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	<title>Archives des Hélène Louvart - Journal Zebuline</title>
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		<title>Romería, le pélerinage à Vigo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 05:57:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après Été 93 en 2017, qui mettait en scène une fillette dont les parents mouraient du Sida et quittait Barcelone pour vivre chez son oncle, tante et cousine, dans la campagne catalane. Puis Nos Soleils, Ours d’or berlinois en 2022, qui chroniquait les difficultés d’une famille paysanne à Alcarràs, Carla Simón clôt sa trilogie autobiographique [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Après <em>Été 93</em> en 2017, qui mettait en scène une fillette dont les parents mouraient du Sida et quittait Barcelone pour vivre chez son oncle, tante et cousine, dans la campagne catalane. Puis <em>Nos Soleils</em>, Ours d’or berlinois en 2022, qui chroniquait les difficultés d’une famille paysanne à Alcarràs, <strong>Carla Simón</strong> clôt sa trilogie autobiographique avec <em>Romería </em>où la protagoniste revient en Galice dont son père est originaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marina (<strong>Llúcia Garcia</strong>) a 18 ans.&nbsp; Elle a été adoptée très jeune et vit à Barcelone. A l’occasion d’une démarche administrative pour obtenir une bourse et intégrer une faculté de cinéma, elle s’aperçoit que son père biologique ne l’a pas reconnue. Elle doit alors reprendre contact avec ses grands parents pour qu’ils authentifient devant notaire cette filiation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marina entreprend le voyage vers Vigo, pour obtenir cette légalisation, mais surtout, guidée par le journal intime de sa mère écrit en 1983, pour reconstituer l’histoire d’amour de ses parents et comprendre pourquoi, alors qu’il est mort bien après sa naissance, son père n’est jamais venu la voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle rencontre ses oncles, tantes, cousins. Se confronte aux récits contradictoires de chacun sur ce père inconnu. Bute sur les non-dits, la rigidité du grand père, ancien directeur d’un Chantier naval, patriarche tout puissant et sur le déni de sa femme paralysée par les préjugés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’écran, s’égrène le calendrier de ce séjour,&nbsp;ponctué par les grandes questions que se pose Marina : cinq jours de l’été 2004 pour les résoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les images instables tournées en DV par Marina rencontrent celles plus léchées de la réalisatrice. Scènes familiales où elle excelle à isoler la jeune fille et à se glisser dans son regard. Scènes presque documentaires de fêtes votives dans cet été galicien. Scènes fantasmées, épurées dans une lumière domptée par la chef op <strong>Hélène Louvart</strong> quand le film bascule et que la narration se fait presqu’exclusivement du point de vue de la mère. Les années 80, s’immiscent alors dans le présent. La soif de liberté post franquiste. La drogue, le sexe puis le séisme du sida. L’époque de Marina et celle de sa mère se font écho dans les mêmes paysages. Le duo qu’elle forme avec son cousin se superpose au couple de ses parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La mer elle est agitée ou calme mais ça res</mark></strong></em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong><em>te la mer</em>.&nbsp;</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phrase tirée du carnet maternel qu’en voix off Marina lit ou se remémore, introduit et conclut le film. L’élément marin, est omniprésent dans <em>Romería</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le prénom de l’héroïne, dans sa double ascendance&nbsp;: océan Atlantique par le père, mer Méditerranée par la mère. Dans le décor&nbsp;: port, barque, bateau, crique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mer, lieu des jeux joyeux entre cousins, paradis originel. La mer, riche de symboles&nbsp;: mer-mère, surface miroitante et profondeur secrète, baptême et renaissance. La mer où les dauphins des dernières images semblent comme leurs ancêtres mythiques reconduire l’âme des morts vers l’au-delà.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, le bleu infini est paysage et élément constitutif du film de Carla Simon. Le pèlerinage ( sens du mot espagnol «&nbsp;Romeria&nbsp;»)&nbsp; est aussi une navigation avec, comme amer, l’immeuble où les parents de l’héroïne ont habité et de la terrasse duquel ils voyaient l’horizon et les îles Cies. Il faudra à Marina se repérer dans l’espace &#8211; faire au sens propre des «&nbsp;repérages&nbsp;» comme la cinéaste qu’elle est en train de devenir. Se repérer encore dans le temps, faire coïncider les dates, se glisser dans le regard des défunts ou, vêtue d’une robe rouge taillée dans un vêtement paternel, se glisser dans le corps de sa mère à laquelle, on le lui répète, elle ressemble tant&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film construit autour d’une douleur, consacre la naissance solaire de Marina en cinéaste débutante et témoigne de la subtilité de Carla Simón en cinéaste confirmée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Romería</em>, de <strong>Carla Simón</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">en salle le 8 avril</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ad Vitam</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Nezouh, une fenêtre sur Damas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jun 2023 13:42:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Hélène Louvart]]></category>
		<category><![CDATA[Soudade Kaadan]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Un film en Syrie où personne ne meurt, ça existe&nbsp;?&nbsp;» C’est la question glissée dans le dialogue entre deux ados sur les toits de Damas, devant l’écran d’un smartphone qui documente pour le monde, le quotidien d’une ville assiégée et détruite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce film sans cadavres qui se déroule pendant le siège de la Damas sous les bombes, <strong>Soudade&nbsp;Kaadan</strong> le réalise pour son deuxième long-métrage de fiction&nbsp;: <em>Nezouh</em>. Réalisatrice-scénariste syrienne, déjà primée à Venise en 2019 pour <em>Le Jour où j’ai perdu mon ombre,</em> elle remporte avec <em>Nezouh,</em> le prix Orrizonti 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle y suit ce qui reste d’une famille dans ce qui reste d’une ville. Elle y parle du&nbsp;&nbsp; déplacement (ce que signifie <em>Nezouh</em>) à la fois des populations chassées de leur pays mais aussi des mouvements plus intimes à l’intérieur d’une famille syrienne quelconque ancrée dans un patriarcat ancestral, où chacun pressé par les circonstances devra quitter ses positions pour avancer, survivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rêves d’évasion</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Motaz, Hala et leur fille de 14 ans, Zeina sont les derniers habitants de leur quartier assiégé. Malgré les ordres des autorités, Motaz refuse de partir, d’abandonner un appartement où il est le maître pour devenir un réfugié comme tous ceux qui ont fui. L’électricité, l’eau, la nourriture peuvent bien manquer. Chaque sortie sous les balles des snipers peut bien être la dernière, il s’entête. Son épouse Hala et Zeina ne parviennent pas à le faire sortir de ce déni de réalité qui confine à la folie douce et serait plutôt drôle si la situation n’était pas aussi dramatique. Qu’importe s’il n’y a plus de mur, on frappe encore à la porte et quand les bombes éventreront façades et plafonds, il étendra des draps fleuris pour fermer son domaine et protéger ses «&nbsp;filles&nbsp;». De ses filles, il ne reste que Zeina, seule dans la chambre de trois lits. Les deux ainées ont été mariées, sont parties, confiées à des hommes qui ne les ont peut-être pas protégées. L’adolescence de Zeina brûle de rêves d’évasion, de mer infinie et de constellations&nbsp;: l’eau et l’air pour échapper à la terre. Un monde imaginaire où on peut faire des ricochets dans le ciel et pêcher des poissons dans le vide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le missile a ouvert le toit de la maison et Zeina y retrouve un autre adolescent Amer connecté à l’extérieur, passionné d’images. Flirter, rire, rêver. Trouver une fleur de jasmin dans les gravats et barbouiller ses lèvres de mûres écrasées. Une presque normalité dans un désastre. En trois phases chronologiques (la vie au foyer avant la bombe, puis après dans l’appartement éventré et enfin la fuite dans les rues de Damas), la réalisatrice métaphorise enfermements et ouvertures, explosion et implosion, mettant à nu cette famille syrienne, nous la rendant très proche et si peu étrangère. Dans des décors réalistes partiellement reconstitués numériquement, la magie opère, servie par le travail sur la lumière d’<strong>Hélène Louvart</strong>, de l’obscurité de la maison sans électricité à la lumière crue et cruelle qui la pénètre soudain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soudade Kaadan dit avoir voulu changer le regard sur les réfugiés sans les présenter ni comme victimes ni comme héros. Juste des gens qui n’ont pas eu d’autre choix que de partir dans la douleur. Elle dédie son film «&nbsp;à tous les Syriens qui ont péri dans cette guerre, à tous les réfugiés et à tous les disparus en mer.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Nezouh</em>, de <strong>Soudade Kaadan</strong><br>En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">21 juin</mark></pre>
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		<title>Girasoles silvestres </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Dec 2022 08:45:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tourné en 35mm par la talentueuse Hélène Louvart, le septième long-métrage du réalisateur catalan Jaime Rosales suit en trois épisodes la vie amoureuse et familiale de Julia, une jeune femme très immature qui va essayer de reprendre sa vie en main. Même si les trois chapitres ont pour titres en lettres majuscules sur l’écran «&#160;OSCAR&#160;», [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Tourné en 35mm par la talentueuse <strong>Hélène Louvart</strong>, le septième long-métrage du réalisateur catalan <strong>Jaime Rosales</strong> suit en trois épisodes la vie amoureuse et familiale de Julia, une jeune femme très immature qui va essayer de reprendre sa vie en main.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les trois chapitres ont pour titres en lettres majuscules sur l’écran «&nbsp;OSCAR&nbsp;», «&nbsp;MARCOS&nbsp;» et «&nbsp;ALEX&nbsp;», c’est avant tout à Julia que s’intéresse <strong>Jaime Rosales</strong>. À son quotidien avec ses deux enfants, Nico et Rita, sa rencontre avec Oscar (<strong>Oriol Pla</strong>), beau et toxique, jaloux et violent, ses tentatives de recoller les morceaux avec Marcos (<strong>Quim Ávila</strong>) le père de ses enfants et, enfin, Alex (<strong>Lluís Marqués</strong>) « plus intelligent que beau.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inspiré par un reportage photos, et l’histoire d’une jeune américaine, le réalisateur laisse au spectateur le soin de combler les nombreuses ellipses. On suit avec intérêt, empathie parfois, l’évolution de cette femme qui mûrit, s’affirme, apprend à savoir ce qu’elle ne veut plus, fuit, craque et se redresse. <strong>Anna Castillo</strong>, qui avait eu le Goya du meilleur espoir féminin dans <em>L&rsquo;Olivier </em>d’Iciar Bollain, a su rendre, dans un jeu tout en nuances, les émotions de cette jeune femme qui se cherche, ses élans amoureux, sa tendresse pour ses enfants, sa colère envers ces hommes qui ne sont pas à la hauteur. Son visage radieux dans le soleil comme les <em>girasoles</em> <em>silvestres </em>laisse espérer un avenir meilleur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Je voulais faire un film lumineux malgré ses moments dramatiques. Je veux laisser un sentiment d&rsquo;espoir et de bonheur à travers l&rsquo;histoire d&rsquo;une femme qui aime la vie, ses enfants, qui se battra pour les protéger. J’aime bien montrer le quotidien et l’irruption de la violence. C&rsquo;est ma façon de regarder le monde.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Girasoles silvestres, </em>présenté à la dernière édition de <em>Cinehorizontes, </em>y a obtenu le Prix du meilleur scénario et <strong>Oriol Pia</strong> celui du meilleur acteur.</pre>
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