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	<title>Archives des France inter - Journal Zebuline</title>
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		<title>«&#160;Il ne faut pas insulter l’avenir !&#160;»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Mar 2023 16:25:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[France inter]]></category>
		<category><![CDATA[Guillaume Meurice]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Après avoir créé et fait tourner Meurice 2022 à partir de 2021, vous voilà en tournée pour Meurice 2027. Avez-vous pour autant beaucoup remanié, voire réécrit ce spectacle&#160;? Guillaume Meurice. Énormément, oui&#160;! Il se passe deux-trois trucs dans l’actualité, tout de même [rires]. Mes chroniques à France Inter me forcent à garder le nez [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. Après avoir créé et fait tourner <em>Meurice 2022 </em>à partir de 2021, vous voilà en tournée pour <em>Meurice 2027</em>. Avez-vous pour autant beaucoup remanié, voire réécrit ce spectacle&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Guillaume Meurice.</strong> Énormément, oui&nbsp;! Il se passe deux-trois trucs dans l’actualité, tout de même [<em>rires</em>]. Mes chroniques à <em>France Inter</em> me forcent à garder le nez dedans, et je m’en sers pour nourrir et réécrire le spectacle, y compris sur les différentes dates de la tournée. Si je rejouais tout le temps la même chose, je finirais certainement par m’ennuyer. Je me permets aussi de rajouter des trucs en fonction des dates et surtout des lieux&nbsp;où je joue. À Marseille, il y a de quoi faire&nbsp;! Je balaye un peu toutes les thématiques&nbsp;: économie, écologie, justice, police… et la réforme des retraites, évidemment.</p>



<p><strong>Dans votre <em>Petit Eloge de la médiocrité</em>, vous préconisez une grève des femmes, y compris dans le travail dit du quotidien – soin, cuisine, ménage… Est-ce une chose que vous aimeriez voir advenir en cette période de mobilisation qui coïncide avec la journée internationale des droits des femmes&nbsp;?</strong></p>



<p>Ça serait intéressant, ça, une vraie grève&nbsp;! Du travail domestique, des tâches ménagères, à l’échelle du pays. On verrait réellement la différence de traitement entre les hommes et les femmes, elle sauterait aux yeux. Je rêve même d’une grève des bénévoles. Que tous les gens qui bossent gratuitement arrêtent de travailler quinze jours, trois semaines… Pour constater dans quel état ça laisserait le pays.</p>



<p><strong>Vous dites également dans ce livre que le talent n’existe pas, et qu’il est toujours le produit de beaucoup de travail. Mais également qu’on ne maîtrise pas toujours ce qu’on crée, ce qu’on découvre&nbsp;: que l’art est souvent le produit d’accidents. Qu’en est-il de ce que vous créez ?</strong></p>



<p>Il y a toujours de l’imprévu, évidemment&nbsp;! Je n’ose pas appeler ce que je fais «&nbsp;travail&nbsp;»… Je ne me lève pas à cinq heures du mat’ pour vider des poubelles ou torcher le cul des vieux. Je suis un mec qui fait des blagues, je trouverais indécent de me comparer à ça. Samah Karaki, qui est neuroscientifique a sorti un bouquin hyper intéressant – plus que le mien&nbsp;! – quasiment en même temps que moi sur ce sujet, <em>Le talent est une fiction</em>. Elle montre à quel point le contexte, et même le hasard, font beaucoup plus dans la réussite d’un projet que le talent, ou cette idée de quelque chose d’inné, qui tomberait du ciel. Elle prend l’exemple de Mozart, ce petit gamin dont des étincelles seraient sorties dès la première fois qu’il aurait été face à un piano. Ce n’est évidemment pas ça du tout&nbsp;: son père lui en a fait bouffer matin, midi et soir. Tout le monde ne deviendrait pas Mozart avec ce traitement, évidemment, mais on ne peut pas nier que ça a joué&nbsp;! Mais c’est au fond un mythe fondateur du capitalisme&nbsp;: en travaillant, si on s’y met vraiment, on peut y arriver… C’est nier le contexte économico-social dans lequel on grandit. L’idée, c’est évidemment de faire croire que la responsabilité dans l’échec est individuelle. Les structures ne perdureraient pas autant si on admettait que tout cela n’est qu’un immense mensonge&nbsp;!</p>



<p><strong>Depuis que votre chronique sur <em>France Inter</em> est devenue bi-hebdomadaire, on vous voit vous impliquer de plus en plus dans la vie militante et politique. Ne rêveriez-vous pas d’un destin à la Zelensky&nbsp;? Ou devenir le Zemmour de la gauche…</strong></p>



<p>On ne peut pas savoir ce que le destin nous réserve. Il ne faut pas insulter l’avenir&nbsp;! Zelensky a commencé sa carrière en jouant du piano avec sa bite sur scène, et il va peut-être obtenir un prix Nobel de la paix. Il y a une jurisprudence Coluche en France qui n’a pas très bien tourné… Mais pour l’instant ce n’est évidemment pas d’actualité. J’ai tout de même obtenu six parrainages en 2022. À 494 près, ça aurait pu le faire&nbsp;! Je m’y prends plus tôt que la dernière fois, en 2021, donc tous les espoirs sont encore permis.</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SUZANNE CANESSA<br></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Meurice 2027</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 mars</mark><br>Silo, Marseille<br><a href="http://cepacsilo-marseille.fr">cepacsilo-marseille.fr</a></pre>



<p></p>
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		<title>La passion Tavernier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Dec 2022 10:18:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[France inter]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Delmas]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Été 2022. France Inter propose sous la direction de Laurent Delmas&#160;: Bertrand Tavernier, le cinéma et rien d’autre. Une émission hebdomadaire consacrée au cinéaste disparu l’année précédente. Neuf rendez-vous, neuf thématiques pour approcher l’œuvre et l’homme : les pères, les héroïnes, la guerre, la musique, les faits divers, l’Histoire, l’adaptation littéraire, l’engagement citoyen et celui, [&#8230;]</p>
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<p>Été 2022. <em>France Inter</em> propose sous la direction de <strong>Laurent Delmas&nbsp;</strong>: <em>Bertrand Tavernier, le cinéma et rien d’autre.</em> Une émission hebdomadaire consacrée au cinéaste disparu l’année précédente. Neuf rendez-vous, neuf thématiques pour approcher l’œuvre et l’homme : les pères, les héroïnes, la guerre, la musique, les faits divers, l’Histoire, l’adaptation littéraire, l’engagement citoyen et celui, professionnel et politique, au sein de l’Institut Lumière à Lyon.</p>



<p><strong>Nathalie Baye</strong>,<strong> Isabelle Huppert</strong>,<strong> Julie Gayet</strong>,<strong> Philippe Torreton</strong>,<strong> Stéphane Audoin-Rouzeau</strong>,<strong> Philippe Sarde</strong>,<strong> Stéphane Lerouge</strong>,<strong> Marie Gillain</strong>,<strong> Mélanie Thierry</strong>,<strong> Raphaël Personnaz</strong>,<strong> Christophe Blain</strong>, <strong>Xavier Giannoli</strong>,<strong> Laurent Heynemann</strong>,<strong> Luc Béraud</strong>,<strong> Thierry Frémeaux&nbsp;</strong>: au générique, quinze invités ayant collaboré au grand film de la vie de l’ogre Tavernier. Chacun apporte sa touche au portrait de ce «&nbsp;monsieur Cinéma&nbsp;», évoque sa première rencontre avec lui, puis les relations avant, pendant et après les tournages. Il est question de l’élaboration des scenarii, de la construction des rôles, de la direction d’acteur et d’amitié, toujours.</p>



<p>Pour prolonger ce bel été, passer d’autres saisons en la bonne compagnie de Bertrand, la série documentaire radiophonique est devenu un livre d’entretiens jalonnés de commentaires, de photogrammes, d’extraits savoureux de dialogues de films. Un broché de 288 pages, qui propose un QRcode pour accéder au podcast de l’émission, et qu’on peut parcourir dans la progression choisie par l’auteur, ou ouvrir à n’importe quel chapitre, ou encore butiner par feuilletage. Libre promenade dans l’univers de celui qui a vécu le cinéma comme une passion absolue. &nbsp;Tavernier, à l’instar de Truffaut ou Scorsese, a dédié sa vie au cinéma, n’a pensé qu’au cinéma, n’a communiqué avec les autres que par le cinéma et a fait circuler son énergie à l’intérieur de tout ce milieu professionnel</p>



<p>Boudé par les Cahiers qui lui reprochaient son classicisme – voire son académisme, aggravant son cas par un goût trop marqué pour les adaptations littéraires (plus de la moitié de ses films), Tavernier, s’il n’est pas un inventeur de formes, ne peut se réduire à un simple raconteur d’histoires. Lui, qui fut au temps de <em>Pierrot le fou</em> l’attaché de presse de <strong>Godard</strong> dont il parla à Aragon, a signé des films très différents, aussi singuliers que <em>Coup de torchon</em> ou <em>Dans la brume électrique</em>, dont l’hybridation est infiniment plus étrange qu’il n’y paraît.</p>



<p>Lumière est faite sur ce qui travaille secrètement son œuvre. Les contradictions de ce fils de grand résistant, qui parla beaucoup de la guerre en étant pacifiste, de ce cinéaste qui cherchait à la fois l’«&nbsp;humanité renoirienne&nbsp;» et le sens de l’épique à l’américaine. Qui, quoique soucieux du romanesque, utilisait la caméra pour exprimer bien plus que pour raconter, privilégiait la scène à la dramaturgie, et, féru de jazz, jouait de la distorsion et de la variation pour éviter les lieux communs de scénarii dont son immense culture lui donnait une connaissance encyclopédique.</p>



<p>Lumière est faite aussi sur la complicité qui l’unissait à ses doubles de cinéma, les deux Philippe&nbsp;: Noiret et Torreton, figures républicaines mâles du juge, du soldat et de l’instituteur. Et sur la place de plus en plus importante des femmes dans sa filmographie. Les héroïnes de Tavernier s’affirment contre l’oppression masculine&nbsp;comme Béatrice de Cortemart (<strong>Julie Delpy</strong>) victime d’un père monstrueux dans <em>La Passion</em> <em>Béatrice</em>. Rappel de l’influence de <strong>Christine Pascal</strong> (Anne Torini dans <em>Les Enfants gâtés</em>) qui met à mal les certitudes genrées et dont la tirade sur la jouissance au féminin, sonne toujours aussi juste. <strong>Julie Gayet</strong> dit la délicatesse du regard de Bertrand Tavernier. Pas le regard d’un homme sur la beauté des femmes mais la captation de ce qu’elles sont&nbsp;: «&nbsp;J’aurais pu regarder Romy Schneider ou Sabine Azéma comme ça&nbsp;», ajoute-t-elle.</p>



<p>Bertrand Tavernier a insufflé dans ses longs métrages, ses passions pour l’Histoire, la musique, la littérature. Au fil des témoignages, des souvenirs de chacun, il apparaît comme l’ami qu’on aurait aimé avoir, jamais méprisant pour ses pairs, enragé par l’injustice, signataire acharné de pétitions. Selon Philippe Sarde, il était une contrebasse, violent et généreux. À la fin de chaque entretien, l’invité·e devait définir Bertrand Tavernier en trois mots. Une convergence s’en dégage&nbsp;: la passion, la boulimie, l’énergie bien sûr, mais surtout le partage, l’empathie, la tendresse, l’humanisme et… la drôlerie. Si on devait faire de même avec ce travail de Laurent Delmas, en une appréciation ternaire, on pourrait en souligner la bienveillance, la clarté, et la transversalité.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Bertrand Tavernier, le cinéma et rien d’autre</em><br>De <strong>Laurent Delmas</strong><br>Gallimard / France Inter<br>29,90 €</pre>
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