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	<title>Archives des inflation - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des inflation - Journal Zebuline</title>
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		<title>Bouchées doubles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Mar 2023 14:54:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce week-end, c’est la grande collecte organisée par Les Restos du Cœur. Comme chaque année, l’association appelle à une mobilisation d’ampleur, partout dans le pays, pour la soutenir dans ses missions de solidarité. La routine&#160;? Pas vraiment. Les bénévoles ne savent plus où donner de la tête alors que les bénéficiaires n’ont jamais été aussi [&#8230;]</p>
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<p>Ce week-end, c’est la grande collecte organisée par Les Restos du Cœur. Comme chaque année, l’association appelle à une mobilisation d’ampleur, partout dans le pays, pour la soutenir dans ses missions de solidarité. La routine&nbsp;? Pas vraiment. Les bénévoles ne savent plus où donner de la tête alors que les bénéficiaires n’ont jamais été aussi nombreux. Leur appel n’y va pas par quatre chemins&nbsp;: il s’agit de «&nbsp;faire face à l’explosion de la précarité en France&nbsp;». Et le mois qui vient de s’écouler n’annonce rien de bon avec une augmentation de plus de 20% du recours à l’association par rapport à février 2022.<br>Si la tendance se poursuit, les Restos du Cœur distribueront en 2023 entre 150 et 170 millions de repas, contre 142 millions l’an dernier. Loin des huit millions et demi lors du lancement de la campagne par Coluche en 1985. Parmi le gros million de personnes accompagnées l’année dernière, 52% ont moins de 25 ans, 40% d’entre elles sont mineures, dont 110 000 bébés. Dans le même temps, tandis que la grande distribution et les dirigeants de l’industrie agro-alimentaire parlementent sur leurs marges, est annoncée&nbsp;une augmentation d’environ 10% des prix alimentaires dans les prochaines semaines. Après l’inflation des matières premières, ces gaveurs d’actionnaires nous font le coup de la crise énergétique pour justifier leurs cyniques négociations.</p>



<p><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trimer plus pour vivre moins<br></mark></strong>Dans le déni sur l’état de fracture réel du pays, le président Macron opte une nouvelle fois pour des éléments de langage outranciers pour tenter de défendre son infâme projet de «&nbsp;réforme&nbsp;» des retraites. Et choisit de jouer son numéro dans le décor recyclé de la France qui se lève tôt. Le message est clair&nbsp;:&nbsp;trimer plus pour vivre moins. Plus discrètement, il remettait les insignes de chevalier de la légion d’honneur à Jeff Bezos, patron glouton d’Amazon. Car pour être distingué par la Macronie, mieux vaut détruire des emplois, saccager la planète et pratiquer l’évasion fiscale que de mourir au travail.<br>Le 7 mars, les syndicats, soutenus par les forces politiques progressistes, appellent à l’unisson à cesser toute activité pour immobiliser le pays. Comment ne pas leur donner raison tant ce «&nbsp;pays&nbsp;», façonné par les intérêts d’une finance sous perfusion de deniers publics, doit d’urgence être mis à l’arrêt. Pas seulement pour dire non à la «&nbsp;réforme&nbsp;» des retraites mais également pour faire grandir un tout autre projet commun de société.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>
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		<title>Les affameurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 13:37:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On l’a suffisamment entendu pour le croire, la guerre en Ukraine est largement responsable de l’explosion des prix. Celui du blé comme celui du gaz. Mais il y a des «&#160;nouvelles&#160;» que l’on entend moins&#160;: si l’inflation bat des records, c’est aussi parce qu’elle est aidée par la spéculation. Particulièrement sur les matières premières agricoles. [&#8230;]</p>
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<p>On l’a suffisamment entendu pour le croire, la guerre en Ukraine est largement responsable de l’explosion des prix. Celui du blé comme celui du gaz. Mais il y a des «&nbsp;nouvelles&nbsp;» que l’on entend moins&nbsp;: si l’inflation bat des records, c’est aussi parce qu’elle est aidée par la spéculation. Particulièrement sur les matières premières agricoles. Car bien entendu, à l’époque formidable dans laquelle nous vivons, ces produits essentiels pour notre alimentation sont cotés en bourse. Et des acteurs purement financiers, à défaut de s’épuiser au travail, boursicotent avec nos estomacs. Banques, fonds d’investissement, établissements de crédit font mumuse avec le marché et se gavent sur le dos de la crise alimentaire. Investir au bon moment, quand les cours commencent juste à grimper, et revendre plus cher, beaucoup plus cher, pour encaisser les plus-values. Le principe est vieux comme le capitalisme. Et aussi immoral que lui. Quelques fins observateurs ont pu constater que ces profiteurs sans foi ni loi ressemblent fortement à ceux qui nous ont déjà mis dans la mouise en 2008. Pourquoi se priveraient-ils&nbsp;? On les laisse faire. Mieux&nbsp;: on les couvre. Parfois l’Union européenne ou de grandes institutions internationales pseudo-régulatrices montrent les dents. Mais c’est souvent pour de rire. Et comme on n’arrête pas le progrès – pas le social, l’autre – ce sont les ordinateurs qui font le sale boulot. Un algorithme, ça n’a pas de scrupules, c’est l’avantage. On appelle ça le trading à haute fréquence et il paraît que c’est sain pour le marché. Ils seraient quatre dans le monde à se répartir le gâteau dont le groupe Louis Dreyfus, entreprise tentaculaire mais toujours familiale bien connue des supporters de l’OM et impliquée dans le scandale des Paradise Papers en 2017. Elle, n’est toujours pas cotée en bourse. Pas folle la guêpe.<br>Selon certains experts, ces pratiques spéculatives pèseraient pour près de 40% dans la hausse des prix des matières premières. Vous reprendrez bien un chèque énergie&nbsp;?</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>
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		<title>Flambée des prix de l’énergie : bientôt la panne sèche ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Dec 2022 14:31:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Madelin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le Covid, la crise énergétique. Et les factures de gaz ou d’électricité d’atteindre des montants historiquement élevés. Qui doublent, qui triplent… qui quintuplent dans certains cas&#160;! De 23&#160;000 euros à 115&#160;000 pour La Criée, à Marseille. De 18&#160;000 à 74&#160;000 pour le Jeu de Paume à Aix-en-Provence. De 50&#160;000 à 190&#160;000 pour Paloma, à [&#8230;]</p>
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<p>Après le Covid, la crise énergétique. Et les factures de gaz ou d’électricité d’atteindre des montants historiquement élevés. Qui doublent, qui triplent… qui quintuplent dans certains cas&nbsp;! De 23&nbsp;000 euros à 115&nbsp;000 pour La Criée, à Marseille. De 18&nbsp;000 à 74&nbsp;000 pour le Jeu de Paume à Aix-en-Provence. De 50&nbsp;000 à 190&nbsp;000 pour Paloma, à Nîmes. Au 6mic, salle de concert aixoise, l’addition électrique bondit de 150&nbsp;000 euros. «&nbsp;<em>Le contrat avec notre fournisseur arrivant à échéance au 31 décembre, on a réussi à négocier un tarif multiplié par quatre contre une première proposition qui l’aurait multiplié par huit&nbsp;</em>», confie <strong>Stéphane Delhaye</strong>, le directeur. Face à des dépenses impondérables qui bouleversent à ce point les équilibres budgétaires, que faire&nbsp;? Augmenter les prix des concerts&nbsp;? Inenvisageable. «&nbsp;<em>Il est encadré par un cahier des charges dans le cadre de notre délégation de service public et c’est bien normal. Et même si les prix étaient libres, on ne pourrait pas faire supporter une augmentation au public, déjà que remplir les salles est compliqué, avec une fréquentation en baisse 30% au niveau national</em> <em>par rapport 2019, année de référence pré-Covid</em>&nbsp;», défend Stéphane Delhaye. La décision prise par 6mic est bien plus drastique&nbsp;: la salle fermera ses portes pendant quatre semaines, du 22 janvier au 16 février.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De l’énergie et du désespoir</mark></strong><br>Si sa consœur nîmoise n’a pas pris la même direction, l’ambiance n’est pas beaucoup plus enjouée à Paloma. «&nbsp;<em>Même si on essaie de préserver au maximum le projet artistique et culturel, on n’a pas d’autres solutions que de taper dedans pour absorber les augmentations</em>&nbsp;», indique <strong>Aurore Becquet</strong>, administratrice. Lors de son dernier conseil d’administration, la Smac (Scène de musiques actuelles) de Nîmes Métropole a annoncé pour 2023 un déficit de 500&nbsp;000 euros si elle menait la même activité que l’année qui se termine&nbsp;! «&nbsp;<em>Pour que nos décisions économiques ne nous coupent pas de nos publics d’avenir, nous avons retravaillé notre budget en essayant de préserver les pôles accompagnement artistique et action culturelle. Sinon, c’est la double peine…</em>&nbsp;» Résultat&nbsp;: vingt dates seront supprimées. Essentiellement des concerts grand public, avec des têtes d’affiche, afin de ne pas pénaliser les groupes en découverte. «&nbsp;<em>Sur une programmation annuelle de 160 spectacles, ce ne sera pas très visible&nbsp;</em>», se rassure Aurore Becquet. Autre conséquence directe de l’inflation, une augmentation sensible du prix des consommations : un euro sur les boissons alcoolisées et 50 centimes sur les soft. Mais malgré ces mesures, 100 000 euros restent à trouver pour équilibrer les comptes. Et Paloma d’espérer les éponger grâce à des subventions exceptionnelles des collectivités.<br><br>Solliciter des subventions en hausse auprès des institutions de tutelle est l’une des rares pistes pour ces établissements au pied du mur. Au moins «&nbsp;<em>pour pouvoir passer l’année, en espérant que les tarifs du gaz et de l’électricité finissent par baisser</em>&nbsp;», témoigne <strong>Alexandre Madelin</strong>, administrateur de La Criée depuis 2009. Et le théâtre national de Marseille de tabler également sur «&nbsp;<em>l’amélioration de ses&nbsp;installations qui sont d’origine et très énergivores. Nos équipements sont obsolètes – les chaudières datent des années 80 – et il existe des systèmes beaucoup plus efficients aujourd’hui qui nous permettraient de diminuer notre consommation de 50%</em>&nbsp;». Si rien n’était amené à évoluer, le théâtre devrait lui aussi tailler de 30 à 35% dans sa marge artistique soit un tiers de spectacles en moins.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Doudounes sans manche</mark></strong><br>L’inflation ne distinguant pas le public du privé, même la solide entreprise de <strong>Dominique Bluzet</strong> voit l’avenir s’assombrir. Dans un courrier adressé à la ministre de la Culture, le directeur des Théâtres avance plusieurs suggestions parmi lesquelles une diminution de 30&nbsp;% de la consommation électrique par représentation. «&nbsp;<em>Ça ne changerait pas grand-chose à la qualité des œuvres. D’ailleurs on utilisait beaucoup moins de projecteurs il y a trente ans et je ne suis pas sûr que les spectacles étaient moins bons&nbsp;!</em>&nbsp;» Et de reconnaître que «&nbsp;<em>toute l’aventure esthétique du théâtre des quatre dernières décennies est remise en question par ces sujets-là</em>&nbsp;». Quant aux salariés qui «&nbsp;<em>ont froid</em>&nbsp;», l’entrepreneur culturel a prévu d’offrir «&nbsp;<em>des doudounes sans manche</em>&nbsp;»… Aux grands maux, les grands remèdes. «&nbsp;<em>Il faut qu’on se prenne tous en main pour trouver chacun à notre endroit des solutions. Si je ne suis pas inquiet, je suis sceptique&nbsp;: où est notre marge de manœuvre&nbsp;?</em>&nbsp;». Comme les autres, Les Théâtres devront réduire la voilure.&nbsp;</p>



<p>Comme tout bâtiment public relevant de l’État, le Mucem applique le plan de sobriété exigé par le gouvernement. «&nbsp;<em>On a des consignes claires sur les températures&nbsp;: 19° l’hiver au lieu de 20 auparavant et 26° l’été au lieu de 24</em>. <em>Cela implique une baisse de confort pour les agents</em> », indique <strong>Sébastien Dugauguez</strong>, responsable du département des bâtiments et de l&rsquo;exploitation du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Objectif&nbsp;: diminuer de 10% la consommation par rapport à 2019. Mais contrairement au public, les œuvres requièrent des conditions de conservation qui limitent la marge de variation des températures. Autre mesure&nbsp;: les utilitaires seront réduits et remplacés par des véhicules de critère 1.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">S’en remettre à l’État&nbsp;?</mark></strong><br>Du fait de sa construction relativement récente, le Mucem est énergétiquement vertueux par nature. Ce qui est loin d’être le cas de la majorité des bâtiments culturels. Un point soulevé par la Fédération nationale des collectivités pour la culture. Réunissant de nombreux·ses élu·es à la culture, celle-ci appelle à des réponses sur le long terme, pointant dans un communiqué l’urgence d’«&nbsp;adapter le patrimoine à la transition énergétique et au changement climatique&nbsp;». Un chantier colossal qui pose une fois encore la question des moyens&nbsp;: «&nbsp;Scènes de musiques actuelles, cinémas, théâtres, bibliothèques…, la liste est longue des équipements culturels construits avant que n’entrent en vigueur les normes actuelles d’économie d’énergie. Et là encore, la hausse des prix de l’énergie jointe à l’inflation gonfle le coût des travaux tout en multipliant par deux le poids en fonctionnement de ces équipements&nbsp;», rappelle la FNCC. Vice-président de cette fédération et également maire adjoint de Martigues en charge notamment de la culture, <strong>Florian Salazar-Martin</strong> «&nbsp;<em>demande une régulation des tarifs de l’énergie par l’État car aujourd’hui c’est la loi du marché qui décide et il n’y a pas de compensation</em>&nbsp;». Dans sa commune aux équipements culturels municipaux importants, ce sont les finances de la Ville qui assument l’augmentation des fluides. «&nbsp;<em>Ces frais ne sont pas retranchés aux subventions de fonctionnement qu’on leur attribue. On ne fermera rien et on ne va pas diminuer quoi que ce soit</em>&nbsp;<em>au niveau des services et des horaires d’ouverture. C’est important au moment où on a besoin de se retrouver dans ces lieux</em> », précise-t-il, faisant référence à certaines villes contraintes à des fermetures partielles de sites comme les musées ou les bibliothèques.</p>



<p>Alors que la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a récemment annoncé une enveloppe de deux millions d’euros pour aider les festivals à prendre en charge les questions de sécurité tandis que les forces de l’ordre seront accaparées par les Jeux olympiques de 2024, faut-il attendre encore des collectivités territoriales qu’elles mettent la main à la poche pour limiter l’impact des coûts énergétiques sur les structures culturelles&nbsp;? <em>«&nbsp;Pourquoi pas un fonds régional de solidarité mais ce ne serait pas très juste politiquement</em>, estime Florian Salazar-Martin<em>. C’est plutôt à l’État d’intervenir comme il l’a fait légitimement avec le </em>«&nbsp;quoi qu’il en coûte&nbsp;»<em>. On n’est pas encore dans l’après-Covid et le secteur reste fragile. Les collectivités réagissent bien aux besoins de la culture mais elles ne peuvent pas se substituer à l’État quand le problème vient du prix de l’énergie. Chacun doit jouer son rôle&nbsp;».</em><br>Car contrairement à l’épisode pandémique, cette nouvelle crise ne voit toujours pas de mesures d’accompagnement nationales concrètes qui permettraient de limiter la casse. Il y a urgence&nbsp;: la seule équation sobriété et doudoune ne fera pas des miracles.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>
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