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	<title>Archives des Jonathan Zaccaï - Journal Zebuline</title>
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		<title>Le Cours de la vie, une leçon de cinéma </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 May 2023 11:47:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son cinquième long métrage, le réalisateur belge Frédéric Sojcher adapte Ateliers d’écriture, un essai d’Alain Layrac sur son métier de scénariste, et dont le sous-titre Cinquante conseils pour réussir son scénario sans rater sa vie lie d’emblée fiction et réalité. Le Cours de la vie pourrait s’entendre comme le flux des trajectoires de chacun [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour son cinquième long métrage, le réalisateur belge <strong>Frédéric Sojcher</strong> adapte <em>Ateliers d’écriture</em>, un essai d’<strong>Alain Layrac </strong>sur son métier de scénariste, et dont le sous-titre <em>Cinquante conseils pour réussir son scénario sans rater sa vie </em>lie d’emblée fiction et réalité. <em>Le Cours de la vie</em> pourrait s’entendre comme le flux des trajectoires de chacun convergeant dès le générique, en taxi, à pied, à vélo. Ou comme l’écoulement du fleuve-temps qui emporte tout, des existences et des amours, sans jamais se remonter. Ou encore, désigner la leçon dialoguée que va donner le personnage principal sur l’écriture d’un scénario et sur la vie qui le nourrit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vincent (<strong>Jonathan Zaccaï</strong>) dirige à Toulouse l’Ensav, une école de cinéma – moins prestigieuse que la Femis parisienne ou l’ENS Louis Lumière à Lyon, mais meilleure selon lui. Il a invité Noémie (<strong>Agnès Jaoui</strong>), une scénariste de renom à donner une masterclass à ses étudiants. Dans leur jeunesse, Noémie et Vincent ont étudié et écrit un film d’école ensemble. Ils se sont aimés. Puis Noémie est allée acheter des allumettes et leurs existences se sont séparées. Quel scénariste en a décidé ainsi&nbsp;? Quelle pulsion a poussé Noémie à fuir&nbsp;? Elle suggère à mots couverts&nbsp;: la peur de l’abandon. Quitter les gens avant qu’ils ne nous quittent&nbsp;? Maîtriser le scénario pour ne pas le subir&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une mise en abîme</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film raconte les retrouvailles maladroites des ex-amants, en un lieu, en un jour, respectant la classique règle des trois unités, ménageant une progression dramatique à l’intérieur d’un dispositif qui met en scène à la fois le discours&nbsp;de Noémie aux étudiants et par touches allusives le sous-discours qu’elle adresse à Vincent. En contrepoint, comme leurs aînés avant eux, les étudiants mêlent leurs amours compliquées et leur travail de cinéastes en herbe. Des images de films illustrant le cours de cinéma de Noémie, on ne verra rien. Le réalisateur balaie le visage des élèves qui regardent, éclairés et traversés par la lumière. On entendra les bandes sons, on s’amusera peut-être à reconnaître les œuvres. La captation de la conférence par trois caméras, sous la régie de la belle-sœur de Vincent, Louison (<strong>Géraldine Nakache</strong>), souligne bien sûr la mise en abyme mais saisit également Noémie dans les différentes échelles de plans, révélant ses émotions au fil de la journée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Jaoui, actrice, scénariste, réalisatrice dans la «&nbsp;vraie&nbsp;» vie, habite son personnage autant qu’elle est habitée par lui. Tour à tour, assurée, drôle, grave, capable de mettre à distance des sentiments trop déstabilisants ou désarçonnée par cet ancien amour qui lui revient de si loin, n’étant sans doute jamais parti, rattrapée par le «&nbsp;et si…&nbsp;» qui colle à l’écriture et à la vie. Et, quand, pressée par les étudiants, elle se livre, avec une grande pudeur, racontant le deuil d’un frère, on pense très fort à Bacri, son compagnon de route décédé, ou à n’importe quel être cher que nous avons nous-mêmes perdu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Construction intime</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les films «&nbsp;méta&nbsp;» sur le cinéma prennent le risque d’être jugés à l’aune de ce qu’ils disent de leur sujet. Noémie explique comment écrire un bon scénario, déclare que c’est une démarche qui n’est pas sans points communs avec une thérapie. Observer, extrapoler, s’arrêter avant tout développement pour se demander en quoi cette histoire unique peut être universelle. Puis construire les personnages – le plus précisément, le plus intimement possible, en les choisissant au plus près de soi. Enfin, tout oublier pour les laisser libres d’aller jusqu’à «&nbsp;leur point de démence&nbsp;»selonl’expression de Deleuze. Pari réussi pour <em>Le Cours de la vie</em> qui ne parle que de cinéma (convoquant pour la BO, <strong>Vladimir Cosma</strong>, grand monsieur de l’histoire du septième art) et nous atteint en plein cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Le Cours de la vie</em>, de <strong>Frédéric Sojcher</strong><br>En salle depuis le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 mai</mark></pre>
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		<title>« Un petit miracle », du vivre ensemble </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jan 2023 14:22:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
		<category><![CDATA[Alice Pol]]></category>
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		<category><![CDATA[Régis Laspales]]></category>
		<category><![CDATA[Sophie Boudre]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Les séniors sont en vogue dans le cinéma français. En 2022, on y a croisé Pierre Richard, Eddy Mitchell et Bernard Le Cocq (<em>Les Vieux Fourneaux 2</em>, de Christophe Duthuron). Line Renaud dans le taxi de Dany Boon (<em>Une belle Course</em> de Christian Carion). Gérard Depardieu et Daniel Prévost au centre gériatrique des Mimosas <em>(La</em> <em>Maison de retraite</em> de Thomas Gilou). Sans parler d’Andréa Ferréol ou de Brigitte Rouan en septuagénaires déchaînées, dans <em>Chœurs de rockers</em> d’Ida Techer et Luc Bricault. Dans ces films-là, pas de tragédie à la Haneke&nbsp;: même si les anciens sont un peu fêlés, le ton est plutôt à la comédie et à la tendresse. En ce début 2023, <em>Un Petit Miracle</em>, premier film de <strong>Sophie Boudre</strong>, n’y déroge pas&nbsp;: ce sera sourire, bienveillance, et <em>feel good</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Intergénérationnel&nbsp;</mark></strong><br>Juliette (<strong>Alice Pol</strong>) est institutrice dans un petit village de Provence, en charge d’une classe unique, maintenue grâce à l’appui du maire Michel (<strong>Régis Laspales</strong>) contre les logiques comptables du rectorat. Or, le bâtiment qui abritait l’école, brûle. Dans l’urgence, la combattive Juliette s’installe dans le seul local municipal possible&nbsp;: la maison de retraite Les Platanes que son ancien instituteur Édouard (<strong>Eddy Mitchell</strong>) veuf, fatigué et dépressif, vient d’intégrer. La cohabitation entre les jeunes élèves pleins de vie et les pensionnaires finissant la leur, n’est pas «&nbsp;étanche&nbsp;» comme le promettait Juliette aux parents inquiets et au directeur de l’Ehpad, Antoine (<strong>Jonathan Zaccaï</strong>), un quadra au bord de la crise de nerfs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’échange intergénérationnel devient projet pédagogique et leçon de vie. Les enfants donnent sens à l’existence des résidents (qu’il ne faut pas appeler patients), ces derniers donnent aux enfants, leurs souvenirs, leur douce dinguerie, leur disponibilité et leur attention. Les deux groupes convergeant non seulement dans les activités de peinture, de théâtre ou de gym mais surtout dans l’espièglerie et la désobéissance aux adultes «&nbsp;raisonnables&nbsp;» qui les brident&nbsp; «&nbsp;pour leur bien&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fondé sur le comique de la situation initiale, le film s’attache aux portraits de quelques personnages, n’évitant pas toujours ni la caricature, ni le stéréotype, assumant un côté sucré qui s’exprime aussi dans la musique d’<strong>Emmanuel Rambaldi</strong>. Côté pensionnaires, on a deux sœurs rescapées de la Shoah, une comédienne atteinte d’Alzheimer, le lunaire Robert, et le ronchon au grand cœur. Côté enfants, la petite fille en surpoids qui rêve de danser, le garçonnet surprotégé, et le pré-ado débrouillard et intrépide.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Rien de miraculeux</mark></strong><br>Si la sexualité du grand âge, les problèmes budgétaires et juridiques des Ehpad, l’épuisement d’un personnel trop rare, la frilosité de l’Éducation nationale et la rigidité des normes sont bien évoqués dans le film, on ne cherchera pas un aspect documentaire dans ce scénario, parfois peu crédible, à l’instar des décisions administratives prises à une vitesse éclair (inconnue de notre système scolaire) ou des libertés que s’octroie l’enthousiaste Juliette au détriment de la sécurité de ses élèves. De même que, si les visites des scolaires dans les établissements pour personnes âgées se sont banalisées ces dernières années, l’installation à plein temps d’une école dans un établissement gériatrique est une idée purement scénaristique, née d’une expérience américaine de l’intégration d’une crèche dans un Ehpad.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tourné à Ventabren, pendant la pandémie, baigné par la lumière méditerranéenne, le film soutenu par la Région, a mobilisé de nombreux autochtones pour la figuration. Présenté en clôture du <em>Festival de l’Alpe d’Huez</em>, dédié aux films de comédie, <em>Un Petit Miracle</em> – qui devait s’intituler <em>Rien ne vaut la vie </em>– est désormais sur nos écrans. S’il n’a rien de miraculeux d’un point de vue cinématographique, il cherche à glorifier «&nbsp;les bienfaits du vivre ensemble». Pourquoi pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ÉLISE PADOVANI</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Un petit miracle</em>, de Sophie Boudre<br>Sorti le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 janvier</mark></pre>
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