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	<title>Archives des Grégoire Colin - Journal Zebuline</title>
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		<title> La Mer au loin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Feb 2025 13:12:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Mouglalis]]></category>
		<category><![CDATA[Ayoub Gretaa]]></category>
		<category><![CDATA[exil]]></category>
		<category><![CDATA[Grégoire Colin]]></category>
		<category><![CDATA[La Semaine de la Critique]]></category>
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		<category><![CDATA[Saïd Hamich Benlarbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Mer au loin, l’exil d’un jeune maghrébin, une histoire en cinq chapitres qui commence en 1990 et se termine en 1999. Un parcours initiatique à Marseille qui commence comme un film noir, un mélodrame au rythme du raï. La mer au loin, ses vagues, un visage d’homme. Une voiture dans un bois et des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"> <em>La Mer au loin, </em>l’exil d’un jeune maghrébin, une histoire en cinq chapitres qui commence en 1990 et se termine en 1999. Un parcours initiatique à Marseille qui commence comme un film noir, un mélodrame au rythme du raï.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mer au loin, ses vagues, un visage d’homme. Une voiture dans un bois et des jeunes qui préparent le braquage d’un camion puis font la fête dans un café, à Marseille. Parmi eux, Nour&nbsp; (<strong>Ayoub Gretaa) </strong>qu’on va suivre de prés dans le 1<sup>er</sup> chapitre, <em>Nour 1900.</em>&nbsp;Alors qu’ils vendent les objets volés, ils se font arrêter et chacun se voit obligé de prendre une route différente. Nour qui affirme s’appeler Pablo et être portugais, traité avec indulgence par le commissaire qui brûle son passeport pour lui éviter un retour forcé, se retrouve seul, désemparé, sans argent, à la rue. C’est là que sa route croise à nouveau celle de Serge, le policier qui l’avait arrêté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color">2<sup>e </sup>chapitre, <em>Serge 1992.</em></mark></strong><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color"> </mark></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Serge l’emmène chez lui, lui offre gite et couvert, lui présente sa femme, Noémie et son fils«<em>&nbsp;Pourquoi tu fais ça&nbsp;? </em>s’étonne Nour.<em> Je sais pas&nbsp;!&nbsp;</em>»Il lui trouve une chambre au-dessus d’un club de drag queens«<em> Quoi chez les travelos&nbsp;?&nbsp;</em>»Un endroit que Serge connait bien car s’il aime sa femme, il est aussi attiré par les hommes… et par Nour<em>. Noémie </em>qui donne le titre au 3<sup>e</sup> chapitre<em>, Noémie 1994, </em>mène elle aussi une vie libre et joyeuse. Une famille hors normes qui va ouvrir les yeux de Nour sur le champ des possibles, lui permettre à de se (re) construire dans la fête et la légèreté même si les échanges téléphoniques avec sa mère lui rappellent que sa place n’est pas là. Sa place n’est plus nulle part d’ailleurs <strong>Saïd Hamich Benlarbi </strong>qui a vécu l’expérience de l’exil précise&nbsp;: «&nbsp;<em>Pour moi, l’exil se cristallise lorsque l’on arrive au bout de ses fantasmes de départ et de retour. Parce qu’on ne se sent jamais chez soi, et quand on rentre, on n’est plus chez soi non plus et on ressent une sorte de trahison. Il ne reste plus qu’à construire une nouvelle vie.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>Au moins, nous avons passé de bons moments </em>»<em>, </em>dit un des personnages à la fin du film dont l’écriture a été inspirée par <em>L’Éducation sentimentale</em> de Flaubert et par la musique raï, exilée en France, à Marseille et réinventée par l&rsquo;exil. La référence principale est le mélodrame, en particulier les films de Douglas Sirk et de  Fassbinder, précise le réalisateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéaste aime ses personnages remarquablement interprétés&nbsp;: <strong>Ayoub Gretaa</strong>,acteur de télévision connu au Maroc, pour la première fois au cinéma, a su rendre toutes les émotions qui traversent Nour.<strong> Anna Mouglalis</strong>, incarne une Noémie vibrante, vivante, sensuelle, touchante et <strong>Grégoire Colin</strong>, Serge, un policier atypique, rempli de désirs et d’humanité. Il les aime et nous les fait aimer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> L’idée était de partir d’un groupe d’amis et de suivre leurs trajectoires d’exil, mais de les ancrer dans quelque chose d’intime et de vivre les choses à leurs côtés, à travers l’émotion. </em>» Une excellente idée : l’émotion est  bien au rendez vous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> <em>La Mer au loin</em> en salles le 5 février 2025</mark></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>« Toi non plus tu n&#8217;as rien vu », sans doute possible </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Mar 2023 10:04:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Béatrice Pollet]]></category>
		<category><![CDATA[Fatima Adoun]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Géraldine Nakache]]></category>
		<category><![CDATA[Grégoire Colin]]></category>
		<category><![CDATA[Maud Wyler]]></category>
		<category><![CDATA[Ophélia Kolb]]></category>
		<category><![CDATA[Pascal Demolon]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">La brève ouverture de <em>Toi non plus tu n’as rien vu </em>donne à voir deux corps de femmes plein de vitalité&nbsp;: celui de Claire, incarnée par une <strong>Maud Wyler </strong>encore lumineuse, et celui de Sophie, la douce et rieuse <strong>Géraldine Nakache</strong>. Vêtues de maillots colorés, baignant dans l’eau d’une piscine et surtout dans les bruits d’enfants environnants, les deux amies n’échangent que quelques mots – elles n’ont, on le devine, jamais eu besoin de plus. On est alors loin de s’imaginer ce qui est sur le point de se jouer&nbsp;: soit l’incarcération de Claire pour plusieurs mois, le temps du procès qui l’accuse de tentative d’homicide sur enfant de moins de quinze ans.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Déni</mark></strong><br>Le récit de l’emprisonnement, de l’enquête, puis de la procédure judiciaire, recolleront peu à peu les morceaux. Le « tu » invoqué par le titre semble se référer autant à Sophie, amie généreuse, ou encore au mari de Claire, incarné avec douceur et acuité par le toujours impeccable <strong>Grégoire Colin</strong>. Mais il se réfère également à ce spectateur qui, en scrutant ces corps encore sveltes, n’y a pas décelé la tragédie à l’œuvre. Personne n’a alors voulu voir, entendre, concevoir que Claire était enceinte. Ce qui n’empêche pas chaque personnage de douter de sa propre perception, mais aussi de l’honnêteté de Claire. N’avait-elle rien vu, rien senti, de ce qui lui arrivait, elle qui avait déjà donné la vie à deux enfants ? N’a-t-elle pas compris, cette nuit-là, qu’elle était en train d’accoucher ? N’a-t-elle pas eu pitié de cet enfant qu’elle a refusé de reconnaître comme tel, et qu’elle a manqué de tuer, par mégarde ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Discernement</mark></strong><br>Le spectateur n’est ici pas placé en position de juré ou de juge : c’est bien dans les pas de Sophie qu’il s’inscrit. Convaincue non pas de l’innocence, mais de l’humanité de son amie, celle-ci revêt sa robe d’avocate pour prendre sa défense tout au long d’une procédure que <strong>Béatrice Pollet </strong>filme avec nuance et générosité. L’incarcération de cette jeune mère encore fragile psychologiquement interroge, de même que l’acharnement d’une procureure encore juvénile – <strong>Ophélia Kolb</strong>, habituée des rôles d’enquiquineuse. Mais le positionnement du juge – émouvant <strong>Pascal Demolon </strong>– se révèle rapidement moins figé qu’attendu. La longue maturation de ce film, qui aura nécessité une décennie de recherches et d’écriture sur le sujet, lui apporte une véritable ampleur, ainsi qu’une justesse dans l’évolution des regards qui entourent et accompagnent Claire. Mention spéciale à <strong>Fatima Adoun</strong>, qui se sort avec les honneurs du rôle un brin balisé de la codétenue idéale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA<br></p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Toi non plus tu n’as rien vu</em>, de <strong>Béatrice Pollet</strong><br>En salle depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">8 mars</mark></pre>
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