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	<title>Archives des mémoire - Journal Zebuline</title>
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		<title>Hair, Paper, Water</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 06:40:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nuit, feu, eau, grotte, abeilles, chauves-souris…des mots inscrits en rouge sur l’écran. Et c’est la voix chaude d’une vieille dame, Mme Hậu, qui nomme, en langue Rục les éléments de la nature, filmés en gros plan. «&#160;Dans une grotte, je suis née&#160;» confie t- elle. Venue au monde à sept mois, elle y restée jusqu’à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Nuit, feu, eau, grotte, abeilles, chauves-souris…des mots inscrits en rouge sur l’écran. Et c’est la voix chaude d’une vieille dame, Mme Hậu, qui nomme, en langue Rục les éléments de la nature, filmés en gros plan. <em>«&nbsp;Dans une grotte, je suis née</em>&nbsp;» confie t- elle. Venue au monde à sept mois, elle y restée jusqu’à ses onze ans. Elle appartient à une minorité ethnique qui a vécu isolée dans des grottes, une communauté découverte en 1959, dans un petit territoire à la frontière du Laos. Mme Hậu transmet sa langue, ses savoirs, ses traditions à la nouvelle génération, en particulier à son petit fils qui partage avec elle son amour de la nature, les yeux émerveillés. <strong>Nicolas Graux</strong> et <strong>Truong Minh Quy</strong> qui l’avait rencontrée et filmée dans un documentaire précédent, vont la suivre au fil de l’eau sur sa barque vers sa grotte, mais aussi à Saigon où elle part aider sa fille qui vient d’accoucher. C’est par ses yeux que nous découvrons une ville, un monde dont elle ignore tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tourné avec une caméra Bolex 16mm, avec un son post-synchrone,<em>Hair, Paper, Water </em>se lit comme un livre d’images, une sorte d’abécédaire&nbsp; poétique&nbsp; <strong>Hair </strong>comme les longs cheveux de&nbsp; Mme Hậu, qu’elle peigne avec soin, qu’elle a coupés trois fois et vendus pour acheter de la nourriture. <strong>Paper,</strong> fabriqué avec les acacias coupés dans les forêts dévorées par ce qu’on appelle le progrès. <strong>Water</strong>, l’eau des fleuves et rivières, l’eau d’un pays en crue, symbole du temps qui s’écoule, mémoire mouvante qui pourrait disparaitre et que Mme Hậu transmet à travers mots et gestes. Cueillette de plantes médicinales, herbes qu’on hache, qu’on fait infuser et qui soignent les entorses, macérations dans lesquelles on baigne les bébés. La caméra saisit tous ces gestes qui risquent de se perdre, les visages de la grand mère et de son petit fils, la force de leur lien, mais aussi le souffle du vent dans les arbres, le clapotis de l’eau, le vert pâle des paysages. Un film au grain granuleux, au rythme lent,&nbsp; entre documentaire et rêverie, qui peut nous emporter ou nous laisser sur la rive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Hair, Paper, Water </em></strong>&nbsp;sort en salles le 10 juin</p>
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		<title>Dodeskaden, la mémoire en partage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 13:24:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline&#160;: Dodeskaden, c’est quoi&#160;? Julien&#160;Chesnel : Dodes’ka-den, c’est le titre du premier film couleur d’Akira Kurosawa (1970) et l’onomatopée japonaise traduisant le bruit des engins sur les rails, répétée par le jeune héros qui s’imagine en conducteur. C’est aussi le nom de notre association hébergée depuis trois ans ici, au 90, bd des Dames. Dans [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Zébuline&nbsp;: Dodeskaden, c’est quoi&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien&nbsp;Chesnel </em>: Dodes’ka-den, c’est le titre du premier film couleur d’Akira Kurosawa (1970) et l’onomatopée japonaise traduisant le bruit des engins sur les rails, répétée par le jeune héros qui s’imagine en conducteur. C’est aussi le nom de notre association hébergée depuis trois ans ici, au 90, bd des Dames. Dans une des «&nbsp;pépites patrimoniales&nbsp;» de la Ville. On est dans un superbe immeuble art déco, ancien fleuron de la compagnie maritime Paquet. Le choix de ce nom, ça évoque pour nous à la fois le train initiatique de la Ciotat en image tutélaire et la part de mémoire à conserver et partager.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mais encore&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien&nbsp;:</em> Dodeskaden est né en 2012 à Lyon, dans un squat de la Croix Rouge. Expérience de quatre mois, animée par un collectif de passionnés. Programmation tous azimuts, ouverte à toutes les formes cinématographiques. Invitation de collectifs européens et français&nbsp;: une activité H24/ 7 jours sur 7.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques participants après cette aventure éphémère se sont installés à Marseille, s’impliquant dans de nouveaux projets comme la création sur le Cours Julien du Videodrome2. Dodeskaden, collectif de programmateurs, enseignants, cinéastes, renaît en récupérant 1500 bobines, une partie du fonds de La Ligue française de L’Enseignement des Bouches du Rhône. Il faut savoir que des années 30 aux années 90, on comptait quelque 18 000 ciné clubs en France. 15 ans après la disparition relativement brutale de ces lieux de diffusion massive, qui ont marqué la culture de ces décennies et le rapport particulier qu’entretient la France avec le cinéma, les ligues se débarrassent de leurs encombrantes archives. Pour nous, ce fut d’abord un «&nbsp;jouet&nbsp;» répondant à notre désir de programmation dans des lieux comme le Videodrome, le MuCEM. Mais bien vite on a pris conscience de notre responsabilité face à ce trésor, porteur d’histoire(s). Et Julie est arrivée, forte de son expérience aux archives du Parti Communiste. Elle a contribué à structurer l’association, investie d’une mission de collecte, de préservation patrimoniale, de catalogage mais qui voulait conserver son ADN. La dimension archivistique s’articulant avec le réemploi des films dans d’autres contextes&nbsp;: l’éducation populaire l’animation d’ateliers dans les établissements scolaires ou les centres sociaux, l’accueil des chercheurs universitaires, les résidences d’artistes. Il s’agit de valoriser en les diffusant, les dépôts qui nous sont faits&nbsp;à l’instar du fonds que nous a légué l’ethnomusicologue Bernard Surugue, un collaborateur de Jean Rouch.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment allier conservation et circulation</em>&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julie Cazenave </em>: On s’adapte aux usages. Pour des actions de formation, on choisira des copies dont on a plusieurs exemplaires. Quand le film est plus rare ou presque unique, bien sûr, nous ne l’utilisons pas de la même façon. Il faut apprendre les précautions d’usage de l’archiviste. Transmettre la pratique. Quand on se rend dans une école, on emporte aussi le dispositif de projection qui correspond au film dans l’esprit du cinéma itinérant. Nous avons un grand nombre de films d’animation venus des pays de l’Est, des merveilles de techniques à faire découvrir aux enfants. Quand nous récupérons un fonds, nous récupérons aussi souvent les appareils de projection. Nous avons des films en 16 mm, en 35mm. Nous pouvons aussi projeter en numérique. Nous sommes ainsi dépositaires d’une histoire des techniques. Ici, on a une vieille table de montage, un scanner bricolé, des projecteurs de toutes sortes, toute une collection de supports visuels pédagogiques comme les films fixes en vogue jusque dans les années 60, les Pathéoramas…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Comment vous situez-vous face à la cinémathèque française qui va s’installer prochainement à Marseille&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien&nbsp;:</em> Il y a cinq ans, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la création de cette antenne régionale. Nous avons organisé un colloque sur le projet d’UNE cinémathèque et non de LA cinémathèque, en conviant tous les acteurs locaux qui travaillaient sur la question de l’archive cinématographique, à y réfléchir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, même si on partage des tutelles, il n’y a aucun projet concurrentiel entre la cinémathèque marseillaise moulée sur la parisienne et notre cinémathèque populaire qui se donne une mission de préservation patrimoniale et d’éducation populaire par un maillage territorial. Il y a un vrai travail de mutualisation avec les festivals comme AFLAM, RISC, FFM. Les associations comme La turbine des Ecritures, l’ARSSE, Lieux Fictifs… les compagnons de toujours du Polygone Etoilé…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit aussi d’enrichir et de partager des bases de données comme le font déjà une vingtaine de cinémathèques. Et de se coordonner. Par exemple, PRIMITIVI qui produit des images de luttes sociales depuis des années, se retrouve producteur d’archives et a besoin de ce travail de cinémathèque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vous êtes hébergés ici à titre provisoire&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julien :</em> On a plusieurs tonnes à déménager ; notre fonds compte dix mille bobines ! Avant d’être installés ici, on était au Grand Domaine, au 26 de ce boulevard au milieu d’ateliers d’artistes. L’immeuble du 90 est en passe d’être vendu par la Ville comme d’autres pépites architecturales. L’acquéreur a un cahier des charges précis qui peut nous inclure. Mais il y a d’autres pistes comme l’îlot du Château vert dans le cadre d’Euro méditerranée, où on pourrait travailler avec d’autres associations. Notre projet est de nous installer dans un lieu pérenne qui corresponde à notre projet : stocker dans de bonnes conditions, organiser des projections, accueillir du public, des chercheurs, des artistes comme aujourd’hui les musiciens du conservatoire travaillant leurs partitions spatiales dans notre acousmonium. Demeurer une « brigade d’intervention » dans les quartiers à la suite des instituteurs-ambulants d’antan portant leurs marmottes dans les écoles, mais pouvoir aussi accueillir des scolaires dans de bonnes conditions pour des projections ou des ateliers dans nos locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Combien êtes-vous pour faire vivre l’association et quels sont vos financements&nbsp;?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Julie :</em> Le noyau « dur » est constitué de trois personnes : Julien Gourbeix, Julien Chesnel  et moi. Mais il y a en tout une douzaine de salariés avec des contrats différents. Pour le fonctionnement, c’est la Mairie de Marseille et le CNC. Les collectivités locales soutiennent nos projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par Annie Gava et Elise Padovani</p>
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		<title>Dans les cicatrices irlandaises</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Feb 2025 14:40:56 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Les « Troubles » ont déchiré l’Irlande durant une trentaine d’années. Plus 3 500 personnes ont été tuées dont plus de la moitié des civils et plus de 50 000 personnes blessées. Parmi les quartiers les plus touchés, New Lodge, une enclave républicaine au cœur de Belfast, un ensemble de tours. C’est là qu’<strong>Alessandra Celesia </strong>est allée à la rencontre des gens, encore hantés par la violence et la mort. Pour cette cinéaste italienne dont le mari est irlandais, <em> « filmer est une manière de s’interroger et de se “soigner”. Il y a quelque chose que tu ne comprends pas du monde et c’est en le filmant que tu essaies de le saisir. Filmer le réel, c’est tenter d’y mettre un peu d’ordre aussi. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a rencontré <strong>Joe McNally</strong>, un républicain à fleur de peau qui ne s’est jamais remis de la mort de son oncle, tué par les loyalistes à l’âge de 17 ans. Il en avait 9, reste traumatisé, et suit des séances avec sa psychologue <strong>Rita Overend&nbsp;</strong>: «<em>&nbsp;Je vois toujours les choses à travers mon regard d&rsquo;enfant de neuf ans, je continue de les voir de la même manière</em>&nbsp;», lui confie-t-il. Alessandra Celesia, après de longs mois passés avec Joe et ses proches, leur a proposé de revisiter leurs souvenirs, de remonter le temps jusqu’en 1975. Joe devant un cercueil colle un pansement sur le nez du jeune homme qui y est allongé. C’est le seul souvenir qui lui reste&nbsp;: son oncle avait été abattu d’une balle à l’arrière de la tê<a>t</a>e, ressortie par son nez.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Le passé sur les épaules</strong></mark></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs séquences, souvent émouvantes, émaillent ce documentaire où alternent présent et passé&nbsp;: des images d’archives dominées par des teintes de bleu nous rappellent des moments terribles comme la mort de Bobby Sands, un des responsables de l&rsquo;IRA, après une grève de 66 jours. Cette période violente a laissé des souvenirs, des traces douloureuses sur les habitants des&nbsp;<em>flats</em>&nbsp;(«&nbsp;appartements&nbsp;») de New Lodge qui continuent de vivre là, portant le passé sur leurs épaules.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le regard bienveillant et lucide d’<strong>Alessandra Celesia </strong>permet d’approcher un pan de l’histoire de l’Irlande qui avait déjà été le décor d’un de ses films précédent, <em>Le Libraire de Belfast </em>en 2011. Avec ce nouveau documentaire très réussi – et co-produit par la société marseillaise <strong>Films de Force Majeure </strong>– elle réussit un voyage de remémoration attachant, qui a été sélectionné dans de nombreux festivals et est en lice pour la sélection des Oscars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNIE GAVA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>The Flats</strong>, d’<em>Alessandra Celesia</em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>En salles le 5 février</strong></mark></p>
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