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	<title>Archives des Hélène Carpentier - Journal Zebuline</title>
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		<title>Dialogues des Carmélites Un drame dans l’épure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 07:31:24 +0000</pubDate>
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<p>Sorcières ou saintes, même destin. C’est sans doute la première pensée qui s&rsquo;impose dans les dernières minutes de ce très beau <em>Dialogues des Carmélites</em> donné à l&rsquo;Opéra de Marseille : qu&rsquo;elles soient sorcières de Salem ou carmélites de Compiègne, ce sont toujours les femmes qui paient le prix d&rsquo;une crise collective et que l&rsquo;on sacrifie, même lorsque, comme c&rsquo;est le cas dans cet opéra, ce sacrifice est « librement » consenti.</p>



<p>L&rsquo;épure de la mise en scène de <strong>Louis Désiré</strong> &#8211; fidèle à ce que Poulenc aurait sans doute souhaité, lui qui s&rsquo;agaçait qu&rsquo;on lui reproche, à l&rsquo;Opéra de Paris, de ne pas avoir mis « <em>des défilés de Sans-Culottes et des Carmagnoles à toutes les scènes</em> » &#8211; favorise sans doute cette prise de conscience. Là où un dispositif plus spectaculaire noierait l&rsquo;essentiel, le dépouillement laisse le drame parler.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’à l’échafaud</mark></strong></p>



<p>La tragédie est réelle. Le 17 juillet 1794, seize carmélites de Compiègne montent à l&rsquo;échafaud, quelques jours à peine avant la chute de Robespierre, ce qui a conduit certains à voir dans leur supplice le signe d&rsquo;une intervention divine précipitant la fin de la Terreur. L&rsquo;histoire nous est parvenue grâce à Marie de l&rsquo;Incarnation, qui échappa à l&rsquo;exécution.</p>



<p>Au cœur de cet opéra, trois figures dominent. Une Blanche de la Force, hantée par la peur, à la naïveté lumineuse &#8211; personnage auquel Poulenc s&rsquo;est identifié au point de confier : « <em>Blanche, c&rsquo;est moi</em> » -, incarnée avec une fraîcheur désarmante par <strong>Hélène Carpentier</strong>. Sœur Constance et sa grâce espiègle, portée par <strong>Ana Escudero</strong>. Et surtout Madame de Croissy, héroïne de l&rsquo;une des scènes de doute les plus bouleversantes du répertoire lyrique : cette prieure qui a consacré son existence à la prière, à la discipline et à la certitude, ne rencontre au moment décisif que le vide. Dans son agonie, elle avoue craindre la mort et va jusqu&rsquo;au blasphème. On notera que Bernanos a rédigé les <em>Dialogues</em> en 1947, alors qu&rsquo;il était lui-même en phase terminale d&rsquo;un cancer. Il mit le point final à l&rsquo;œuvre, s&rsquo;alita, et mourut le 5 juillet 1948. Dans ce rôle, <strong>Lucie Roche</strong> &#8211; enfant de Marseille &#8211; est sublime.</p>



<p>Mais avant l&rsquo;échafaud, il y a le choix de Blanche d&rsquo;entrer dans les ordres. Dans le très beau duo entre la jeune femme et son frère le Chevalier de la Force (<strong>Léo Vermot-Desroches</strong>), une question affleure : serait-elle entrée au couvent pour servir Dieu ou plutôt fuir le lien trouble qui l&rsquo;unit à ce frère qui la surnomme « petit lièvre » et refuse de la laisser partir ?</p>



<p>La scène finale est un tableau en noir et blanc où ne pointe qu&rsquo;une touche de rouge : le collier au cou de chacune des martyres. L&rsquo;une après l&rsquo;autre, en montant à l&rsquo;échafaud, elles arrachent l’ornement, résignée, fuyante ou exaltée. Chaque collier claque comme la lame de la guillotine. Le <em>Salve Regina</em> composé par Poulenc s&rsquo;amenuise à mesure que le chœur se réduit, voix après voix avalées par le silence. Puis Blanche surgit de la foule pour rejoindre ses sœurs, in extremis, dans un élan à la fois désespéré et serein.</p>



<p>On se réjouit que cette œuvre, qui parle si profondément des femmes broyées par l&rsquo;Histoire, ait été dirigée ce soir-là par une femme : Debora Waldman, devenue en 2020 la première à la tête d&rsquo;un orchestre national permanent français&nbsp;: celui d’Avignon-Provence.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Spectacle donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 mars</mark> à l’Opéra de Marseille.</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici</a></p>
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		<title>Dialogues des Carmélites</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 09:32:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne présente plus Dialogues des Carmélites, sublime opéra de Poulenc adapté de la pièce de Bernanos, elle-même inspirée d’une histoire vraie. Soit la décapitation des religieuses de Compiègne à l’orée de la Révolution française. Pour donner vie à cette partition étourdissante, la cheffe Debora Waldman prendra la direction de l’Orchestre Philharmonique de Marseille. À [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p> On ne présente plus <em>Dialogues des Carmélites</em>, sublime opéra de Poulenc adapté de la pièce de Bernanos, elle-même inspirée d’une histoire vraie. Soit la décapitation des religieuses de Compiègne à l’orée de la Révolution française. Pour donner vie à cette partition étourdissante, la cheffe Debora Waldman prendra la direction de l’Orchestre Philharmonique de Marseille. À la mise en scène, Louis Désiré s’empare de ce chef-d’œuvre qui n’avait pas été monté depuis vingt ans à l’Opéra de Marseille. Hélène Carpentier, Lucie Roche, Angélique Boudeville et Eugénie Joneau, entre autres maîtresses du genre, prendront possession des très beaux rôles que propose cet étrange, paradoxal mais toujours terrassant hymne à l’obstination. </p>



<pre class="wp-block-verse"> S.CA.<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 25 au 29 mars<br></mark><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/dialogues-des-carmelites" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/dialogues-des-carmelites">Opéra de Marseille</a></pre>



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<p></p>
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		<title>Mozart sans sel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jun 2024 09:35:58 +0000</pubDate>
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<p>C’était il y a cinq ans, il y a un siècle. Jean-Claude Gaudin était maire de «&nbsp;son&nbsp;» opéra, le Covid et ses confinements n’étaient pas passés par là, les 1200 sièges de la place Reyer se clairsemaient souvent et peinaient à rajeunir leurs occupants. Dans ce contexte la dispendieuse production de l’opéra, jamais programmée ailleurs qu’en ses murs, semblait bien plus moderne et inventive, par ses décors enchâssés, ses scènes de chasse et ses chœurs enturbannés, que bien des productions précédentes, moins audacieuses. Mais on n’y percevait pas la révolte sociale de Figaro, qui n’était vêtue ni du rouge de la révolution ni du récent jaune des Gilets, et disparaissait dans l’obscurité chaude des décors et costumes voulus par le metteur en scène Vincent Boussard. Surtout, <em>#Me too</em>&nbsp; n’était pas encore passé par l’opéra, et l’adaptation de <em>La folle journée</em> de Beaumarchais pouvait passer sans qu’on y remarque la violence exercée sur les corps féminins, de la Comtesse à Marceline&nbsp;; la solidarité interclasse des femmes est fondatrice du livret de Da Ponte, le profond désespoir de Barbarine qui semble avoir perdu, entre le bras de Chérubin bien plus qu’une épingle, sonne comme le chant d’une jeune fille abusée.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ombres insensées</mark></strong></p>



<p>Après le Covid et #Me too, devant un public rajeuni et renouvelé, comment se reçoit cette reprise&nbsp;? On admire la voix et la présence d’<strong>Eléanore Pancrazi</strong> dans Chérubin, on s’émeut de la grâce absolue des déplorations de la Comtesse – incarnée à nouveau par <strong>Patrizia Ciofi</strong>, merveilleuse dans ses arias, mais très gênée par le voile constant qui couvre ses graves dans les récitatifs. <strong>Hélène Carpentier</strong> incarne à merveille une Suzanne qui prend de l’assurance au fil de la pièce et <strong>Robert Gleadow</strong> (Figaro), même s’il rate un peu les aigus de son premier air, habite la scène de sa présence massive.<strong> Jean-Sébastien Bou</strong> (le comte Almaviva) passe son air de bravoure avec panache, mais dans l’ensemble les voix d’hommes peinent un peu à se faire entendre. Peut-être parce que le propos n’est pas clair&nbsp;? Lorsque Figaro chante «&nbsp;<em>si tu veux danser, mon petit comte</em>&nbsp;», comment pousser ses «&nbsp;<em>Si</em>&nbsp;» aigus si sa révolte se perd dans les couleurs ternes du décor, et les chœurs décadents et noirs qui tournent autour de lui, l’observent et le manipulent&nbsp;? Quel est le sens de toutes ces ombres ?</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Décalages</mark></strong></p>



<p>Cette hésitation sur le sens semble aussi habiter l’orchestre qui a du mal à régler son rapport au plateau, décale légèrement, surtout quand les chœurs chantent depuis les balcons. Les ensembles se croisent dans le flou au lieu de dessiner des lignes franches, et on perd un peu du sens musical si particulier des fins d’actes de Mozart, où les individus mêlent leurs voix intérieures à celles du peuple qu’incarnent les chœurs. L’évidente clarté de la musique, du livret de Da Ponte/Beaumarchais, de leur propos révolutionnaire et féministe, de la joie des bons mots et du jeu, est escamoté.</p>



<p>Reste que l’œuvre, indestructible, résiste à ces petits obstacles, portée par des solistes et des musiciens d’exception. Comme un plat fabuleux auquel il manque juste quelques grains de sel.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Noces de Figaro</em> ont été reprises à l’Opéra de Marseille les 24, 26, 28 et 30 avril<br><strong>À venir</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 mai</mark><br>Opéra de Marseille</pre>
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