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	<title>Archives des Marseille - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Marseille - Journal Zebuline</title>
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		<title>Adèle Royné décline les relations familiales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 09:33:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Dans les deux semaines à venir, vous créez ce Diptyque familial au Théâtre d’Arles, puis le présentez à Marseille, Aix et Martigues. C’est un début de tournée intense&#160;!&#160; Adèle Royné. C’est vrai, je ne m’en rends pas compte&#160;! On a créé la première partie du diptyque au Festival d’Avignon (en 2024, ndlr), donc avec [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Dans les deux semaines à venir, vous créez ce</strong> <strong><em>Diptyque familial</em></strong> <strong>au Théâtre d’Arles, puis le présentez à Marseille, Aix et Martigues. C’est un début de tournée intense&nbsp;!&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Adèle Royné.</strong> C’est vrai, je ne m’en rends pas compte&nbsp;! On a créé la première partie du diptyque au Festival d’Avignon (en 2024, ndlr), donc avec des représentations quotidiennes, ce qui permet de revoir des choses tous les jours, de continuer à créer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir voulu mettre en scène une famille ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je viens d’une famille nombreuse, et j’avais envie de porter ce brouhaha familial au plateau. Ce qui m’intéresse surtout, c’est la fratrie entre 25 et 30 ans. C’est un âge d’entre-deux, où on grandit beaucoup dans nos vies personnelles, professionnelles, mais où on n’a pas vraiment envie d’être adulte. Et c’est aussi le moment où certains commencent à venir avec leur compagne ou leur compagnon, ce qui crée une nouvelle dynamique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous abordiez déjà le thème de la famille dans votre seule-en-scène</strong> <strong><em>Forget me not</em></strong><strong>.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le coup c’était vraiment mon histoire. Guillaume Vincent était déjà intervenu dans l’écriture, pour me guider. Et justement, on trouvait marrant de prendre le contre-pied de ce que je raconte de ma vie dans <em>Forget me not</em>. Dans le diptyque Louise déteste sa mère, et il y a de vrais conflits dans sa famille, tandis que tout se passe plutôt bien dans la mienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi créer une série théâtrale autour de cette famille ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On trouvait ça chouette de retrouver les personnages à différents moments de leur vie. Dans l’idée, on aimerait en faire une tétralogie, avec deux autres pièces. On est aussi très attachés au genre de la comédie, et on avait envie de la voir sous différents registres. <em>Fête des mères</em> est plutôt une tragi-comédie, mais qui lorgne un peu du côté du théâtre de boulevard et des pièces de Jaoui et Bacri, tandis que <em>Vive la Mariée !</em> est vraiment conçu comme une comédie anglo-saxonne, à la <em>Quatre mariages et un enterrement</em>. Et on déjà pensé à d’autres modèles comiques pour les autres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment s’articulent les deux parties ? Avez-vous dû modifier certains éléments de</strong> <strong><em>Fête des mères</em></strong> <strong>?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont deux parties distinctes qui se répondent. Il y a par exemple des codes couleurs dans <em>Fête des mères</em>, et qu’on retrouve dans <em>Vive la Mariée</em>. On a aussi réimaginé le décor de <em>Fête des Mères</em>. On l’a rétréci et surélevé avec l’idée que ce salon à vivre se déploie et que le public découvre un décor beaucoup plus grand dans la deuxième partie. Pareil pour les costumes. On a fait appel à une costumière, Lucie Durand, et au Théâtre des Célestins, qui ont conçu plusieurs costumes, notamment parce qu’il y a un effet comique sur les robes de mariée. Elles sont soit trop courtes, soit beaucoup trop volumineuses et il fallait que ce soit fait sur mesure.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em><strong>Fête des mères, Diptyque familial</strong></em> de la Cie MidiMinuit <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1er et 2 octobre<br></mark><strong>Théâtre d’Arles </strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 6 au 10 octobre<br></mark><strong>Théâtre des Bernardines</strong>, Marseille <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">12 et 13 octobre<br></mark><strong>Théâtre des Salins</strong>, scène nationale de Martigues <br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 et 15 octobre<br></mark><strong>Théâtre du Jeu de Paume</strong>, Aix-en-Provence</pre>
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		<title>Gwenaël Richerolle : « Les Marseillais ont retrouvé le chemin des musées »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 09:05:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment expliquez-vous la hausse de fréquentation des musées marseillais cette année, et particulièrement cet été ? Gwenaël Richerolle. Depuis plusieurs années, les Marseillaises et les Marseillais reprennent le chemin des musées. La programmation joue évidemment un rôle important : les expositions temporaires, les nouveaux accrochages, la mise en valeur de nos collections. Cet été, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment expliquez-vous la hausse de fréquentation des musées marseillais cette année, et particulièrement cet été ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gwenaël Richerolle.</strong> Depuis plusieurs années, les Marseillaises et les Marseillais reprennent le chemin des musées. La programmation joue évidemment un rôle important : les expositions temporaires, les nouveaux accrochages, la mise en valeur de nos collections. Cet été, plusieurs grandes expositions ont rencontré leur public, notamment à la Vieille Charité. C’est à la fois un lieu historique et architectural exceptionnel, mais aussi un endroit où des Marseillais ont vécu, qui témoigne de l’histoire intime de la ville. Les événements organisés autour des expositions comptent aussi : visites, ateliers, nocturnes, spectacles… Ils créent d’autres habitudes de fréquentation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les expositions temporaires ont-elles également profité aux collections permanentes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. À la Vieille Charité, <em>Ce que la mer garde – Mémoires de la Méditerranée</em> interroge ce que la mer conserve, ce qu’elle transforme, mais aussi les enjeux auxquels elle fait face aujourd’hui. C’est un angle très sociétal, qui touche à l’identité de la ville. À côté, <em>Dormir comme le soleil</em> d’Adrien Vescovi travaille l’architecture et l’histoire du lieu à travers la création contemporaine. On peut aussi citer <em>Art nouveau – Art déco</em> au Château Borély, <em>AFRICA</em> de Louisa Babari au [mac] ou <em>Marseille vue par les Detaille</em> au musée d’Histoire. Ces propositions sont très différentes et permettent aussi de redécouvrir les collections permanentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La gratuité des collections permanentes est-elle l’explication la plus évidente de ce retour du public ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, bien sûr. Elle participe à créer cette habitude de venir au musée régulièrement, pour découvrir les expositions temporaires mais aussi se plonger dans les collections permanentes. L’enjeu est vraiment celui de l’accessibilité : permettre aux Marseillais de revenir dans les musées, de se les approprier et de redécouvrir la richesse de ces collections. Les opérations comme l’Été Marseillais vont dans le même sens, avec des visites commentées, des ateliers, des visites contées, des spectacles, des nocturnes ou encore du cinéma en plein air.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marseille accueille environ cinq millions de touristes, dont 30 % d’étrangers selon l’Office de tourisme. Cette hausse de fréquentation des musées est-elle d’abord touristique, ou traduit-elle surtout un retour du public marseillais ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons bien sûr des touristes, et le rayonnement culturel de Marseille est aujourd’hui de plus en plus important, avec notamment une couverture médiatique nationale forte. Mais nous avons aussi énormément de Marseillais qui fréquentent les musées, le week-end, le dimanche, dans leur vie quotidienne. Je pense qu’ils ont retrouvé le chemin des musées et redécouvert la richesse de leur patrimoine culturel et de leurs collections.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le succès de</strong> <strong><em>Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos</em></strong> <strong>semble justement témoigner de cet intérêt des Marseillais pour leur propre histoire. Cette exposition pourrait-elle être pérennisée ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est une perspective qui est envisagée. Il est aujourd’hui question, à partir de ce fonds qui est considérable, de constituer un nouveau parcours. Puis, pour la suite, nous verrons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous faites aussi dialoguer patrimoine et création contemporaine. Est-ce devenu une ligne forte des musées marseillais ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Faire entrer des artistes contemporains dans les musées me paraît assez naturel dès lors que les musées s’inscrivent dans un écosystème de création, de diffusion et de mise en valeur de l’histoire de l’art. C’est ce qui se passe à la Vieille Charité, mais aussi au musée d’Histoire de Marseille ou au [mac] &#8211; musée d’Art contemporain. On fait dialoguer création contemporaine, collections et prêts d’œuvres provenant d’autres institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette logique peut-elle s’étendre à d’autres équipements municipaux, notamment aux bibliothèques ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle se développe déjà. À l’occasion de la Saison Méditerranée, des expositions dans les bibliothèques et les musées ont dialogué entre elles. Nous proposons ainsi de véritables parcours culturels, avec de la médiation ponctuelle ou permanente et du hors-les-murs. Quand on raconte l’histoire d’une œuvre ou d’une partie de la ville, il faut aussi aller chercher les publics dans leurs quartiers, dans les écoles. Le lien entre les lieux culturels se fait de plus en plus important.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les bibliothèques ont d’ailleurs récemment connu un mouvement de grève. Comment expliquez-vous ce mécontentement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut construire un plan sur plusieurs années pour le développement des bibliothèques et de leurs services. Un projet d’investissement a déjà été voté pour la période 2024-2027. Depuis que j’ai pris cette délégation au mois d’avril, j’ai mené une phase de diagnostic et fait le tour des bibliothèques. Aujourd’hui, il s’agit de construire un véritable plan pluriannuel d’investissement et de services pour 2027-2032. Je veux le faire avec les agents, les syndicats et les usagers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une hausse de fréquentation signifie-t-elle forcément un élargissement des publics ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas automatiquement. C’est précisément pour cela que nous faisons de la médiation et du hors-les-murs, pour aller chercher des publics éloignés de la culture, notamment les enfants, mais pas seulement, et les faire venir au musée. Les habitants sont aussi très fiers des collections qu’ils possèdent et de celles qu’on leur prête. Les événements permettent également de faire venir des personnes qui ne seraient peut-être pas entrées spontanément dans un musée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÈ PAR SUZANNE CANESSA</p>
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		<title>Les sœurs Labèque : 55 ans de piano </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 08:50:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Comment avez-vous imaginé le programme que vous proposez à Marseille ? Marielle Labèque : Ce programme est tiré du projet « 55 » (Deutsche Grammophon, juin 2026), trois CD que nous avons imaginés pour fêter nos 55 ans de carrière. Katia a eu l&#8217;idée de partir de 55 pièces, courtes, en piochant à la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Comment avez-vous imaginé le programme que vous proposez à Marseille ?</strong><br><br><strong>Marielle Labèque :</strong> Ce programme est tiré du projet « 55 » (Deutsche Grammophon, juin 2026), trois CD que nous avons imaginés pour fêter nos 55 ans de carrière. Katia a eu l&rsquo;idée de partir de 55 pièces, courtes, en piochant à la fois dans nos archives des années 1970-1980, par exemple&nbsp;<em>Visions de l&rsquo;Amen</em>&nbsp;d&rsquo;Olivier Messiaen (nous avions 17 et 19 ans), mais aussi 25 nouvelles partitions. Le concert reprend des titres de ce triple album. Mais évidemment, on ne peut pas tout jouer en une soirée. Nous avons dû faire des choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le concert est très féminin ?</strong><br><br>Oui. Nous avons baptisé ce programme « <em>La compositrice est l&rsquo;avenir du compositeur !</em> ». Au fil des ans, nous avons découvert des compositrices qui ont écrit des pièces magnifiques, et c&rsquo;était une façon de leur rendre hommage. Je pense à Nadia Boulanger, ou à sa sœur Lili, morte à seulement 24 ans après avoir été l&rsquo;une des plus jeunes lauréates du prix de Rome : à la fin de sa vie, elle ne pouvait même plus tenir un stylo, et c&rsquo;est Nadia qui écrivait sous sa dictée. C&rsquo;est une histoire bouleversante. Fanny Mendelssohn, elle, écrivait admirablement, mais son père lui répétait qu&rsquo;une femme n&rsquo;était pas faite pour être compositeur et devait rester s&rsquo;occuper du foyer. Elle n&rsquo;a été publiée qu&rsquo;après sa mort, et certaines de ses partitions sont même parues sous la signature de son frère Felix. Il y a aussi Dora Pejacevic, et Grazyna Bacewicz, dont j&rsquo;adore les&nbsp;<em>Études</em>, la quatrième surtout, très difficile : elle a changé la musique en Pologne, c&rsquo;est une musicienne immense, trop peu connue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais aussi des femmes noires ?</strong><br><br>Oui, comme Nina Simone, qui se définissait elle-même comme une « classical black », ou Margaret Bonds. Cette dernière a été la première pianiste afro-américaine engagée comme soliste par l&rsquo;orchestre de Chicago : compositrice, pianiste, arrangeuse, elle a fait des choses extraordinaires. Et puis Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, cette éthiopienne qui a passé sa vie dans un couvent à Jérusalem, où elle créait sur un petit piano. Ce sont de belles rencontres. Cela dit, nous ne voulons pas mettre les femmes « à part ». Nous avons aussi dans le concert du Debussy, du Ravel, du Fauré et du Bernstein. Mais il nous semble essentiel de faire aussi entendre cette musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir choisi de jouer certaines pièces à quatre mains, et d&rsquo;autres à deux pianos ?</strong><br><br>Certaines pièces ont été composées à l’origine pour deux pianos ou pour quatre mains, d&rsquo;autres sont des arrangements, comme les&nbsp;<em>Chants sans paroles</em>&nbsp;des Mendelssohn, que l&rsquo;on interprète à quatre mains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment le concert de Marseille est-il construit ?</strong><br><br>En deux parties, sans entracte, pour ne pas rompre le fil de la musique. On l’a pensé comme un vrai voyage. On commence avec la partie quatre mains avec <em>Of a Bright Garden</em> («&nbsp;d’un jardin clair&nbsp;») de Lili Boulanger, puis on passe aux deux pianos avec <em>Wild Is the Wind</em> du nom du titre de Nina Simone. On termine par une pièce qui n&rsquo;est pas sur le disque, <em>How to Dance</em> de Bryce Dessner, écrite en hommage à sa sœur, qui adorait danser : dix minutes magnifiques et redoutablement difficiles pour deux pianos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Katia &amp; Marielle Labèque&nbsp;</strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">6 octobre<br></mark>Opéra de Marseille&nbsp;</pre>
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		<title>Kristina Chaumont continue de creuser</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 08:23:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2024, la comédienne Kristina Chaumont faisait ses premiers pas en tant qu’autrice et metteuse en scène avec La Tête loin des épaules. Partant de son expérience intime de l’univers psychiatrique, elle déployait dans ce seule en scène déjanté une critique acérée des normes sociales et de l’imaginaire productiviste qui organise notre société. Pour sa [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">En 2024, la comédienne <strong>Kristina Chaumont</strong> faisait ses premiers pas en tant qu’autrice et metteuse en scène avec <em>La Tête loin des épaules</em>. Partant de son expérience intime de l’univers psychiatrique, elle déployait dans ce seule en scène déjanté une critique acérée des normes sociales et de l’imaginaire productiviste qui organise notre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa deuxième création, <em>Ma pensée creuse</em>, elle continue d’explorer ces thèmes, cette fois en compagnie de la chercheuse <strong>Cécile Raule</strong>t, spécialiste de la critique littéraire, qui co-signe le texte. Combinant leurs pratiques respectives, elles interrogent l’acte même de «&nbsp;penser&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène devient alors une sorte de laboratoire, et les spectateurices les cobayes des drôles d’expériences menées par Chaumont, Raulet et le comédien <strong>Loïc Renard</strong>. Leur approche, un peu bancale, très expérimentale, se nourrit tant de savoirs scientifiques que de récits intimes, de philosophie, de poésie… Les trois laborantins, dont l’amitié est mise à l’épreuve par les échecs répétés de leurs hypothèses, réinscrivent l’acte de penser dans un tout qui ne néglige ni le corps et ses mouvements, ni les émotions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une pièce qui promet d’être aussi fantaisiste qu’instructive.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Ma pensée creuse </em><br></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 30 septembre au 3 octobre </mark><br><strong>Théâtre Joliette</strong>, Marseille <br>Programmation de La Criée, CDN de Marseille </pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/kristina-chaumont-continue-de-creuser/">Kristina Chaumont continue de creuser</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>Qui peut faire justice ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lavinia Scott]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 08:10:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Où se définit la limite entre le bien et le mal, la vengeance et la justice&#160;? Après avoir cartonné en Italie, L’Uomo più crudele del mondo, a entamé sa tournée internationale en passant, ce samedi, par le théâtre du Jeu de Paume à Aix. La pièce écrite et mise en scène par Davide Sacco voit [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Où se définit la limite entre le bien et le mal, la vengeance et la justice&nbsp;? Après avoir cartonné en Italie, <em>L’Uomo più crudele del mondo</em>, a entamé sa tournée internationale en passant, ce samedi, par le théâtre du Jeu de Paume à Aix. La pièce écrite et mise en scène par <strong>Davide Sacco</strong> voit <strong>Lino Guanciale</strong> dans le rôle d’un homme puissant à la tête de la plus grande entreprise d’armement d’Europe. Face à lui, <strong>Francesco Montari</strong> interprète un jeune journaliste d’une revue locale mais l’entretien se transforme rapidement en un combat psychologique et philosophique jusqu’au retournement final, brillamment amené dès le début de cette intrigue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans une pièce sobre, vêtue de quatre murs noirs, un bureau et deux chaises que se rencontrent deux hommes. Un décor dépouillé qui laisse toute la place au fervent va-et-vient entre les acteurs. Ils sont en apparence aux antipodes de l’un et de l’autre&nbsp;: l’un, homme d’affaires réputé pour sa cruauté, l’autre un simple journaliste. Mais on s’aperçoit rapidement que l’homme cruel n’a pas choisi son adversaire au hasard&nbsp;: il est «&nbsp;<em>l’homme que je cherchais&nbsp;</em>» dira-t-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lino Guanciale incarne ce personnage cruel, tout aussi désespéré qu’il est calculateur. Avec un débit de parole si rapide qu’il en vient presque difficile de lire les surtitres, il pousse le journaliste à admettre ses pires désirs. Le journaliste qui se montre d’abord incertain est alors entraîné dans une frénésie puissante révélant une sorte de bête en lui. La morale a-t-elle un prix&nbsp;? L’aveu final de son crime vient comme un choc, et un sursaut, lorsqu’il est tué brusquement par celui qui, au départ, est dépeint comme l’homme le plus cruel du monde. Et qui s’écroule en larmes, la pièce finie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui peut exercer la justice&nbsp;? Ce questionnement est laissé parfaitement en suspens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LAVINIA SCOTT</p>



<pre class="wp-block-verse">Ce spectacle a été donné <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 26 septembre</mark><br>Jeu de Paume à Aix-en-Provence</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>À Aix, le Présent à livre ouvert</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 13:45:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« On peut voir dans Les Promesses de l&#8217;aube celles que la littérature porte en elle, autant que celles des lendemains que la poésie contribue à inventer. Pour ma part, j&#8217;y vois surtout les promesses de la littérature lorsqu&#8217;elle refuse de rester à sa place. » C’est en ces mots que Chloé Delaume présente cette [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>On peut voir dans</em> Les Promesses de l&rsquo;aube <em>celles que la littérature porte en elle, autant que celles des lendemains que la poésie contribue à inventer. Pour ma part, j&rsquo;y vois surtout les promesses de la littérature lorsqu&rsquo;elle refuse de rester à sa place</em>. » C’est en ces mots que <strong>Chloé Delaume</strong> présente cette quatrième édition d’un festival en plein essor. Les amoureux de sa prose indocile, déjà nombreux à la Halle aux Grains le 24 septembre pour un arpentage autour de son ouvrage collectif <em>Nullipares, et alors</em> , pourront la retrouver au Théâtre de l’Archevêché. Accompagnée du musicien <strong>Benoist Esté</strong>, la <em>queen</em> de l’autofiction lira le 1<sup>er</sup> octobre à 19 h des extraits de <em>Lilith &amp; Cie</em>, son nouvel ouvrage illustré par Pénélope Bagieu. Le lendemain, à 20h30, elle offrira une <em>Bulle poétique</em> à <strong>Héloïse Brézillon</strong>, <strong>Aurélie Olivier</strong>, <strong>Solène Planchais</strong> et <strong>Guillaume Richez</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des premières fois</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’émergence demeure la raison d’être du festival. Le 2 octobre à 19h30 à la Halle aux Grains, <strong>Thibault Daelman</strong> présentera <em>L’Entroubli</em>, premier roman nourri des silences familiaux. Une heure et demie plus tôt, <strong>Richard Gaitet</strong> y rencontrera les lecteurs dès 8 ans autour des <em>Ours blancs ne perdent pas le Nord</em>, dans un échange mené par des collégiens. Le 3, l’adolescence traversera <em>Voir venir</em> de <strong>Lucile Novat</strong>, à 10 h à l’Office de Tourisme, et les « premières fois » de <strong>Clara Héraut</strong>, à 14 h au Théâtre de l’Archevêché.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plus jeunes auront aussi leurs rendez-vous à la bibliothèque Michel-Vovelle : <em>Le Coq polyglotte</em> à 10h30 pour les 6-8 ans et <em>Le Monde dont je rêve</em> à 14h30 pour les 9-11 ans. À 18h, <em>Uto-Pax</em> entraînera enfin le public dans les rues, avec <strong>Richard Gaitet</strong>, <strong>Séphora Pondi</strong>, <strong>Elio Possoz</strong> et des comédiens pour imaginer de « futurs désirables ». L’exposition <em>Adoscopie</em> de <strong>Véronique Dorey</strong>, visible tout le mois d’octobre à l’Office de Tourisme, scrutera les corps en transformation et les identités mouvantes de l’adolescence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Raconter le monde autrement</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le festival ausculte aussi les récits qui façonnent le présent. Le 1<sup>er</sup> octobre à La Manufacture, trois tables rondes interrogeront réel et fiction à 9h30, la « déferlante du livre féministe » à 11 h et, à 14 h, les prescripteurs de BookTok, Bookstagram et autres réseaux. Dans le sillage de la Biennale d’Aix, l’Italie s’invitera le 4 octobre : <strong>Monica Acito</strong> conversera à 11 h au Petit Bistrot, puis rejoindra <strong>Sophie Boutière-Damahi</strong> à 16 h à la Halle aux Grains pour <em>Sagas italiennes</em>, dialogue à deux autour Naples, Marseille, de l’exil et des héritages familiaux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La journée s’ouvrira également à 10h avec <strong>Séphora Pondi</strong>, comédienne à la Comédie-Française, qui donnera à entendre <em>Avale</em>, son premier roman à la Halle aux Grains. À 11h30, <strong>Sacha Bertrand</strong> et <strong>Louise Browaeys</strong> exploreront notre part animale ; à 14 h, <strong>Eliot Ruffel</strong> et <strong>Grégoire Sourice</strong> questionneront travail et algorithmes. À 16 h au Théâtre de l’Archevêché, <strong>Léa Cuenin</strong> et <strong>Jacky Schwartzmann</strong> confronteront IA, mémoire et réel, avant <em>May Day</em> à 18h, fantaisie radiophonique de la compagnie <strong>TSF</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Les Promesses de l’aube</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 1<sup>er</sup> au 4 octobre<br></mark>Divers lieux, Aix-en-Provence</pre>
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		<title>« Une histoire de violence et d’argent »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 13:28:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Campeche était, à la fin du XXe siècle, l’une des villes les plus importantes de l’industrie pétrolière mexicaine. C’était aussi, et c’est toujours, la capitale de l’un des États les plus pauvre du pays. Josefina Orlaineta a grandi là, dans cette ville où la pauvreté a été organisée, «&#160;administrée&#160;». Elle y a passé la majeure [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Campeche était, à la fin du XX<sup>e</sup> siècle, l’une des villes les plus importantes de l’industrie pétrolière mexicaine. C’était aussi, et c’est toujours, la capitale de l’un des États les plus pauvre du pays. <strong>Josefina Orlaineta</strong> a grandi là, dans cette ville où la pauvreté a été organisée, «&nbsp;<em>administrée&nbsp;».</em> Elle y a passé la majeure partie de sa vie, et y a exercé une quarantaine de métiers. Sa vie, dictée par l’argent et surtout par son manque, est au cœur de <em>Mi Madre y el dinero</em> («&nbsp;ma mère et l’argent&nbsp;»), écrit et mis en scène par son fils, le comédien <strong>Anarcasis Ramos</strong>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Mère et fils </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La performance se découpe en courts chapitres dont les titres, tels que «&nbsp;Esthétique&nbsp;» ou «&nbsp;Épicerie&nbsp;», font référence à certains emplois exercés par Josefina. Sur scène, le duo mère-fils rejoue des scènes de vie, la rencontre des parents, les échauffourées avec la police des douanes, la préparation du chorizo qu’iels vendent ensuite aux spectateurices, transformant la salle du Théâtre Joliette en marché le temps de quelques minutes !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Iels rejouent aussi la genèse de la pièce, dont Josefina doutait de l’intérêt et surtout de la rentabilité. Pour la convaincre, Ramos lui démontre cyniquement la valeur marchande qu’aurait une pièce sur la vie d’une femme «&nbsp;<em>pauvre et racisée</em>&nbsp;» et son fils «&nbsp;<em>queer, racisé, transfuge de classe</em>&nbsp;» d’une région détruite par le capitalisme et l’impérialisme, dans les festivals internationaux. Mais cet humour grinçant couvre en réalité ses vraies motivations, révélées dans une lettre qu’il lit à la fin de chaque représentation : recréer un lien avec sa mère et lui faire comprendre son amour du théâtre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Prendre soin</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension entre cynisme et sincérité traverse toute la pièce. Un texte dans lequel Ramos exprime la honte de cette abjecte pauvreté qu’il ressentait enfant est projeté sur l’écran de carton qui surplombe le plateau, mais il ne le dit pas devant sa mère, une pudeur qui témoigne du soin qu’il porte à leur relation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en scène maintien une certaine légèreté, alternant entre scènes écrites, improvisations, vidéos amusantes, description de la ruine de Campeche… Cette forme hybride permet de ne jamais sombrer dans l’apitoiement, sans pour autant minimiser ou banaliser les violences vécues. Ramos le dit lui-même, à propos de la relation de ses parents, à laquelle s’opposaient ses grands-parents : ce n’est pas une histoire d’amour qui surpasse l’adversité, mais «&nbsp;<em>une histoire de violence et d’argent&nbsp;</em>». Magnifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Mi Madre y el dinero</em><br></strong>a été donné du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">24 au 26 octobre</mark><br>Théâtre Joliette, Marseille </pre>
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		<title>Don Giovanni, un gosse de riche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 13:24:30 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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		<category><![CDATA[Agnès Jaoui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une des productions lyriques les plus attendues de la saison française, produite par cinq grandes maisons d’opéra&#160;: créé au Capitole de Toulouse, donné en avril à Dijon, il a passionné l’immense Corum de Montpellier, et ouvrira la saison lyrique de Marseille avant de finir sa tournée à Tours.&#160; Chacune de ces maisons accueille la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une des productions lyriques les plus attendues de la saison française, produite par cinq grandes maisons d’opéra&nbsp;: créé au Capitole de Toulouse, donné en avril à Dijon, il a passionné l’immense Corum de Montpellier, et ouvrira la saison lyrique de Marseille avant de finir sa tournée à Tours.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune de ces maisons accueille la production avec son propre chef, son orchestre et ses chœurs, et une distribution qui lui est propre. Donc que les Marseillais se réjouissent&nbsp;: <strong>Lawrence Foster</strong> sera à la baguette, et le casting propose une belle palette de voix dans cet opéra singulier où tous les hommes, sauf Ottavio (<strong>Cyrille Dubois</strong>, ténor) sont des basses plus ou moins profondes et toutes les femmes sont des sopranos plus ou moins dramatiques. Quant au rôle-titre (<strong>Dario Solari</strong>) il chante peu, court beaucoup, poursuivant celles qu’il veut séduire, et poursuivi par celles qu’il a violées, leur famille, et l’ombre du Commandeur (<strong>Misha Schelomoanski</strong>) qu’il a tué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La modernité est dans l’œuvre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Agnès Jaoui, qui dit son admiration sans limite pour la partition, décrit Don Giovanni comme «&nbsp;<em>un gosse de riche qui se croit tout permis</em>&nbsp;». Un violeur, un prédateur. Mais elle n’impose pas, pour autant, une condamnation schématique&nbsp;: sa direction d’acteurs, de chanteurs, repose sur une compréhension des personnages «&nbsp;<em>mêmes les plus odieux</em>&nbsp;». Ainsi sa mise en scène classique, sans surprise, porte un regard féminise subtil sans récrire l’opéra. Pas besoin de «&nbsp;<em>moderniser&nbsp;</em>» dit-elle, Don Giovanni, «&nbsp;<em>ça parle encore</em>&nbsp;» parce que «&nbsp;<em>ces rapports de domination existent toujours</em>&nbsp;». &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le désir des femmes s’affirme dans cette mise en scène doucement subversive&nbsp;: Zerline la paysanne (<strong>Florence Hasler</strong>) désire Don Giovanni, tout comme Donna Elvira (<strong>Margaux Poguet</strong>), qui n’est pas une folle aveuglée comme on le voit souvent, mais une amoureuse épousée et abandonnée. Quant au viol de Donna Anna (<strong>Salome Jicia</strong>) il est explicite, tout comme sa force et sa dignité. Ces trois femmes victimes ne sont jamais ridicules, comiques, rabaissées, une sororité se tisse entre elles contre l’emprise des hommes, Don Giovanni bien sûr, mais aussi Leporello le valet (<strong>Marc Barrard</strong>) qui humilie Elvire, et Ottavio qui agit peu et veut surtout s’assurer qu’Anna va rapidement se remettre et l’épouser.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor, conçu par <strong>Éric Ruf</strong>, se situe, comme les costumes, dans une Espagne baroque qui est celle de l’écriture du premier <em>Don Juan</em>, celui de Tirso de Molina, sous-titré <em>L’Abuseur de Séville</em>. Un décor très sombre (trop&nbsp;?) où les personnages se dissimulent en un éclair&nbsp;: <em>Don Giovanni</em> se déroule en quelques heures, mais accumule les actions – un viol, un meurtre, une noce paysanne, deux apparitions fantastiques, des scènes de poursuite et de séduction.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le comique de ce «&nbsp;dramma giocoso&nbsp;» disparaît, dans ce décor et avec cette empathie pour les victimes, y compris le paysan Masetto (<strong>Louis Morvan</strong>). Don Giovanni apparaît comme l’opéra le plus dramatique de Mozart et Da Ponte&nbsp;: c’est-à-dire le plus théâtral, et le plus brutal sur la proximité du désir et de la mort, du viol et du meurtre, du plaisir et de la liberté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une noirceur profonde, servie par une musique d’une beauté constamment éblouissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Don Giovanni<br></em></strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les 2, 4, 7, 9 et 11 octobre</mark><br>Opéra de Marseille</pre>
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		<title>La tentation du contrôle politique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 10:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La liberté de création est scrupuleusement encadrée par la loi qui définit les limites entre une œuvre contestable et une œuvre illégale, et permet, jusqu’à ce seuil, la liberté. Y compris d’être con. Ainsi l’injure et la diffamation sont attaquables par les victimes uniquement, et si quelqu’un déclare que «&#160;Netanyahou est une sorte de Nazi [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La liberté de création est scrupuleusement encadrée par la loi qui définit les limites entre une œuvre contestable et une œuvre illégale, et permet, jusqu’à ce seuil, la liberté. Y compris d’être con. Ainsi l’injure et la diffamation sont attaquables par les victimes uniquement, et si quelqu’un déclare que «&nbsp;<em>Netanyahou est une sorte de Nazi sans prépuce</em>&nbsp;», il n’est attaquable que par lui. Est interdite aussi l’incitation à la violence en particulier raciste, sexuelle et pédo-criminelle. Quant au possible trouble à l’ordre public, il peut amener les collectivités à interdire un spectacle non pour ce qu’il raconte, mais pour ce qu’il peut possiblement déclencher.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;C’est tout.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En clair vous pouvez dire les femmes sont gouvernées par leurs hormones, mais pas inciter à les frapper. En tenant des propos sexistes, vous risquez une manifestation à l’entrée de votre spectacle, des prises de parole dans les médias et les RS, voire une annulation si ces manifestations deviennent susceptibles de troubler l’ordre public. Mais si ces femmes que vous dénigrez empêchent le spectacle en manifestant dans la salle ou sur scène, elles sont en infraction. De même que tous les intégristes de toute obédience qui veulent interdire les œuvres qu’ils jugent blasphématoires, ou fachos.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Il est interdit d’interdire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi vous pouvez dire, sur scène, que les Noirs courent vite, que les Juifs sont partout, que les Chinois sont sales et que les Blancs se sont exclus de «&nbsp;<em>l’humanité générique</em>&nbsp;». Autant de propos racistes au sens propre du terme puisqu’ils supposent des races humaines aux caractéristiques différenciées. On peut trouver ça insupportable et combattre ces œuvres et ces propos, par la critique, la dérision, la protestation. Mais en aucun cas la puissance publique ne peut s’opposer à une programmation parce qu’elle pense que l’artiste a tenu ailleurs, auparavant, des propos moralement ou politiquement contestables. Il faut qu’elle démontre que le spectacle programmé trouble l’ordre public, ou incite à la violence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est clairement pas le cas de Louisa Yousni quand elle vient lire son roman à <em>actoral</em>, festival de création préférant nettement le trouble intime au désarroi public. En suspendant le vote de sa subvention le département des Bouches-du-Rhône répond à une campagne menée sur les réseaux sociaux par l’extrême-droite, et ce report du vote s’apparente clairement à une censure politique. Même s’il n’est question, pour l’heure, « que » d’un report, ne pas mesurer combien ce type d’incertitude financière constitue une menace vitale pour actoral est irresponsable. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ou le mesurer, au contraire, et souhaiter sa disparition&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Couperet financier, la censure en pratique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La tentation des collectivités de contrôler les discours des artistes est partagée par tout l’échiquier politique. Revendiquée par l’extrême-droite qui assume de vouloir détruire la subvention publique, cette volonté de contrôle démange aussi certains édiles de gauche, qui connaissent l’impact des œuvres sur la conscientisation politique. Mais il est rare que le retrait brutal d’une subvention publique soit un outil assumé en dehors des municipalités RN. Les autres partis prennent généralement plus de gants, ou de masques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le département dirigé par Martine Vassal et la Métropole qu’elle a présidée, pratiquaient plutôt, jusqu’alors, la récompense des amis que la punition des ennemis. Ils pouvaient financer la construction d’une salle, la tournée de concerts ou le festival littéraire dans les communes amies… Vont-ils aujourd’hui passer à la méthode forte&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Tenir ensemble</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La déroute budgétaire héritée par le nouveau conseil métropolitain met aujourd’hui en danger immédiat les structures culturelles qui en dépendent. Il serait injuste qu’elles payent les errements de la politique culturelle clientéliste et volontairement opaque qui y a été menée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les acteurs culturels demandent à être reçus par une Métropole qui a suspendu ses financements culturels, qu’elle n’a par ailleurs jamais rendus publics. Ils n’ont pas fini de se serrer les coudes, et résistent ensemble à la vague à La Seyne, passée RN ; à Avignon, où la nouvelle municipalité LR est restée sourde à la magnifique solidarité de <em>C’est pas du luxe</em> ; à Port-de-Bouc, municipalité communiste particulièrement impactée par la situation métropolitaine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La bataille culturelle est clairement entrée dans une phase nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;AGNÈS FRESCHEL</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Utopia Festival</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 09:12:32 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce sont les rythmes de la rentrée. Depuis 5 ans, le Cabaret Aléatoire propose son Utopia Festival, rendez-vous électronique à la dimension désormais internationale, qui se tient chez lui, à la Friche de Marseille. Cette année, la bonne dizaine de milliers de festivaliè·res pourront danser sur le large répertoire que peut proposer l’électro : du hardcore [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les rythmes de la rentrée. Depuis 5 ans, le Cabaret Aléatoire propose son <em>Utopia Festival</em>, rendez-vous électronique à la dimension désormais internationale, qui se tient chez lui, à la Friche de Marseille. Cette année, la bonne dizaine de milliers de festivaliè·res pourront danser sur le large répertoire que peut proposer l’électro : du hardcore avec Hysta, la hard house de Matrakk, l’EBM de Roüge, ou l’univers plus que singulier – et rappé – d’Urumi. Pendant deux jours à la Friche, le festival ne se cantonne pas au Cabaret Aléatoire, mais investit aussi le Petit Cab et la grande salle Seita. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>N.S.</em></p>



<pre class="wp-block-verse"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">25 et 26 septembre<br></mark><strong>Friche la Belle de Mai</strong>, Marseille</pre>
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