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	<title>Archives des François Gremaud - Journal Zebuline</title>
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		<title>Carmen.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 11:03:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>François Gremaud ne propose pas une relecture de Carmen mais bien Carmen. (avec un point !). Une conférence-opéra qui explore et parfois joue l’opéra, souvent s’en joue, le met en jeu et en question. En interrogeant le lyrisme et la vocalité : la chanteuse Rosemary Standley fait preuve d’une musicalité tout en finesse, posant l’opéra populaire [&#8230;]</p>
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<p>François Gremaud ne propose pas une relecture de Carmen mais bien <em>Carmen. </em>(avec un point !). Une conférence-opéra qui explore et parfois joue l’opéra, souvent s’en joue, le met en jeu et en question. En interrogeant le lyrisme et la vocalité : la chanteuse Rosemary Standley fait preuve d’une musicalité tout en finesse, posant l’opéra populaire là où il pourrait être depuis que l’amplification ne nécessite plus d’avoir du coffre mais de la justesse et de la musicalité. Le très joli timbre de la chanteuse fait merveille, chaque phrase de sa Carmen est un délice pour l’écoute. Sublimant chaque sentiment, chaque nuance, elle livre quelques moments sublimes, une habanera simple, un puits de douleur quand la gitane tire les cartes et se voit mourir. <em>A.F.</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 au 21 mars<br></mark><a href="https://www.lezef.org/fr/" type="link" id="https://www.lezef.org/fr/"><strong>Zef, Scène nationale de Marseille</strong><br></a>En co-programmation avec La Criée</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Carmen. avec un point et féministe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Dec 2023 14:43:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le public de La Garance, à Cavaillon était debout et multipliait les rappels, comme celui du Théâtre d’Arles la veille. La performance de la comédienne chanteuse est de celles que l’on n’oublie pas, et qui vous donne un plaisir extrême. Et c’est ensemble que le public a chanté, d’une voix émue, commune, «&#160;l’amour est enfant [&#8230;]</p>
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<p>Le public de La Garance, à Cavaillon était debout et multipliait les rappels, comme celui du Théâtre d’Arles la veille. La performance de la comédienne chanteuse est de celles que l’on n’oublie pas, et qui vous donne un plaisir extrême. Et c’est ensemble que le public a chanté, d’une voix émue, commune, «&nbsp;<em>l’amour est enfant de bohème&nbsp;</em>» avant de quitter la salle avec regret. &nbsp;</p>



<p>L’auteur-metteur en scène ne propose pas une relecture de <em>Carmen</em> mais bien <em>Carmen.</em> une conférence-opéra qui explore et parfois joue l’opéra, souvent s’en joue, le met en jeu et en question. En interrogeant le lyrisme et la vocalité&nbsp;: <strong>Rosemary Standley</strong> fait preuve d’une musicalité tout en finesse, posant l’opéra populaire là où il pourrait être depuis que l’amplification ne nécessite plus d’avoir du coffre mais de la justesse et de la musicalité. Le très joli timbre de la chanteuse fait merveille, chaque phrase de sa Carmen est un délice pour l’écoute. Sublimant chaque sentiment, chaque nuance, elle livre quelques moments sublimes, une habanera simple, un puits de douleur quand la gitane tire les cartes et se voit mourir.</p>



<p>Mais elle chante aussi Micaëla avec une candeur habitée, évite les aigus en inventant des variantes, et en rend toute l’émotion. Moins tendre avec les personnages masculins, elle joue pourtant la violence de Don José, et livre tous ses airs de ténor en voix de poitrine, magnifique. Et si elle se moque du toréro, elle interprète aussi ses airs de bravoure avec la même, et constante, musicalité. Soulignant au passage la beauté de certains airs, des intermèdes orchestraux jouées par cinq musiciennes formant un quintet flûtes, violon, accordéon (et percussions), harpe et saxophones tout en finesse, et virtuosité.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">On ne meurt pas d’amour</mark></strong></p>



<p>La justesse musicale de ce <em>Carmen.</em> (avec un point final comme <em>Phèdre</em> avait un&nbsp;<em>!</em> et <em>Giselle</em> des <em>…</em>) se double, et se rehausse, de son incroyable virtuosité de comédienne dans ce seul en scène si peuplé. l’ex-chanteuse de Moriarty joue et chante tous les rôles principaux, mais aussi les gamins qui suivent la garde, les contrebandiers, les gitanes, les soldats, les cigarières. D’un geste, elle les fait vivre, plante le décor, emprunte leur voix, fait voltiger notre imaginaire, avec deux chaises déplacées, et beaucoup d’humour complice. Ce décalage accepté permet aussi de commenter l’inacceptable de cet opéra si populaire&nbsp;: la violence constante, la possession, le féminicide, mais aussi le ridicule «&nbsp;<em>parle moi de ma mère&nbsp;</em>» de Don José, et le «&nbsp;<em>plaisir des combats&nbsp;</em>» du Toréador. Questionnée dans son propos, replacée dans son contexte historique et esthétique, <em>Carmen </em>de Bizetest ainsi rendue au peuple pour qui il l’a écrite, à l’opéra comique, au théâtre, à la liberté, au désir. Elle met un point final à l’exploration de <strong>François Gremaud</strong> de ce répertoire dramatique où les femmes meurent d’oser désirer.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Carmen.</em> <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 19 au 21</mark> <br>au <a href="https://www.lezef.org/fr/">Zef</a>, programmé par <a href="https://theatre-lacriee.com">La Criée</a></pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici </a></p>
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		<title>Carmen, icône féministe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alice Rolland]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jun 2023 08:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Domaine d’O]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voici donc le troisième volet de la trilogie de François Gremaud sur les grandes figures féminines tragiques. Le fondateur de la François 2bcompany à Lausanne avait déjà exploré avec brio le destin théâtral tragique de Phèdre et l’amour impossible chorégraphié de Giselle. Au tour de la flamboyante Carmen d’être au cœur d’une de ces conférences [&#8230;]</p>
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<p>Voici donc le troisième volet de la trilogie de <strong>François Gremaud</strong> sur les grandes figures féminines tragiques. Le fondateur de la François 2bcompany à Lausanne avait déjà exploré avec brio le destin théâtral tragique de <em>Phèdre</em> et l’amour impossible chorégraphié de <em>Giselle</em>. Au tour de la flamboyante<em> Carmen</em> d’être au cœur d’une de ces conférences survoltées dont le metteur en scène suisse a le secret. Carmen fait partie de ces héroïnes que tout le monde connaît sans pour autant pouvoir raconter son histoire de manière précise. C’est la pétillante <strong>Rosemary Standley</strong>, mémorable chanteuse du groupe Moriarty, qui est chargée d’en être la conteuse. Dans <em>Carmen.</em> «&nbsp;avec un point à la fin» elle raconte l’histoire de l’opéra-comique, sa création par George Bizet qui devait produire «&nbsp;une chose gaie&nbsp;», son ambiance hispanisante fantasmée, mais aussi le scandale de cette adaptation de la nouvelle éponyme de Mérimée qui deviendra bien plus tard l’opéra français le plus joué au monde.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une Carmen post-#metoo</mark></p>



<p>Les anecdotes croustillantes côtoient un récit détaillé des trois actes de la pièce ainsi que de nombreux extraits chantés par l’artiste franco-américaine, laquelle réussit l’exploit d’incarner tous les personnages du spectacle (même les hommes !) d’une voix aussi juste que mélodique, accompagnée par un quintet féminin de premier choix. Certes, la chanteuse n’est pas toujours à l’aise en comédienne, mais on lui pardonne volontiers, tant son énergie et sa musicalité nous donnent l’illusion d’assister à la première représentation de <em>Carmen</em> le 3 mars 1875 donnée au théâtre de l’Opéra-Comique. Le récit tout en digressions nous révèle une bohémienne incandescente qui répond aux hommes sans vergogne, ce qui lui vaut d’être rapidement traitée de « <em>démon</em> » par ces derniers. Notamment Don José, qui tombe amoureux d’elle à l’insu de son plein gré et sera celui qui lui ôte la vie selon un scénario digne d’une tragédie grecque. Car c’est bien connu, c’est toujours de la faute des femmes, ces choses-là. Par le jeu de la conférence, Rosemary Standley met en garde le public féminin : « <em>Ne vous laissez pas faire !</em> ». Car la liberté a des limites, celle des femmes ne devrait pas s’arrêter au désir des hommes. À défaut de réécrire une fin heureuse, ou du moins plus libre pour Carmen, on ressort de la représentation avec un petit livret contenant l’intégralité du spectacle. Et la conviction que la belle – et intelligente – bohémienne est à la fois martyre et figure de liberté dans notre monde post-#metoo. </p>



<p>ALICE ROLLAND</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Carmen.</em> a été donné les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 et 17 juin</mark>, dans le cadre du <em>Printemps des Comédiens</em>, au Domaine d’O, Montpellier.</pre>
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