10 en do majeur de son cher Mozart, inventivité subtile, modulations aériennes… de l’émotion à l’état pur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Petite symphonie</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’entracte, l’Orchestre de chambre de Paris proposait la courte (26 minutes) et ciselée <em>Symphonie n° 8 en fa majeur opus 93</em> de Beethoven. On pouvait s’amuser à retrouver ici et là des accents propres à Mozart ou Haydn, hommage du compositeur à ses prédécesseurs ? Quittant les cors naturels pour les cors d’harmonie comme afin de célébrer une entrée de plain-pied dans un autre siècle, la couleur de l’orchestre s’en voyait changée, les instruments brillants gagnent alors en netteté dans leurs phrasés. La beauté rigoureuse de l’œuvre, sa forme condensée, sont magnifiées par une interprétation flamboyante qui sait aussi bien se glisser dans les échos de la Pastorale que dans un finale pyrotechnique.  Le public en redemande, et l’Andante de l’<em>Orfeo et Euridice </em>de Gluck, sublime, referme la soirée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 20 juillet Parc de Florans, La Roque d’Anthéron</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Un piano aux couleurs du monde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 13:02:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Featured]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[René Martin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Utiliser les richesses de la région et établir un dialogue au niveau de la planète ». Lorsque l’on demande à René Martin ce qu’est pour lui le Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron qu’il a cofondé avec Paul Onorati en juin 1981et dont il est le directeur artistique, ce musicien passionné insiste sur la dimension universelle de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>Utiliser les richesses de la région et établir un dialogue au niveau de la planète</em> ». Lorsque l’on demande à <strong>René Martin</strong> ce qu’est pour lui le Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron qu’il a cofondé avec <strong>Paul Onorati</strong> en juin 1981et dont il est le directeur artistique, ce musicien passionné insiste sur la dimension universelle de la manifestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Zébuline</strong>&nbsp;: Le Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron fête sa quarante-troisième édition et il est toujours passionnant et sait, tout en gardant sa volonté d’excellence, décliner de nouvelles partitions. Votre secret&nbsp;?</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>René Martin</strong>&nbsp;: Ce festival est conçu pour donner une idée précise de ce qui se passe dans le monde musical d’aujourd’hui, donner la couleur du piano à un instant T.. Certes, je privilégie les orchestres régionaux, l’Orchestre de Marseille, l’Orchestre d’Avignon qui s’est totalement renouvelé grâce à l’impulsion de Débora Waldman, sa cheffe, et je cherche à utiliser les nombreuses richesses de la région. Cette édition est particulièrement importante, car nous n’avions pas pu fêter dignement les quarante ans du festival en raison de la pandémie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une volonté de totalité avec les intégrales&nbsp;?&nbsp;&nbsp;Il y en a beaucoup cette année.</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il y a bien un lieu où elles peuvent être jouées, c’est à La Roque. Effectivement, nous donnerons l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven, de Chopin, de Brahms, de Rachmaninov, servies par des interprètes de premier plan, Bertrand Chamayou, Anne Queffelec, David Kadouch, François-Frédéric Guy, Alexandre Kantorow (une carte blanche lui est offerte sur une journée), Bruce Liu que nous avons découvert l’an dernier avec des orchestres fantastiques, le Hong Kong Sinfonietta, sans doute le plus bel orchestre de Hong Kong, dirigé par Yip Wing-Sie, une cheffe d’exception, l’Orchestre de Chambre de Paris (Lionel Bringuier), le Sinfonia Varsovia avec le grand chef Aziz Shokhakimov, l’Orchestre Consuelo sous la baguette de Victor Julien-Laferrière. L’énumération complète serait fastidieuse. Il y aura aussi de grands cycles, des journées consacrées à des compositeurs Liszt, Rachmaninov, Chopin&nbsp;; un focus sur des compositeurs contemporains grâce aux journées animées par le pianiste et pédagogue Florent Boffard, «&nbsp;<em>Passer au Présent / à la découverte d’un compositeur et ses amis</em>&nbsp;», qui permettront d’aborder les univers de Philippe Schoeller et Julian Anderson, avec une création mondiale au programme&nbsp;; un temps fort sera consacré à un hommage au grand compositeur Henri Dutilleux qui est parti il y a dix ans maintenant.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le baroque revient enfin&nbsp;! La pandémie nous interdisait l’abbaye de Silvacane qui nous rouvre ses portes. La famille Hantaï se reconstitue pour la Roque d’Anthéron tandis que toute la jeune génération arrive, Jean Rondeau, Justin Taylor et son Consort…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une jeune génération de pianistes de très haut vol&nbsp;aussi&nbsp;!</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, nombreux sont les jeunes, voire très jeunes artistes à faire leur entrée à La Roque. On pourrait me dire que je les choisis parce qu’ils ont gagné des concours internationaux. Bien sûr, mais la plupart du temps, je les ai engagés avant leurs récompenses. J’ai anticipé leur victoire. J’aime aussi cette découverte des grands noms de demain, de voir naître ces stars montantes. On aura par exemple Kevin Chen et le tout aussi fantastique Masaya Kamei sans compter la révélation Yunchan Lim, un phénomène&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les lieux se multiplient cette année.</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, le Festival permet de mettre en valeur toute la région&nbsp;D’autre part, tout un travail est mené auprès des publics empêchés grâce à la démarche menée par le Département,&nbsp;<strong>Ensemble en Provence</strong>&nbsp;qui propose des soirées pédagogiques ne direction des public prioritaires de ce dispositif, et par l’association&nbsp;<strong>Cultures du Cœur</strong>&nbsp;qui favorise l’insertion des plus démunis par l’accès aux sports et aux loisirs. Le Festival met à disposition des invitations à destination de ces publics. Les projets lycéens, les master classes et la tournée des ensembles en résidence contribue aussi à la diffusion auprès de publics plus larges (et souvent plus jeunes&nbsp;!).&nbsp;&nbsp;Les tarifs moins de trente ans accordent des places à 15€ en catégorie A et B…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Si elles ont été considérées longtemps comme de délicieuses interprètes, les femmes compositrices entrent pleinement au festival…</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et heureusement&nbsp;! Non seulement la journée «&nbsp;nouvelles générations&nbsp;» ne comporte que des interprètes féminines, Arielle Beck, Eva Gevorgyan, Alexandra Dovgan, mais les œuvres des compositrices sont mises en avant. Toute une journée est consacrée aux «&nbsp;regards de femmes&nbsp;» avec&nbsp;<em>Das Jahr</em>&nbsp;de Fanny Mendelssohn et des œuvres de Marie Jaëll (amie de Liszt), Marguerite Canal, Augusta Holmès, Louise Farrenc, Henriette Bosmans, dont les noms sont injustement tombés dans l’oubli. Autre face cachée de la musique&nbsp;: la formation. Quand on parle d’un pianiste, on occulte trop souvent que son génie a été formé par des maîtres qui restent dans l’ombre.&nbsp;<strong>Hortense Cartier-Bresson&nbsp;</strong>est une magnifique pédagogue et je tiens beaucoup à cet hommage qui souligne l’importance de la transmission.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le festival s’ouvre à de nouvelles formes musicales…</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et j’en suis très fier. Il y a une révolution dans le monde du piano et le festival se doit d’en rendre compte. L’électronique fait son entrée cette année à La Roque. Cette tendance est écoutée par des milliers, des millions de jeunes, c’est le public de demain. On aura par exemple&nbsp;<strong>Hania Rani</strong>&nbsp;pour un concert musicalement exceptionnel et très poétique, ou les&nbsp;<strong>Grandbrothers</strong>&nbsp;pour une nuit mystique et hypnotique. Ça va être saisissant&nbsp;! On a trop souvent classifié les choses&nbsp;: dans la musique contemporaine on a beaucoup souffert de l’influence prépondérante de gens qui interdisaient la musique tonale… Aujourd’hui le monde s’ouvre davantage. La Roque permet de respirer tours les tendances du piano d’aujourd’hui.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une place particulière est désormais dévolue aux accordeurs…</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les plus grands pianos sont à La Roque, c’est le seul festival au monde où toutes les marques sont représentées. Les pianistes les essaient donnent leur avis. Le festival devient un véritable laboratoire, c’est de l’or pour les fabricants qui peuvent retravailler, corriger, améliorer leurs instruments qui sont déjà exceptionnels.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du 20 juillet au 20 août</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Roque d’Anthéron et autres lieux</p>



<p class="wp-block-paragraph">04 42 50 51 15 festival-piano.com</p>
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		<title>Un, deux… Brahms !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Aug 2023 20:27:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Adam Laloum]]></category>
		<category><![CDATA[Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[La Roque d'Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Ange Nguci]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre Consuelo]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les notes du poète</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les images féminines hantent la musique de Brahms : la bienveillante attention de Clara Schumann n’est pas un mystère, ni son influence créatrice sur le musicien. Pourtant le XIXème siècle ne fut pas plus que les précédents, enclin à mettre en avant et soutenir les femmes artistes. George Sand, amie et admiratrice de Pauline Viardot, s’en inspire pour camper le personnage de Consuelo, « <em>la plus grande, la plus prophétique de ses héroïnes</em> » (Michelle Perrot in George Sand à Nohant). Elle écrivait à la musicienne : <em>« ah ! que je voudrais parfois avoir quinze ans, un maître intelligent, et toute ma vie à moi seule ! Je donnerais mon être tout entier à la musique, et c’est dans cette langue-là, la plus parfaite de toutes, que je voudrais exprimer mes sentiments et mes émotions. Je voudrais faire les paroles et la musique en même temps</em> » (ibidem). En hommage, le violoncelliste et chef d’orchestre <strong>Victor Julien-Laferrière</strong> fonde l’<strong>Orchestre Consuelo</strong>, musiciens amis qui se cooptent, d’où une magnifique unité. C’est cet ensemble, surnommé par son fondateur « <em>l’Orchestre des Amis de Brahms</em> », qui accordera la souplesse et la vivacité de ses interprétations aux œuvres brahmsiennes dans l’écrin familier de la conque du parc de Florans. La virtuosité sobre et élégante d’<strong>Adam Laloum </strong>s’attachait à l’un des plus longs concertos du répertoire, le <em>Concerto pour piano en ré mineur opus 15 </em>(une cinquantaine de minutes d’exécution). Si les premières représentations en janvier 1895 à Hanovre puis à Leipzig ne furent pas couronnées de succès (la représentation de Leipzig fut abondamment sifflée), la musique étant jugée incompréhensible, sa reprise par Clara Schumann rendit grâce aux beautés de l’œuvre, conçue au départ comme une symphonie. La part orchestrale ne laisse pas dominer sans réserve le soliste, mais l’intègre à son climat fantastique où sourdent les légendes. Le spectaculaire est évité, le piano fusionne avec les autres instruments, puis entame un dialogue nourri avant d’introduire de nouvelles atmosphères, les cordes jouent en sourdine soutenues par les cors en un mouvement intimiste puis le piano s’épanche en tournoiements lyriques qui peuvent faire allusion à l’amour que Brahms porte à Clara. La coda et les trilles qui achèvent le deuxième mouvement subjuguent par leur subtile légèreté. Le dernier temps du concerto entremêle les thèmes en une danse vive. La maestria de l’interprète fait oublier l’impressionnante technique nécessaire à l’exécution de l’œuvre. Seule l’émotion reste en une palette nuancée parcourant une gamme qui va du recueillement au triomphe. Adam Laloum offrira en bis le subtil <em>Intermezzo opus 118 n° 2 en la majeur</em> de Brahms puis l’un de ses bis fétiche, <em>Moments musicaux opus 94 n° 2 en la bémol majeur</em> de Franz Schubert. Enchantements ! </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sacre d’une étoile</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la&nbsp;<em>Sérénade pour orchestre n° 2 en la majeur opus 16</em>&nbsp;donnée la veille n’avait pas convaincu, la&nbsp;<em>Sérénade pour orchestre n° 1 en ré majeur opus 11</em>&nbsp;nous rendait l’envergure de l’Orchestre Consuelo en six mouvements dessinés comme de délicats tableautins&nbsp;: lyrisme mêlé des échos pittoresques d’une fête villageoise, ciel plus inquiet rendu par les syncopes des cordes, harmonie d’une symphonie pastorale, plénitude, airs allants, mélodie des cors, éclats brillants… introduction enjouée à la pièce maîtresse que fut le&nbsp;<em>Concerto pour piano et orchestre n° 2 en si bémol majeur opus 83</em>, (composé vingt ans après le premier), joué par&nbsp;<strong>Marie-Ange Nguci</strong>. Dès les premières notes, conversation entre le cor et le piano vite rejoint par les respirations des cordes, la jeune pianiste impose son jeu, clair, puissant, élégant, nuancé. En un exercice de haute voltige, le piano se joue des arabesques, des accords profonds, des couleurs foisonnantes, des trilles aériens, des trémolos, livre l’expression pure du Sturm und Drang, le «&nbsp;Orage et passion&nbsp;» qui a scellé les débuts du romantisme allemand dans ses éclats, ses retournements, ses passages alanguis, ses cadences aux allures d’improvisation, ses échappées oniriques, ses volutes souples, ses effervescences et ses déchaînements. Toute simple face au public, l’ancienne élève du regretté Nicolas Angelich, est souveraine et lumineuse dans son interprétation. En danse, elle serait sacrée étoile sur scène tant elle transcende la musique qu’elle aborde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bis elle montrera d’autres facettes de son immense talent en présentant le premier Mouvement du&nbsp;<em>Concerto pour la main gauche en ré majeur&nbsp;</em>de Ravel, l’<em>étude n° 6, Toccata</em>, de Saint-Saëns et&nbsp;<em>Tombeau sur la mort de Monsieur Blancheroche en do mineur FbWV632</em>&nbsp;de Froberger. Éblouissements&nbsp;!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concerts donnés les 13 et 14 août au parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Attention! </mark>Le concert de <strong>Maria João Pirès</strong> du 17 août est malheureusement annulé pour raisons de santé. <strong>Marie-Ange Nguci</strong> a accepté de remplacer cette immense dame du piano. Son programme comprendra des oeuvres de Bach-Busoni (<em>Chaconne</em>), Ravel (<em>Gaspard de la Nuit</em>), Beethoven (<em>Fantaisie en sol mineur opus 77</em>), Schumann (<em>Kreisleriana opus 16</em>).  Une variété d&rsquo;oeuvres exigeantes qui mettra encore en évidence les qualités rares de la jeune pianiste. </p>
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		<title>Nelson Goerner l’enchanteur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 15:01:33 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[On y était]]></category>
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		<category><![CDATA[La Roque d'Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[Nelson Goerner]]></category>
		<category><![CDATA[Rachmaninov]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux concertos de Rachmaninov dans la même soirée, même pas peur&#160;! L’immense pianiste&#160;Nelson Goerner&#160;interpréta les&#160;Concertos pour piano et orchestre n° 3 et 4&#160;du compositeur russe aux côtés du&#160;Sinfonia Varsovia&#160;avec la puissance et la verve poétiques qui lui sont propres&#160; Une annonce en début de concert précisait le changement de programme&#160;: l’ordre chronologique serait bouleversé et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux concertos de Rachmaninov dans la même soirée, même pas peur&nbsp;! L’immense pianiste&nbsp;<strong>Nelson Goerner</strong>&nbsp;interpréta les&nbsp;<em>Concertos pour piano et orchestre n° 3 et 4&nbsp;</em>du compositeur russe aux côtés du&nbsp;<em>Sinfonia Varsovia</em>&nbsp;avec la puissance et la verve poétiques qui lui sont propres&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une annonce en début de concert précisait le changement de programme&nbsp;: l’ordre chronologique serait bouleversé et le quatrième concerto précèderait le troisième, cette apogée du romantisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, le&nbsp;<em>quatrième concerto en sol mineur</em>, est d’une facture très intéressante, se détache de l’humus romantique, esquisse de nouvelles voies, répond à des inspirations multiples, se fait l’écho des ébauches écrites en Russie (Rachmaninov le créera en 1927 à Philadelphie aux USA) et pourtant il est d’une grande sobriété par rapport aux œuvres précédentes. L’écriture somptueuse de la partition réservée à l’orchestre pour ce concerto mal aimé lui donne la capacité d’un dialogue foisonnant avec le piano. Et quel piano&nbsp;! Une émotion à fleur de peau, sans excès, d’une élégance bouleversante… L’artiste soliste accorde tout son sens à l’œuvre, en dessine l’ossature, la transcende, alchimie virtuose qui sera mise au service du&nbsp;<em>Concerto n° 3</em>&nbsp;en ré mineur. En tout cas, on est loin de la critique américaine qui affirmait «&nbsp;l’écriture orchestrale a la richesse du nougat et la partie de piano rutile de mille effets éculés&nbsp;» (in feuille de salle remarquablement concoctée par Marie-Aude Roux)&nbsp;!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>Concerto n° 3</em>&nbsp;était porté par la verve intelligente de Nelson Goerner dont les mains volent littéralement sur le clavier, emporte l’orchestre dans sa fougue. Ses échanges de regards avec les instruments solistes qui dialoguent avec lui soulignaient l’osmose entre l’œuvre et les musiciens. Les cadences offertes au piano, démentes de difficultés (la première déjà monstrueuse est suivie par une seconde qui est un véritable Everest pianistique&nbsp;!), en laissent goûter toute la brillance. Si le thème initial est d’une allure simple, les superpositions de voix, la complexité de la structure, le tissage aux expansions chatoyantes, la richesse des motifs rythmiques, le foisonnement des variations pianistiques, tout concourt à l’expression d’un lyrisme aux formes multiples, envoûtant dans ses orages comme dans ses danses légères. Le jeu ancré et aérien du poète du piano qu’est Nelson Goerner subjugue, son sens aigu des nuances, ses phrasés signifiants, touchent, bouleversent, transportent, au point que l’on ne sait plus si l’orchestre dirigé avec passion par Aziz Shokhakimov le suit dans la finesse extrême de son interprétation. Les grands élans de l’ensemble suffisent à construire un écrin au sublime. On est submergé par la beauté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que Rachmaninov, lors de la première représentation de son œuvre avait été incapable de jouer un bis, présentant ses mains meurtries au public, Nelson Goerner, après deux concertos virtuoses, eut encore la force de faire agir la magie avec le&nbsp;<em>Nocturne n° 20 en ut dièse mineur (opus Posthume)</em>&nbsp;de Chopin, l’essence même de la poésie&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concert donné le 12 août au parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron&nbsp;&nbsp;</p>
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		<title>La Roque, lieu de création</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2023 16:25:59 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">La soirée du 9 août voyait son public, certes d’un nombre honorable, fortement réduit par rapport à celui de la veille qui ovationnait la jeunesse de Nathanaël Gouin, Alexander Malofeev, Aziz Shokhakimov et un programme dédié à Rachmaninov. La raison&nbsp;? mauvaise sans aucun doute, mais les aprioris sont encore fortement ancrés, la musique annoncée était contemporaine… On pourrait arguer que le terme contemporain est synonyme «&nbsp;d’aujourd’hui&nbsp;» et s’étonner de la détestation de notre présent… Quoi qu’il en soit, il est des peurs tenaces et les «&nbsp;contemporains&nbsp;» du siècle passé sont toujours considérés comme «&nbsp;inaudibles, incompréhensibles, obscurs, inabordables&nbsp;», la liste des termes négatifs est longue&nbsp;! Pour les chanceux qui ont eu la «&nbsp;témérité&nbsp;» de se rendre au concert&nbsp;<em>«&nbsp;Passer au présent&nbsp;», Henri Dutilleux – à la découverte d’un compositeur&nbsp;: Florent Boffard et ses amis</em>, la représentation est à marquer d’une pierre blanche, les quasi trois heures de spectacle passant comme un songe.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Hommage à Dutilleux</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pédagogue hors pair (il fut nommé à l’École Normale Supérieure puis au conservatoire de Paris en tant que professeur de composition), compositeur internationalement reconnu, Henri Dutilleux a composé <em>Mystère de l’instant</em> pour vingt-quatre cordes, cymbalum et percussions en dix séquences ou fragments qui dansent entre polyphonie et litanie en épure. Les souffles animent les envolées des cordes que les notes cristallines du cymbalum viennent ancrer telles des gouttes d’eau dans la matérialité d’un temps insaisissable. L’indicible prend forme, l’air est en suspens, le monde se concentre dans les dessins de l’infime et ouvre à l’universel. « Ce à quoi j’aspire profondément, c’est, à travers la musique, à me rapprocher d’un mystère, à rejoindre les régions inaccessibles » expliquait le compositeur à la revue Zodiaque en 1982. Le <strong>Sinfonia Varsovia</strong>, dirigé avec une attention d’horloger par <strong>Andrew Gourlay</strong>, rendit avec une justesse inspirée cette œuvre d’une précision diabolique ainsi que le propos du compositeur français auquel il consacrera le dernier volet de la soirée avec <em>Sur le même accord, nocturne pour violon et orchestre</em> qu’Henri Dutilleux composa pour la violoniste Anne-Sophie Mutter. Partition redoutable construite sur une alternance de passages rapides et lyriques entièrement basés sur un accord de six notes, entendu au début de la pièce et manipulé de diverses manières. La jeune violoniste <strong>Liya Petrova</strong> relevait le défi avec panache et apportait sa verve passionnée à l’œuvre. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une musique d’auteurs vivants</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel privilège d’applaudir les compositeurs des œuvres entendues&nbsp;! Ce plaisir fut double&nbsp;:&nbsp;<strong>Julian Anderson&nbsp;</strong>était présent pour assister à l’interprétation de&nbsp;<em>Litanies, concerto pour violoncelle et orchestre&nbsp;</em>(2018-2019). L’œuvre a pris un tour particulier lorsque, alors en pleine écriture, son compositeur a appris l’incendie de Notre-Dame. La disparition un an plus tôt d’un collègue estimé (Olivier Knussen, compositeur et chef d’orchestre) a décidé du mouvement lent en sa mémoire. Le concerto est dédié quant à lui à au violoncelliste allemand&nbsp;<strong>Alban Gerhardt</strong>. Ce dernier sur la scène du parc de Florans interpréta avec une virtuosité inouïe cette pièce impossible qui semble explorer toutes les capacités du violoncelle dans un dialogue éblouissant avec l’orchestre, inventif, expressif, en une palette aux couleurs infinies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Et une création mondiale</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Auparavant, une création mondiale était offerte aux auditeurs. Le directeur artistique du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron,&nbsp;<strong>René Martin</strong>, y tient beaucoup&nbsp;: «&nbsp;<em>le festival ne serait pas digne de sa réputation s’il ignorait la création contemporaine et s’il ne la soutenait pas. Aussi, pour la première fois de son histoire, le festival a passé commande&nbsp;</em>».&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Philippe Schoeller</strong>&nbsp;dont les compositions pour le cinéma par exemple font l’unanimité présenta ainsi&nbsp;<em>Hymnus pour piano et ensemble orchestral</em>. Nourri de littérature, d’art, le compositeur, complice du pianiste&nbsp;<strong>Florent Boffard</strong>, dédicataire de l’œuvre, a conçu cette œuvre pour La Roque d’Anthéron, et le «&nbsp;plein air&nbsp;», d’où le choix du terme «&nbsp;hymne&nbsp;» qui «&nbsp;rend hommage à ce qu’il célèbre (…) ici, la Nature en elle-même. TOUTE la Nature, des atomes aux clusters de galaxies, des bactéries jusqu’aux grands vertébrés, sans oublier les oiseaux-lyres et les dauphins&nbsp;». La feuille de salle rapporte les intentions du compositeur-poète dont la présentation est aussi un fragment de rêve. Sur scène des instruments à vent (six bois, six cuivres), «&nbsp;voix collective. Le Peuple. Sa noblesse essentielle&nbsp;», des percussions, des vibraphones et le piano, «&nbsp;grand maître de cérémonie, sobre, puissant et méditatif (…) jusqu’à des lancées Pollockiennes d’énergies totémiques, furie des mains virtuoses&nbsp;»… La nature connaît tous les paroxysmes dans les élans de «&nbsp;ce grand oiseau noir&nbsp;et blanc qu’est un grand piano queue de concert&nbsp;». L’expressivité de l’ensemble, les variations subtiles des rythmes, des intentions, brossent une palette moirée de nuances et de sens, fluide dans ses respirations qui se mêlent au grand Tout.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les soirées d’exception foisonnent à La Roque, celle-ci est sans doute la plus forte de sens et d’humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concert donné au parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron le 9 août.&nbsp;&nbsp;</p>
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		<title>Virtuose ? Affirmatif !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2023 12:19:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Alexander Malofeev]]></category>
		<category><![CDATA[Aziz Shokhakimov]]></category>
		<category><![CDATA[Festival International de Piano de la Roque d’Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[La Roque d'Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[Nathanaël Gouin]]></category>
		<category><![CDATA[Sinfonia Varsovia]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Soirée monumentale à La Roque&nbsp;: les deux jeunes pianistes,&nbsp;<strong>Nathanaël Gouin</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Alexander Malofeev</strong>&nbsp;se partageaient le concert aux côtés du&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;galvanisé par son chef,&nbsp;<strong>Aziz Shokhakimov</strong>, pour la deuxième partie de l’Intégrale des Concertos pour piano de Rachmaninov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En préambule, le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;présentait une pièce de la compositrice polonaise&nbsp;<strong>Grazyna Bacewicz</strong>&nbsp;dont l’œuvre permet de retracer les remuements de l’histoire du XXème siècle (joug du Tsar russe, guerre de 1914-1918, Seconde Guerre mondiale, occupation nazie, régime soviétique stalinien&#8230;). Ces époques troublées marquent le travail de l’artiste issue d’une famille de violonistes. Ses partitions portent une attention particulière aux cordes. Son&nbsp;<em>Ouverture pour orchestre symphonique</em>&nbsp;de 1943 est amorcée par un motif rythmique de timbales qui sous-tendra discrètement toute la pièce dont les effets proches de ceux des films d’action, à grand renfort de croches, d’accélérations, de tempêtes qui s’apaisent avec une flûte des temps heureux de l’Arcadie antique et chantent avec le cor et les altos. La transparence des paysages pacifiques s’interrompt soudain avec l’irruption de l’Allegro dont l’énergie balaie tout sur son passage, au son des clairons que la texture dense des cordes souligne, défiant l’ennemi et surmontant toutes les catastrophes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Élégantes coutures</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette entrée en matière époustouflante, le Sinfonia Varsovia était prêt à accueillir le Steinway des concertistes. Le très subtil&nbsp;<strong>Nathanaël Gouin</strong>&nbsp;entrait en scène pour la&nbsp;<em>Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 43</em>&nbsp;de Rachmaninov qui peut être considérée comme son cinquième concerto, cousant (la rhapsodie du grec «&nbsp;ῥάπτω», coudre et «&nbsp;ᾠδή&nbsp;», chant) ensemble les onze premières variations en une section initiale, puis les 12 à 18 pour le mouvement lent, et les dernières constituant un finale. Il est souvent suggéré que le motif du Dies Irae que l’on retrouve dans cette pièce serait une référence au mythe selon lequel Paganini aurait vendu son âme au diable en échange de sa virtuosité et de l’amour d’une femme… La naissance de l’amour est reprise par le film de Tornatore, basé sur un roman d’Alessandro Baricco (<em>Novecento</em>),&nbsp;<em>La légende du pianiste sur l’océan</em>, qui mêle les accents poétiques de la variation XVIII et la rencontre amoureuse. Le soliste se glisse avec aisance dans les scansions oniriques de l’œuvre, y glisse un regard espiègle, en épouse les nuances, se laisse emporter dans la houle de l’orchestre en une musique d’une infinie délicatesse. Sa capacité à transcrire les moindres émotions était encore plus évidente lors des rappels, une sublime&nbsp;<em>Romance de Nadir</em>&nbsp;(<em>Les Pêcheurs de Perles&nbsp;</em>de Bizet dans un superbe arrangement du pianiste lui-même) et le&nbsp;<em>Prélude n° 12 en sol dièse mineur</em>de Rachmaninov. Il fallait bien un entracte pour se remettre afin de plonger dans le deuxième&nbsp;<em>Concerto pour piano et orchestre en ut mineur opus 18</em>&nbsp;de Rachmaninov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Duo de géants</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexander Malofeev, familier de La Roque depuis ses treize ans, et suivi par un public qui se plaît à voir grandir ce grand artiste, s’attachait à l’interprétation du plus joué des concertos de Rachmaninov dont la conception a quelque chose d’assez romanesque : désespéré par l’échec de sa première <em>Symphonie </em>(les instrumentistes bâclent le travail, ne respectent ni les tempi ni les indications du compositeur et la plus grande partie de la critique l’éreinte), le compositeur se retire en lui-même, se réfugie dans l’alcool et ne crée plus durant trois ans. Nicolas Dahl, psychiatre spécialiste des désintoxications sous hypnose l’encourage à composer un concerto (n’y a-t-il meilleur remède que l’art ?). Le deuxième Concerto, dédié au docteur Dahl en remerciement, naît alors suivi par une période très féconde pour le compositeur. L’œuvre, aux multiples difficultés (dont celle des dixièmes à jouer d’une seule main), se raconte au fil de son écriture. Les célèbres premières notes du piano laissent ensuite le rôle central à l’orchestre dont il accompagne la mélodie jusqu’à son premier solo. La beauté, le lyrisme échevelé, les rêveries, les emportements, les nostalgies, sont déclinés avec une verve et une grâce bouleversantes. L’orchestre, dirigé avec une intelligente passion par Aziz Shokhakimov, puissant comme les orages d’une âme, devient un écrin aux élans pianistiques d’Alexander Malofeev dont le jeu lumineux transcrit les envols d’une partition qu’il sert avec enthousiasme et intelligence. Il séduira encore lors des bis avec le <em>Prélude pour la main gauche opus 9 n° 1</em> de Scriabine et l’éblouissante <em>Toccata en ré mineur opus 11</em> de Prokofiev qui décidément semble être l’un de ses morceaux de rappel fétiche : l’énergie mécanique et espiègle de cette Toccata avait conclu son concert soliste à la Maison du Cygne de Six-Fours-les-Plages en juillet dernier.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concert donné le 8 août au parc de Florans, dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron</p>
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