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	<title>Archives des Mendelssohn - Journal Zebuline</title>
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		<title>Le baroque en héritage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Oct 2022 14:11:03 +0000</pubDate>
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<p>Difficile de deviner, à l’oreille nue, que le dernier disque enregistré par <strong>Fabio Biondi</strong> ne comporte que des œuvres de Félix Mendelssohn – du moins jusqu’à ce que retentisse le très beau <em>Largo et Allegro</em>. Le célèbre compositeur romantique allemand ne s’est certes jamais aventuré du côté de la démesure wagnérienne. Et le violoniste et chef italien, à la tête son ensemble <strong>Europa Galante</strong>, s’est imposé en déjà quatre décennies comme une référence mondiale dans le répertoire baroque. Mais tout de même&nbsp;: difficile de nier que le spectre de Bach et de Vivaldi plane avec insistance sur les pages explorées. Les opus choisis sont certes des œuvres de jeunesse&nbsp;: l’<em>Allegro</em> de la <em>Sinfonia MWV N°2 </em>regorge d’entrées fuguées que n’aurait pas reniées le Cantor de Leipzig et ce, malgré le siècle qui le sépare de Félix Mendelssohn. Bien que le <em>Largo</em> qui lui succède semble hésiter entre le contrepoint foisonnant à la Bach et les marches harmoniques redoutablement efficaces d’un Mozart. On demeurera ainsi soufflés par la virtuosité des nombreuses <em>Fuga </em>enregistrées par l’ensemble, ainsi que par le <em>Concerto pour violon n°2 </em>sur lesquels s’illustrent les musiciens. On y saisit, dans le phrasé inimitable de Biondi, tout ce qui rapproche le <em>scherzo </em>cher à ce romantisme-là des codas prisées par Vivaldi.&nbsp;</p>



<p>Car tout n’est pas à imputer, dans cette proximité troublante, à la seule partition&nbsp;: le <em>Salve Regina </em>entonnée par la soprano <strong>Monica Piccinini</strong>, éloigné de toute friture belcantiste, de tout vibrato verdien, se distingue dans son interprétation même des lectures habituelles de ce répertoire. On sait à quel point le maître du baroque était vénéré par le jeune romantique hambourgeois, et à quel point ce dernier œuvra pour faire connaître son œuvre alors poliment oubliée. Mais rares furent les musiciens à en démontrer aussi brillamment la parenté.</p>



<p>SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Mendelssohn, </em><strong>Fabio Biondi &amp; Europa Galante</strong><br>Naïve Records 12,20€</pre>
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		<title>À La Roque d’Anthéron, lumières sur un couple poly-gammes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2022 16:09:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Aziz Shokhakimov]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sont réunis sous la conque du parc du château de Florans le bel orchestre Sinfonia Varsovia, dirigé avec passion par Aziz Shokhakimov, et deux remarquables pianistes distingués tous deux au Conservatoire national de Paris&#160;: les Français David Kadouch et Tanguy de Williencourt, lauréats de multiples concours et aux carrières internationales saluées par les critiques du [&#8230;]</p>
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<p>Sont réunis sous la conque du parc du château de Florans le bel orchestre <strong>Sinfonia Varsovia</strong>, dirigé avec passion par <strong>Aziz Shokhakimov,</strong> et deux remarquables pianistes distingués tous deux au Conservatoire national de Paris&nbsp;: les Français <strong>David Kadouch </strong>et <strong>Tanguy de Williencourt</strong>, lauréats de multiples concours et aux carrières internationales saluées par les critiques du monde entier.</p>



<p>Malicieusement, la juxtaposition du <em>Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 54</em> de Robert Schumann et du <em>Concerto pour piano et orchestre n° 1 en la mineur opus 7</em> de Clara Wieck-Schumann, invitait à la comparaison. Aucune rivalité possible entre les interprètes, tous deux abordant avec justesse les œuvres, épousant les intentions, les nuances, les variations, les couleurs, les phrasés, en un dialogue fécond avec l’orchestre. Celui-ci mené intelligemment par son jeune chef qui sait mettre en évidence les pupitres, creusant la matière sonore, la sculptant comme du cristal.</p>



<p>Le concert débutait par l’<em>Ouverture, Scherzo et Finale opus 52</em> de Robert Schumann, vif, équilibré, achevé par de somptueux accords telle une entrée en matière enthousiaste. Tanguy de Williencourt s’attache alors à l’œuvre, véritable déclaration d’amour à l’épouse Schumann qui en fut la première interprète et la dédicataire. On s’amuse à retrouver les premières mesures de la trame de <em>Bésame mucho</em> qui, presque un siècle plus tard, connaîtra un succès mondial. On se laisse séduire par le côté « fleur bleue », mais jamais insipide, d’une mélodie qui court du piano à l’orchestre, en un dialogue qui les unit avec une infinie tendresse. Poésie et lyrisme dominent dans ce bouquet instrumental ciselé et frémissant.</p>



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<p>À ce rayonnement envoûtant répond sous les doigts de David Kadouch le <em>Concerto</em> de Clara Schumann, usant de contrastes, de ruptures, d’élans fortement charpentés, laissant une plus grande liberté au piano, soulignant la virtuosité pianistique de la compositrice. La relation entre l’orchestre et le soliste se transforme, le premier devenant un véritable interlocuteur pour le second au caractère bien trempé, qui n’hésite pas à se livrer à l’ivresse de sa virtuosité. L’ensemble se scinde, offre des passages chambristes sublimes (superbe duo entre le violoncelle solo et le piano), se refonde en larges vagues, articule l’espace sonore, l’emplissant de sa verve puissante.</p>



<p>Tanguy de Williencourt joue en bis <em>Traümerei</em>,extrait des<em> Kinderszenen opus 15</em> de Robert Schumann, brossant la grâce vivante du tableautin en un jeu inspiré et tendre. David Kadouch décide pour sa part de rendre hommage à une autre immense compositrice, Fanny Mendelssohn, avec son <em>Allegretto en do dièse mineur</em> des <em>Six mélodies pour le piano opus 4</em>. «&nbsp;<em>Aujourd’hui,</em> souligne l’artiste, <em>on est en train de découvrir l’Amérique&nbsp;: jouer les compositrices que l’on avait «&nbsp;oubliées&nbsp;» n’est pas un effet de mode, mais une justice qu’on leur rend&nbsp;</em>». L’écoute en «&nbsp;aveugle&nbsp;» remet à plat la question de l’influence des sexes sur la création&nbsp;: le concerto de Clara est bien plus «&nbsp;viril&nbsp;» – s’il faut encore user de ce type de distinction – que celui de Robert…</p>



<p>Enfin, les deux pianistes se retrouvent à quatre mains sur les <em>Danses slaves pour quatre mains, allegretto grazioso en ré bémol majeur opus 72</em> de Dvorak. La magie de l’instant se double de significations fortes.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI </p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Soirée du 11 août, à l’auditorium du parc de Florans, dans le cadre du <em>Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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