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	<title>Archives des #Metoo - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des #Metoo - Journal Zebuline</title>
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		<title>Résistance musculaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 May 2025 14:57:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour prendre de la masse musculaire et augmenter la résistance d’un corps vivant, il est nécessaire de provoquer des microfissures dans les tissus en les sollicitant légèrement au-dessus de leurs forces.&#160; Pas trop, pour ne pas les&#160;déchirer,&#160;et à des fréquences raisonnables, pour que les fissures soient comblées avant le nouvel entraînement.&#160;Les réparations musculaires successives augmentent [&#8230;]</p>
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<p>Pour prendre de la masse musculaire et augmenter la résistance d’un corps vivant, il est nécessaire de provoquer des microfissures dans les tissus en les sollicitant légèrement au-dessus de leurs forces.&nbsp;</p>



<p>Pas trop, pour ne pas les&nbsp;déchirer,&nbsp;et à des fréquences raisonnables, pour que les fissures soient comblées avant le nouvel entraînement.&nbsp;Les réparations musculaires successives augmentent considérablement la force et la résistance du corps, pour peu qu’il se suralimente et &nbsp;n’abandonne pas à l’atrophie certains muscles mineurs en se concentrant, plastiquement, sur les biceps, les abdos et les fessiers.</p>



<p><em><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>Équilibre et endurance&#8230;</strong></mark></em></p>



<p>Une apologie de la&nbsp;muscu&nbsp;dans&nbsp;<em>Zébuline</em><em>&nbsp;</em>? La métaphore physiologique, appliquée au corps social, peut faire sens culturel au moment où il est question, face aux agressions continues venues de toute part, d’organiser la résistance politique.&nbsp;</p>



<p>On peut d’ailleurs constater, cette semaine, que l’endurcissement, la robustesse, la détermination, s’imposent dans les programmations et la création artistique&nbsp;: Chloé&nbsp;Moglia&nbsp;fait spectacle de la suspension lente au Zef, le funambule Théo Sanson cherche l’équilibre dans les trouées poétiques d’Alain&nbsp;Damasio, Eva&nbsp;Doumbia&nbsp;et Ahmed Madani cuisinent pour réparer à Cavaillon, la danse se fait résistance affirmée à la Joliette, le&nbsp;<em>Train bleu</em>&nbsp;emmène en kayak et randonnée pédestre, pariant sur la force musculaire pour transformer notre rapport au spectacle. Quant aux hommes bleus de&nbsp;Générik&nbsp;Vapeur, ils font une démonstration d’énergie commune, insensée, sur la Canebière, détruisant tous les murs&nbsp;bidons…&nbsp;</p>



<p><em><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">&#8230;font plus que force ni que fric.</mark></strong></em></p>



<p>Le tapis rouge de Cannes est loin&nbsp;: ici s’affirme le bleu, le muscle féminin, le contre-récit, le partage et la préparation au&nbsp;combat. Sur les écrans de Cannes les mêmes tendances artistiques se dessinent, mais la Croisette n’en finit pas de stéréotyper le corps des femmes, de monétiser le sexe, de&nbsp;cocktailiser&nbsp;sans mesure et&nbsp;bling-blinguer&nbsp;dans des palaces même pas somptueux, sous un ciel bâché&nbsp;d’hélicos sonores face à une baie couverte de yachts ostentatoires.&nbsp;</p>



<p><em>#</em><em>Metoo</em>&nbsp;est passé sur les écrans, commence à modifier les comportements en coulisses et sur les tournages, Depardieu est condamné, comme&nbsp;Christophe&nbsp;Ruggia&nbsp;avant lui, et Philippe&nbsp;Caubère&nbsp;sans doute demain. Reste à&nbsp;se débarrasser du décorum, des flashes et de la surexposition médiatique qui&nbsp;attirent&nbsp;les milliardaires et les puissants qui&nbsp;dépècent le monde. Et à résister à toutes les réactions&nbsp;masculinistes&nbsp;qui veulent que les muscles resserrent l’étau, désormais&nbsp;entrouvert, sur les corps&nbsp;racisés, les corps des femmes, les corps&nbsp;trans&nbsp;et invalides.&nbsp;</p>



<p>Comme dans nos chairs, face aux agressions, la résistance aux déchirements internes s’organise. Avec ténacité, nos muscles s’entraînent avec mesure pour parer les coups.</p>



<p>AGNÈ<a></a>S FRESCHEL</p>



<p></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>



<p></p>
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		<title>Nous sommes sorti·e·s du silence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 May 2025 10:07:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’hôtel de Caumont, à Aix, l’exposition Bestiaire magique de Niki de Saint Phalle ne mentionne nulle part l’inceste qu’elle a subi lorsqu’elle avait 11 ans. Un viol qu’elle a révélé en 1994, dans Mon Secret, qu’elle a écrit à la main et illustré. L’artiste des Nanas joyeuses, des fontaines animées et des bestiaires fantastiques [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><a href="https://www.caumont-centredart.com/fr">À l’hôtel de Caumont,</a> à Aix, l’exposition <a href="https://www.caumont-centredart.com/fr/tickets/67c9c61fb894c960f5f46ac6"><em>Bestiaire magique</em> de Niki de Saint Phalle </a>ne mentionne nulle part l’inceste qu’elle a subi lorsqu’elle avait 11 ans. Un viol qu’elle a révélé en 1994, dans <em>Mon Secret</em>, qu’elle a écrit à la main et illustré. L’artiste des <em>Nanas</em> joyeuses, des fontaines animées et des bestiaires fantastiques y explique que son œuvre est une tentative de réappropriation de son enfance, de son corps et de sa puissance. Écrit comme une lettre à sa fille, le livre a modifié profondément la perception que l’on avait de son œuvre. Comment peut-on aujourd’hui lui consacrer une exposition sans en faire, pour le moins, mention ? </p>



<p>Car la pionnière du Nouveau Réalisme, est surtout précurseure d’un art féministe. «&nbsp;<em>Le temps est venu d&rsquo;une nouvelle société matriarcale&nbsp;</em>» écrivait-elle dans les années 1970. Cinquante ans après, et après #Metoo, laisserons-nous l’histoire revenir désespérément en arrière ?&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Nous sommes visiblEs<br></mark></strong><br>Précurseure. Le mot, puisqu’il désigne celui qui ouvre le chemin, n’a pas de féminin en français académique, comme chef, professeur, médecin, recteur, colonel, metteur-en-scène, écrivain, maire. Si des femmes qui exercent ces fonctions les transforment en nom féminin avec quelques articles ou des jeux de suffixes (la maire, la prof, l’écrivaine, la rectrice), l’affaire se corse dès que la féminité&nbsp; se fond dans un groupe mixte&nbsp;: les femmes, alors, disparaissent, même quand elles sont majoritaires, puisque «&nbsp;<em>le masculin l’emporte sur le féminin&nbsp;</em>». Règle si profondément discriminatoire qu’on oublie qu’elle n’est pas immuable : jusqu’au XVIII<sup>e</sup> siècle, en français, le plus grand nombre prévalait (Roxane, Hector et Hermione sont tombées des nues) et en cas d’égalité la règle de proximité s’appliquait (Valère et Elvire sont amoureuses).&nbsp;</p>



<p>L’effacement graphique de la composante féminine d’un groupe mixte s’accompagne en français de l’absence caractéristique de certaines désignations qui permettent aux hommes une complexité sociale. Ainsi les garçons sont les fils de leurs parents, et les filles juste des filles. Et les hommes peuvent être des maris, alors que les femmes demeurent simplement des femmes. Elles sont ainsi naturellement réduites à leur fonction familiale, comme elles sont exclues des Droits de l’Homme et de la Fraternité.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Nous sommes inclus·e·s</mark></strong></p>



<p>L’écriture inclusive est un des moyens de rattraper aujourd’hui ces faiblesses de notre langue nationale et de laisser une trace écrite de la présence des femmes dans des métiers, des fonctions, des réalités qui les excluaient, et continuent souvent à les exclure.&nbsp;</p>



<p>Mais il est devenu dangereux d’ajouter des points médians, de féminiser les noms, de revenir à d’autres règles orthographiques, ou de pratiquer le néologisme comme l’ont toujours fait toutes les langues vivantes et productives. Et plus impensable encore de naviguer entre les genres, de pratiquer le iel ou d’écrire «&nbsp;il est belle&nbsp;». &nbsp;</p>



<p>Que Trump interdise le féminisme et les études de genre n’est pas étonnant, il a été élu après une violente campagne masculiniste. Que Zemmour s’en gausse, qu’importe. Mais que la Région Sud prescrive l’écriture inclusive dans les demandes de subventions et coupe à ce titre sa subvention à Kourtrajmé est pour le moins inattendu… Comment peut-on dans la même charte défendre la liberté de création et interdire l’écriture inclusive&nbsp;?</p>



<p>L’offensive réactionnaire contre les avancées de la langue a toute la violence des invisibilisations. Les femmes qu’on enferme, qu’on voile ou qu’on empêche de se voiler, celles qu’on sexualise à leur insu ou qui se garnissent, de leur plein gré, d’appendices ongulaires ou capillaires, peinent toujours à s’approprier leur image qui reste dessinée, décidée, écrite sans elles. Le masculin l’emporte&nbsp;: au-delà de l’écriture, la grammaire et la langue modèlent nos représentations.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Faisons parler les images</mark></strong></p>



<p>Gisèle Pélicot, en rendant public le procès de ses violeurs, a fait changer la honte de camp.&nbsp;</p>



<p>La fille du premier ministre, en témoignant pour que les victimes de Bétharram soient entendu·e·s&nbsp;, permettra sans doute d’ouvrir les portes trop closes des pensionnats catholiques.&nbsp;</p>



<p>Mare Nostum puis <a href="https://don.sosmediterranee.org/arya/~mon-don?ns_ira_cr_arg=IyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMjIyMnc%2FiRRwaPvnq6JORjLmq4b4PNvV10ZntYCDqzfOoW0eOx9HFhZQIkQVF12megs3dGhjwOtgk7ScC6sT7nlL5WGJTrovkfOHFAaYWvULTZW6eJjWkOqxCXflmvk%2BCPyxjOnHeVL2xgdFi6IhO%2FIXMkZjVe8NhmilkFjcKWObAx5i2WjYxM%2FepoqnQBzVLolnaSjl1IHhSMkbzHZJonfmzTFQ3Kh5G2iLlYmXNjxNJlizLuGhJF3Q1U5fxu1AUBRfMvcakN6MCq5%2BfriB1uQTd9nf7Hvxa2ni2Ux1su5xZtuXQgewFn%2FZlx1zTPGvKlvSWVUdt1RAsEsihE44nMkSzwFu%2FqSIAuOqNnmN%2FbWneW4q670SSJomssUYgZb79Nq2ZLQ%2F2lyB%2FYwLxME9vuF61SNAztHoKwc%2Bi%2FQUzX7TB17A%3D%3D&amp;utm_source=google&amp;utm_medium=cpa&amp;utm_campaign=25GAD.&amp;gad_source=1&amp;gad_campaignid=22364930806&amp;gbraid=0AAAAACLVWNcVjoxbIUQJ2kGCZzpD3b0Gq&amp;gclid=CjwKCAjwuIbBBhBvEiwAsNypvZNtv6Bk-VWtOIommzwETiNLeZkQLYs547EpfPSBz5UEB-FJ-meB-RoC7PwQAvD_BwE&amp;_cv=1">SOS Méditerrané</a>e sont nés après l’image choc du naufrage au large de Lampedusa en 2013. </p>



<p>Filmé, diffusé. Puis oublié, faute de relais médiatique.</p>



<p>À Gaza, les journalistes et les images sont interdites.&nbsp;</p>



<p>La visibilité est un combat. Jusque dans l’écriture.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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