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	<title>Archives des Les Noces de Figaro - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Les Noces de Figaro - Journal Zebuline</title>
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		<title>Qui trop embrasse…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:43:59 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">L’idée, pourtant, avait tout pour séduire. Ramener <em>Les Noces de Figaro</em> à l’Odéon, dans une forme annoncée comme réduite, c’était rappeler que l’opéra mozartien n’a rien d’un monument intimidant réservé à quelques initiés. Une « <em>folle journée</em> » peut tenir dans la proximité d’un théâtre, retrouver sa vivacité populaire, son nerf de comédie, son insolence première. La production d’<strong>Opéra Éclaté / Opéra des </strong><strong>Landes</strong> semblait d’ailleurs avoir fait ses preuves : costumes de <strong>David Belugou</strong> d’une simplicité de bon goût, scénographie lisible de <strong>Frank Aracil</strong>, élégance modeste plutôt que pauvreté revendiquée. Loin, donc, de tout élitisme. Peut-être un peu trop loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Car la réduction orchestrale confiée à l’<strong>Orchestre Opéra des Landes </strong>atteint vite sa limite. Les pupitres sont si nus que tout s’entend : le moindre couac, la moindre inexactitude, le moindre flottement de mise en place. Sous la direction de <strong>Gaspard Brécourt</strong>, les décalages avec le plateau deviennent nombreux, et l’on finit par entendre moins la transparence mozartienne que la fragilité du dispositif. Dommage, car le plateau ne démérite pas.<strong> Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> campe un Figaro solide et généreux ; <strong>Judith Fa</strong> dessine une Suzanne habile, vive, toujours aux aguets ; <strong>Charlotte Despaux</strong> offre à la Comtesse une belle texture, plus noble que plaintive. Le Chérubin d’<strong>Estelle Mazzillo</strong> est vocalement consistant, et joue scéniquement d’une gaucherie plutôt sympathique. Barberine a la légèreté fraîche d’<strong>Agathe Petitjean</strong>, tandis qu’<strong>Ahlima Mhamdi </strong>prête à Marcelline une qualité sombrée étrange mais bienvenue. <strong>Matthieu Toulouse </strong>tient Bartolo avec efficacité, et <strong>Anas Séguin</strong> donne au Comte une solidité rare : drôle, oui, mais jamais inoffensif, toujours traversé d’une menace sociale et sexuelle qui rappelle que la farce a des dents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D’une barrière à l’autre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Restait l’autre belle idée : faire entendre Beaumarchais autant que Mozart. Rendre au texte sa profondeur grinçante, son intelligence politique, sa cruauté de salon. On imaginait quelques scènes choisies, accompagnées d’airs capables de les éclairer, de les prolonger, de les contredire. C’est l’inverse qui advient. Rien, ou presque, n’est sacrifié de la partition – surtout pas les grandes longueurs de la fin du deuxième acte et du début du troisième – tandis que le théâtre vient s’ajouter comme un supplément mal intégré. Les chanteurs ont des qualités de comédiens, certes, mais le texte parlé ne semble pas avoir été travaillé pour lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette barrière-là devient infranchissable lorsqu’on comprend qu’aucun surtitrage n’a été prévu. Ici, ceux qui ne connaissent pas leurs Noces cœur restent dehors. Beaucoup, d’ailleurs, quittent l’Odéon à l’entracte.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br>Les Noces de Figaro ont été jouées <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">les 4 et 5 juin</mark></strong> au Théâtre de l’Odéon dans le cadre de la saison de l’Opéra de Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>Les Noces de Figaro</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:41:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a, dans Les Noces de Figaro, tout l’art de Mozart : la mécanique folle du désir, du déguisement, du jeu de rôle, mais aussi celle du pouvoir et de la sujétion. Et soudain, sous le rire, cette tendresse inquiète qui laisse les personnages plus nus qu’ils ne l’auraient voulu. La production d’Opéra Éclaté [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a, dans <em>Les Noces de Figaro</em>, tout l’art de Mozart : la mécanique folle du désir, du déguisement, du jeu de rôle, mais aussi celle du pouvoir et de la sujétion. Et soudain, sous le rire, cette tendresse inquiète qui laisse les personnages plus nus qu’ils ne l’auraient voulu. La production d’Opéra Éclaté et de l’Opéra des Landes, dirigée par Gaspard Brécourt et mise en scène par Éric Perez, réunit notamment Judith Fa, Charlotte Despaux, Jean-Gabriel Saint-Martin, Anas Séguin et Estelle Mazzillo autour de cette journée qui n’en finit pas de défaire les hiérarchies. </p>



<pre class="wp-block-verse"><em>S.C.</em><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 et 5 juin<br></mark><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/pages/le-theatre-de-lodeon" type="link" id="https://opera-odeon.marseille.fr/pages/le-theatre-de-lodeon">Théâtre de l’Odéon</a></strong>, Marseille</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Mozart sans sel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jun 2024 09:35:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Eléanore Pancrazi]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">C’était il y a cinq ans, il y a un siècle. Jean-Claude Gaudin était maire de «&nbsp;son&nbsp;» opéra, le Covid et ses confinements n’étaient pas passés par là, les 1200 sièges de la place Reyer se clairsemaient souvent et peinaient à rajeunir leurs occupants. Dans ce contexte la dispendieuse production de l’opéra, jamais programmée ailleurs qu’en ses murs, semblait bien plus moderne et inventive, par ses décors enchâssés, ses scènes de chasse et ses chœurs enturbannés, que bien des productions précédentes, moins audacieuses. Mais on n’y percevait pas la révolte sociale de Figaro, qui n’était vêtue ni du rouge de la révolution ni du récent jaune des Gilets, et disparaissait dans l’obscurité chaude des décors et costumes voulus par le metteur en scène Vincent Boussard. Surtout, <em>#Me too</em>&nbsp; n’était pas encore passé par l’opéra, et l’adaptation de <em>La folle journée</em> de Beaumarchais pouvait passer sans qu’on y remarque la violence exercée sur les corps féminins, de la Comtesse à Marceline&nbsp;; la solidarité interclasse des femmes est fondatrice du livret de Da Ponte, le profond désespoir de Barbarine qui semble avoir perdu, entre le bras de Chérubin bien plus qu’une épingle, sonne comme le chant d’une jeune fille abusée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ombres insensées</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le Covid et #Me too, devant un public rajeuni et renouvelé, comment se reçoit cette reprise&nbsp;? On admire la voix et la présence d’<strong>Eléanore Pancrazi</strong> dans Chérubin, on s’émeut de la grâce absolue des déplorations de la Comtesse – incarnée à nouveau par <strong>Patrizia Ciofi</strong>, merveilleuse dans ses arias, mais très gênée par le voile constant qui couvre ses graves dans les récitatifs. <strong>Hélène Carpentier</strong> incarne à merveille une Suzanne qui prend de l’assurance au fil de la pièce et <strong>Robert Gleadow</strong> (Figaro), même s’il rate un peu les aigus de son premier air, habite la scène de sa présence massive.<strong> Jean-Sébastien Bou</strong> (le comte Almaviva) passe son air de bravoure avec panache, mais dans l’ensemble les voix d’hommes peinent un peu à se faire entendre. Peut-être parce que le propos n’est pas clair&nbsp;? Lorsque Figaro chante «&nbsp;<em>si tu veux danser, mon petit comte</em>&nbsp;», comment pousser ses «&nbsp;<em>Si</em>&nbsp;» aigus si sa révolte se perd dans les couleurs ternes du décor, et les chœurs décadents et noirs qui tournent autour de lui, l’observent et le manipulent&nbsp;? Quel est le sens de toutes ces ombres ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Décalages</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette hésitation sur le sens semble aussi habiter l’orchestre qui a du mal à régler son rapport au plateau, décale légèrement, surtout quand les chœurs chantent depuis les balcons. Les ensembles se croisent dans le flou au lieu de dessiner des lignes franches, et on perd un peu du sens musical si particulier des fins d’actes de Mozart, où les individus mêlent leurs voix intérieures à celles du peuple qu’incarnent les chœurs. L’évidente clarté de la musique, du livret de Da Ponte/Beaumarchais, de leur propos révolutionnaire et féministe, de la joie des bons mots et du jeu, est escamoté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que l’œuvre, indestructible, résiste à ces petits obstacles, portée par des solistes et des musiciens d’exception. Comme un plat fabuleux auquel il manque juste quelques grains de sel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Noces de Figaro</em> ont été reprises à l’Opéra de Marseille les 24, 26, 28 et 30 avril<br><strong>À venir</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 mai</mark><br>Opéra de Marseille</pre>
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