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	<title>Archives des IMMS - Journal Zebuline</title>
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		<title>Lady Macbeth n’existe pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 08:41:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La pièce de Samuel Gallet parle, bien, de Shakespeare. De théâtre dans le théâtre, des enjeux d’aujourd’hui qui ne sont plus ceux d’hier, de traductions, de rapport entre les générations, de mansplaining. Qu’il met en scène lucidement avec un personnage acteur de 56 ans qui fait la bise aux jeunes femmes contre leur gré, et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La pièce de Samuel Gallet parle, bien, de Shakespeare. De théâtre dans le théâtre, des enjeux d’aujourd’hui qui ne sont plus ceux d’hier, de traductions, de rapport entre les générations, de mansplaining. Qu’il met en scène lucidement avec un personnage acteur de 56 ans qui fait la bise aux jeunes femmes contre leur gré, et explique le théâtre à celle qui le dirige… Une pièce a priori bien de son temps, où on rappelle qu’Ophélmia, Lady Macbeth et Juliette étaient joués par des hommes, et que le genre des comédien·nes ne doit plus être un impératif dans les distributions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que ce texte, écrit par un homme, mis en scène par un homme <strong>Laurent Brethome</strong>, et une femme, <strong>Clémence Lebatut</strong>, trimballe et augmente les fantasmes shakespeariens sur la dangerosité féminine, et les sorcières maléfiques qu’elles sont toutes un peu. Une des personnages, qui défend un théâtre ancré dans le réel, répète qu’elle voit des Lady Macbeth partout, dans la rue, des exilées, des pauvres, des errantes. Or Lady Macbeth n’existe que dans le fantasme des hommes, tout comme Médée ou Clytemnestre&nbsp;: les femmes tuent très peu, et généralement par représailles de violences commises sur elles. Aucune Lady Macbeth ne traine dans les rues, et les exilées pauvres n’ont pas plongé leurs mains dans le sang de leurs victimes…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Life is not a tale</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages de la pièce représentent donc une génération des comédien·nes genderfluid, à cheval sur le iel, mais qui trimballe pourtant sans problème cette vision de la femme sorcière avide de sang et de pouvoir. Et qui désire plus que tout incarner cette figure si peu féministe du répertoire, qui les pousse au harcèlement, au meurtre, à la folie collective. «&nbsp;Life is a tale&nbsp;», affirmait Macbeth&nbsp;? Il est temps de sortir des schémas si genrés du répertoire, et d’affirmer sur scène que la vie n’est pas un conte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, puisque le but d’une création de sortie d’école supérieure de théâtre est de mettre en valeur les comédien·nes à leur entrée dans la vie professionnelle, on ne peut que souligner le talent évident des 6 sortant·es de l’Eracm : <strong>Azenor Glotin</strong>, qui incarne la metteuse en scène déterminée, tourmentée par la mort de sa mère, <strong>Garance Courtial</strong>, qui joue très bien la mauvaise comédienne, <strong>Benoit Billon</strong> et <strong>Clarisse Ensenat</strong>, impressionnant·es de présence comique, <strong>Henri Ardisson</strong> et <strong>Amélie Kierzenbaum</strong>, très convaincant·es dans leurs monologues face public. Loin des «&nbsp;<em>poor players</em>&nbsp;» de Shakespeare qui s’agitent inutilement sur les scènes, «&nbsp;<em>and then are heard no more</em>&nbsp;»&nbsp;: on entendra parler d’elleux d’ici peu, et longtemps&nbsp;!</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br> En répétition a été joué à l’IMMS, la Friche, Marseille, <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">du 18 au 20 juin</mark></strong>.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>L’antipsychiatrie en liberté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 09:00:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
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		<category><![CDATA[Katrina Chaumont]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre de l’Astronef]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis ses 6 ans, Katrina Chaumont fréquente la psychiatrie au gré&#160;des internements successifs de sa mère bipolaire. Témoin impuissante des dysfonctionnements de cette institution, elle s’y affronte aujourd’hui dans sa première pièce,&#160;La Tête loin des&#160;épaules, créée&#160;à&#160;l’IMMS (Friche La Belle de mai).&#160; Dans un espace scénique affranchi de toute formalité, Chaumont s’adresse au public &#8211; qu’elle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis ses 6 ans, Katrina Chaumont fréquente la psychiatrie au gré&nbsp;des internements successifs de sa mère bipolaire. Témoin impuissante des dysfonctionnements de cette institution, elle s’y affronte aujourd’hui dans sa première pièce,&nbsp;<em>La Tête loin des&nbsp;épaules</em>, créée&nbsp;à&nbsp;l’<a href="https://www.lafriche.org/la-friche/lieux/l-imms/">IMMS</a> (Friche La Belle de mai).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un espace scénique affranchi de toute formalité, Chaumont s’adresse au public &#8211; qu’elle accueille avec des tasses de café&nbsp;chaud &#8211; dans une sorte de conférence intime. Partant de l’expérience de sa mère, elle met méticuleusement&nbsp;à&nbsp;nu la déshumanisation&nbsp;à&nbsp;l’œuvre dans l’institution psychiatrique. Elle s’attaque sans détour&nbsp;à&nbsp;la médication et l’isolement des patients, des méthodes qui ne visent selon elle pas&nbsp;à&nbsp;soigner mais&nbsp;à&nbsp;maintenir en place un système de domination &#8211; des médecins sur les patients, de la société&nbsp;sur des malades perçus comme dissidents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses mots et son jeu provoquent tour&nbsp;à&nbsp;tour le rire, la compassion et le malaise. Sa colère est communicative et grandit au fur et&nbsp;à&nbsp;mesure que son argumentation antipsychiatrique se précise.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">«&nbsp;On se lève et on se barre&nbsp;!&nbsp;»</mark></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Chaumont ne se contente pas de dresser un constat : elle veut proposer un modèle alternatif de soin, fondé&nbsp;sur l’accompagnement humain plutôt que sur la sédation. Ayant créé&nbsp;un sentiment collectif avec le public dès le début du spectacle, elle l’entraîne en extérieur pour une balade dans les rues de la Belle de mai. La colère laisse place&nbsp;à&nbsp;une fantaisie faussement naïve et franchement cathartique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage de la salle&nbsp;à&nbsp;l’extérieur, qui se conclut par un pique-nique et une discussion, permet&nbsp;à&nbsp;Katrina Chaumont de mettre en place une dialectique formelle et joyeuse qui amène&nbsp;à&nbsp;une conclusion simple mais radicale : seul le sentiment de communauté&nbsp;peut soigner en profondeur les souffrances psychiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ&nbsp;MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>La Tête loin des épaules </em>se joura du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 au 12 avril</mark> au <a href="https://www.theatredeshalles.com">théâtre des Halles</a>, Avignon </pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes">Scènes ici</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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