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	<title>Archives des Louise Hémon - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Louise Hémon - Journal Zebuline</title>
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		<title>[ Canebière Film Festival] L’Engloutie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 11:20:23 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Une nuit d’encre, Un vent violent et glacial. La lueur de deux lanternes au fond du cadre, noir. C’est ainsi que débutent le film de <strong>Louise Hémon</strong> et le long hiver d’Aimée, une jeune institutrice nommée dans un hameau de la vallée du Véneon. &nbsp;Elle est conduite dans un chalet des plus rustiques, chargée d’apporter l’éducation et les valeurs républicaines en cette fin du 19<sup>e</sup> siècle. Elle doit apprendre le français à quatre enfants qui ne parlent que le patois. Là, les vaches font «&nbsp;Brou brou&nbsp;»&nbsp;et &nbsp;les &nbsp;mères passent l’hiver dans la vallée comme domestiques. &nbsp;Leçons d’écriture, de géographie avec un planisphère, d’histoire, et d&rsquo; hygiène. Le bain qu’elle fait prendre aux petits élèves n’est pas du goût des vieilles du hameau&nbsp;: «&nbsp;<em>Les croutes sur la tête protègent le cerveau&nbsp;; ils vont être malades&nbsp;»</em>&nbsp;: c’est ce qu’elle s’entend dire à une veillée où elle a été invitée. Elle y écoute le récit de la rencontre avec la mort que fait en patois&nbsp; une vieille femme et qu’un homme lui traduit. Comme un prologue à la mort d’un vieux du hameau, Pépé Jupiter. On ne peut l’enterrer, la terre est gelée. On mettra son cercueil sur le toit de l’école&nbsp;: ainsi il sera accompagné par les jeux et les rires des enfants&nbsp;: un des plans les plus saisissants&nbsp; du film, inspiré à Louise Hémon par une nouvelle de son grand père, <strong>Jacques Chevallier</strong>, <em>La Bière sur le toit.</em> Aimée &nbsp;qui est venue dans ce village <em>«&nbsp;pour donner, pour que les enfants deviennent des citoyens libres et émancipés</em>&nbsp;» n’est d’abord ni comprise, ni acceptée. Au fil des jours, elle découvre les rituels, participe aux veillées où l’on joue de la musique, l’on danse, où l’on croise les regards des jeunes hommes à la lueur du feu ou des chandelles. Aimée est une jeune femme, qui a des désirs, qui se fait plaisir, plaisir solitaire ou partagé. Quand… deux hommes &nbsp;(<strong>Samuel</strong> <strong>Kircher et Matthieu Lucci)</strong> disparaissent tour à tour, engloutis par la montagne…Le mythe de Samarcande n’est pas loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette nature hostile, sombre, glaciale que nous immerge Louise&nbsp;Hémon, en pleine tempête de neige, dans le noir, à la lueur de la lune ou des torches. Des décors conçus par la cheffe décoratrice, <strong>Anna Le Mouël. </strong>On nous fait partager les émotions, les certitudes, les découvertes de cette jeune institutrice qu’interprète avec conviction <strong>Galatéa Bellugi.</strong> Dans une scène très forte, on la voit s’appliquer à répéter les mots en patois que lui apprend un de ses élèves&nbsp;! Visages souvent filmés en gros plan, recadrés par une fenêtre ou reflétés&nbsp;: la mise en scène est très soignée et on imagine que le tournage n’a pas été des plus simples. <em>«&nbsp;Avec ma chef-opératrice,&nbsp;<strong>Marine Atlan</strong>, nous avons décidé de filmer en 4/3 car cela m&rsquo;évoque une cinématographie ancienne, le cinéma muet. Et au lieu d&rsquo;exploiter le décor dans</em> <em>sa majesté en scope ou en 16:9, cela augmente la verticalité de la montagne et c&rsquo;est plus étouffant&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La musique d’<strong>Emile Sornin </strong>joue ici un rôle important, accentuant la sensualité du film et y ajoutant du surnaturel&nbsp; comme la séquence de la grotte qui respire et&nbsp; halète, peut être de plaisir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un film à la lisière du visible et de l’invisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film a été présenté en avant-première au Canebière Film Festival en présence de<strong> Louise Hémon</strong> et de la cheffe décoratrice  <strong>Anna le Mouël</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire <a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-avec-anna-le-mouel/">ICI</a> l&rsquo;interview d&rsquo;Anna Le Mouël et <a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-avec-louise-hemon/">ICI</a> celle de Louise Hémon </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>[Canebière Film Festival] : Avec Louise Hémon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 11:19:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre votre court métrage L’homme le plus fort en 2014 et L’Engloutie votre premier long métrage sélectionné à Cannes en 2025, 10 ans se sont écoulés. Récemment une réalisatrice nous confiait&#160;: «&#160;Il me faut trouver une histoire qui m’importe autant pour faire un deuxième film. Sinon ça ne vaut pas le coup&#160;» Est-ce la même [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entre votre court métrage L’homme le plus fort en 2014 et L’Engloutie votre premier long métrage sélectionné à Cannes en 2025, 10 ans se sont écoulés. Récemment une réalisatrice nous confiait&nbsp;: «&nbsp;Il me faut trouver une histoire qui m’importe autant pour faire un deuxième film. Sinon ça ne vaut pas le coup&nbsp;» Est-ce la même chose pour vous&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on écrit un film, on sait qu’on va passer deux, trois, quatre, voire cinq ans dessus. Entre le moment où on écrit les premiers mots et celui où il sort au cinéma. Il peut même s’en passer davantage&nbsp;: moi, <em>L’Engloutie</em>, j’ai commencé à l’écrire en 2019. Il faut que ce soit quelque chose qui nous tienne à cœur et dont on ne se lasse pas. Forcément, comme c’est long et plein d’embûches, parfois on en a marre. On est quelquefois écœuré de son propre projet. Il faut retravailler, réécrire, en reparler sans cesse pour réussir à convaincre. Mais une fois que les financements sont là, toute l’envie revient et c’est parti&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment avez-vous construit le personnage d’Aimée, que vous n’avez pas voulu, semble-t-il, rendre absolument sympathique…On est de son point de vue de sorte qu’on ne sait pas toit d’elle&nbsp;: ses rapports avec ses parents, son origine, ses motivations…</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, ça me plaisait de créer un personnage féminin qui ne soit pas la jeune première héroïque et gentille. J’aimais que cette jeune femme puisse se tromper, être de mauvaise foi. Elle arrive pleine de bons sentiments à vouloir déployer sa mission républicaine, apporter l’égalité et le savoir pour tous. Mais aussi, en pensant qu’elle arrive au pays de l’ignorance, qu’elle va éduquer des populations. Il y a quelque chose de présomptueux de sa part. D’autant, qu’elle n’a aucune expérience et qu’elle va se frotter au Réel. Donc ça me plaisait d’avoir un personnage avec plein de défauts. Pour autant, il fallait trouver une actrice qui en fasse quelqu’un d’attachant, une femme avec laquelle on peut entrer en empathie et dont on peut partager toutes les émotions en restant de son point de vue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Son nom est Aimée Lazar&nbsp;: Aimée parce que malaimée au départ&nbsp;? Lazar pour une résurrection&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aimée, bien sûr, parce qu’il y a un rapport avec l’amour. Le spectateur ne sait pas comment elle s’appelle jusqu’à très tard dans le film&nbsp;: c’était pour que ce moment de révélation soit tendre et émouvant. Et Lazar, en effet, c’est un clin d’œil au mythe de Lazare. En fait, au départ, j’aimais beaucoup le film d’<strong>Alice Rohrwacher</strong>, <em>Heureux comme Lazzaro</em>. Quand on cherchait un nom, j’ai pensé à Lazare. Faut toujours savoir pourquoi on choisit un nom. Et c’est la première fois que quelqu’un le remarque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le titre L’engloutie s’est-il imposé dès le début&nbsp;? L’Engloutie, c’est Aimée Lazar&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, l’Engloutie, c’est au féminin&nbsp;: c’est elle. Mais c’est comme un titre de conte, de légende. J’ai voulu que ce titre apporte une tension. On regarde le film, et tout le long, on se dit&nbsp;: «&nbsp;mais quand est-ce que ça va arriver&nbsp;?&nbsp;» On est en montagne, on pense aux avalanches …. C’était donc d’abord une idée dramaturgique.                                         Après il y a tout un jeu symbolique&nbsp;: qui engloutit qui&nbsp;? C’est un monde qui veut en avaler un autre avec la destruction des patois, l’effacement des régionalismes. Mais aussi, la lutte contre l’obscurantisme. Qui mange qui&nbsp;?                                                                                 Et puis, bien sûr, il y a le rapport à la sexualité, à l’engloutissement du désir. On a ainsi plein d’échos et de strates possibles pour interpréter ce titre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pourquoi avoir choisi une époque charnière&nbsp;: la fin du XIXème siècle, la naissance du XXème&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La création d’écoles publiques dans les villages les plus reculés de France- au début, dans des étables avec un équipement sommaire, c’est plutôt vers 1882. &nbsp;Mais pour mon scénario, symboliquement, j’aimais qu’il y ait ce passage au nouveau siècle, qu’il y ait une bascule temporelle vers le monde nouveau qui soit comme un vertige. Comme les choses ne se sont pas faites en un an, c’était historiquement crédible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pourquoi cette référence récurrente à L’Algérie&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée c’est que ça fait partie de l’histoire des Alpes. Il y a des villages entiers qui se sont vidés. On a donné à ces gens des terres en Algérie parce qu’ils savaient cultiver des sols arides. J’avais beaucoup d’images de la guerre d’Indépendance, du retour des Pieds-noirs mais je ne m’étais jamais posé la question de qui était parti, quand… Le mélange entre ce que je connais des Hautes Alpes, de la neige en hiver et de l’histoire de la colonisation de l’Afrique du Nord, ça a créé un contraste qui m’a saisie. Cet ailleurs implique un hors champ au film. Pour les Alpes, c’était l’Algérie, c’était la Californie. Plus au sud c’était le Mexique avec les Barcelonnettes, c’est tout ce 19è siècle-là dont il s’agit. Et c’est, même si ce n’est pas équivalent, il y a un parallèle entre une République qui arrive en conquérante dans les régions et la colonisation. Il s’agit d’effacer la langue, d’imposer ses valeurs et ses mœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Votre film est à la fois un film historico-anthropologique et un film fantastique. Comment avez-vous mêlé ces genres&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai un rapport très fort au Réel. J’accumule les documents sur l’histoire des Hautes Alpes depuis longtemps. J’ai grappillé des choses que je trouvais intéressantes à mettre en images comme le pain qu’on enflamme.&nbsp; La réalité a souvent plus d’inventions que nous. C’est comme une besace où je vais chercher des éléments pour mon histoire. Pas pour une reconstitution ethno-historique mais pour servir l’ambiance, nourrir le conte.                 Après l’histoire en elle-même, elle vient davantage de ce qu’on m’a raconté étant enfant, dans la famille de ma mère où il y avait beaucoup d’instituteurs, d’institutrices qui allaient «&nbsp;hiverner&nbsp;» dans ces écoles où personne ne voulait aller. Ces récits titillaient l’imagination, étaient porteurs de peurs&nbsp;: une fille seule dans des régions hostiles, le danger des avalanches, les légendes inquiétantes… Mon grand-père avait écrit une nouvelle pour nous avec un vieux villageois qui meurt et dont on met le cercueil sur le toit de l’école en attendant que la terre soit meuble. Des trucs terrorisants qu’on adore quand on est petit et qui flirtent forcément avec le fantastique.                                                                  Dans le film, c’est presque une expérience scientifique&nbsp;: une créature cartésienne qu’on plonge dans un bain de mysticisme, de superstitions. Jusqu’où son esprit rationnel va-t-il résister&nbsp;? A quel moment l’irrationnel qui émane aussi d’elle, de son rapport à la sexualité et au mystère, va-t-il la pousser dans ses retranchements jusqu’à ce qu’affleure la figure de la sorcière&nbsp;? Le film joue avec tous ces archétypes-là. Il aborde le mystère. Le fait que la nature a horreur du vide, qu’on ne supporte pas de ne pas savoir. Les religions, les superstitions vont donner un sens, une réponse alors que l’esprit scientifique apporte le doute.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment avez-vous travaillé avec votre directrice de la photographie Marine Atlan&nbsp;? Et pourquoi le choix de ce format en 4/3&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes allées en repérage avec <strong>Marie Atlan</strong> et <strong>Anna Le Mouël</strong>, la cheffe déco ( Lire<a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-avec-anna-le-mouel/"> ICI</a> son interview). La montagne est souvent filmée en plans larges, en panoramiques, parce que c’est majestueux. Moi j’avais envie de ce format en 4/3. Au départ, comme un clin d’œil au cinéma muet des origines, parce que ça se passe dans ces années-là. Et puis c’était juste une intuition de ce que ça allait créer à l’écran. Et en effet, ça a créé de la verticalité, du vertige et aussi une sorte d’angoisse : un effet d’étau avec le côté huis clos en plein air. Pour la lumière, en montagne, on a peu d’accès à l’électricité et ça allait bien avec mon envie de travailler avec la lumière naturelle, de la magnifier. De montrer ce que ça fait, une pleine lune sur le manteau neigeux qui est comme un réflecteur géant. On a l’impression que c’est une nuit américaine alors que c’est un phénomène naturel. Je voulais que tout le côté fantastique du film vienne du réel, qu’on aille chercher ce qui est étrange et faux dans le vrai. Et pour les intérieurs, pareil : les chandelles, ça coûtait cher. Il y avait le point chaud de l’âtre et quelques chandelles : ça a créé, à l’image, du mystère avec les zones sombres. Et ça collait avec la mise en scène et le sujet du film, entre la lumière, le savoir et les ténèbres, l’inexplicable : tout ça semblait faire corps. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas tout un travail de lumière. Au contraire, il est énorme ! Par exemple, on a des bougies de cinéma avec deux mèches pour éclairer davantage et on a dû placer d’autres points de lumière sans qu’on les voie. C’est un travail d’orfèvre !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pour incarner Aimée, Galatea Bellugi&nbsp;: comment l’avez-vous repérée&nbsp;? Pourquoi elle&nbsp;? Comment avez-vous casté et dirigé les villageois&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Galatea arrive assez tôt dès que j’ai fini mon scénario. Je devais faire des essais pour une résidence de mise en scène qui s’appelle Emergence. Je l’ai appelée parce qu’elle me faisait penser à <strong>Catherine Mouchet</strong> dans <em>Thérèse</em> d’<strong>Alain Cavalier</strong>. Elle a cette voix, cet accent qui n’appartient qu’à elle, et elle semblait me projeter dans le passé. Elle est mystérieuse mais en même temps pas du tout opaque. On voit ce qu’elle pense. Et c’était important puisque Aimée ne parle à personne et que le spectateur doit deviner ce qu’elle a dans la tête. Il fallait aussi quelqu’un d’attachant comme elle, qu’on ne puisse s’empêcher d’aimer malgré ses côtés antipathiques. Et pour le jeu, il fallait être dehors dans le froid, réussir à aller d’un point A à un point B sans s’enfoncer, sans glisser, avec une robe lourde, un corset, et tout d’un coup il y a quelque chose de l’engagement du corps immédiat. Je lui ai demandé de travailler sa langue et elle a dû comme les autres acteurs professionnels, <strong>Matthieu Lucci</strong>, <strong>Samuel kircher</strong> et <strong>Sharif Andoura</strong> savoir accueillir dans son jeu, les acteurs non professionnels. Les acteurs ne connaissaient pas la montagne et n’étaient pas dans leur milieu naturel, les non-professionnel ne connaissaient pas le jeu dramatique mais étaient en revanche chez eux. Chacun avait une forte connaissance que l’autre n’avait pas&nbsp;: ça les a mis sur un pied d’égalité. Pour le choix des villageois, la directrice de casting a contacté les clubs de patois. Le dialecte occitan de la Région est encore vivace. Ça semblait plus difficile avec les enfants qui ne le parlent plus mais ils ont une bonne oreille et ont su dire leur texte, et ceux qui venaient des vallées italiennes avaient un accent qui les rendait très crédibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment avez-vous travaillé avec Emile Sornin, compositeur de la musique du film</em>&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avais déjà travaillé avec lui sur 6 ou 7 projets &#8211; cinéma documentaire, théâtre. Lui avait déjà une expérience de longs-métrages de fiction avec <em>De nos frères blessés</em> de <strong>Hélier Cisterne </strong>ou&nbsp; <em>Simple comme Sylvain</em> de <strong>Monia Chokri</strong> .                                                 L’idée, c’était de ne pas avoir une musique romantique avec violons et drame. Il fallait casser la chronique rurale, apporter d’emblée des indices de fantastique. Il m’a parlé des voix d’<strong>Ennio Morricone</strong>. Ça évoquait pour moi plein de choses, un chœur d’enfants, un sabbat de sorcières, la voix de la montagne. C’était très polysémique. Et puis, il y a eu la volonté de travailler sur une musique modeste avec des instruments de fortune, ou des instruments folkloriques détournés. Le travail s’est fait en amont et pendant le montage.  Je n’arrive pas à monter mon film sans avoir l’ambiance musicale. Émile a donc travaillé à partir du scénario. Il m’a envoyé plein de morceaux pour des scènes qu’on avait définies ensemble puis il a complété.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un entretien réalisé par Annie Gava et Elise Padovani</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire <a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-lengloutie/">ICI </a>la critique du film</p>



<p class="wp-block-paragraph">Louise Hémon © A.G</p>
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		<title>[ Canebière Film Festival] Avec Anna Le Mouël</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 08:53:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Canebière film festival met à l’honneur les technicien·nes du cinéma, avec cette année un focus sur les concepteurs de décors. L’occasion de rencontrer Anna Le Mouël, cheffe décoratrice invitée avec la cinéaste Louise Hémon pour le film L’Engloutie. Zebuline l’a rencontrée Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir Cheffe Déco&#160;? Quelles études [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <em>Canebière film festival</em> met à l’honneur les technicien·nes du cinéma, avec cette année un focus sur les concepteurs de décors. L’occasion de rencontrer Anna Le Mouël, cheffe décoratrice invitée avec la cinéaste Louise Hémon pour le film <em>L’Engloutie</em>. Zebuline l’a rencontrée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir Cheffe Déco&nbsp;? Quelles études avez-vous suivies&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&nbsp;</em>C’est arrivé un peu par hasard. J’avais entamé des études d’archi et on m’a proposé de faire un TPE (Travaux de Fin d’Etudes) à la FEMIS. J’ai adoré car ça correspondait à ma personnalité. J’ai arrête les études d’archi et j’ai travaillé dans la déco. Au départ sur des courts, puis des longs en tant que cheffe déco. J’avais fait une école d’arts appliqués, je dessinais beaucoup, faisais des chantiers. Les décors c’est la rencontre de milieux artistiques avec des choses très manuelles. Il y a le regard artistique et aussi un gros aspect technique auquel je tiens beaucoup</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vous avez commencé par le court métrage </em>Massacre <em>de Maité Sonnet, nous semble t-il&nbsp; en 2019. Et depuis des longs dont </em>Saint Omer <em>et </em>Le Ravissemen<em>t. Comment abordez-vous une nouvelle proposition&nbsp;? Par le scénario, les échanges avec les cinéastes</em>&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai commencé avant par des courts moins connus, très jeune. D’abord, je tiens beaucoup au scénario. J’aime lire le scenario et voir ce que le réalisateur a fait avant. C‘est comme cela qu’on se projette dans une mise en scène, qu’on imagine les choses et il y a la confrontation avec le réel. C’est assez rare que ce qu’on imagine corresponde au désir du réal. Parfois ce sont nos deux idées qui vont se rencontrer, parfois je me laisse emporter par la vision du réal quand je la trouve incroyable. Parfois c’est l’inverse&nbsp;: il faut alors l’accompagner par des références, de films ou des dessins</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Y a t-il eu des propositions que vous avez refusées (Sans citer des noms bien sûr) et dans ce cas pourquoi</em>&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas tant que ça&nbsp;! Je suis jeune&nbsp;! Ce sont souvent des questions politiques. Je suis plutôt de gauche et il y a des films que je ne pourrai pas faire car la représentation&nbsp;des personnes dans le film serait trop compliquée&nbsp;: ça me bloquerait pour me projeter. C’est dur quand on n’aime pas un scénario d’aller chercher du désir. Le cinéma demande tellement d’énergie, une implication totale. C’est tellement chronophage&nbsp;! Sans ce désir-là c’est terrible&nbsp;! Autant faire autre chose&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pouvez-vous nous préciser comment vous travaillez&nbsp;: repérages de lieux, dessins, maquettes, tableaux…</em> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut parler de quelque chose de très important&nbsp;: le budget d’un film et celui de la déco qui est un très gros budget. Tout se passe dans les pré-repérages, les dessins et beaucoup de références. J’adore les chercher et je travaille beaucoup avec ça. Après on dessine une trame avec le chef opérateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment avez-vous travaillé avec <strong>Louise Hémon</strong> pour L’Engloutie</em> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une petite exception pour <em>L’Engloutie.</em> Louise avait une iconographie délirante, vraiment beaucoup de livres sur l’époque. Elle m’avait conseillé la Cinémathèque des montagnes, une base de données incroyable. <em>L’Engloutie </em>est un film à base de nombreuses images documentaires, des images de films comme <em>Les Portes du Paradis,</em> <em>Heureux comme Lazare</em>. Le Cimino pour quelque chose du western. Des peintres du clair-obscur aussi avec ce choix de la lumière du feu. Avec le chef op, on fait beaucoup de réunions. On s’échange des références en dehors du réal. C’est important car on parle de pure image, de pure lumière. J’aime aborder aussi la question des couleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Pour <em>L’Engloutie</em>, il a fallu fabriquer la cheminée, créer un conduit pour évacuer la fumée. Pas toujours efficace&nbsp;! Il fallait beaucoup de grands feux pour avoir le maximum de lumière. On a repeint tous les murs, et dans les patines du bois, on mettait beaucoup de blanc, pour que la lumière &nbsp;rebondisse. Dans cet espace tout était noir. Des noirs qu’on a vernis pour qu’ils prennent le plus possible la lumière. Dans les lampes à pétrole, pour les extérieurs, on a caché des torches remplies de paraffine pour que dans les plans de loin, on ait assez de lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Combien de temps a duré la construction du décor et combien de personnes y ont participé&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La construction a pris beaucoup de temps. On a eu un mois sur place mais la neige est tombée très tôt, en novembre, &nbsp;et on s’est retrouvé avec des véhicules improbables pour transporter du bois à 2000 mètres d’altitude. On a mis presque 6 mois, ce qui est très long pour ce type de film. On était une vingtaine. Parfois pour certains films, l&rsquo;équipe monte jusqu’à 200 personnes. C’est le premier assistant qui gère le budget pour les embauches. La période de négociations avec la production est très compliquée. Un budget où il y a les matériaux et les embauches «&nbsp;chargées&nbsp;» , c’est souvent 5 à 10% du budget d’un film.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un entretien réalisé par Elise Padovani et Annie Gava  le 8 octobre à l’occasion de l’avant-première du film de Louise Hémon, <em>L’Engloutie</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Anna Le Mouël © A.G.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire <a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-lengloutie/">ICI</a> la critique du film et <a href="https://journalzebuline.fr/canebiere-film-festival-avec-louise-hemon/"> ICI </a>l&rsquo;interview de Louise Hémon</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Du nouveau dans le décor</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 11:46:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[cinema]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Un nouveau festival de cinéma à Marseille&nbsp;? Un de plus&nbsp;? Pour célébrer le cinéma, certes, mais aussi mettre en lumière le travail de ceux qui le font, en plus des scénaristes, cinéastes et interprètes&nbsp;: les technicien·nes. Et pour cette première édition, ce sont ceux et celles qui font les décors qui sont mis à l’honneur. Ainsi du 8 au 12 octobre à l’Artplexe et aux Variétés, on pourra voir ce travail à travers des films où les décors, «&nbsp;écrin du film&nbsp;», naturels ou construits, sont particulièrement remarquables. Des avant premières, longs et courts métrages accompagnés par leurs équipes, en particulier par les chef·fes déco, qui pourront expliquer au public comment ils travaillent&nbsp;: leurs choix pour créer l’atmosphère du film, les rapports avec les cinéastes, le «&nbsp;destin&nbsp;» des décors le tournage fini….</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des films en compétition</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce festival, cinq longs métrages sont en compétition. Le 8 octobre aux Variétés, on verra <em>L’Engloutie,</em> le premier long de <strong>Louise Hémon</strong>, qui sera présente avec sa cheffe déco <strong>Anna Le Mouel</strong>. Un film où l’on suit une jeune institutrice envoyée dans une vallée isolée des Hautes-Alpes à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, à 19 h, ce sera <em>Des Preuves d’amour</em> d’<strong>Alice Douard </strong>dont <strong>Anne-Sophie Delseries</strong> a conçu les décors&nbsp;: un joli film sur la co-maternité, l’amour et la filiation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 11 ce sera le deuxième film de <strong>Romane Bohringer</strong>, <em>Dites-lui que je l’aime, </em>adapté du livre autobiographique de <strong>Clémentine Autain</strong> : un récit de son enfance auprès de sa mère, l’actrice Dominique Laffin, décédée prématurément. C’est sa cheffe déco, <strong>Rozenn Le Gloahec</strong> qui parlera avec le public. Le 12 à l’Artplexe, <strong>Chloé Cambournac</strong> viendra présenter le deuxième long de <strong>David Roux</strong>, <em>La Femme de</em>, un thriller domestique, un film d’émancipation féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y aura aussi deux programmes de courts métrages en compétition les 11 et 12 octobre. Avec sur la toile <em>Big boys don’t cry</em> d’<strong>Arnaud Delmarle</strong>, tourné à Saint-Chamas, ou <em>L’Enfant à la peau blanche</em> de <strong>Simon Panay</strong>, où l’on voit un enfant atteint d’albinisme, confié par son père à un groupe de chercheurs d&rsquo;or, cristalliser tous les espoirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une carte blanche est donnée à l’A.R.T.S. (Association régionale des techniciens du Sud-Est) qui présentera le premier long métrage de<strong> Léa Fehner</strong>, <em>Qu’un seul tienne et les autres suivront</em>  (2009), une cinéaste dont on avait apprécié le dernier film, <em>Sages femmes </em>[lire sur <a href="https://journalzebuline.fr/le-coeur-battant-de-la-maternite/">journalzebuline.fr</a>].</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Canebière film festival</em></strong><br>Du 8 au 12 octobre<br>Cinémas Artplexe et Variétés<br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Numéro Zéro : à l&#8217;ouïe et à l&#8217;œil</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 13:28:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa 8è édition, le festival Numéro Zéro marche encore sur ses deux jambes: le cinéma documentaire et la création radiophonique. Dans une programmation dédiée aussi bien aux scolaires et aux étudiants qu&#8217;à un large public. Du 23 au 27 avril, à Forcalquier et à Cruis ( 04), 19 films ont été retenus, la plupart [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Pour sa 8è édition, le festival Numéro Zéro marche encore sur ses deux jambes: le cinéma documentaire et la création radiophonique. Dans une programmation dédiée aussi bien aux scolaires et aux étudiants qu&rsquo;à un large public. Du 23 au 27 avril, à Forcalquier et à Cruis ( 04), 19 films ont été retenus, la plupart accompagnés par les réalisateurs-trices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi eux, le remarqué Sauve qui  peut de Alexe Poukine qui nous transporte dans un centre de formation pour soignants. Là, s’organisent des jeux de rôle avec des comédiens : comment annoncer un diagnostic ? Travailler son empathie avec les patients ? Un angle d’attaque original pour explorer la souffrance en milieu hospitalier qui frappe aussi bien les malades que le personnel médical. Souffrance au travail abordée également par <strong>Jean Boiron-Lajous </strong>croisant les discours de  6 démissionnaires de la Fonction publique avec <em>Hors-service</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On embarquera grâce à <em>Save Our Souls</em> de<strong> Jean-Baptiste Bonnet,</strong> sur l’<em>Océan Viking</em>, navire-ambulance affrété par SOS Méditerranée. On fera connaissance avec une pionnière océanographe des années 50, avec <em>Voyage de documentation de Madame Anita Conti </em>de la talentueuse <strong>Louise Hémon</strong>. <strong>Laïs Decaster</strong> qui a travaillé avec <strong>Claire Simon</strong>, présentera quatre de ses courts métrages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté sonore, deux documentaires radiophoniques à ne pas rater&nbsp;: <em>L’Ange Blanc</em> &nbsp;de <strong>Yann Paranthoën</strong> et <strong>Claude Giovanetti</strong> de 1995, jamais diffusé sur les ondes, pour découvrir la vie tumultueuse et chaotique de Gwénaëlle. Et <em>l’utopie où j’ai vécu</em> de <strong>Chloe Sanchez</strong> (2024), pour rencontrer cette «&nbsp;<em>radiophile, bruit-colleuse, créatrice d’images et d’histoires pour les oreilles&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour d’archives sonores, <strong>Maya Boquet</strong> proposera une rencontre-écoute et un atelier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et <strong>Jean-Baptiste Imbert</strong>, réalisateur en résidence, présentera sa pièce sonore sur le thème de la chasse et la cueillette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pas oublier le Ciné-performance de Léa Morin au titre énigmatique&nbsp;: <em>Les films qui n’existent existent. </em>Et la Ciné-conférence de <strong>Federico Rossin</strong> sur un sujet, on ne peut plus d’actualité, hélas&nbsp;: <em>Ce que le Cinéma a fait et peut faire face au fascisme.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Programme et agenda&nbsp;: </em><a href="http://www.festivalnumerozero.com"><em>www.festivalnumerozero.com</em></a><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>07 69 82 85 28</em></p>
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