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	<title>Archives des Jean-Baptiste Durand - Journal Zebuline</title>
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		<title>La Danse des renards, l&#8217;adolescence par K.O</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 07:21:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bruit des coups portés, la danse des boxeurs sur le ring, le Bleu contre le Rouge, les consignes criées par le coach, puis au vestiaire, en selfie, les ados rieurs et chahuteurs&#160;: on entre dans le film de Valery Carnoy comme dans une arène, in media res. On est dans un internat sport-études, entouré [&#8230;]</p>
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<p>Le bruit des coups portés, la danse des boxeurs sur le ring, le Bleu contre le Rouge, les consignes criées par le coach, puis au vestiaire, en selfie, les ados rieurs et chahuteurs&nbsp;: on entre dans le film de <strong>Valery Carnoy</strong> comme dans une arène, in media res.</p>



<p>On est dans un internat sport-études, entouré par une forêt où rodent les renards. Les jeunes «&nbsp;mâles&nbsp;» de l’établissement puent des pieds, parlent de sexe, et fanfaronnent. Camille, au prénom androgyne, a encore un visage d’enfant, le corps en devenir, une douce blondeur et une grande réserve. Il est la star de l’établissement. Champion de France dans sa catégorie, médaillé, sélectionné pour les championnats d’Europe, il est admiré – et sans doute jalousé, par ses camarades dont il porte sur ses jeunes épaules, le rêve. Il partage tout avec son meilleur ami, Matteo (<strong>Fayçal Anaflous</strong>) qui l’a amené à la boxe. Matteo cherche à échapper à son milieu, aux embrouilles de ses «&nbsp;cousins&nbsp;» voyous et Camille, on le comprend, cherche à échapper à un père violent en apprenant à se défendre. Ensemble, ils nourrissent les renards de la forêt en volant de la viande aux cuisines et se projettent dans l’avenir. Camille est différent par son statut de vedette, par sa sensibilité. Au Centre, il croise Yas (<strong>Anna Heckel</strong>), une taekwondoïste à la voix grave et au caractère affirmé, un peu «&nbsp;spéciale&nbsp;» elle aussi, qui joue du Charlier à la trompette.</p>



<p>L’univers de Camille bascule au propre et au figuré lorsque, poursuivant un renard, il tombe d’une falaise. Comme le remarquait Pascal Quignard dans <em>Les Désarçonnés</em> , ceux qui font une chute grave, naissent à nouveau – ou deviennent ce qu’ils sont. Le bras fracturé de Camille se répare mais la douleur qu’il porte en lui depuis longtemps sans doute, s’est réveillée et ne le quittera plus. Une douleur psychosomatique sans causes mécaniques, bien plus difficile à gérer. La longue cicatrice qui court sur sa peau et que Yas effleure du doigt est une ligne de faille.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Faire le poing</strong></mark></p>



<p>Si les séances d’entraînement sportif intenses, les codes de la boxe, les dures lois de la compétition, les relations avec leur intraitable coach Bogdan (<strong>Jean-Baptiste Durand</strong>) sont soigneusement décrits. Si la cinégénie et l’intensité de ce sport sont habilement utilisées. Si les rapports de classe de cette discipline populaire sont subtilement suggérés, Valéry Carnoy ne veut pas réaliser un «&nbsp;film de boxe&nbsp;». Comme dans son court-métrage précédent <em>Titan</em> – où un jeune garçon de 13 ans se confrontait aux codes de la virilité, il s’intéresse aux injonctions qui pèsent sur des êtres en devenir, à leur mal-être, au rapport à la faiblesse, à la souffrance. A cette chape de plomb, allégée ici par une amitié adolescente, une rencontre avec une fille libre de ses choix, la compréhension d’un surveillant d’internat.</p>



<p>La caméra ne quittera guère <strong>Samuel Kircher</strong> qui incarne avec une grande justesse Camille- et dont on nous dit qu’il a suivi un entrainement particulièrement intense, pour rendre crédibles les scènes de combat. Le casting mêlant acteurs novices et expérimentés est particulièrement réussi. A ce naturalisme de fond se mêlent l’étrangeté intrinsèque à l’adolescence et un discret symbolisme. Le renard, figure de ruse, d’intelligence mais aussi d’isolement, et de marginalité, est celui qui souffre et est mis à mort.</p>



<p>ELISE PADOVANI</p>



<p><em>La Danse des Renards</em> de <strong>Valéry Carnoy</strong></p>



<p>Sortie&nbsp;: 18 mars 2026</p>
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		<title>Chien de la casse, le meilleur ami de l’homme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jun 2023 05:58:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Anthony Bajon]]></category>
		<category><![CDATA[Berceau du cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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<p>Un&nbsp; chien de la casse, c’est un être agressif comme un chien de garde. C’est aussi le titre du premier long métrage de <strong>Jean-Baptiste Durand</strong>, un film âpre et doux à la fois, comme ses personnages, Dog (<strong>Anthony Bajon</strong>) et Mirales (<strong>Raphael Quénard</strong>), toujours accompagné de son chien, Malabar qu’il soigne avec amour.&nbsp;</p>



<p>On est à Pouget, un petit village aux ruelles tortueuses, entre Montpellier et Béziers. La vie s’écoule lentement. Les jeunes trainent, s’y ennuient, jouent au ballon, dealent et fument du shit, boivent et le soir se retrouvent dans leur QG&nbsp;: la Place Haute. Parfois, on s’embrouille. Mirales et Dog sont unis depuis l’enfance par un lien d’amitié très fort mais aussi de domination l’un sur l’autre. Mirales, gouailleur, très extraverti mais cabossé par la vie, grand lecteur, cite Montaigne, lit Hesse. Très serviable avec les vieux du village, il s’occupe d’une mère dépressive qui peint mais n’expose jamais. Dog est taiseux, effacé, pataud, se fait souvent taquiner, malmener, brutaliser par les autres en particulier par son ami qui ne sait pas exprimer autrement ses sentiments&nbsp;: « il faut beaucoup d’amour pour supporter Dog toute la journée», plaisante Mirales.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Trouver sa place</mark></strong></p>



<p>Quand, un jour, tout bascule. Dog prend en stop Lisa (<strong>Galatéa Bellugi</strong>), une étudiante venue de Rennes passer quelque temps au village chez sa tante pour économiser son loyer. Elsa est attirée par le côté fragile et calme de Dog qui tombe amoureux. Cette fille lui parle gentiment, le respecte et le défend. Une véritable trahison pour Mirales qui, jaloux, tente de briser cette relation, ne supportant pas de se retrouver seul face à lui-même. «&nbsp;On n’est pas ami, on est frères, l’avantage c’est qu’on peut être ennemi, on reste frères&nbsp;!&nbsp;», lui assène-t-il quand la situation se complique. Lisa ne supportant plus sa passivité face aux humiliations répétées, Dog réagit enfin et renvoie à Mirales ce qu’il est&nbsp;: sans ami, sans travail, sans copine. Il faudra un drame pour qu’ils se retrouvent, changés, mûris, apaisés, chacun ayant trouvé sa place. &nbsp;</p>



<p>Cette amitié inconditionnelle et presque étouffante est filmée avec beaucoup de bienveillance et de pudeur par un cinéaste qui ne juge aucun de ses personnages. Jean-Baptiste Durand a travaillé avec la compositrice <strong>Delphine Malaussena</strong>, lui demandant une musique&nbsp; qui souligne et accompagne personnages et lieux&nbsp;: <em>«&nbsp;Très vite, j’ai souhaité une musique tendant vers le lyrique avec ce “vocello”, alliance de voix et violoncelle. </em>[Ce dernier]<em> étant l’instrument le plus proche de la voix humaine, en matière de tessiture et de sonorité, le lyrisme de la musique pouvait dire ce que les personnages n’osent pas. Comme il y a une&nbsp; grande pudeur dans les dialogues, j’ai pu rééquilibrer avec la musique</em>.&nbsp;»</p>



<p>ANNIE GAVA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Chien de la casse</em>, de <strong>Jean-Baptiste Durand</strong>
En salle depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 avril</mark>
</pre>
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