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	<title>Archives des Hôtel Maynier d’Oppède - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Hôtel Maynier d’Oppède - Journal Zebuline</title>
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		<title>La musique et l’universalité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 13:59:18 +0000</pubDate>
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<p><em> </em>« <em>Il y a 26 ans, j’étais ici, à l’Hôtel Maynier d’Oppède. Je faisais partie alors des jeunes de la Méditerranée en 1998</em> », explique le génial clarinettiste <strong>Kinan Azmed</strong> au public auquel il apportera des précisions historiques, personnelles, poétiques et humanistes pour chaque pièce. Se conjuguent alors la technique instrumentale sans failles des musiciens à la beauté des tissages mélodiques et le sens. Les morceaux joués ce soir-là permettaient d’arpenter les créations du compositeur au fil des années, retours en arrière, mises en lumière de certains thèmes à l’aune du présent qui les colore parfois tragiquement. Ce sont les abricotiers plantés à Jisreen où Kinan Azmeh allait en vacances chez ses grands-parents, l’évocation de mois d’été heureux, désormais disparus sous les bombes. La dépossession des lieux du souvenir, de ce qui restait « la maison » dans l’imaginaire, se traduit avec délicatesse dans les volutes d’une clarinette sensible, profonde, délicatement onirique, qui se joue des rythmes impairs orientaux et les fait se frotter aux occidentaux. Les ornementations se mêlent, empruntent aux musiques tsiganes, klezmer, slaves, arméniennes, au jazz, aux phrasés « classiques », se lancent dans des effets de glissando, de growl, virtuosités multiples, jamais gratuites, au service d’un propos qui s’exacerbe, se déploie, nuancé, coloré, brillant. En résultent des compositions d’une élégante nostalgie teintée de sourires et de fêtes.   </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Partages</mark></strong></p>



<p>En ouverture, le premier morceau écrit pour une pièce de théâtre sortie en 2022 et un film qui n’est jamais sorti,&nbsp;<em>The Queen commanded him to forget</em>, prélude de son refus à oublier. Suit&nbsp;<em>Dance</em>, que le clarinettiste créa avec le violoncelliste YoYo Ma, véritable fresque aux ruptures rythmiques éloquentes, hommage à Jisreen. La ligne mélodique subtilement prenante enveloppe l’auditoire de sa poésie, se pose sur les ostinatos de la guitare de&nbsp;<strong>Kyle Sanna</strong>, les notes lourdes de la basse de&nbsp;<strong>Josh Myers</strong>, les percussions et batterie de&nbsp;<strong>John Hadfield</strong>. Les trois musiciens apportent leur univers au fil des morceaux, les improvisations de Kyle Sanna qui surprennent parfois même ses complices, avec ses phrases inachevées, ses inspirations déroutantes et fines, la souple rigueur de Josh Myers qui équilibre savamment les mondes en une esthétique en épure, l’inventivité époustouflante de John Hadfield qui offrira un solo éblouissant. S’il est des voyages retour impossibles, il y a des refondations&nbsp;: c’est lors d’une fête de Thanksgiving, que le musicien se sentira curieusement chez lui, enfin, aux États-Unis. « Sentiment étrange à la fois joyeux, car je me sentais pour la première fois depuis longtemps à la maison, et coupable, car ce n’était pas, ce ne pouvait être le «&nbsp;chez moi&nbsp;» de mon enfance, détruit par la guerre&nbsp;», explique Kinan Azmeh avant l’envoûtant&nbsp;<em>Galileo Galilei</em>&nbsp;rêvé à Padoue, université du savant qui apporta tant à nos représentations du monde… Chaque pièce donne lieu à une histoire. On sera séduits par la fougue débridée de&nbsp;<em>Wedding</em>&nbsp;et l’humour de la clarinette qui mime un épuisement festif avant de se replonger dans un final ébouriffant. En bis théâtral,&nbsp;<em>Airports</em>&nbsp;est dédié «&nbsp;à tous ceux qui sont collés à l’arrière des aéroports en raison de leur couleur de peau, de leurs croyances ou de leurs passeports&nbsp;». Un plaidoyer enflammé pour un monde d’acceptation et de compréhension de l’autre, le thème sera repris en chœur par le public… Seule la musique peut le faire&nbsp;? Exceptionnel&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Le 19 juillet, hôtel Maynier d’Oppède, Aix-en-Provence, Festival d’Aix&nbsp;</p>
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		<title>Chantons sous la pluie ou presque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2024 15:06:32 +0000</pubDate>
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<p></p>



<p>Petite pluie sur Aix, mais hors de question d’annuler le concert de la chanteuse et joueuse de oud, <strong>Jawa Manla</strong>. La jeune artiste réunissait autour d’elle ses complices, pour la plupart issus de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, sur ses propres compositions : <strong>Elif Canfezâ</strong> au kemenche (nommé parfois lyre de la Mer Noire à trois cordes frottées par un archet), <strong>Adèle Viret</strong> au violoncelle que l’on a déjà entendue au festival l’an dernier avec le groupe qu’elle a fondé, <strong>Mosaïc</strong>, <strong>Pierre Hurty</strong> à la batterie, <strong>Sinan Arat</strong> à la flûte et au ney, enfin <strong>Munzer Al Kaddour</strong>, récitant. Le programme de la soirée reprenait les morceaux de l’album <em>Distant Roots</em>, accessible sur diverses plateformes du net. La jeune artiste évoque d’abord dans <em>Layla,</em> l’enthousiasme éprouvé lorsqu’elle était enfant au moment d’aller suivre sa leçon de oud à l’école de musique, dansante et jubilatoire énergie. Une chanson traditionnelle syrienne vient s’insérer dans ce parcours, <em>Bali Ma’ak</em>, un air qui a accompagné l’adolescence de la musicienne et qui raconte la perte de l’être aimé, blessure sans espoir, où l’écho de la voix disparue semble se confondre avec les contrepoints du violoncelle. La voix de Jawa Manla, subtilement modulée, profonde et expressive, sait épouser l’intériorité des poèmes avec une sobre élégance. <em>Dafa </em>(qui signifie chaleur et convivialité en arabe) retrace la distance si courte, une journée de voiture, et pourtant infranchissable, entre Marseille et la Syrie, pays natal de l’artiste. À la nostalgie liée au déracinement se lie un poème de <strong>Nizar Kabbani</strong> qui peint les odeurs de café, de jasmin et de cardamone du pays perdu. Les lettres du poète Ibn Zeydoun (1003-1071) et de sa compagne poétesse, Wallada bint al-Mustakfi, la Sappho arabe (994-1091) viennent raconter leurs amours contrariées et les inatteignables partages… La virtuosité de l’oudiste se joue des rythmes, mêlant ceux des musiques arabes à ceux des Balkans ou ceux de la musique classique européenne. La fusion entre les sonorités d’instruments d’origines différentes, la variété des styles, la profondeur du propos, la justesse de l’abord d’une musique à la fois savante et populaire séduisent, lumineuses et sensibles. </p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Le 22 juin, Hôtel Maynier d’Oppède, Aix-en-Provence, dans le cadre d’Aix en juin</p>
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		<title>Festival d’Aix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2024 13:17:15 +0000</pubDate>
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<p></p>



<p>Les artistes de la cuvée 2024, tous déjà professionnels et issus de tous les continents, étaient coachés par&nbsp;<strong>Darrell Babidge</strong>, directeur du département vocal de la Juilliard School of Music de New York, de la chanteuse et cheffe d’orchestre,&nbsp;<strong>Barbara Hannigan</strong>&nbsp;et du pianiste&nbsp;<strong>Alphonse Cemin</strong>. Les deux premiers concerts permettaient d’écouter les chanteurs lyriques dans deux types de répertoire, «&nbsp;classique&nbsp;» pour le premier, superbement contemporain pour le second.<strong></strong></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Réviser ses « classiques »</mark></strong></p>



<p>Le premier concert donnait à écouter un florilège d’airs d’opéra, passant de Mozart à Poulenc, de Haendel à Puccini, Verdi ou Meyerbeer. Les jeunes chanteurs et chanteuses avaient choisi des pièces qui correspondaient&nbsp;parfaitement à leurs timbres. Le tout accompagné avec une fine intelligence par les pianistes en résidence&nbsp;<strong>Gracie Francis</strong>,&nbsp;<strong>Honoka Kobayashi</strong>&nbsp;et le claveciniste&nbsp;<strong>Nicolò Pellizzari</strong>. Quelle palette&nbsp;! Voix colorée et puissante de&nbsp;<strong>Susanne Burgess</strong>, légère et juste de&nbsp;<strong>Lilit Davtyan</strong>, oiseleuse et délicate de&nbsp;<strong>Madison Nonoa</strong>, (sopranos), tragédienne et vibrante de&nbsp;<strong>Marine Chagnon</strong>, espiègle et expressive de&nbsp;<strong>Joanne Evans</strong>, généreuse et élégante d’<strong>Elmina Hasan&nbsp;</strong>(mezzo-sopranos). Ne déméritaient pas le ténor&nbsp;<strong>Jonghyun Park</strong>&nbsp;et ses articulations méticuleuses, le baryton&nbsp;<strong>Timothée Varon</strong>&nbsp;et sa capacité à passer de la diction des&nbsp;<em>Mamelles de Tirésias</em>&nbsp;au phrasé de l’Enrico de&nbsp;<em>Lucia di Lammermoor</em>, et le baryton-basse&nbsp;<strong>Maurel Endong</strong>&nbsp;d’une aisance confondante dans tous les registres.&nbsp;<strong></strong></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Création mondiale</mark></strong></p>



<p>Établissant une connivence familière avec le public,<strong>&nbsp;Barbara Hannigan</strong>&nbsp;présenta chaque pièce contemporaine, esquissant des fragments d’histoire autour de ses choix, leur accordant un ancrage humain. La nuit du cycle&nbsp;<em>Apparition</em>de George Crumb se glissait dans un piano préparé aux sonorités de harpe avant de rejoindre les déploiements de celle de Dutilleux sur&nbsp;<em>San Francisco Night</em>&nbsp;de Paul Gilson, ou les fragrances de celle de Claude Vivier inspirée des&nbsp;<em>Hymnes à la nuit</em>&nbsp;de Novalis. Telle une nuit glaçante, le 11 septembre 2001 sera évoqué par la musique que Sarah Kirkland Snider composa en hommage aux victimes.</p>



<p>La pièce maîtresse de la soirée fut la création de&nbsp;<em>Noor</em>&nbsp;(Lumière), émouvante et somptueuse pièce pour voix et piano que&nbsp;<strong>Golfam Khayam</strong>&nbsp;a composée sur un poème de&nbsp;<strong>Forough Farrokhzad</strong>, grande figure féminine de la littérature contemporaine iranienne. «&nbsp;<em>L’absence d’espace et la nature intemporelle du texte, dont le langage est direct, simple, sensuel et frappant</em>&nbsp;» selon la compositrice entrent en résonance avec notre époque, construisant un «&nbsp;pont solide entre deux mondes&nbsp;» (ibid). Dans notre monde fragile, le chant tisse inlassable les fils d’ententes à venir.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Ces concerts ont eu lieu les&nbsp;&nbsp;24 et 27 juin, Hôtel Maynier d’Oppède,&nbsp;<strong>Aix-en-Provence</strong></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/festival-daix/">Festival d’Aix</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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