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	<title>Archives des Florian Salazar-Martin - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Florian Salazar-Martin - Journal Zebuline</title>
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		<title>Ceci n’est pas un festival</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:34:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment sont nés les Fadas du Monde&#160;?Florian Salazar-Martin. D’une réflexion sur les politiques publiques, et d’une volonté de créer un espace commun, avec les personnes, dans l’espace public. C’est en quelque sorte le terme d’une longue démarche, particulière à la ville… … qui est communiste depuis 1959. Est-ce que vous qualifieriez cette démarche de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment sont nés les Fadas du Monde&nbsp;?<br>Florian Salazar-Martin.</strong> D’une réflexion sur les politiques publiques, et d’une volonté de créer un espace commun, avec les personnes, dans l’espace public. C’est en quelque sorte le terme d’une longue démarche, particulière à la ville…</p>



<p class="wp-block-paragraph">… <strong>qui est communiste depuis 1959. Est-ce que vous qualifieriez cette démarche de communiste&nbsp;?<br></strong>Disons que comme tout le monde on veut mettre en place des choses pour notre territoire. Mais on est là depuis longtemps, et on défend des valeurs, une histoire. La culture à Martigues est indissociable, et indissociée, de la défense du littoral et de sa préservation. Et de la défense de l’industrie, une industrie elle-même respectueuse de ce littoral. Notre ressource culturelle, ce sont nos peuples. Comme Marseille nous sommes une ville de migrations, où se sont installés des Arméniens, des Méditerranéens, mais aussi des Européens du nord venus travailler dans la sidérurgie… Dans des villes aux populations aussi diverses deux options sont possibles&nbsp;: construire des espaces culturels fragmentés, communautaires, et une culture de divertissement ; ou construire des espaces communs avec les habitants, et une culture d’émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Trois en fait, on peut aussi nier la diversité et défendre une culture immuable…<br></strong>[<em>rire</em>] ça, c’est vraiment pas une option pour nous… Et construire une politique d’émancipation ne signifie pas qu’on n’aime pas le divertissement&nbsp;! Mais les Fadas du Monde, ça n’est pas un festival où l’on viendrait consommer la programmation&nbsp;; c’est un espace créatif, vivant, où on reçoit des paroles inattendues, et qui crée des dynamiques entre différentes sphères de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Village des Fadas est le point névralgique de cette démarche. Pendant une semaine on crée un espace commun. Des choses sont programmées, mais il s’agit de connecter les gens ensemble, en faisant des jeux, des ateliers pour que les familles soient là, des repas partagés, des karaokés. Sans protocole, mais avec la proposition de choses plus pointues, aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec du foot et du théâtre…<br></strong>Oui. Nous sommes des êtres complexes, chacun d’entre nous. Le foot n’est pas pour certains et le théâtre pour d’autres, on peut entrer dans le village par un champ et s’approcher des autres… Prendre un repas en commun, c’est très important. En fait ce qu’on fabrique là, c’est une fête de village, mais qui parle du monde. Bien sûr qu’on s’est demandé s’il fallait retransmettre la coupe du monde de foot au Village. On sait que le foot est perverti par l’argent, que cette Coupe aux États-Unis avec ce Trump qui… ne nous ressemble pas [<em>rire</em>] est problématique. Mais au fond la joie populaire provoquée par le foot ne leur appartient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les artistes que vous invitez sont pour la plupart de Martigues, ou pas loin…<br></strong>Oui, Martigues, Aix, Marseille, notre territoire. Avoir la responsabilité d’une commune, c’est aussi cela. On reçoit des gens qui viennent d’ailleurs mais on doit veiller à la santé des acteurs de notre territoire, leur donner la possibilité de rencontrer les publics. Dans leur quotidien, et gratuitement&nbsp;: ce ne sont pas leurs publics habituels qui sont là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a aussi une majorité d’artistes femmes, ce qui n’a pas toujours été le cas…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est vrai. Pour cela, il faut avoir conscience que nos générations sont attachées à des figures tutélaires masculines, qui occupent notre imaginaire comme étant les meilleures. Et il faut lutter contre ce réflexe. Les femmes ne sont pas aux Fadas par souci de parité, qui est une vision technique du problème, mais parce qu’aujourd’hui elles parlent différemment des hommes, qu’elles ont des choses à dire, que cette diversité nous est nécessaire, comme toute «&nbsp;bio&nbsp;» diversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette diversité était à l’œuvre au Festival de Martigues, qui a précédé les Fadas. Pourquoi ce changement&nbsp;?<br></strong>Le Festival de Martigues était un grand festival, qui faisait venir le monde, et des grands artistes, à Martigues. Un festival de folklore, de tradition, mais qui était aussi très ouvert dans les échanges de musiques, de cuisines, de langues… On a au fond voulu perpétuer cet esprit de mondialité mais en le confrontant au présent, à l’idée que la liberté et la diversité se construisent dans des espaces citoyens, des agoras politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’où la présence de Nora Hamadi au Village&nbsp;?</strong><br>Oui, il s’agit, avec la journaliste, de questionner simplement les gens, en commençant par «&nbsp;Comment ça va&nbsp;?&nbsp;». Cela nous a permis de recueillir des paroles très intéressantes, parce que c’est fait dans l’espace public, sans attitude surplombante, sans obligation de résultat. Un peu comme au bar. Ça a permis de générer un corpus sur l’histoire quotidienne, mais aussi sur des problématiques plus politiques, la guerre, la montée du RN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On poursuit ce travail en ajoutant cette année «&nbsp;Comment ça va le monde&nbsp;?&nbsp;» parce qu’on sent bien les tensions actuelles, ces inquiétudes qui sont dorénavant très puissantes. C’est pour cela qu’on accueille au village le voilier Hétérotope qui accompagne la Flotille de Gaza et en constitue la mémoire. Pour penser le monde ensemble, y compris dans ses endroits les plus douloureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Fadas du Monde ne veulent ni grossir, ni devenir un festival. Pourquoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà d’une certaine échelle on ne se rencontre plus. On peut le regretter et vouloir attirer plus de public mais nos jauges sont volontairement réduites&nbsp;: 1000 personnes par jour au Village, même si on peut aller un peu au-delà&nbsp;; 400 dans la Cour de l’Ile pour les concerts gratuits&nbsp;; 150 à 200 pour les séances de cinéma en plein air. Rien de massif, mais beaucoup de choses profondes&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/politique-culturelle/"><em>Politique culturelle</em> ici</a></p>
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		<title>Pas un festival, une politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jul 2024 10:14:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Pourquoi refusez-vous de parler de festival quand vous présentez les Fadas&#160;?&#160; Florian Salazar-Martin. Parce que, plus qu’une programmation, c’est l’incarnation d’une politique, quelque chose qui se tisse et qui se maille, tout au long de l’année, et se fabrique ici, avec les gens, pour eux. Qui entre en résonance avec les politiques environnementales, sociales [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline.</strong> <strong>Pourquoi refusez-vous de parler de festival quand vous présentez les Fadas&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Florian Salazar-Martin.</strong> Parce que, plus qu’une programmation, c’est l’incarnation d’une politique, quelque chose qui se tisse et qui se maille, tout au long de l’année, et se fabrique ici, avec les gens, pour eux. Qui entre en résonance avec les politiques environnementales, sociales et d’éducation. Je suis adjoint à la culture mais aussi à la ville durable et à la biodiversité. Les fadas, c’est une conception durable de la culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous êtes aussi un adjoint durable&nbsp;!</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui&nbsp;! Mon premier mandat date de 1995, j’ai eu le temps de construire une politique&nbsp;! Pour moi, une politique culturelle ne se conçoit vraiment que si elle bouscule tout le reste et permet de mieux vivre ensemble. Les Fadas, c’est l’idée que l’on peut créer un espace commun en proposant des projets un peu fous, décalés, gratuits, en allant dans tous les quartiers, en construisant des projets ensemble, en les ajustant avec le temps, en les actualisant. Aujourd’hui par exemple, le Comptoir des fadas qui aura lieu le 16 juillet avec Nora Hamadi parlera des élections, européennes et législatives, sur le principe d’une parole partagée et respectueuse. Ca n’était, évidemment, pas prévu avant les élections.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais pourquoi ces Fadas sont ils «&nbsp;du monde&nbsp;»&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’évidemment il s’agit d’ouvrir la ville aux cultures du monde. En accueillant des artistes en résidence, comme Nausicaa Favart Amouroux qui vient exposer ses photographies des salines de Cotonou, au Bénin, et les mettre en résonance avec des images des salines de Martigues. La mémoire de Martigues, celle de toutes les villes méditerranéennes d’ailleurs, repose sur des apports extérieurs, des gestes communs qui nous relient avec d’autres villes côtières, d’autres savoir-faire. Le Tout-Monde, dirait Glissant. On aurait pu l’appeler les Fadas du Tout-Monde&nbsp;! On est conscients de cette créolisation que vivent toutes les villes méditerranéennes ouvrières, aujourd’hui en transition, mais fortes de leur culture populaire, celle qu’on transmet en parlant, en tchatchant, en mangeant ensemble, et en voyant ensemble des films, des concerts, en rencontrant des artistes, des scientifiques, des écrivains…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est difficile de se retrouver dans cette programmation…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, parce qu’elle évolue tout le temps, mais les gens ont l’habitude, ils savent que tous les lundis pendant l’été il y a des concerts, on a déjà eu Jo Corbeau et Nevché qui a présenté son nouvel album, on a 25 séances de cinéma en plein air gratuites, avec des films sur la question sportive cette année, au musée Ziem on a refait l’accrochage avec une exposition <em>Vivant, faune et flore</em>, qui procède de décisions collectives du personnel et des usagers, et qui offre un regard nouveau, lié à la biodiversité, sur les peintres comme Ziem, Derain, Guigou, Soarès… On cherche à prendre, à reprendre contact avec les gens pour qu’ils contribuent à l’espace commun. C’est une espèce de bouillabaisse, ça n’est pas évident à communiquer, mais ça marche. Il faut venir voir. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a un temps fort tout de même, dans cette politique continue, ce sont les 9 jours du Village des Fadas…&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, cette année on le fait à la base nautique, un site extraordinaire, qu’on transforme en lieu de vie continue, où on peut se restaurer, et où les concerts et spectacles, mais aussi les discussions, se succèdent. Yan Madé, auteur de BD, y sera présent toute la semaine. Il s’est installé dans le Tétrodon pour y créer une œuvre…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Tétrodon&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est un habitat modulaire conçu pour être produit en masse pour installer des villages collectifs. Dans les années 1970, avant la crise pétrolière. Olivier Bedu a restauré ce Tétrodon retrouvé à Fos-sur-Mer, c’est aujourd’hui un exemplaire unique, classé, le Tétrodon de Martigues, témoin de toute une histoire, et revisité… &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN REALISE PAR AGNES FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Fadas du Monde</em> <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu'au 21 juillet </mark><br>Martigue</pre>
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		<title>Pas un festival, une politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jul 2024 08:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Pourquoi refusez-vous de parler de festival quand vous présentez les Fadas&#160;?&#160; Florian Salazar-Martin. Parce que, plus qu’une programmation, c’est l’incarnation d’une politique, quelque chose qui se tisse et qui se maille, tout au long de l’année, et se fabrique ici, avec les gens, pour eux. Qui entre en résonance avec les politiques environnementales, sociales [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/pas-un-festival-une-politique/">Pas un festival, une politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline.</strong> <strong>Pourquoi refusez-vous de parler de festival quand vous présentez les Fadas&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Florian Salazar-Martin.</strong> Parce que, plus qu’une programmation, c’est l’incarnation d’une politique, quelque chose qui se tisse et qui se maille, tout au long de l’année, et se fabrique ici, avec les gens, pour eux. Qui entre en résonance avec les politiques environnementales, sociales et d’éducation. Je suis adjoint à la culture mais aussi à la ville durable et à la biodiversité. Les fadas, c’est une conception durable de la culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous êtes aussi un adjoint durable&nbsp;!</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui&nbsp;! Mon premier mandat date de 1995, j’ai eu le temps de construire une politique&nbsp;! Pour moi, une politique culturelle ne se conçoit vraiment que si elle bouscule tout le reste et permet de mieux vivre ensemble. Les Fadas, c’est l’idée que l’on peut créer un espace commun en proposant des projets un peu fous, décalés, gratuits, en allant dans tous les quartiers, en construisant des projets ensemble, en les ajustant avec le temps, en les actualisant. Aujourd’hui par exemple, le Comptoir des fadas qui aura lieu le 16 juillet avec Nora Hamadi parlera des élections, européennes et législatives, sur le principe d’une parole partagée et respectueuse. Ca n’était, évidemment, pas prévu avant les élections.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais pourquoi ces Fadas sont ils «&nbsp;du monde&nbsp;»&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’évidemment il s’agit d’ouvrir la ville aux cultures du monde. En accueillant des artistes en résidence, comme Nausicaa Favart Amouroux qui vient exposer ses photographies des salines de Cotonou, au Bénin, et les mettre en résonance avec des images des salines de Martigues. La mémoire de Martigues, celle de toutes les villes méditerranéennes d’ailleurs, repose sur des apports extérieurs, des gestes communs qui nous relient avec d’autres villes côtières, d’autres savoir-faire. Le Tout-Monde, dirait Glissant. On aurait pu l’appeler les Fadas du Tout-Monde&nbsp;! On est conscients de cette créolisation que vivent toutes les villes méditerranéennes ouvrières, aujourd’hui en transition, mais fortes de leur culture populaire, celle qu’on transmet en parlant, en tchatchant, en mangeant ensemble, et en voyant ensemble des films, des concerts, en rencontrant des artistes, des scientifiques, des écrivains…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est difficile de se retrouver dans cette programmation…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, parce qu’elle évolue tout le temps, mais les gens ont l’habitude, ils savent que tous les lundis pendant l’été il y a des concerts, on a déjà eu Jo Corbeau et Nevché qui a présenté son nouvel album, on a 25 séances de cinéma en plein air gratuites, avec des films sur la question sportive cette année, au musée Ziem on a refait l’accrochage avec une exposition <em>Vivant, faune et flore</em>, qui procède de décisions collectives du personnel et des usagers, et qui offre un regard nouveau, lié à la biodiversité, sur les peintres comme Ziem, Derain, Guigou, Soarès… On cherche à prendre, à reprendre contact avec les gens pour qu’ils contribuent à l’espace commun. C’est une espèce de bouillabaisse, ça n’est pas évident à communiquer, mais ça marche. Il faut venir voir. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a un temps fort tout de même, dans cette politique continue, ce sont les 9 jours du Village des Fadas…&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, cette année on le fait à la base nautique, un site extraordinaire, qu’on transforme en lieu de vie continue, où on peut se restaurer, et où les concerts et spectacles, mais aussi les discussions, se succèdent. Yan Madé, auteur de BD, y sera présent toute la semaine. Il s’est installé dans le Tétrodon pour y créer une œuvre…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Tétrodon&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est un habitat modulaire conçu pour être produit en masse pour installer des villages collectifs. Dans les années 1970, avant la crise pétrolière. Olivier Bedu a restauré ce Tétrodon retrouvé à Fos-sur-Mer, c’est aujourd’hui un exemplaire unique, classé, le Tétrodon de Martigues, témoin de toute une histoire, et revisité… &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN REALISE PAR AGNES FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Fadas du Monde</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 13 au 21 juillet </mark><br>Martigues</pre>
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		<title>Flambée des prix de l’énergie : bientôt la panne sèche ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2022 14:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Madelin]]></category>
		<category><![CDATA[Aurore Becquet]]></category>
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		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Dugauguez]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphane Delhaye]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le Covid, la crise énergétique. Et les factures de gaz ou d’électricité d’atteindre des montants historiquement élevés. Qui doublent, qui triplent… qui quintuplent dans certains cas&#160;! De 23&#160;000 euros à 115&#160;000 pour La Criée, à Marseille. De 18&#160;000 à 74&#160;000 pour le Jeu de Paume à Aix-en-Provence. De 50&#160;000 à 190&#160;000 pour Paloma, à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Après le Covid, la crise énergétique. Et les factures de gaz ou d’électricité d’atteindre des montants historiquement élevés. Qui doublent, qui triplent… qui quintuplent dans certains cas&nbsp;! De 23&nbsp;000 euros à 115&nbsp;000 pour La Criée, à Marseille. De 18&nbsp;000 à 74&nbsp;000 pour le Jeu de Paume à Aix-en-Provence. De 50&nbsp;000 à 190&nbsp;000 pour Paloma, à Nîmes. Au 6mic, salle de concert aixoise, l’addition électrique bondit de 150&nbsp;000 euros. «&nbsp;<em>Le contrat avec notre fournisseur arrivant à échéance au 31 décembre, on a réussi à négocier un tarif multiplié par quatre contre une première proposition qui l’aurait multiplié par huit&nbsp;</em>», confie <strong>Stéphane Delhaye</strong>, le directeur. Face à des dépenses impondérables qui bouleversent à ce point les équilibres budgétaires, que faire&nbsp;? Augmenter les prix des concerts&nbsp;? Inenvisageable. «&nbsp;<em>Il est encadré par un cahier des charges dans le cadre de notre délégation de service public et c’est bien normal. Et même si les prix étaient libres, on ne pourrait pas faire supporter une augmentation au public, déjà que remplir les salles est compliqué, avec une fréquentation en baisse 30% au niveau national</em> <em>par rapport 2019, année de référence pré-Covid</em>&nbsp;», défend Stéphane Delhaye. La décision prise par 6mic est bien plus drastique&nbsp;: la salle fermera ses portes pendant quatre semaines, du 22 janvier au 16 février.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De l’énergie et du désespoir</mark></strong><br>Si sa consœur nîmoise n’a pas pris la même direction, l’ambiance n’est pas beaucoup plus enjouée à Paloma. «&nbsp;<em>Même si on essaie de préserver au maximum le projet artistique et culturel, on n’a pas d’autres solutions que de taper dedans pour absorber les augmentations</em>&nbsp;», indique <strong>Aurore Becquet</strong>, administratrice. Lors de son dernier conseil d’administration, la Smac (Scène de musiques actuelles) de Nîmes Métropole a annoncé pour 2023 un déficit de 500&nbsp;000 euros si elle menait la même activité que l’année qui se termine&nbsp;! «&nbsp;<em>Pour que nos décisions économiques ne nous coupent pas de nos publics d’avenir, nous avons retravaillé notre budget en essayant de préserver les pôles accompagnement artistique et action culturelle. Sinon, c’est la double peine…</em>&nbsp;» Résultat&nbsp;: vingt dates seront supprimées. Essentiellement des concerts grand public, avec des têtes d’affiche, afin de ne pas pénaliser les groupes en découverte. «&nbsp;<em>Sur une programmation annuelle de 160 spectacles, ce ne sera pas très visible&nbsp;</em>», se rassure Aurore Becquet. Autre conséquence directe de l’inflation, une augmentation sensible du prix des consommations : un euro sur les boissons alcoolisées et 50 centimes sur les soft. Mais malgré ces mesures, 100 000 euros restent à trouver pour équilibrer les comptes. Et Paloma d’espérer les éponger grâce à des subventions exceptionnelles des collectivités.<br><br>Solliciter des subventions en hausse auprès des institutions de tutelle est l’une des rares pistes pour ces établissements au pied du mur. Au moins «&nbsp;<em>pour pouvoir passer l’année, en espérant que les tarifs du gaz et de l’électricité finissent par baisser</em>&nbsp;», témoigne <strong>Alexandre Madelin</strong>, administrateur de La Criée depuis 2009. Et le théâtre national de Marseille de tabler également sur «&nbsp;<em>l’amélioration de ses&nbsp;installations qui sont d’origine et très énergivores. Nos équipements sont obsolètes – les chaudières datent des années 80 – et il existe des systèmes beaucoup plus efficients aujourd’hui qui nous permettraient de diminuer notre consommation de 50%</em>&nbsp;». Si rien n’était amené à évoluer, le théâtre devrait lui aussi tailler de 30 à 35% dans sa marge artistique soit un tiers de spectacles en moins.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Doudounes sans manche</mark></strong><br>L’inflation ne distinguant pas le public du privé, même la solide entreprise de <strong>Dominique Bluzet</strong> voit l’avenir s’assombrir. Dans un courrier adressé à la ministre de la Culture, le directeur des Théâtres avance plusieurs suggestions parmi lesquelles une diminution de 30&nbsp;% de la consommation électrique par représentation. «&nbsp;<em>Ça ne changerait pas grand-chose à la qualité des œuvres. D’ailleurs on utilisait beaucoup moins de projecteurs il y a trente ans et je ne suis pas sûr que les spectacles étaient moins bons&nbsp;!</em>&nbsp;» Et de reconnaître que «&nbsp;<em>toute l’aventure esthétique du théâtre des quatre dernières décennies est remise en question par ces sujets-là</em>&nbsp;». Quant aux salariés qui «&nbsp;<em>ont froid</em>&nbsp;», l’entrepreneur culturel a prévu d’offrir «&nbsp;<em>des doudounes sans manche</em>&nbsp;»… Aux grands maux, les grands remèdes. «&nbsp;<em>Il faut qu’on se prenne tous en main pour trouver chacun à notre endroit des solutions. Si je ne suis pas inquiet, je suis sceptique&nbsp;: où est notre marge de manœuvre&nbsp;?</em>&nbsp;». Comme les autres, Les Théâtres devront réduire la voilure.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme tout bâtiment public relevant de l’État, le Mucem applique le plan de sobriété exigé par le gouvernement. «&nbsp;<em>On a des consignes claires sur les températures&nbsp;: 19° l’hiver au lieu de 20 auparavant et 26° l’été au lieu de 24</em>. <em>Cela implique une baisse de confort pour les agents</em> », indique <strong>Sébastien Dugauguez</strong>, responsable du département des bâtiments et de l&rsquo;exploitation du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Objectif&nbsp;: diminuer de 10% la consommation par rapport à 2019. Mais contrairement au public, les œuvres requièrent des conditions de conservation qui limitent la marge de variation des températures. Autre mesure&nbsp;: les utilitaires seront réduits et remplacés par des véhicules de critère 1.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">S’en remettre à l’État&nbsp;?</mark></strong><br>Du fait de sa construction relativement récente, le Mucem est énergétiquement vertueux par nature. Ce qui est loin d’être le cas de la majorité des bâtiments culturels. Un point soulevé par la Fédération nationale des collectivités pour la culture. Réunissant de nombreux·ses élu·es à la culture, celle-ci appelle à des réponses sur le long terme, pointant dans un communiqué l’urgence d’«&nbsp;adapter le patrimoine à la transition énergétique et au changement climatique&nbsp;». Un chantier colossal qui pose une fois encore la question des moyens&nbsp;: «&nbsp;Scènes de musiques actuelles, cinémas, théâtres, bibliothèques…, la liste est longue des équipements culturels construits avant que n’entrent en vigueur les normes actuelles d’économie d’énergie. Et là encore, la hausse des prix de l’énergie jointe à l’inflation gonfle le coût des travaux tout en multipliant par deux le poids en fonctionnement de ces équipements&nbsp;», rappelle la FNCC. Vice-président de cette fédération et également maire adjoint de Martigues en charge notamment de la culture, <strong>Florian Salazar-Martin</strong> «&nbsp;<em>demande une régulation des tarifs de l’énergie par l’État car aujourd’hui c’est la loi du marché qui décide et il n’y a pas de compensation</em>&nbsp;». Dans sa commune aux équipements culturels municipaux importants, ce sont les finances de la Ville qui assument l’augmentation des fluides. «&nbsp;<em>Ces frais ne sont pas retranchés aux subventions de fonctionnement qu’on leur attribue. On ne fermera rien et on ne va pas diminuer quoi que ce soit</em>&nbsp;<em>au niveau des services et des horaires d’ouverture. C’est important au moment où on a besoin de se retrouver dans ces lieux</em> », précise-t-il, faisant référence à certaines villes contraintes à des fermetures partielles de sites comme les musées ou les bibliothèques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a récemment annoncé une enveloppe de deux millions d’euros pour aider les festivals à prendre en charge les questions de sécurité tandis que les forces de l’ordre seront accaparées par les Jeux olympiques de 2024, faut-il attendre encore des collectivités territoriales qu’elles mettent la main à la poche pour limiter l’impact des coûts énergétiques sur les structures culturelles&nbsp;? <em>«&nbsp;Pourquoi pas un fonds régional de solidarité mais ce ne serait pas très juste politiquement</em>, estime Florian Salazar-Martin<em>. C’est plutôt à l’État d’intervenir comme il l’a fait légitimement avec le </em>«&nbsp;quoi qu’il en coûte&nbsp;»<em>. On n’est pas encore dans l’après-Covid et le secteur reste fragile. Les collectivités réagissent bien aux besoins de la culture mais elles ne peuvent pas se substituer à l’État quand le problème vient du prix de l’énergie. Chacun doit jouer son rôle&nbsp;».</em><br>Car contrairement à l’épisode pandémique, cette nouvelle crise ne voit toujours pas de mesures d’accompagnement nationales concrètes qui permettraient de limiter la casse. Il y a urgence&nbsp;: la seule équation sobriété et doudoune ne fera pas des miracles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LUDOVIC TOMAS</p>
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