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	<title>Archives des journalisme - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des journalisme - Journal Zebuline</title>
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		<title>TRIBUNE : Éducation aux Médias et à l&#8217;Information en PACA : une priorité sans moyens ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[journalzebuline]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 09:58:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p>Depuis des années, les pouvoirs publics affichent une ambition : former à l&rsquo;esprit critique, lutter contre la désinformation, accompagner les jeunes et moins jeunes en prise avec les nouveaux usages numériques. Mais dans notre région, en PACA, l’un des principaux dispositifs qui permettait de rendre ces objectifs concrets – l&rsquo;Appel à projets en Éducation aux Médias et à l&rsquo;Information (EMI) porté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles – a soudainement disparu en 2025, sans un mot de l&rsquo;institution. Sans doute présume-t-on que le sud n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;EMI : les préjugés feraient déjà très bien le travail.</p>



<p>La suppression de ce dispositif a pourtant des effets immédiats : arrêt de dizaines d&rsquo;ateliers prévus dans des structures sociales, éducatives et culturelles à travers tout le territoire, disparition de centaines d&rsquo;heures d&rsquo;intervention auprès de bénéficiaires, et pour certains opérateurs, perte jusqu&rsquo;à plus de 50 % des budgets d&rsquo;action en EMI, et interruption de programmes construits depuis des années. Ce recul touche particulièrement les zones rurales, les quartiers prioritaires et les lieux de relégation ou d&rsquo;enfermement, où l’EMI joue un rôle unique, garantissant une présence sociale déterminante dans des espaces souvent éloignés des grandes institutions culturelles.</p>



<p>Cette décision par omission, prise à bas bruit en fin d&rsquo;année suite à des revirements politiques et gels budgétaires successifs, n&rsquo;est pas qu&rsquo;un détail administratif : elle ôte un pilier structurant, fragilisant tout un réseau d&rsquo;acteurs de terrain – associations d&rsquo;éducation populaire, radios et médias associatifs, journalistes, éducateur·ices – qui mènent depuis parfois plus de vingt ans des actions régulières dans les collèges, lycées, bibliothèques, maisons d’arrêt, EHPAD, lieux de soin, centres sociaux ou structures de quartier en lien avec la population.</p>



<p>À cela s&rsquo;ajoutent d&rsquo;autres mesures qui, prises ensemble, sapent un écosystème déjà malmené par ailleurs : baisse drastique du Pass Culture, balayé comme un simple effet de mode après avoir été présenté un temps comme l&rsquo;alpha et l&rsquo;oméga d&rsquo;une politique volontariste en matière d&rsquo;éducation artistique et culturelle, menaces répétées sur la pérennisation du Fonds de soutien aux radios associatives, morcellement et risque de disparités régionales quant au Fonds de soutien aux médias de proximité, incertitudes sur les financements pluriannuels.</p>



<p>Ces éléments finissent par dessiner un paysage inquiétant, qui dans le même temps voit grandir l&rsquo;écart entre des citoyen·nes de plus en plus défiants, pris entre un système médiatique toujours plus concentré et une accélération de flux informationnels où s&rsquo;engouffrent les discours populistes. Dans ce vide grandissant, nous puisons pourtant la vigueur de poursuivre notre action dont la nécessité fait d&rsquo;autant plus jour : en maintenant des projets qui s’appuient sur une pluralité d&rsquo;acteurs professionnels, investis dans la durée auprès des publics pour renforcer la participation et la capacité d&rsquo;agir.</p>



<p>Au-delà des objectifs décrétés sur un plan national – de « souveraineté informationnelle face aux ingérences étrangères » ou encore de « lutte contre la radicalisation et le complotisme » – notre travail patient, inventif, profondément ancré localement, construit chaque jour de la confiance : entre jeunes et médias, entre citoyen·nes et institutions, entre territoires et information.</p>



<p>L&rsquo;éducation aux médias et à l&rsquo;information ne se résume ni à des injonctions ni à des campagnes de communication. Elle se vit dans des ateliers où l&rsquo;on apprend ensemble, où l&rsquo;on crée des podcasts, des images, où l&rsquo;on visite un média local, où l&rsquo;on débat, où l&rsquo;on rit, où l&rsquo;on fabrique du commun et des formes médiatiques qui appartiennent et s&rsquo;adressent à celles et ceux qui les produisent et les diffusent. Ces moments nourrissent une appétence, une écoute, une capacité d&rsquo;analyse, une attention à l&rsquo;autre, un plaisir de comprendre et de pratiquer l&rsquo;expression collective, qui sont au coeur de notre démarche. C&rsquo;est cela qui fait la différence : la présence, la créativité, et la continuité d’interventions cohérentes, suivies, construites avec les publics.</p>



<p>Face à une situation d’abandon paradoxale au regard de l&rsquo;importance de ce champ d’intervention, pourtant essentiel à la vitalité démocratique, nous appelons les pouvoirs publics – État, Région et collectivités – à une prise de position claire et à un engagement réel. Cela implique un financement pérenne de l&rsquo;EMI, enfin aligné sur les ambitions proclamées ; une politique coordonnée, permettant aux acteurs de travailler ensemble plutôt que dans un enchevêtrement de dispositifs mal assortis ; et un soutien affirmé aux pratiques de terrain qui créent du lien et donnent aux citoyen·nes les outils pour comprendre, pratiquer le monde de manière plus inclusive, et en transformer les représentations.</p>



<p>En s&rsquo;engageant dans cette voie, nous aurions ainsi le choix, depuis le sud, de représenter une exception – cette fois pour le meilleur plutôt que le pire. Ou plus modestement, de nous mettre au diapason de la dynamique à l&rsquo;oeuvre dans d&rsquo;autres régions ; car sans cohérence publique, aucune avancée n&rsquo;est durable pour la démocratie.</p>



<p>Pour signer cette tribune et vous tenir informe : collectif.emi.paca@gmail.com</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Signataires :</strong></h2>



<p><strong>Médias et structures :</strong></p>



<p><a href="https://www.1538mediterranee.com">15-38 Méditerranée</a><br><a href="https://lagedefaire-lejournal.fr">L’âge de faire</a><br><a href="https://ancrages.org/diasporik/">Ancrages – Diasporik</a><br><a href="https://www.google.com/search?client=safari&amp;rls=en&amp;q=Anonymal+TV&amp;ie=UTF-8&amp;oe=UTF-8">Anonymal TV</a><br><a href="https://journal-labreche.fr">La Brèche</a><br><a href="https://telemouche.com">Com’etik Diffusion</a><br><a href="http://etbaam.com">Et Baam</a><br><a href="http://euphonia-atelierstudio.com">Euphonia</a>, producteur sonore à Marseille<br><a href="https://www.fakeoff.fr">Fake Off PACA</a><br><a href="https://www.lafap.net">La FAP</a>, organisme de formation de la Fédération de l&rsquo;Audiovisuel Participatif<br><a href="https://www.ligne16.net">Ligne16.net</a>, le média participatif et citoyen<br>La Ligue de l’enseignement des Alpes de Haute Provence &#8211; <a href="https://tematv.fr">TEMA TV</a><br><a href="https://mouais.org">Mouais</a><br><a href="https://mode83.net/site/">MODE 83 / Canal D</a><br><a href="https://associationlorage.blogspot.com">L’orage</a>, association de documentaristes son à Marseille<br><a href="https://pressepapiers.org">Presse-Papiers</a>, collectif de journalistes indépendants à Marseille<br><a href="https://quivive.fr">Qui vive</a>, le média écolo fabriqué en Provence<br><a href="https://www.radiogrenouille.com">Radio Grenouille</a><br><a href="https://radio-verdon.com">Radio Verdon</a><br><a href="https://www.rembobine.info">Rembobine</a>, le média qui lutte contre l&rsquo;obsolescence de l’information<br><a href="https://www.revuesilence.net">Revue Silence</a><br><a href="https://www.syndicatdelapressepaspareille.org">SPPP</a> Syndicat de la presse pas pareille<br><a href="https://lestetesdelart.fr">Les Têtes de l’art</a><br><a href="https://www.tabascovideo.com">Tabasco Vidéo</a><br><a href="https://www.transrural-initiatives.org">Transrural initiatives</a><br><a href="https://urbanprod.net">Urban Prod</a>, association au service de l&rsquo;inclusion et de la médiation numérique<br><a href="https://journalzebuline.fr">Zebuline,</a> association Culture et Pluralisme</p>



<p><strong>Journalistes et éducateur·ices aux médias et à l&rsquo;information :</strong></p>



<p>Raphaël Badache<br>Sophie Bourlet<br>Samia Chabani<br>Coline Charbonnier<br>Luc Chatel<br>Gaëlle Cloarec<br>Tania Cognée<br>Malorie D’Emmanuele<br>Kevin Derveaux<br>Macko Dràgàn<br>Agnès Freschel<br>Lisa Giachino<br>Juliette Harau<br>Nina Hubinet<br>Jide<br>Caroline Langlois<br>Natacha Lê-Minh<br>Myriam Léon<br>Alexandra Lopis<br>Léonor Lumineau<br>Sandro Lutyens<br>Pierre Millet-Bellando<br>Jean-Baptiste Mouttet<br>Marius Rivière<br>Grégoire Triau<br>Timothée Vinchon<br>Valérie Vrel<br>Samuel Wahl</p>



<p></p>
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		<title>Les Chroniqu’heureuses  : Mehdi Haddjeri sur le grill</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucie Ponthieux Bertram]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 14:38:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Guidés à l’année dans l’apprentissage des rouages du journalisme, dans l’analyse de l’information et dans la découverte du milieu artistique, l’équipe de jeunes chroniqueurs issus de l’asso de Noailles ont cette fois étudié le parcours de Temenik Electric. Ils ont pu rencontrer son chanteur, Mehdi Haddjeri, et le questionner avec la plus grande attention sur [&#8230;]</p>
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<p>Guidés à l’année dans l’apprentissage des rouages du journalisme, dans l’analyse de l’information et dans la découverte du milieu artistique, l’équipe de jeunes chroniqueurs issus de l’asso de Noailles ont cette fois étudié le parcours de <a href="https://www.facebook.com/temenikelectric/?locale=fr_FR">Temenik Electric</a>. Ils ont pu rencontrer son chanteur, Mehdi Haddjeri, et le questionner avec la plus grande attention sur l’album en cours de sortie et l’accompagnement de la Cité des Minots, dont les concerts se tiendront au Silo ces 18 et 19 juin. </p>



<p><strong>Les apprentis. Nous avons visionné les deux nouveaux clips de Temenik Electric. Pourquoi as-tu choisi deux thèmes si différents, les tourments et l’amour ?&nbsp;</strong></p>



<p><strong>Mehdi Haddjeri. </strong>Pour moi, ces deux thèmes ne sont pas différents. Dans tout l’album que l’on sortira cet automne, j’ai choisi d&rsquo;aborder le thème de l&rsquo;amour dans le sens large. Je parle d’amour dans les deux clips mais dans un sens différent. L’amour, c’est large.&nbsp;</p>



<p><strong>Est-ce que les «&nbsp;tourments&nbsp;» dont tu parles dans <em>Be Cif </em>sont des tourments vécus ?&nbsp;</strong></p>



<p>Oh ! Comment tu sais que je parle de tourments ? Ce n&rsquo;est pas moi d&rsquo;ailleurs, c’est le chanteur, c’est toujours pareil ! Est-ce que c’est moi ou un personnage ? C’est comme dans les films : on fait parler des personnages mais on parle à travers eux, et ce dont tu parles peut parler à plein de gens : les tourments que je peux avoir, d’autres les ressentent. <em>Bé Cif</em>, ça veut dire «&nbsp;de force&nbsp;». Je veux exprimer que quoi qu’il arrive il faut s’en sortir.&nbsp;</p>



<p><strong>Qui sont les personnages blancs étranges qui t’entourent dans le clip de <em>Bé Cif </em>? Que représentent-ils ?&nbsp;</strong></p>



<p>Ce sont les différents personnages qu’on peut avoir dans la tête, ceux qui entraînent ton tourment. C’est une image pour montrer que nous sommes plusieurs dans ma tête.&nbsp;</p>



<p><strong>On retrouve dans les deux clips le peignoir, l’ours en peluche et les éléments du salon, qui font penser à l’intimité du foyer. Est-ce que le foyer a une importance particulière pour vous ?&nbsp;</strong></p>



<p>J’en ai fait des interviews avec des journalistes, et je n’ai pas eu ce genre de questions. Là, tu me permets de réfléchir à l&rsquo;importance de mon foyer ! C’est primordial pour moi. Je suis le dernier enfant d’une famille de quinze ! C&rsquo;est donc un sujet central. Jérôme, le réalisateur et bassiste du groupe, a capté qu’il y avait des endroits et des gens très importants pour moi, dans ma musique. &nbsp;</p>



<p><strong>Tu as choisi le thème de l&rsquo;exil algérien pour le grand concert de la Cité des Minots. Qu’est-ce que cet exil représente pour vous ?&nbsp;</strong></p>



<p>L’histoire familiale ! Parler de l’exil c’est parler de mon histoire et celle de plein d’autres familles. C’est un sujet important, nous, enfants de France qui avons des origines. On arrive par le projet de la Cité des Minots à rejoindre les programmes scolaires, c’était notre souhait.&nbsp;</p>



<p><strong>Quels ont été vos critères dans le choix du répertoire de la Cité des Minots ?&nbsp;</strong></p>



<p>On a essayé de regrouper des chansons des années 1050 à d’autres d’aujourd’hui, des chansons de femmes, dans le but de rendre hommage à ces personnes qui dans leurs chansons ont traversé l’histoire de France et leur parcours d&rsquo;immigrés.&nbsp;</p>



<p><strong>Quelles ont été les difficultés rencontrées au cours de l’apprentissage des chansons avec les enfants ?&nbsp;</strong></p>



<p>J’ai la double casquette, celle de chanteur mais aussi de constructeur de la Cité des Minots, travaillant au Nomad’. On s’est rendus compte que les enfants de CE1 et CM2 n&rsquo;avaient pas de difficultés à apprendre larabe, ou bien le béninois, comme l’an dernier. Ils peuvent apprendre plein de répertoire car ils s’appuient sur les sonorités. C’était plus galère pour les musiciens intervenants, pour les adultes, et pour moi ! Je ne parle pas l’arabe naturellement, je ne le parle qu&rsquo;en chansons.&nbsp;</p>



<p><strong>Que vous apporte personnellement le fait de travailler avec des centaines d’enfants ?</strong></p>



<p>Ça me donne beaucoup d&rsquo;énergie et j’ai l’impression de servir à quelque chose. Parfois, quand tu es artiste ou que tu portes des projets, tu te poses plein de questions sur le sens de ce que tu fais. Travailler avec des enfants donne du sens à ma démarche.&nbsp;</p>



<p>ENTRETIEN RÉALISÉ PAR MAM’BOUSSO, HIMDA, IZZA, ALA, MANSOUR ET YAMINA</p>



<p>PROPOS RECCUEILLIS PAR LUCIE PONTHIEUX BERTRAM</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em><a href="https://www.lenomad.com/lacitédesminots">La Cité des Minots</a></em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 16 au 19 juin</mark><br>Silo, Marseille </pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/musiques/"><em>Musiques</em> ici </a></p>
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		<title>DIASPORIK : Classe, race, place… les journalistes face aux assignations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samia Chabani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 09:45:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La table-ronde Les mots associés aux personnes racisées : l’exemple de la presse marseillaise., animée par le journaliste Iliès Hagoug voulait associer les directeurs de titres locaux, La Marseillaise, Marsactu, La Provence, ainsi que la sociologue Khadija Sahraoui-Chapuis afin de constater la part des journalistes concerné.e.s dans les rédactions, et plus largement et plus généralement [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La table-ronde <em>Les mots associés aux personnes racisées : l’exemple de la presse marseillaise.</em>, animée par le journaliste <strong>Iliès Hagoug</strong> voulait associer les directeurs de titres locaux, La Marseillaise, Marsactu, La Provence, ainsi que la sociologue Khadija Sahraoui-Chapuis afin de constater la part des journalistes concerné.e.s dans les rédactions, et plus largement et plus généralement s’interroger sur le traitement médiatique des quartiers populaires, trafics et autres assignations minoritaires dont sont la cible, les personnes racisé.e.s. L’absence inopinée de La Provence a réduit le champ, et empêché une mise en perspective historique de la presse locale. On sait le  rôle décisif de certains titres (Le Méridional) ou journaliste (Gabriel Domenech) sur l’explosion des crimes racistes dans les années 70 à Marseille. </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Représentation des racisés</mark></strong></p>



<p>Pour <strong>Benoit Gilles</strong>, journaliste à Marsactu, l’équipe actuelle est composée de personnes non racisées, c’est un fait, par « <em>manque de candidatures de personnes racisées</em> » aux offres d’emploi proposées par le média, argument qui ne prend pas en compte les biais de recrutement comme dans la plupart des titres. Concernant l’occurrence des termes et notamment celui de <em>musulmans</em>, sa présence dans le journal en ligne reste liée au traitement de l’actualité, en particulier autour de l’affaire de la mosquée des Bleuets et de l’imam Smaïn Bendjilali. </p>



<p><strong>Léo Purguette</strong> revient sur l’histoire de La Marseillaise, journal créée par les résistants après-guerre dont de nombreux militants communistes et FTP-MOI et qui constitue un socle essentiel. Avoir eu des contributeurs tels que Pape Diouf ou Jean-Claude Izzo, participe d’une représentativité importante. Ce constat ne suffit pas à ignorer combien «&nbsp;<em>aujourd’hui, c’est le FN qui donne le La&nbsp;!&nbsp;». </em>Il s’agit de s’interroger sur l’accès au récit dans les rédactions mais, au-delà, de comprendre la situation économique des médias et en particulier la presse locale. La Marseillaise a failli disparaitre et la concentration croissante des médias entre les mains de quelques grandes entreprises ou milliardaires pose des défis pour l&rsquo;indépendance et le pluralisme de l&rsquo;information. Les titres indépendants et les journalistes sont précarisés, et le monopole croissant interroge désormais le lien avec les partis politiques et les annonceurs.&nbsp;</p>



<p>Pour le président de la Marseillaise, la recherche de contributions nouvelles, comme avec Zébuline, favorise la prise de parole d’une approche plurielle, valorisant les expressions minoritaires. </p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Approfondir sans assigner</mark></strong></p>



<p>Pour la sociologue <strong>Khadija Sahraoui-Chapuis</strong>, le sujet de l’assignation est suffisamment grave pour ne pas être traité de façon sensationnaliste. Constat qui l’amène à rester à distance des médias, en tant que chercheuse, puisque les règles de déontologie sont, dans le journalisme, essentiellement déclaratives. Ainsi&nbsp; la mention de l’origine réelle ou supposée des délinquants ou criminels, est systématique pour les uns, absente pour les autres, pour des crimes ou délits qualifiables de façon identique (trafic, viol…).&nbsp;</p>



<p>Selon la sociologue, le vocabulaire mobilisé pa les journalistes pour traiter des «<em>&nbsp;faits divers</em>&nbsp;» devrait éviter de reproduire les dénominations policières, telles que <em>Chouf, barbecue</em>, <em>caïds,</em> DZ mafia… et choisir plutôt les termes plus contrôlés du judiciaire. Il devrait aussi intégrer une analyse documentée sur l’impact de l’école dans les trajectoires personnelles et les facteurs qui favorisent l’économie de la débrouille et des mécanismes qui mènent de nombreux jeunes à devenir captifs des réseaux.&nbsp;</p>



<p>Les mots de clôture des coprésidents d’Ajar, Christelle Murhula et Arno Pedram invitent à poursuivre la mobilisation en soutenant notamment les journalistes racisé.e.s particulièrement cyberharcelés sur les réseaux sociaux.&nbsp;</p>



<p>Samia Chabani</p>



<pre class="wp-block-verse">Le festival AJAR a eu lieu à la Friche la Belle de mai les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 et 8 octobre</mark></pre>



<p></p>
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		<title>Journalisme : le combat du quotidien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2023 10:21:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[débats]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Robert Viallet]]></category>
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		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline Amiel]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 6 mai, quatre heures durant, la Faculté de droit et sciences politiques a ouvert l&rsquo;un de ses amphithéâtres au public de l&rsquo;Université populaire de Marseille-Métropole (Upop), venu rencontrer les lauréats marseillais du prestigieux prix Albert-Londres. Un plateau incomplet, puisque Alice Odiot et Marlène Rabaud n&rsquo;ont pas pu venir, et quelque peu empêché par des micros défectueux, mais qui n&rsquo;en a pas moins soulevé des points cruciaux sur le devenir des médias, des journalistes et de l&rsquo;information.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vieux dangers et nouvelles menaces</mark></strong></p>



<p>Car au-delà de l&rsquo;aura des reporters, appuyée sur la légende Albertienne, avec pour antienne sa&nbsp; définition du journalisme – «&nbsp;porter la plume dans la plaie&nbsp;» –, l&rsquo;état des lieux n&rsquo;est pas fameux. On connaît les dérives du secteur&nbsp;: des titres aux mains de milliardaires tirant peu ou prou vers l&rsquo;extrême droite, des rédactions en sous-effectif, une profession qui se précarise (avec un phénomène révélateur&nbsp;: elle se féminise), un entre-soi culturel, des modèles économiques abîmés par les usages d&rsquo;Internet&#8230;&nbsp;</p>



<p>À cela s&rsquo;ajoute une nouvelle menace&nbsp;: l&rsquo;intelligence artificielle, vérolant une confiance entre les médias et leur audience déjà vermoulue. «&nbsp;<em>J&rsquo;ai demandé à ChatGPT de raconter</em> Les trois petits cochons<em> à ma façon</em>, rigole Philippe Pujol&nbsp;; <em>il les a tous rendus toxicomanes ou fait mourir.</em>&nbsp;» L&rsquo;auteur de <em>Quartier Shit</em>, série d&rsquo;articles qui lui ont valu le prix en 2014, soupçonne beaucoup de localiers d&rsquo;y faire appel, «&nbsp;<em>et</em>, précise-t-il, <em>je n&rsquo;aurais pas été le dernier à l&#8217;employer si ça avait existé quand je travaillais pour </em>La Marseillaise&nbsp;». Heureusement, «&nbsp;<em>l&rsquo;IA ne peut pas encore aller sur les terrains où les gens ne sont pas faciles à aborder. Si on a les moyens de se déplacer. Le principal problème du métier, c&rsquo;est vraiment la précarisation</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Revenir aux fondamentaux</mark></strong></p>



<p>En effet, c&rsquo;est bien en quittant les «&nbsp;desk&nbsp;» (bureaux) et en retournant sur le terrain que le journalisme a encore des atouts à faire valoir&nbsp;: revenir aux fondamentaux, prendre le temps de recouper, sourcer, confronter. Aller voir «&nbsp;<em>dans les angles morts de notre société</em>&nbsp;», comme le relève <strong>Jean-Robert Viallet</strong>, qui se penche en longs métrages documentaires sur les méfaits du capitalisme. Savoir «&nbsp;<em>écouter, se taire, avec humilité</em>&nbsp;», renchérit sa consœur <strong>Sophie Nivelle-Cardinale</strong>, grande reporter en zones de conflits. Avant d&rsquo;interpeller le public&nbsp;: «&nbsp;<em>Est-ce que vous êtes toujours prêts à lire, voir, entendre nos récits&nbsp;?</em>&nbsp;»</p>



<p>Pas évident, en effet, de produire de l&rsquo;information de qualité quand on n&rsquo;a pas les moyens de le faire, qu&rsquo;on n&rsquo;a que des mauvais choix, entre autocensure et publi-reportage, et que le lecteur, volatil, rendu méfiant par les <em>fake news</em> ou les biais idéologiques des lignes éditoriales, se désintéresse ou s&rsquo;enferme dans des bulles informationnelles. Mais ce n&rsquo;est vraiment pas le moment de baisser les bras, souligne <strong>Pauline Amiel</strong>, directrice de l’École de journalisme et de communication d&rsquo;Aix-Marseille&nbsp;: «&nbsp;<em>Sans confrontation des opinions, il sera plus difficile de vivre ensemble. On a tous notre responsabilité. Si l&rsquo;on se contente de copiés-collés en ligne, c&rsquo;est ce que l&rsquo;on aura comme presse de demain. On peut se poser collectivement la question de son avenir.</em>&nbsp;» On peut, et on doit&nbsp;: le droit à l&rsquo;information est fondamental.</p>



<p>GAËLLE CLOAREC</p>



<pre class="wp-block-verse">La rencontre <em>Quel avenir pour la presse&nbsp;? </em>s'est tenue le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 mai</mark> à la Faculté de droit et sciences politiques de Marseille.</pre>
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		<title>Bienvenue au XIXe siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 16:22:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[droit fondamental d’informer]]></category>
		<category><![CDATA[Éric Dupond-Moretti]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mediapart]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>
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<p>En accédant à la requête de M<sup>e</sup> Ingrain, avocat de Gaël Perdriau, maire ex-Les Républicains de Saint-Étienne, d’empêcher <em>Mediapart</em> de publier toute nouvelle information sur l’affaire de chantage dont l’élu est au centre, la magistrate Violette Baty est entrée dans l’histoire de la justice française. Pas vraiment par la grande porte. Mais plutôt par celle de service, qu’on utilise généralement pour sortir en rasant les murs. Opposant une «&nbsp;atteinte à la vie privée&nbsp;» pour justifier sa décision, la vice-présidente du tribunal judiciaire de Paris a tout bonnement rétabli la notion de «&nbsp;censure préalable&nbsp;», bannie par la loi fondatrice du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Cette atteinte au droit fondamental d’informer est d’une gravité inédite au point qu’elle a fédéré bien au-delà de la profession de journaliste contre elle. Il faut dire que le procédé a de quoi inquiéter. Le fait de ne pas avoir pris la peine d’entendre les arguments du journal en ligne et de confisquer ainsi le principe d’un débat contradictoire pour pondre une ordonnance dans la précipitation est choquant. Mais la juge est allée encore plus loin&nbsp;: elle a censuré a priori un article dont elle ne connaissait pas le contenu puisque l’enregistrement incriminé et transmis à <em>Mediapart </em>par le premier adjoint au maire de Saint-Étienne n’a pas été entendu, comme l’a souligné M<sup>e </sup>Tordjman, avocat du journal, au cours de l’audience obtenue par ce dernier le 25 novembre.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Dérive liberticide</mark></strong><br>Ce nouvel épisode est le point culminant d’une série d’attaques visant la presse et les journalistes, qu’elles émanent de tribunaux ou de projets de loi. La proximité de M<sup>e</sup> Ingrain avec les cercles du pouvoir – ancien défenseur de l’actuel ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti, il fut également conseiller du président Sarkozy de 2007 à 2010 – suffit-elle pour soupçonner dans cet événement judiciaire une connotation partisane ? Espérons que le jugement attendu ce mercredi 30 novembre mette un terme au doute et surtout à une dérive liberticide manifeste.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>
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