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	<title>Archives des Max Riemelt - Journal Zebuline</title>
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		<title>Home Stories : quelque chose de très spécial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 09:28:15 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">On est à Greiz, en Thuringe. La ville du grand père de la réalisatrice. En ancienne RDA. Léa (<strong>Frida Hornemann</strong>) a seize ans. Elle a un petit frère adorable. Se rebelle contre sa mère Reike (<strong>Gina Henkel</strong>), récemment divorcée de son père Matze (<strong>Max Riemelt</strong>), et qui attend un enfant de son nouveau compagnon Arthur (<strong>Florian Lukas</strong>), le directeur du lycée où la jeune fille étudie. Ses grands-parents paternels, Friedrich et Christel (<strong>Peter René Lüdicke</strong> <strong>et Rahel</strong> <strong>Ohm</strong>)&nbsp;peu adaptés au nouveau régime capitaliste, ont bien du mal à tenir à flot leur hôtel restaurant. Ce domaine, au cœur de la forêt, qui accueille conférences, colloques et chevaux, périclite. Sa tante Kati (<strong>Eva Löbau</strong>) qu’elle admire, travaille à la création d’un musée d’histoire locale dans le château de la région, fleuron de la monarchie passée, divisé en logements populaires et flanqué d’une usine sous le régime communiste. Projet patrimonial financé par les capitaux de l’Ouest au grand dam de la grand-mère qui trouve cette dépense scandaleuse au vu des difficultés économiques des entreprises locales. Léa fait du théâtre avec ses camarades de classe, de la musique avec Bonnie, sa meilleure amie et la fête avec son cousin Edgar en pétard contre la société et la montée des idées nazies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Matze a inscrit Léa en cachette de son ex-femme à une émission de télécrochet, The Voice of Germany. Elle vient d’être retenue. C’est ce concours, de la sélection initiale aux auditions et étapes éliminatoires à Cologne, qui réunira la famille et servira de trame narrative. Une trame ténue brodée de fils de traverse, qui se croisent, se nouent, remontent le temps ou dessinent délicatement des motifs inachevés. Les traces des fractures est-ouest, le sentiment de dévalorisation des Allemands de l’Est après la réunification, l’individualisme face au collectif, la société du spectacle triomphante, la place de chacun parmi les siens. Et la quête d’identité. Le titre allemand <em>Quelque chose de très spécial</em> reprend la question d’un journaliste à Léa&nbsp;: <em>Qui es-tu&nbsp;? qu’est-ce qui fait de toi quelqu’un de spécial&nbsp;?</em> L’adolescente ne saura quoi répondre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Home, c’est la maison mais aussi la patrie. Stories est au pluriel&nbsp;: ce sont les histoires bidonnées pour les shows télévisés, celles toujours un peu opaque des romans familiaux, celles plus secrète d’une intimité qu’on ne partage pas, celles du récit national qui se modèle au gré des politiques, et enfin celle parcellaire, sans narrateur principal que nous propose ici la réalisatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film, tout à la fois, fragmente et tisse des liens. Un bestiaire le jalonne : le paon, le cheval malade, le chat, les oiseaux tués, les massacres aux murs de la salle à manger, les rats morts dans les assiettes d’hôtes indésirables. «&nbsp;<em>Ce n’est pas dans mes habitudes de prendre les spectateurs par la main de manière paternaliste</em>, <em>et de faire comme si j’avais une réponse à leurs questions</em>.&nbsp;» dit Eva Trobisch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Servi par un casting impeccable, <em>Home story</em> n’est pas un film confortable. Il travaille sur les tensions, le malaise, le mal être mais n’exclut jamais ni la tendresse, ni l’espoir. Un enfant naît et le chant bouleversant de la lumineuse Léa fait presque l’unanimité du jury.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Home Stories d’Eva Trobisch</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortie le 29 juillet 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph">Météore Film Distribution</p>
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		<title>Les Goûteuses d&#8217;Hitler : Sept femmes à table</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 08:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Prusse Orientale. Novembre 1943. L’Allemagne est en train de perdre la guerre. Rosa arrive épuisée, affamée, dans la ferme de ses beaux-parents et s’effondre dans les bras de sa belle-mère. Sur les conseils de son mari Gregor qui se bat sur le front russe, elle a quitté Berlin, bombardée par les Alliés. A la campagne, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Prusse Orientale. Novembre 1943. L’Allemagne est en train de perdre la guerre. Rosa arrive épuisée, affamée, dans la ferme de ses beaux-parents et s’effondre dans les bras de sa belle-mère. Sur les conseils de son mari Gregor qui se bat sur le front russe, elle a quitté Berlin, bombardée par les Alliés. A la campagne, on mange encore à sa faim, malgré les réquisitions de l’armée qui occupe toutes les forêts environnantes. En effet, le village est voisin d’un des QG d’Adolf Hitler&nbsp;: la Wolfsschanze (la Tanière du Loup). Le führer y séjourne très souvent dans ces années-là. Comme tous les autocrates, il craint pour sa vie et dans le sillage des empereurs romains ou de son nouvel ennemi Staline, il redoute l’empoisonnement. Des femmes allemandes du coin vont être «&nbsp;recrutées&nbsp;», sans leur consentement, pour goûter tous les plats qui lui sont servis. Rosa (<strong>Elisa Schlott</strong>) sera l’une d’elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet épisode méconnu a été révélé en 2012 par une des goûteuses d’Hitler, âgée alors de 95 ans&nbsp;: <strong>Margot Woelk,</strong> seule survivante de la guerre. <strong>Rosella Posterino</strong> en a fait un roman. De ce roman <strong>Silvio Sordini</strong> a fait un film. Une fiction historique, donc. Colorée par <strong>Renato Berta</strong> en bleu, gris et brun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film suivra chronologiquement l’expérience traumatisante de ces femmes, de saison en saison, pendant deux ans jusqu’à la débâcle et la retraite allemande face aux Soviétiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vraies goûteuses étaient 15. Le réalisateur limite son groupe à 7. Augustine (<strong>Thea Rashe</strong>), Heike (<strong>Olga Von Luckwald</strong>), Leni (<strong>Emma Falk</strong>), Sabine (<strong>Kriemhild Hamann</strong>), Ulla (<strong>Berit Vander</strong>), Elfriede (<strong>Alma Hasun</strong>), Rosa. Ce sont des femmes seules du coin. Sauf Rosa, surnommée avec mépris «&nbsp;la Berlinoise&nbsp;». Veuves de guerre, ou en sursis de l’être, mères de famille privées du père de leurs enfants, jeune fille rêvant d’un mari, célibataire nièce de pasteur, jeune fanatique nazie… Chacune a sa personnalité, et une façon différente de s’adapter à la situation. Entre elles, naissent dissensions, jalousies et amitié. Elles se rejoignent dans cette condition féminine où leur corps ne leur appartient pas&nbsp;: sacrificiel pour leur führer qui en fait des «&nbsp;rats de laboratoire&nbsp;», objet de désir ou procréateur patriotique. Dans la scène récurrente&nbsp;des repas, autour d’une table nappée de blanc, présidée par le chef cuistot qui commente ses préparations sophistiquées et les goûts culinaires d’Hitler, végétarien et amateur de desserts, elles partagent la même peur, entourées de soldats prêts à leur tirer une balle dans la tête si elles refusent de manger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le Mal et ses</strong></mark> <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">frontières </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne verra rien de la guerre. On ne verra d’Hitler, que le portrait encadré au mur de la salle à manger de la ferme, et une image de dos, de loin. Comme dans <em>La Zone d’Intérêt</em> de <strong>Jonathan Glazer</strong>, le Mal est là, sans être directement représenté. Dans les faits et les esprits : la propagande radiophonique qui nie la réalité, les camps d’extermination, la suspicion, la délation, la traque des juifs et des avorteuses. Le récit se fait du point de vue de Rosa, l’«Etrangère&nbsp;», venue de la Capitale, vêtue de robes trop élégantes. Le scénario en fait un personnage positif et trouble, faible et fort, perdant peu à peu l’espoir et gagnant en conscience. Se détachant peu à peu d’un mari dont il ne lui reste que quelques photographies, de maigres souvenirs, une voix off, et des lettres. La liaison consentie et secrète qu’elle entretient avec le lieutenant SS Ziegler (<strong>Max Riemelt)</strong> -surnommé à juste titre par ses amies «&nbsp;le Salaud&nbsp;», interroge. Sa naïveté face aux crimes nazis aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De belle facture classique, le film semble parfois se disperser et céder au romanesque, avec une demi-rédemption du Méchant en final. Mais plus que la fascinante fiction et sa signification symbolique, ce qui mérite d’être retenu ici, c’est la question de la participation ou de la résistance à un régime auquel on appartient de gré ou de force. Une question toujours renouvelée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 20 mai 2026</p>
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