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	<title>Archives des Israël - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Israël - Journal Zebuline</title>
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		<title>Gaza, aux frontières de l&#8217;horreur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Tu as choisi de défier la société par la langue du cinéma. Courageux mais anecdotique. Je mets fin à nos échanges. » écrit Ariel Cypel, coscénariste, à Anat Even, la réalisatrice israélienne du documentaire Collapse (Effondrement) tourné pendant deux ans dans le kibboutz de Nir Oz et dans le désert du Néguev. Eh bien, [&#8230;]</p>
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<p>« <em>Tu as choisi de défier la société par la langue du cinéma. Courageux mais anecdotique. Je mets fin à nos échanges</em>. » <strong>écrit Ariel Cypel,</strong> coscénariste, à <strong>Anat Even</strong>, la réalisatrice israélienne du documentaire <em>Collapse </em>(<em>Effondrement</em>) tourné pendant deux ans dans le kibboutz de Nir Oz et dans le désert du Néguev. Eh bien, c’est loin d’être anecdotique ! Certes, on a vu beaucoup d’images sur Gaza, fictions et documentaires mais difficile d’oublier la voix d’<strong>Anat Even </strong>qui nous guide sur ce territoire. Déambulations à pied dans le kibboutz en ruines où elle a vécu, jeune&nbsp;: maisons abandonnées, photos d’habitants de Nir Oz, des amis qui lui ont appris « l’histoire et le cinéma. Plans larges, coupés en deux par la frontière, les barbelés. Terre ocre, champs traversés sans cesse par des machines, tracteurs, chars et les D9, monstres de 60 tonnes d’acier qui renversent, abattent, expulsent, aplanissent. Longs travellings en voiture le long des routes et, au loin, omniprésents, la fumée et l’écho sourd des bombardements et des explosions. Anat Even a commencé à filmer le 24 octobre 2023 et en automne 2025, dit-elle, chaque matin est pareil à l’autre. « <em>J’entends les bombardements incessants et mon cœur se brise.&nbsp;</em>» 100.000 obus d’artillerie, ainsi que des bombes à fragmentation, contenant jusqu’à 429 kg de matière explosive, ont été largués ; en une semaine de guerre, plus que ce qu’ont lancé les Américains sur l’Afghanistan en 2019. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Voix off, lettres échangées avec Ariel, témoignages comme celui d’<strong>Ezzideen Shehab, </strong>médecin et poète palestinien, 27 ans, rentré à Gaza en octobre 2023, 5 jours avant le début de la guerre. «&nbsp;<em>Ce n’est pas le destin qui nous affame, ce ne sont pas les cieux qui nous bombardent, c’est la logique des puissants, l’arithmétique froide de la géopolitique qui ont transformé nos rues en abattoirs&nbsp;; 60 000 morts, 150 000 mutilés, principalement des enfants dont le seul crime et d’être nés à Gaza, du mauvais coté d’une ligne imaginaire, tracée par des messieurs en costumes</em>.&nbsp;»</p>



<p>Les Israéliens comme Anat Even qui sont contre cette guerre, et toutes les autres, sont vus comme des fous dangereux, tel cet homme assis sur la route, tenant un panneau appelant à la paix, fantôme muet. Comment parler de Gaza&nbsp;? <em>D’une zone d’extermination, d’un enfer à portée de main et à des années-lumière ?</em> &nbsp;La réalisatrice filme les quelques rassemblements d’opposants à cette guerre éternelle, qui manifestent pour la paix, contre Netanyahou en visite au kibboutz, 650 jours après le désastre. Elle nous met face aux discours haineux de ceux qui traitent les Gazaouis de rats et affirment leur volonté de recoloniser Gaza.</p>



<p>A Ariel qui souhaiterait mettre Israël au ban des nations comme les Allemands, les Serbes et les Hutus, elle confie ne pouvoir se détacher, née là et n’ayant nulle part où aller. Pas d’autre langue, pas d’autres paysages.  Ariel qui met fin à leurs échanges, craignant que la caméra de son amie ne se cantonne à un seul côté de la frontière : derrière cette barrière vit un peuple condamné à mort qui n’a ni visage, ni nom.  Elle, ne veut pas renoncer à l’espoir. Quelle place pour le cinéma face à cette machine de guerre ? Anat Even a choisi de laisser une trace, au plus près des lieux, des contradictions.</p>



<p>C’est une citation du prix Nobel de littérature, <strong>Imre Kertész,</strong> qui ouvrait ce documentaire sombre et courageux&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous étions parfaitement conscients de la stupidité de la barbarie et de la malfaisance destructrice qui se propageait dans notre pays comme un fléau avec l’aval des autorités. Pourtant, nous les avons considérées avec indifférence comme des gens qui auraient renoncé depuis longtemps à tenter d’améliorer la vie publique ou à provoquer un changement quel qu’il soit. </em>»</p>



<p><em>Collapse</em> se termine par une dédicace aux enfants et aux victimes innocentes de crimes contre l’humanité</p>



<p>Un documentaire qui résonne encore plus fort en cette période où beaucoup d’innocents sont sous les bombes.</p>



<p>Annie Gava</p>



<p>Collapse en salles le 6 mai</p>
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		<title>Chroniques d’Haïfa, histoires palestiniennes &#8211; Une caméra dans l’entre-deux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 08:51:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques d'Haifa]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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		<category><![CDATA[Palestiniens]]></category>
		<category><![CDATA[Scandar Copti]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chroniques d’Haïfa, histoires palestiniennes est un film intense. Parce que les caméras portées placent le spectateur au plus près des personnages, que l’authenticité des scènes est renforcée par l’absence de projecteurs. Parce que les acteurs non professionnels jouent leurs rôles comme un prolongement d’eux-mêmes. Parce que le tournage chronologique colle à leur évolution au fil des événements. Parce que la subtilité narrative et la temporalité élastique [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p><em>Chroniques d’Haïfa, histoires palestiniennes</em> est un film intense. Parce que les caméras portées placent le spectateur au plus près des personnages, que l’authenticité des scènes est renforcée par l’absence de projecteurs. Parce que les acteurs non professionnels jouent leurs rôles comme un prolongement d’eux-mêmes. Parce que le tournage chronologique colle à leur évolution au fil des événements. Parce que la subtilité narrative et la temporalité élastique brouillent les repères et les points de vue. Parce que les sirènes d’alerte ponctuent la vie quotidienne. Et parce qu’enfin, au travers de sujets banals et privés, à l’intérieur d’une famille palestinienne bourgeoise, toutes les tensions de la société israélo-palestinienne transparaissent dans des drames imbriqués qui excluent l’épanouissement individuel.</p>



<p>C’est Fifi, qui mène&nbsp;une&nbsp;double vie&nbsp;:&nbsp;étudiante libre de son corps et de ses relations&nbsp;devenant au foyer&nbsp;la fille&nbsp;sage, docile&nbsp;et&nbsp;pudique,&nbsp;promise à un mariage conventionnel.&nbsp;C’est Walid, le médecin amoureux de Fifi qui renoncera à cet amour parce&nbsp;que&nbsp;Fifi n’est pas «&nbsp;<em>un bonbon encore dans son emballage</em><em>.</em>&nbsp;»&nbsp;C’est Rami, son frère,&nbsp;qui refuse que&nbsp;la femme qu’il aime,Shirley, hôtesse de l’air juive, garde le bébé qu’elle porte. Un bébé inenvisageable pour&nbsp;leurs&nbsp;parents, comme pour les organisations israéliennes qui œuvrent par la violence&nbsp;et l’intimidation&nbsp;à&nbsp;briser toute possibilité de mixité.&nbsp;Les non-dits, les dissimulations, les mensonges, le croisement des points de vue tisonnent le malaise&nbsp;dans un crescendo savamment orchestré, en quatre mouvements.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Oppression perpétuelle </mark></strong></h3>



<p>Arabes&nbsp;et hébreux&nbsp;s’entendent dans le film. Haïfa est une ville&nbsp;cosmopolite&nbsp;réputée pour la coexistence apaisée entre&nbsp;eux. Le film,&nbsp;en filigrane,&nbsp;montre que c’est illusoire.&nbsp;Une séquence saisissante dans une classe primaire où Fifi fait un stage montre comment on conditionne les enfants dès leur plus jeune âge à respecter Dieu et les soldats qui protègent l’unité du peuple élu. Les grandes fêtes juives rythment le&nbsp;calendrier&nbsp;s’imposant à tous les citoyens, dans une suprématie de fait.</p>



<p>Le titre arabe du film,&nbsp;<em>Yinad Aleykou</em>&nbsp;peut&nbsp;se&nbsp;traduire par&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;<em>Que cela se répète pour toi&nbsp;</em>». Une&nbsp;formule de vœux pour un avenir plus heureux&nbsp;qui&nbsp;prend ici un sens littéral avec le retour à la séquence du début pour Fifi, suggérant selon le réalisateur, un cycle&nbsp;vicieux&nbsp;d’oppression perpétuel.</p>



<p>Mon film,&nbsp;dit-il, «&nbsp;<em>souligne le fait que la liberté est une question collective. Personne n’est libre si tout le monde ne s’est pas émancipé des formes d’oppression, qu’elles soient politiques, sociales ou culturelles. Le film vise à nous rappeler que nos luttes pour la liberté et l’égalité sont profondément liées.&nbsp;</em>»&nbsp;Tourné en 2020, avant la pandémie,&nbsp;<em>Chroniques d’Haïfa</em>&nbsp;a pu concourir à la&nbsp;Mostra&nbsp;de Venise&nbsp;en 2024&nbsp;où&nbsp;il a remporté le prix du meilleur scénario&nbsp;section&nbsp;Orizzonti.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Chroniques d’Haïfa, histoires palestiniennes</em> de <strong>Scandar Copti</strong><br>En salles le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 septembre</mark></pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/cinema/">Cinéma ici</a></p>



<p></p>
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		<title>La ronde des hommes qui meurent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2024 16:43:12 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1906 Henri Matisse expose La Joie de vivre. Des hommes et des femmes nus jouent de la musique, s’enlacent, s’embrassent, dansent une ronde. En 1910, pour un commanditaire russe, il reprend le sujet central de son tableau et peint son chef-d’œuvre fauve, La Danse, hymne à la vie circulaire d’un doux paganisme,&#160; exposé à [&#8230;]</p>
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<p>En 1906 Henri Matisse expose <em>La Joie de vivre</em>. Des hommes et des femmes nus jouent de la musique, s’enlacent, s’embrassent, dansent une ronde. En 1910, pour un commanditaire russe, il reprend le sujet central de son tableau et peint son chef-d’œuvre fauve, <em>La Danse</em>, hymne à la vie circulaire d’un doux paganisme,&nbsp; exposé à ce jour encore au Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg.</p>



<p>A cette ronde de vie succédera <em>Le Sacre du printemps</em> en 1913, associant encore la France et la Russie, mais pour un ballet sacrificiel. Comme si la danse contenait des ferments de mort, comme si cet hymne à la vie générait, chez celui qui ne sait y entrer, le besoin de tout détruire. &nbsp;</p>



<p>Les morts du Crocus City Hall de Moscou, du désert de Néguev en Israël, du Bataclan à Paris, du Pulse à Orlando, aimaient la danse, la vie, la joie. Ils sont morts, tués par des fous de Dieu qui interdisent la musique. C’est en chantant l’hymne de vie&nbsp; que nous devrions les combattre.</p>



<p>Car c’est à leur façon de combattre le terrorisme que l’on reconnaît les démocraties. Matisse, dans sa danse de vie, n’opposait pas les corps, leur genre, leur couleur uniformément rouge. Il peignait une ronde, des hommes reliés, tournant ensemble. Reprenant une danse circulaire Nijinski et Stravinski, à un an de la Première guerre mondiale et quelques encablures de la Révolution russe, traçaient entre les corps, les hommes et les femmes, des antagonismes qui ne se résolvaient qu’en désignant une victime, en ouvrant le champ au massacre.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Contagion du chant de mort</mark></strong></p>



<p>La désignation d’un ennemi commun brise la ronde, plus sûrement encore que les fous de Dieu. Elle trace des tranchées entre les camps et efface les traits humains des victimes. Les enfants de Gaza n’ont pas tué les hommes qui dansent, pas plus que les Ukrainiens voués aux gémonies par Poutine n’ont aidé aux attentats du Crocus Hall. Réagir aux attentats par l’attaque d’une population civile, le blocus alimentaire et médical, le bombardement des villes, la torture à Abu Ghraib, l’assassinat politique, le silence sur les crimes de guerre, construit une autre ronde, un tournoiement incessant de corps qui s’effondrent, sans visage, sans nom, et deviennent des chiffres, des douleurs durables, des ressentiments, des ferments de guerre globalisée et d’attentats futurs. </p>



<p>L’appel au Cessez-le-feu immédiat du Conseil de sécurité de l’ONU est susceptible d’y mettre un frein, pour peu qu’Israël ne soit plus approvisionné en munitions, et soit sommé de laisser passer l’aide alimentaire indispensable aux 500000 humains qui meurent de faim au centre de Gaza. Il nous est possible, à cet endroit du monde, de briser le cercle vicieux de la vengeance, de mettre les monstres au placard et de tenter de retrouver <em>La Joie de vivre</em>.</p>



<p>AGNES FRESCHEL</p>
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		<title>Affirmer la culture de paix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Oct 2023 08:03:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des moments où il faut choisir. Ce que l’on va mettre en Une (rugby ou gazaoui?), quelles manifestations on va soutenir ou interdire, comment on va commenter les événements qui se déroulent et nous bouleversent. Mais choisir de simplifier le réel risque de dénaturer l’avenir. Le Hamas, organisation terroriste longtemps soutenue par Netanyahou [&#8230;]</p>
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<p>Il est des moments où il faut choisir. Ce que l’on va mettre en Une (rugby ou gazaoui?), quelles manifestations on va soutenir ou interdire, comment on va commenter les événements qui se déroulent et nous bouleversent. Mais choisir de simplifier le réel risque de dénaturer l’avenir. Le Hamas, organisation terroriste longtemps soutenue par Netanyahou pour faire taire l’entreprise de paix portée par l’OLP et la gauche israélienne, terrorise aussi les Gazaouis. Doivent-ils payer les atrocités commises par leur gouvernement terroriste&nbsp;? &nbsp;</p>



<p>Pour choisir, en conscience, il faut échapper aux polices de la pensée. En France on interdit les manifestations de soutien aux Palestiniens. La gauche se déchire autour de mots prononcés, de condamnations pas assez fermes, d’un populisme qui établit des parallèles et des oppositions manichéennes, quand il faudrait un peu d’esprit de finesse hérité non des Lumières, mais de Pascal. Une finesse non binaire, qui permettrait de cesser d’opposer le Hamas et la droite extrême israélienne, en omettant de dire qu’ensemble ils ont assassiné toute chance de paix, toute «&nbsp;solution à deux états&nbsp;» défendue par le couple Arafat-Rabin, la gauche israélienne, le Fatah, l’OLP, l’ONU, la France.&nbsp;</p>



<p>Qui dira qu’on ne peut pas impunément souffler sur les braises et s’offusquer qu’elles flamboient&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>Le peuple palestinien a besoin de soutien. Les intellectuels et les artistes se taisent, terrorisés d’être soupçonnés d’antisémitisme, d’antisionisme, de naïveté. Mais comment appelle-t-on un gouvernement qui enferme plus de deux millions d’habitants dans quelques kilomètres carrés et coupe tout accès, prive d’eau, de nourriture et d’électricité, puis bombarde, déplace la moitié de la population, et s’apprête à envahir&nbsp;?&nbsp; Les enfants de Gaza n’ont-ils pas droit à notre intérêt et à notre compassion comme les enfants d’Israël&nbsp;? De quoi sont-ils coupables&nbsp;?</p>



<p>Aujourd’hui, il n’est pas d’autre choix que de sortir des oppositions manichéennes, de cultiver la nuance, de rectifier les oppositions racialistes, nationales ou religieuses. Il n’y a pas le camp des Palestiniens et des Israéliens (dont un cinquième est musulman) mais deux forces qui veulent anéantir leur ennemi, et d’autres qui cherchent à construire la paix.&nbsp;</p>



<p>La position du gouvernement français à cet égard peut fracturer durablement la cohérence sociale de notre pays, mise à mal en même temps par le meurtre d’un enseignant au nom d’Allah, les amalgames délirants du RN entre tout ce qui consonne arabe et le Hamas. Les extrêmes droites islamistes, israéliennes et françaises ont la même vision de l’avenir&nbsp;: un champ de ruine dont ils seraient les uniques survivants, sans place pour l’autre. La seule alternative réside dans le dialogue, et un soutien acharné à la Culture de Paix.</p>



<p>&nbsp;Agnès Freschel</p>
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		<title>Tragique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Oct 2023 09:22:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Je veux peindre La France une mère affligéeQui est entre ses bras, de deux enfants chargée Les Tragiques d’Agrippa D’Aubigné témoignent de la violence d’une guerre civile, celle qui opposa catholiques et protestants au XVIe siècle. Le tragique, selon Aristote, c’est ce que les hommes voient venir, redoutent, mais dont le dénouement, fatal, est incontournable. [&#8230;]</p>
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<p><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Je veux peindre La France une mère affligée<br>Qui est entre ses bras, de deux enfants chargée</mark></em></p>



<p><em>Les Tragiques</em> d’Agrippa D’Aubigné témoignent de la violence d’une guerre civile, celle qui opposa catholiques et protestants au XVI<sup>e</sup> siècle. Le tragique, selon Aristote, c’est ce que les hommes voient venir, redoutent, mais dont le dénouement, fatal, est incontournable. Racine ajoutera, après les guerres de Religion françaises, que la tragédie nécessite qu’aucun personnage n’ait totalement raison ou tort. Ce qui place les protagonistes dans une indécision – l’attente tragique – et le spectateur dans une impossibilité d’action qui ne peut déclencher que ses larmes, et non sa révolte.&nbsp;</p>



<p>Nous vivons un temps tragique. La guerre entre l’Ukraine et la Russie s’éternise, mais là nous savons qui a tort. Notre compassion peut s’exercer, nous pouvons désirer une issue, et y adjoindre nos armes. Mais Israël&nbsp;?&nbsp;</p>



<p><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mais leur rage les guide et leur poison les trouble&nbsp;<br>Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble</mark></em></p>



<p>L’atrocité des meurtres du Hamas ne souffre aucune excuse. Ils s’attaquent à une jeunesse innocente qui danse et vit, comme les attentats de novembre 2015 s’en prenaient à la liberté de la jeunesse parisienne. Pourtant certaines condamnations ont été timorées et tardives – l’attente tragique – la colonisation illégale des territoires palestiniens et le sort fait aux enfants de Gaza n’étant pas plus acceptable.&nbsp;</p>



<p>Israéliens et Palestiniens sont des frères sémites comme les catholiques et les huguenots étaient des frères chrétiens. Dans une guerre fratricide rien ne sert de savoir qui a porté le premier coup, qui a été le plus atroce. L’important est de cesser le feu, d’arrêter les tyrans et de changer les règles pour tenter d’éviter une guerre dont aucune issue n’est désirable.</p>



<p><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris<br>Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits</mark></em></p>



<p>Au camp des Milles on étudie les mécanismes qui conduisent au génocide, à tous les génocides. Un pas de plus a été franchi le 7 octobre, celui de l’acte atroce qui légitime des réponses totalitaires. Les victimes en seront le peuple de Gaza et le peuple d’Israël. L’histoire tragique est déjà écrite.&nbsp;</p>



<p>Que faire&nbsp;? Le chorégraphe israélien Hofesh Shechter, en présentant son <em>Double meurtre</em> au Grand Théâtre de Provence le soir même de l’attaque du Hamas, démontre une fois de plus la force visionnaire des arts, de l’analyse sensible du réel. La première pièce est une accumulation irrépressible de violence, que les corps ne peuvent que laisser passer. La deuxième, doucement, veut consoler, réparer, permettre de renaitre.&nbsp;</p>



<p><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Or, vivez de venin, sanglante géniture,<br>Je n’ai plus que sang pour votre nourriture </mark></em><br><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><br></mark></em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-black-color">Ce temps-là, semble-t-il, n’est pas encore venu.</mark></p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>
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		<title>Tomber sous la coupe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Feb 2023 08:43:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Suliman]]></category>
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		<category><![CDATA[Le piège de Huda]]></category>
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<p>Comme <em>Paradise Now</em> (premier film palestinien nommé aux Oscars en 2005), qui suivait une opération kamikaze à Tel Aviv, <em>Le piège de Huda</em> soulève une nouvelle fois la polémique. Il faut dire qu’<strong>Hany Abu-Assad</strong>, réalisateur palestinien de nationalité néerlando-israélienne reconnu internationalement à l’instar de son aîné Elia Suleiman et primé à Cannes en 2013 pour <em>Omar</em>, développe des sujets délicats. La trahison, l’extrémisme, la remise en cause de la légitimité de la violence dans les révolutions, l’oppression – non seulement des Israéliens sur les Palestiniens mais encore des Palestiniens sur les Palestiniens et surtout sur les Palestiniennes. Il décrit une société bloquée, oppressive, machiste, minée par une occupation et une guerre sans fin qui engendre peurs, soupçons, perversions, lâchetés. Une société d’autant «&nbsp;plus facile à occuper qu’elle se réprime déjà elle-même&nbsp;», résume Huda.<br>Si Hany Abu-Assad revendique la fiction, <em>Le piège de Huda</em> s’inspire de faits réels&nbsp;: des salons de coiffure en Palestine, utilisés par le Mossad pour piéger de jeunes femmes, puis les contraindre à espionner leurs compatriotes. Compromises même par ruse, ces Palestiniennes n’avaient d’autre choix que de céder au chantage, sous peine, si elles s’y refusaient, de n’être pas crues, d’être mises au ban familial et social, de perdre leurs enfants, voire d’être éliminées par la Résistance pour présomption de trahison.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En vase clos</mark></strong><br>Dans le film, c’est Huda (<strong>Manal Awad</strong>) qui fait le travail. Agent de l’ennemi mais féministe, elle-même prise à la gorge par les services secrets israéliens, la coiffeuse recueille les confidences de ses clientes, leurs doléances conjugales. Elle sélectionne les épouses « des plus connards», les drogue, met en scène un adultère, menace de diffuser les polaroïds qu’elle prend. Reem (<strong>Mais Abd Elhadji</strong>) sera sa dernière prise. Jeune mère d’un bébé qui accroît sa vulnérabilité, engluée dans un mariage étouffant ses désirs d’indépendance, la jeune piégée n’aura pas le temps de trancher le dilemme entre trahison et exclusion. Huda est démasquée, et on trouve les photos de toutes ses « recrues ». Dès lors, on suit en parallèle d’une part le calvaire de Reem, recherchée par les résistants, se débattant seule face à l’adversité. Et, d’autre part, la confrontation entre Huda et le chef du réseau palestinien, Hassan (<strong>Ali Suliman</strong>). Un long débat comme une mise à nu, sans tabou, rapprochant paradoxalement peu à peu la collabo du résistant dans un désespoir partagé.</p>



<p>L’action se situe à Bethléem. Et le préambule nous rappelle les faits, comme les racines incontestables du mal&nbsp;: la Cisjordanie occupée depuis 1967, coupée de Jérusalem par un mur depuis 2002, les déplacements contraints, les fouilles, les checkpoints. De la ville, on ne voit guère que le «&nbsp;mur de la honte&nbsp;» paré de street art, une Marie de Nazareth en fresque, un bout de souk et quelques rues défoncées. Le drame, théâtralisé, se joue essentiellement en vase clos&nbsp;: le salon de coiffure et la chambre attenante, l’appartement de Reem, la salle d’interrogatoire où seuls Huda et Hassan sont éclairés sur le fond noir. Un vase clos dans un lieu clos, sans échappatoire.&nbsp;Tous les protagonistes sont ici piégés.</p>



<p>Dans ce thriller politique, oppressant et dérangeant, il n’y a pas de héros, il n’y a que des victimes et cela ne rassure personne.</p>



<p>ÉLISE PADOVANI</p>



<p><em>Le piège de Huda</em>, de <strong>Hany Abu-Assad</strong><br>En salle depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1<sup>er</sup> février</mark></p>
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		<title>Salam Salah</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Dec 2022 11:57:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Benyamin Netanyahou]]></category>
		<category><![CDATA[édito]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Hamouri]]></category>
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<p>On ne peut que lui souhaiter la bienvenue. Mais le cœur n’y est pas. Pas même celui du premier concerné. Car les circonstances de l’arrivée de Salah Hamouri sur le sol français ne peuvent qu’indigner. L’avocat franco-palestinien a été expulsé d’Israël, qui a finalement mis sa menace à exécution. Une expulsion condamnée par le gouvernement français. Enfin. Enfin, parce que la France n’a soutenu que du bout des lèvres ce défenseur des droits humains, cible d’un acharnement politique et judiciaire par les autorités israéliennes depuis bientôt une vingtaine d’années. Après avoir passé sept ans en prison entre 2005 et 2011 pour un motif grave mais jamais prouvé, Salah Hamouri était une nouvelle fois – comme en 2018 – en détention administrative depuis le mois de mars. Sans en connaître la raison précise, comme le permet cette disposition arbitraire. L’avis d’experts indépendants de l’Onu, en octobre dernier, était sans appel&nbsp;: «&nbsp;Les pratiques de détention auxquelles M. Hamouri est soumis ne sont pas seulement illégales&nbsp;: elles sont sadiques.&nbsp;» Quant au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, il qualifie l’expulsion de dimanche de «&nbsp;crime de guerre&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une menace pour l’État ?</mark></strong><br>Que reproche-t-on à ce fils d’une Française et d’un Palestinien, dont l’épouse francilienne était depuis plusieurs années interdite de visite en Israël et dans les territoires occupés ? D’être une menace pour l’État d’Israël parce qu’il appartiendrait à une organisation considérée comme terroriste ; ce qu’il nie. Plus vraisemblable, c’est la détermination de l’avocat militant de 37 ans à défendre le droit international et la dignité de son peuple, quel que soit le niveau de harcèlement et de répression qu’il subit, qui irrite la puissance coloniale israélienne. Un pays où le suprémacisme juif est en cours de normalisation et où le futur gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou, accusé plusieurs fois de corruption, s’annonce comme le plus religieux et le plus à droite de son histoire.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>
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