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	<title>Archives des Gustavo Fontán - Journal Zebuline</title>
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		<title>Sortir de sa zone de confort</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jul 2023 13:50:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Le FID, c’est l’espace de tous les cinémas.&#160;» Cette affirmation s’affichait à l’écran en préambule de toutes les séances de cette 34e édition d’un festival qui se veut «&#160;prescripteur&#160;» et «&#160;défricheur&#160;». Sur les terres cinématographiques (parfois incognitas) on a découvert des formes hybrides repoussant les frontières de genre, décloisonnant les expressions artistiques, explorant les thèmes [&#8230;]</p>
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<p><em>«&nbsp;Le FID, c’est l’espace de tous les cinémas</em>.&nbsp;» Cette affirmation s’affichait à l’écran en préambule de toutes les séances de cette 34<sup>e</sup> édition d’un festival qui se veut «&nbsp;prescripteur&nbsp;» et «&nbsp;défricheur&nbsp;». Sur les terres cinématographiques (parfois <em>incognitas</em>) on a découvert des formes hybrides repoussant les frontières de genre, décloisonnant les expressions artistiques, explorant les thèmes de la mémoire et de la trace.</p>



<p>Ainsi, en compétition internationale, <em>La Terminal</em> de l’Argentin <strong>Gustavo Fontán</strong>, plaçant sa caméra dans une gare routière à Cordoba. Loin d’une approche documentaire, le réalisateur prend le parti de l’ombre, du flou, des compositions serrées jusqu’à l’abstraction, de la répétition, de la succession de plans fixes, pour exprimer l’esprit du lieu. Là, le temps se suspend aux attentes. Là des amours sont nées, sont mortes, et hantent ce terminal où rien ne s’arrête. Récits racontés en voix off, interrompant de quelques mots, la musique concrète des grincements, claquements de portes et ronronnements des moteurs.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Sobriété et pudeur</mark></strong></p>



<p>Trace et mémoire encore dans le magnifique et poignant <em>Background</em> de <strong>Khaled Abdulwahed</strong>, auquel le jury, présidé par <strong>Angela Schanelec, </strong>a décerné le Grand Prix. Conversation du réalisateur émigré en Allemagne avec son père bloqué en Syrie. À partir de quelques photos retrouvées, restaurées, d’archives véritables ou recréées par collages numériques, il reconstitue l’itinéraire de cet homme 60 ans plus tôt, en Allemagne de l’Est où on l’avait envoyé étudier dans le cadre de l’Internationale Socialiste. Retrouver la trace du jeune étudiant qui avait des cheveux et un sourire timide, se rendre dans ses anciennes écoles, ses lieux de travail et de loisirs à Leipzig, Dresde&#8230;. Qu’importe si l’Allemagne contemporaine n’est plus celle des années 1950. Une fenêtre ouverte sur des immeubles ou sur un réverbère dorant la neige qui tombe, la façade monumentale d’une université, des cheminées d’usine, une rivière, suffisent à convoquer le passé. Par des moyens minimalistes, avec sobriété et pudeur, le cinéaste qui est aussi photographe, donne présence à l’absent et fait revenir celui qu’il n’a pas pu faire venir. Histoire intime qui croise la grande et « sa grande hache ».</p>



<p>Cette Histoire des massacres collectifs du XX<sup>e</sup> siècle, placée hors temps, décontextualisée par &nbsp;le dispositif imaginé par <strong>Selma Doborac</strong> dans son glacial <em>De Facto</em>. Deux acteurs filmés séparément en plan taille, fixe, dans le même décor aseptisé, entre une table-miroir, froide comme un lit d’autopsie et en fond unique, derrière les vitres, une forêt. Le premier, jeune, vêtu de noir, impassible, monologue, en un flux rapide et continu, assumant à la première personne, le discours de tous les criminels de guerre, détaillant jusqu’au vertige l’expérience des camps de concentration, les récits des nettoyages génocidaires, les tortures, le zèle et la bestialité soldatesques, le mécanisme bien rôdé de la déshumanisation. Un discours de la méthode rationnel, froid, hygiéniste. Le second, plus âgé, dans un autre monologue tout aussi dense, manipule les concepts&nbsp;: le Mal, la noirceur de la nature humaine, la culpabilité, la responsabilité. Il expose la logique de l’horreur. Le «&nbsp;tu&nbsp;» qu’il emploie s’adresse-t-il à ce qu’incarne le premier&nbsp;? Ou à nous, «&nbsp;frères humains&nbsp;» ?</p>



<p>Les films sélectionnés par le <em>FID</em>, en première mondiale ou internationale, ne laissent jamais indifférents. Ils nous font presque toujours sortir de notre zone de confort, déstabilisés, troublés, bouleversés. Sonnés mais éveillés.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p>Photo <em>BACKGROUND</em> de <strong>Khaled</strong> <strong>Abdulwahed </strong>@ PONG</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le <em>FIDMarseille</em> s’est déroulé du 4 au 9 juillet 2023.</mark></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><em>Palmarès </em>de la <em>34ème édition</em> :</mark></strong></p>



<p>Grand Prix de la Compétition Internationale&nbsp;: <em>Background,</em> <strong>Khaled Abdulwahed</strong></p>



<p>Prix Georges de Beauregard&nbsp;international : <em>O Mariheiro</em> <strong>Yohei Yamakado</strong></p>



<p>Grand Prix de la Compétition française&nbsp;: <em>Dans le Silence et dans le Bruit</em>, <strong>Clément</strong> <strong>Roussier</strong>, <strong>Hadrien Mossah</strong></p>



<p>Mention Spéciale du Jury et Prix d’Aide à la Distribution (GNCR)&nbsp;: <em>L’Ile</em> <strong>Damien Manivel</strong></p>



<p>Prix Georges Beauregard national&nbsp;: <em>Que quelque chose vienne,</em> <strong>Mathilde Girard</strong></p>



<p>Prix de la Compétition Premier Film&nbsp;: <em>Sofia Foi,</em> <strong>Pedro Geraldo</strong></p>



<p>Prix de la Compétition Flash&nbsp;: <em>Trouble,</em> <strong>Miranda Pennell</strong></p>



<p>Prix Alice Guy : <em>Two Giants that exist here-A German Fairytale,</em><strong> Gianna Scholfen</strong></p>



<p>Prix Renaud Victor&nbsp;et Prix du Public&nbsp;: <em>Nos Iles,</em> <strong>Aliha Thalien</strong></p>



<p>Prix CNAP : <em>La Renaissance</em><strong>, Nader Ayache</strong></p>



<p>Prix Européen des Lycéens&nbsp;: <em>An Evening Song,</em> <strong>Graham Swon</strong></p>
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